‹ Tableaux romantiques de littérature et d'artChapitre 6 sur 10 · VOLTAIRE ET SHAKSPEARE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE ET SHAKSPEARE

cet homme! D'incroyables facultés d'esprit, un cœur foncièrement sensible et bon, se mêlent, sans les racheter, à tant de défaillances et de petitesses, et c'est parfois comme un rayonnement du beau, du bien, du vrai, qui vient pour un moment éclairer, transfigurer tout ce fantastique !

Je ne voudrais rien rabaisser, et si la fâcheuse envie du dénigrement me pouvait tenter, je n'aurais qu'à me rappeler le vers de Térence pour rendre au défenseur de Calas, de Sirven, de la Barre et de Montbailli l'hommage qui lui est dû « au nom de l'humanité », comme dirait le don Juan de Molière. Je n'en reste pas moins à me demander si, dans ses actes les plus recommandables, les plus humanis, le tempérament n'eut pas la meilleure part, et si jamais, dans quelque rencontre que ce soit, la pure morale fut son guide unique. Ce qu'il y a de certain, c'est que, si Voltaire eut en ce monde des convictions désintéressées, ce ne fut guère vis-à-vis de Shakspeare, et que sa querelle avec le grand poëte britannique nous le montre désertant cette sainte cause de la vérité à laquelle il prétendait avoir voué sa vie.

TROISIEME PAHTIE

ET

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