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J L DYERMANS
Imprimé par G. Hermans pour M.M. Delehaye, père & fils, Experts.
La veuve du peintre [Joseph Dyckmans vient de mourir il y a quelques semaines dans un âge avancé, laissant une belle collection de tableaux, qui seront prochainement exposés dans la salle Verlat. Ce sera pour nos amateurs une excellente occasion de voir réunies un certain nombre de toiles de cet artiste distingué, dont les œuvres, assez peu nombreuses, sont éparses dans les galeries particulières. C’est aussi, nous semble-t-il, l’occasion de rappeler à notre génération oublieuse le souvenir d’un homme de grand talent, qui eut le mérite rare de porter à son point de perfection une forme d’art qui réalisait avec une sincérité absolue une manière de voir la nature et de comprendre la beauté.
Né à Lierre en 1811, il compléta à l’Académie
d'Anvers, alors dirigée par Gustave Wappers, ses études
commencées à l'Ecole de peinture de sa ville natale.
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D'élève distingué, il devint professeur excellent, enseigna la perspective et [a peinture de genre ethernet élèves comme Bource, Tuerlinckk Cartons d’autres, qui lui conservèrent toute sa vie une affection filiale et une reconnaissance qu’ils tinrent à honneur de manifester publiquement en lui offrant son portrait et une coupe d'arventicisele
Ce ne fut donc pas sans regret qu'il se décidaen 1855 à renoncer à l’enseignement pour se consacrer exclusivement à la pratique de son art.
Durant une carrière fort longue, il produisit une série de tableaux dont aucun n’est médiocre, et dont quelques-uns sont de véritables chefs-d’'œuvre: l’« Aveu- GLE », qui fit d’abord partie de la collection de M. van Geetruyen, et fut acquis ensuite pour le Musée d'Anvers, le « Blind Beggar » qui figure au « South Kensington Museum » la « DENTELLIÈRE », acquise pour la galerie particulière de la reine Victoria, | « An- NIVERSAIRE DE LA GRAND MÈRE », au « South Kensington Museum », la « VEUVE DU MARIN », la « FEMME à LA MODE », la TOILETTE DE LA MARIÉE », la « FEMME EN PRIÈRE », la « PARTIE DE DAMES », la « MADELEINE AU PIED DE LA CROIX », le « PREMIER-NÉ », la « VIEILLE DAME SE CHAUFFANT LES PIEDS », le « MoDÈLE » le « MESSAGE », les « PREMIÈRES FLEURS DU PRINTEMPS », la « LEÇON PATERNELLE », les « RÉCITS DE LA GRAND’- MÈRE », la « DAME BRODANT », etc.
On ne s’est pas fait faute de qualifier Dyckmans de Miéris moderne et de Meissonnier flamand. C’est la manie ordinaire des admirateurs maladroits comme celle des détracteurs. Il ne rappelle ces deux maîtres, au fond très différents entre eux, que par le fini de
D uion, sil achève ses tableaux avéc un soin minutieux, ce n’est pas chez lui un procédé de facture, encore moins une concession faite au goût de certains amateurs, mais tout simplement la conséquence naturelle et nécessaire de son organisation physique, de l’acuité extraordinaire de sa vue et de la souple déli-
catesse de sa main. Presque octogénaire, il distinguait
les moindres détails du plumage d’une alouette perdue dans les nuages, alors que les personnes douées d’une vue moyenne n’apercevaient plus l'oiseau, et que celles qui passaient pour avoir l’œil perçant, ne le distinguaient que comme une petite tache grisâtre, Dyckmans peignait ce qu’il voyait comme ïil le voyait, et cela non pas d’un pinceau timide, minutieux et mesquin, Niue diune main ferme et sûre. Tous ces chéveux que l’on distingue si nettement dans les boucles blondes de ses jeunes filles ou de mèches grises de ses vieilles femmes, il les a tracés d’un seul coup de pinceau, sans hésitation ni retouche, et déjà, en les fixant sur la toile, il avait dans l’œil ceux qui devaient se placer à côté pour compléter l’ensemble. Ses feuillages sont mHantés de la même facon. On peut les étudier à la loupe, mais ce n’est pas à la loupe qu’il les a peints. Comme chez tous les vrais artistes, l’habileté technique n’est pour lui qu’un moyen de rendre le caractère et la vie. Ses personnages n’ont rien du mannequin: ils pensent, surtout ils vivent, et de toutes ces petites figures si soigneusement rendues, se dégage une délicate et sincère émotion.
Les modes artistiques ont bien changé depuis l’époque où le talent et la réputation de Joseph Dyckmans étaient à leur apogée. Cela n'ôte rien à la valeur de
son œuvre. Plus. un artiste reste fidèle à.
propre dans l'interprétation de la forme et.
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« VEUVE DU MARIN » et c’est ce qui donn particulier à l'exposition qui va s'ouvrir, |
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