CHAPITRE 1er
en bleu par l’action de l’iode. On peut cependant préparer une liqueur beaucoup moins altérable en mêlant 5 grammes de fécule de pommes de terre avec 2 ou 3 centigrammes d’iodure rouge de mercure, délayant le mélange dans un peu d’eau et jetant la bouillie dans un litre d’eau à l’ébullition. La petite quantité de mercure ainsi introduit empêche l’altération sans troubler les résultats analytiques.
Teinture de tournesol. — On la prépare en faisant bouillir avec de l’eau du tournesol en pains, tel qu’on le trouve dans le commerce. Mais la liqueur filtrée ainsi obtenue, qui est d’une couleur bleu intense, a une réaction très alcaline ; elle exige une certaine quantité d’acide pour virer au rouge, et manque de sensibilité. La teinture de tournesol, employée comme réactif, doit avoir une couleur intermédiaire entre le rouge et le bleu et pouvant virer nettement, aussi bien par l’action des bases que par l’action des acides. Pour obtenir la teinture de tournesol sensible, on acidifie avec un excès d’acide sulfurique la liqueur obtenue comme précédemment, et on la porte à l’ébullition afin de chasser l’acide carbonique des carbonates; puis on la partage en deux parties. La première est ramenée au bleu avec de l’eau de baryte versée avec précaution, puis mélangée à la deuxième. On partage de nouveau en deux cette nouvelle liqueur, encore acide et rouge, et on recommence de la sorte jusqu’à ce qu’on ait obtenu une teinture violette qui vire au rouge ou au bleu sous l’intluence d’une trace d’acide ou d’alcali. On y ajoute d’ordinaire son volume d’alcool pour aider à sa conservation.
La teinture de tournesol contenue dans des flacons bien bouchés se décolore au bout d’un certain temps. Au contact de l’air, le liquide se recolore. Sa décoloration est due à un ferment qui devient anaérobie en vase clos et réduit la matière bleue en une matière oxydable qui reprend sa couleur sous l’action de l’oxygène. Dans des vases stérilisés, la décoloration n’a plus lieu.
Phénol-phtaléine. — On l’emploie en solution au centième environ dans l’alcool faible. On ajoute goutte à goutte à cette solution de l’eau de baryte jusqu’à ce que l’on obtienne une très légère coloration rosée persistante. C’est un réactif très sensible qui remplace souvent la teinture de tournesol. Il passe au rouge sous l’action des alcalis et les
RÉACTIFS
acides le décolorent. Cette décoloration est produite par l’acide carbonique lui-même. Aussi, une liqueur contenant de la plitaléine et rougie sous l’influence d’une trace d'alcali ne tarde-t-elle pas à se décolorer par l’action de l’acide carbonique de l’air.
Violet d'aniline. — Nous ferons, dans certains cas, usage de cette matière colorante, en solution aqueuse. Le violet d’aniline passe au vert sous l’action des acides minéraux et permet de constater la présence de ces derniers dans une liqueur.
En présence de très petites quantités d’acides, le réactif ne change pas de couleur, ou passe seulement au bleu, résultat qui peut être produit aussi avec les acides organiques. La couleur verte ne s’obtient qu’avec les liquides contenant une proportion notable d’un acide minéral libre; aussi disparait-elle par la dilution et est-elle remplacée successivement par la couleur bleue, puis violette.
Papiers réactifs. — Citons enfin, pour terminer cette liste, le papier de tournesol, rouge ou bleu, qui doit être préparé avec des teintures de tournesol ne contenant que de très faibles excès d’acide ou d’alcali ; ce qui a rarement lieu pour les papiers que l’on trouve dans le commerce ; le papier de tournesol sensible doit être préparé au laboratoire avec des teintures sensibilisées. On emploie aussi quelquefois le papier de curcuma et le papier à l'acétate de plomb.