‹ Tableaux de genre et d'histoire: peints per différens maitres; ou, MorceauxChapitre 45 sur 46 · MIRABEAU AU ROI · texte numérisé non relu

MIRABEAU AU ROI

Profondément tojuché des angoidses du Roi y <pii a le moins mérité ses malheurs personnels; persuadé que s'il est dans sa situation un prince à la parole de qui l'on puisse se fier, ce. prince est Louis > XVI; je suis cependant tellement armé , par les hcMnmes et par les événemens contre l'attendrissement qui nait du spectacle des vicissitudes humaines y . que je répugnerais invinciblement à jouer un. rôle dans ce moment de partialités et de confusion, si je n'étais convaincu que le rétablissement de l'autorité. légitime du Roi est le premier besoin de la France et Tunicpe moyen de la sauver.

Mais je vois si clairement (jue nous sommes dans Tanarohie, et que nous nous y enfonçons tous les jours davantage ; je suis ' si indigné de l'idée que je n'aurais contribué qu'à une vaste démolition, et la crainte de voir un autre chef à l'Etat que le Roi m'est si insupportable, que je me sens impërieixsenM^ rappelé aux âf&iFès ^tfis un tOfOKDLeat où ^ V(t>né en quelque éùtte^ au si^ * laiee du mépris , jç croyais ^'aspirer qti'ài

la retraite.

Dans cette ocouirence, il est aisé de CFoirô que le^ dispositions actuelles d'un Roi bon et malheureux , à qui ses conseillers et jusqu'à ses infortunées ne cessent de rappeler qu'il a à se pkîndre de moi , e% qui cependant a la courageuse eti, noble idée de s y confier, sont un attorait auquel je n'essaierai pas de résisteix Voici don^' la p^fèssion de fi>i que le Roi a désirée; il daignera luimême en désigner le dépositaire (car les règles de la prudence lui interdisent de la

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garder) ^ et çôi éetît reéti^ ai janiaiè sion

J^ xsken^^ k servir de toute ixKm îkh fluenoe kis yéritables intérêts du Roî > et ^ pour que cette $i99ertk>n ue paraisse ptn tâpQ|> ^^^e 9 je déclare que je crcub ûme contarë«^réfolution aussi dangereuse et m^ minette ^, que je tvouYe efainuarique y w\ France, l'espoir ou le pro^t d'un gouvennîeiaftent qoeleouque sans mi chef revétû du pouvoir nécessaire pour appd&iuor toute la force publique à l'exécution de la loil •

Pitns ces principes, je donnerai nlon opinion écrite sur les événenifens y sur les moyens de les diriger, de les ppréTenir a^ik sorti à csrarindre , d'y remédier s'ils soiat ar^ rivés; je ibrai mon aflaire capitale de mettre à sa place dam» la constitution le pouvoir exécutif,, dont la plénitude doit être sàtis restriction et sansipartage dans la main du Roi.;

Il me faut deux mois pour rassembler.

OU même , si je' puis parler ainsi y potu* me faire mes moyens , préparer les esprits y et conquérir k la raison les citoyens sages nécessaires au service du Roi. J'aurai dans chaque département une correspondance influente, et j'en donnerai les résultats.

Ma marche sera insensible y mais chaque jour je ferai un pas. Un empirique promet une guérison soudaine y et tue ; un vrai médecin observe y, agit surtout par le régime y dose y mesure , et guérit quelquefois.

Je suis aussi profondément éloigné d'une contre-révolution que des excès auxquels la révolution y remise aux mains de gens malhabiles et pervers, a conduit les peuples. Il ne faudra jamais juger ma conduite partiellement ni sur un fait ni sur un discours. Ce n'est pas que je refuse d'en expliquer aùcmi ; mais on ne peut juger que sur l'ensemble, et influer que par l'ensemble. Il est impossible de sauver l'État jour à joui'.

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Je promets au Roi loyauté y zèle y activité , énergie, et un courage dont peut-être on est loin d'aToir une idée; je lui promets tout enfin y hors le succès y qui ne dépend jamais d'un seul y et qu'une présomption très téméraire et très coupahle pourrait garantir dans la terrible maladie qui mine l'État et menace son chef. Ce serait un homme bien étrange que celui qui serait indifférent ou infidèle à la gloire de sauver l'un et l'autre, et je ne suis pas cet homme-là.

Le comte de Mirabeau.

Ce lo mai 1790.

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