CHAPITRE VIII
partie de la magnésie dans les dissolutions neutres, exemptes de sels ammoniacaux ; l’autre partie reste en dissolution à l’état de sel double formé par le sel ammoniacal, provenant de la précipitation de la première. — Les solutions des sels de magnésie additionnées de chlorhydrate d' ammoniaque, Cl ammoniaque et de phosphate de soude donnent un précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien (P05AzIP0.2Mg0-4- 121IO), dont on facilite la formation par l'agitation s’il y a peu de magnésie.
59. Ammoniaque. — Les sels ammoniacaux sont tous volatilisables ou décomposables par l’action de la chaleur. — Chauffés dans un tube à essai avec de la potasse, ils laissent dégager de l’ammoniaque, reconnaissable à son odeur et à sa réaction sur un morceau de papier de tournesol imbibé d’eau.
Pour reconnaître les petites quantités d’ammoniaque, on emploie le réactif de Nessler que l’on prépare en dissolvant 10 grammes d’iodure de potassium dans 25cc d’eau et ajoutant à chaud de l’iodure rouge de mercure, jusqu’à ce qu'il ne s’en dissolve plus dans 1 iodure alcalin. Après le refroidissement, on étend avec 100cc d’eau, on laisse un peu reposer, on filtre, et on ajoute 150cc d’une lessive concentrée de potasse. Si cette addition troublait la liqueur, on la filtrerait de nouveau.
Si l’on verse ce réactif dans une liqueur contenant de l'ammoniaque libre ou combinée, il se forme un précipité jaune, ou seulement une coloration jaune si la liqueur ne contient que des traces d ammoniaque. Ce précipité est formé par le composé AzHg‘I.2H0 :
4HgI.KI-t-3KO+Az H3=AzHg*I.2HO-t-7KI-l-HO.
La chaleur favorise la précipitation ; les chlorures alcalins ne la gênent pas; mais elle est empêchée par le cyanure et le sulfure de potassium.
60. Potassium. — Pas de précipité par les réactifs généraux. — Le bichlorure.de platine donne, dans les liqueurs neutres ou acidulées par l’acide chlorhydrique, un précipité jaune grenu de chlorure double, précipité dont on facilite la formation par l’agitation, et qui, si les liqueurs sont très étendues, ne se produit qu’après concentration suffisante. Ce chlorure double est surtout insoluble dans l’eau alcoolisée.
VÉRIFICATIONS
Mais l’addition d’alcool peut donner lieu à des erreurs et déterminer la cristallisation de sels tels que du sulfate, du phosphate de soude, ou encore du chlorure de sodium ; nous verrons, du reste (p. 74), comment on peut transformer les premiers sels; quant au chlorure de sodium, il ne sera jamais précipité par l’alcool si l’on a soin d’ajouter un excès de chlorure de platine, qui transformera le chlorure de sodium en chlorure double de platine et de sodium, très soluble dans l’alcool. On ne devra pas oublier que le chlorure de platine donne, avec les sels ammoniacaux, un précipité analogue ; on devra donc, si l’on est en présence de ces derniers, les éliminer complètement par une calcination préalable. — Les solutions de potasse qui ne sont pas trop diluées précipitent par l’addition d'une solution concentrée d ' acide per chlorique, d'acide tartrique ou d'acide picrique, avec production de perchlorate, bitartrate ou de picrate. — Les sels acidifiés par l’acide chlorhydrique colorent la flamme en violet, mais la coloration est facilement masquée par suite de la présence d’autres métaux.
61. Sodium. — Pas de précipité par les réactifs généraux, ni par le bichlorure de platine. — Les sels colorent la flamme en jaune ; mais des traces impondérables de sels de soude suffisent pour produire cette coloration. — Une solution récente ( voir p. 14) de méta-anlimoniate acide de potasse donne un précipité blanc par l’agitation. Mais nous avons vu qu’on ne peut guère compter sur ce réactif, lorsqu'il a été préparé depuis quelque temps. On ne devra, dans tous les cas, le verser que dans une liqueur neutre ou légèrement alcaline, les acides libres pouvant précipiter de l’acide antimonique. Une grande quantité de sels de potasse peut empêcher la réaction ; on devra donc de préférence, si l’on doit rechercher la soude dans une liqueur contenant des acides volatils, éliminer ces derniers par volatilisation, plutôt que de les saturer par la potasse. — En l’absence de la lithine, ce qui est le cas général, nous caractériserons surtout la soude par l’existence d’un résidu fixe après évaporation de la liqueur débarrassée des métaux précédents et des acides fixes, par les méthodes de séparation que nous étudierons plus loin.