CHAPITRE I L'ADMINISTRATION
a Famille : — elle remonte au 118 siècle. — Son père Hector qui épousa une demoiselle Anne d’Andigné — auj. commune de 400 âmes | (Maine-et-Loire), — sieur de Grandfontaine, de Ruziers, la Chaluère et la Pourqueraye, eut quatre enfants. — Le dernier Hector, naquit | (17 mai 1627) à Ruillé-Froid-Fonds, près de Château-Gontier, bourg de 880 âmes en Mayenne : il embrassa la carrière de la marine et devint | capitaine de vaisseau au département de Rochefort. (V. Arch. féd., fasc. sp.) | 2c Antécédents ‘ — capitaine d’une compagnie du régiment ou de Champbellé ou d'Orléans, il accompagne M. de Tracy aux Antilles : — de lu, à Québec (30 juin 1665). — Son régiment est rattaché à celui de Carignan-Salières. — En 1668, il rentre en France. — Le 25 mais 1669, il prend un nouvel engagement de servir au Cenada à la tête 1° d’une compagnie de 50 hommes. — Le 22 juillet, il reçoit de Colbert “le pouvoir de recevoir des Anglais le pays de l’Acadie et les forts qui EH. de Grandfon- en dépendent.” — Le Saint-Charles de Bayonne est contraint, après trois jours de tempêtes en haute mer, de relayer à Lisbonne, où il taine périt tôt après sur les rochers.
(1670-73) | 80 Arrivée : — le 16 juillet 1670, le Suint-Sébratien entre à Boston ; — le 17, remise de l’Acadie par sir Temple. — Le 14 août, M. deGrand- | fontaine est à Pentagouet, qui lui est livré par Richard Walker, le lendemain : c’est là désormais le siège du gouvernement. — Le 27 août Pierre de Joybert, son lieutenant, prend possession de Jemsek et de la riv. St-Jean. — Le sieur Le Borgne cesse d’être considéré comme gouverneur.
Dernières années : — il est rappelé en France (5 mai 1673) pour | ‘des motifs peu connus, sans doute des malentendus avec son lieutenant. | —Il est troisième capitaine de vaisseau sur le Glorieux dans l’escadre
8è gouverneur
de M. d'Estrées, qui se rendait à Cayenne (1676). — Le 21 déc., à l’attaque de cette place, il est blessé au bras ; — porté dans une chaise, en raison d’une douleur au pied, l’un des porteurs tombe frappé à mort : le capitaine se bat aussitôt avec vaillance. — Le 20 fév. 1677, à Tobago défendu contre les Hollandais, il a un bras cassé. — On ne sait rien de la suite de sa carrière, sinon qu’il mourut à Brest (6 juillet 1696).
{ lo Antécédents ‘— Jacques de Chambly — bourg de 1,350 hab. dans l'Oise — capitaine au régiment de Carignan, débarqué à Québec (juin 1665), est désigné pour construire avec 20 hommes, en amont du Richelieu, le fort nommé Saint-Louis en l'honneur du ‘“ protecteur et ancêtre de nos rois” (25 août). — En sept. 1666, il forme avec le capitaine Berthier l’arrière-garde du corps expéditionnaire contre les Agniers. — En 1668, il rentre en France et reprend du service au Canada (mars 1669): il débarque, au mois d’août à Québec. — Il y devient seigneur ; Talon lui concède (29 oct. 1672) le fort Chambly
II° (Saint-Louis) avec ‘“ une lieue de front Sur une de profondeur ”. —
M. de Frontenac le nomme “ commandant des habitations ”, situées
J. de Chambly en amont du St-Laurent, le recommande à Colbert ‘ comme un homme (1673-78) de mérite et d'entendement ”.
20 Gouverneur et administrateur : — le 3 mai 1673. un ordre du roi accorde une “ commission au sieur de Chambly pour commander en Acadie ”. — Le commandant se hâta de rejoindre la garnison de
| Pentagouet. — L'année suivante, il y est assailli par un corsaire hollandais, fait prisonnier, blessé, emmené captif à Boston avec l’enseigne M. de Saint-Castin et ses hommes. — M. de Frontenac envoie des officiers payer leur rançon et les délivrer (1674-76). — Le 22 mai 1676, M. de Chambly est confirmé dans sa charge. — Le 3 sept. 1677, Colbert
9è gouverneur
le désigne pour les Antilles : — Je 24 avril 1679, il devint gouverneur de Grenade, de la Martinique (7 juin 1680) et y mourut le 15 août
lo Antécédents : — Pierre de Joybert, seigneur de Soulanges — localité de 260 hab. (Marne) — et de Marson — bourg de 278 âmes, — descendait d’une antique famille champenoise ; — il naquit en 1644. — En 1665, il est lieutenant dans la compagnie de M. de Grandfontaine au régiment de Carignan ; — puis, il retourne en 1668 et accompagne son capitaine en Acadie, en qualité de lieutenant (1670). — En 1671, il est chargé de recouvrer à Boston un navire capturé : sa conduite durant cette mission est censurée par M. de Grandfontaine
III° qui l’envoit à Québec. — Le 17 oct. 1672, il y épouse Marie-Françoise Chartier de Lotbinière ; — le 20, il reçoit de M. Talon une seigneurie
P. de Joybert de ‘ quatre lieues de front à prendre à l’est de la riv. Saint-Jean ”. — (1678-78) Le 20 nov. il s’y rend sur l’ordre de M. de Frontenac et aura 9 hommes
j de garde. — Le 18 août 1673, naquit à Jemsek Louise-Elisabeth, future administrateur marquise de Vaudreuil, — Prisonnier à Boston (août 1674) ; - - M.
Iv° Michel
de La Vallière (1678-84)
10è gouverneur
de Frontenac fait ramener à Québec son épouse et son enfant 3; — relâché de prison, le major de Marson les rejoint à Québec. — Il retourne à son poste, au printemps (1675), doté de deux nouvelles concessions : les forts Jemsek et Nachouat.
20 Administrateur : — le 3 sept. 1677, M. de Chambly est relevé de ses fonctions : son lieutenant est ainsi administrateur. — Sa famille | resta à Québec, où naquit Pierre-Jacques (8 juillet 1677). — Le 12 mai 1678, le roi félicite M. de Frontenac d’avoir donné des ordres “ au commandant à l’Acadie de se ménager avec les Anglais, en sorte qu’il n'y ait point de rupture.” — Le major de Joybert meurt en 1678. — {| En 1687, sa veuve reçut une pension de 300 livres.
lo Famille : — Michel Le Neuf, fils de Jacques de la Potherie et de Marguerite Le Gardeur de Repentigny, naquit aux Trois-Rivières (31 oct. 1640). — Ii fit, dit-on, ses études en France (1657) ; — en 1661, il suit les Jésu'tes à Tadoussac, au Saguenay. — Mariage ( 1665) avec Marie-Marguerite Denys, fille de Nicolas, qui lui donna 9 enfants. — Après 1692, il épousa en secondes noces, Françoise Denys, fille de Simon, et cousine germaine de sa première femme. — En 1671, il accompagne M. de Courcelle au lac Ontario ; — en 1672, il fonde un poste de traite sur la baie de Chignectou ; — puis il séjourne aux Trois-Rivvières, (1673-76).
20 Beaubassin : — le 26 oct. 1676, M. de Frontenac l’envoie explorer le littoral acadien, le gratifiant d’un fief ou seigneurie de Chignectou que M. de La Vallière dénomme Beaubassin, “ dix lieues de front sur dix de profondeur ”., — I] érige son manoir dans l’île La Vallière. — auj. Tonge’s Isl. — plusieurs familles l'entourent.
30 Administrateur : — ‘à la mort du sieur de Marson, j'ai envoyé le sieur de La Vallière commander à l’Acadie (1678), en attendant ce qui en sera du sieur de Chambly ” (Frontenac). — Ce dernier, et après
4 lui, M. de La Barre le recommandent à la Cour comme ‘“ un fort hon-
| nête gentilhomme ”, digne des fonctions de gouverneur du pays. — Le 6 oct. 1682, l’intendant de Meulles appuie sur ses mérites et qualités.
4o Gouverneur : — le 5 août 1683, nomination du sieur de La Vallière, avec les appointements de 2,000 liv.—Mais le 10 avril 1684, le roi retire M. Perrot de Montréal ‘ à cause de sa violence et de ses emportements”, le nomme en Acadie, sans doute parce qu’il est le neveu de M. Talon : — il méritait moins, M. de la Vallière méritait mieux ; — il ne put toutefois éviter les vexations odieuses des agents de la Cie de l’ Acadie. 5o Dernières années : — vers 1687, il abandonne son manoir de Beaubassin ; — en 1690, M. de Frontenac le fait capitaine de ses gardes, le charge de négocier avec Phipps l'échange des prisonniers : — il lui donne une concession aux T rois-Rivières (1693), le délègue auprès des
Abénaquis qu" se concilie, le nomme commandant de 48 hommes à Cataracoui (1 35) ; — il devient major de Montréal(169 ) et exerce ECOLE SECONDAIRE NOTRE DAME
pour M. de Callières une mission diplomatique à Boston. — En 1701, il répond au ministre qu'il a distribué sa seigneurie à ses six enfants : le ministre confirme ses droits. — Il meurt vers 1705. (V. Arch. féd., Ottawa, fol. 1-7).
J. Talon. — En 1669, il est officier du régiment d'Auvergne, capitaine de l’une des six compagnies destinées au service du Canada — Le 25 juillet, embarquement à La Rochelle, tempête, séjour à Lisbonne retour en France (janv. 1670) ; —en mai, départ pour Québec, où il aborde (18 août) avec son épouse. — Il porte une commission de gouverneur de Montréal, signée du Sulpicien M. de Bretonvilliers. — En 1671, il suit M. de Courcelle au lac Ontario ; — le 14 mars, commission du roi qui affirme “ qu’il commander& dans l’île sous l’autorité de Sa Majesté et des seigneurs Sulpiciens.” -— Perrot, avec son officier M. de Brucy, inaugure |: trafic des fourrures dans l’ilot qui porte son nom — à ce sujet, démêlés avec M. de Frontenac ; — Perrot incarcéré dix mois à Québec : ‘ affaire de l’abbé de Fénelon ”’. — Transporté, Perrot est ‘‘ enfermé à la Bastille pour quelques jours ”. — Revenu à Montréal, où il fit baptiser sir enfants (1672-84), il se livre de nouveau à un François-Marie commerce clandestin : — le 3 août 1683, ordre du roi ‘ pour interdire le sieur Perrot ”. — En avril 1684, il est transféré en Acadie ; — en novembre, il conduit à Paris sa famille.
(1684-87) 20 Gouverneur : —le 10 avril 1684, provisions au sieur Bergier de lieutenant du roi en Acadie ; — le 22 avril 1685, le sieur Duret de La Boulaye lui succède. — Le 3 juin, Perrot va s’embarquer à La Rohelle avec 30 hommes d’armes, arrive à Port-Royal en août, écrit au ministre le 8 septembre. — En juillet 1686, il est absent lors du séjour de Mgr de Saint-Vallier. — Il continue à trafiquer avec les sauvages et
| Antécédents : — vers 1668, il épousa Madeleine Laguide, nièce de V°
Perrot
11è gouverneur
les Anglais ; — le 30 mars 1687, le roi le nomme pour remplacer M. de Menneval.
30 Sa mort : — Perrot avait été accusé de laisser tomber en ruines les
fortifications de Port-Royal. — Rendu à la vie privée, il entre au service de M. Bergier et de la Cie de l’ Acadie ; — en 1690, au moment de l'invasion de Phipps, il est aux Mines, se cache dans les bois, est capturé, puis relâché sur l’intervention de flibustiers français. — Il meurt (1691) à la Martinique, dépouillé de tous ses biens. (V. Arch. féd., Fascic. spéc. : H. Lorin, Le Comte de Frontenac ; C. de Rochemonteix, Les Jésuites, t. IIL.).
bourg de 769 âmes dans l’Eure (Normandie) — est le quatrième fils de M. de Bécancour, baron de Portneuf, et de Marie Le Neuf de la Poterie. — Né en 1663, il passe en France (1685), sert dans l’armée, de-
È Antécédents : — François Robineau, sieur de Menneval — auj. | | vient officier. — Le 5 avril 1687, il est nommé gouverneur, “ ayant
: Vr° l'honneur d'être aimé et estimé de M. de Turenne ”. — C'est le premier fants : Canadien élevé au gouvernement.
h. féd., Robineau | 20 Gouverneur : — les instructions ministérielles au jeune gouverneur | sont précises ; — mais la situation léguée par Perrot est déplorable. — * de Menneval En 1688, l'ingénieur Pasquine travaille au fort : — la garnison compte ièce de (1687-90) 45 soldats sous le lieutenant, sieur de Potrneuf, frère du gouverneur, \pitaine : | 50 de plus sous son autre frère, M. de Villebon ; — “ les habitants a — Le 12 gouverneur | sont dispersés et séparés, mal armés ”. — Le 29 mai 1690, paraît la isbonne flotte de Phipps dans le bassin : il fallut capituler sous conditions : — c, où il celles-ci sont violées, le lendemain. — Le gouverneur prisonnier est de gou- emmené à Boston : — en 1691, il est embarqué pour l'Angleterre, d'où . — En il gagne la France. — Il ne revit ni le Canada, ni l’'Acadie —il rédigea mission (1700) un mémoire sur ces événements et mourut vers 1703. (V. Arch. é de Sa É Jéd., fol. 11 et fasc. spéc.).
cier M.
on nom | lo Antédécents : — Joseph Robineau, sieur de Villeboi — auj. comcéré dix mune de 734 hab. en Eure-et-Loir (Orléanais), second fils de René , Perrot Robineau de Bécancour, naquit à Québec le 22 août 1655. — Il sé- , Mont- journe dir ans en France dans l’armée, au régiment de dragons, reau à un vient capitaine au Canada. — En 1688, il fait par l’intérieur des terres nterdire le trajet de Port-Royal à Quéhec. — Le 1er juin 1689, le roi lui accorde '; — en une compagnie de 45 hommes et pour lieutenant le sieur Dauphin de Montorgueil.—Le 22 mai 1690, il était “ non loin de Port-Royal assiégé”, rgier de VIL° à bord de son navire, d’où il se sauva à grand'peine. | de La 20 Commendant en Acadie :-— le 7 avril 1691, ‘‘ au camp devant La Ro- Robineau Mons ” (Belgique actuelle), le roi signe un mémoire “ pour servir d’insécrit au tructions au sieur de Villebon, commandant à l’Acadie..., en atten- 1 séjour de Villebon dant qu'il y ait pourvu autrement ”. — Le ler juillet, il entre à Portrages et (1691-1700) Royal, où il arbore le drapeau français. — Se rendant à Jemsek, il capacer M. ture un bâtiment bostonnais, le négociant Nelson, le colonel Tyne, administrateur 25 marins : le colonel arrivait comme gouverneur, car la métropole (7 ines les * oct.) réunissait à la province du Massachusetts ‘“ les territoires de au ser. l Acadie” ou N.-E. — En 1693, expéd tion de M. de Villieu contre les ant dé fermiers anglais ; — en 1694, Villebon veut enlever Pemquid, et La est cap- Vallière est chargé par M. de Frontenac de cimenter l'alliance avec les À meurt Abénaquis (1695). — Plan d'attaque soumis au ministre contre Boston. ch. féd., — M. d'Iberville vient se signaler à Pemquid (1696). — Représailles nonteix, du colonel Church à Beaubassin ; — il essuie deux échecs à Saint-
Jean. — Survient la paix de Ryswick (25 sept. 1697). — M. de Villebon mourut à Nashouat, le 5 juillet 1700. (V. H. Lorin, op, cit.).
— au).
e fils de
{ 1o Antécédents :— Sébastien de Villieu — nom qui est l'opposé de | Beaul'eu — natif de Turn (Piémont) vers 1633, son père Claude ayant | été anobli (28 déc. 1628) par Ch.-Emman. de Savoie, ayant émigré à | Beaumont (Normandie), demande et obtient du roi ses lettres de na- . | turalité (juin 1668). — Il était (1665) lieutenant de la compagnie de
| Berthier, servait depuis 20 ans, signuit à Québec “ sieur de Doudeville‘ — ocalité en Seine-Inférieure, près d'Yvetot ; — il prit part à l'expédition de M. de Tracy (1666), retourna en France, se maria à Nantes avec Jeanne-Marie Le Breton. — En 1669, ‘ revint avec le capitaine Berthier. — En oct. 1672, Talon lui concède le fief Villieu, transféré
VIIL° ensuite à M. La Gardeur de Tilly (1686) par M. de La Barre. — Il accomplit plusieurs m'ssions militaires en Acadie — En 1690, il se
Sébastien distingue contre les Anglais descendus ru cap Tourmente. de Villieu ] 20 En Acadie : — le 28 mars 1693, le ministre l’attache à M. de Ville- | bon comme son lieutenant et capitaine d’une compagnie. — En 1694, (1700-1701) assaut contre les Anglais de Pemquid : 104 tués, 27 prisonniers, 60
fermes ruinées ; — il y accompagne M. d’Iberville en 1696. — Conduisant de bonne foi des prisonniers à Boston, on s’y venge du passé en l’incarcérant, deux années ; — il réussit à écrire un billet à M. de Frontenac avec son sang, faute d'encre. — En 1699, il est envoyé de Q'ébec en Acadie, où ilcommande à la mort de M. de Villebon (6 juillet 1700-28 juin 1701). — Le 4 mars 1702, il administre le pays en l’ab- | sence de M. de Brouillan. — Le 4 juin 1704, il est promu major par le [
“reigge
administrateur
717900 pra pbs nn sal TE DU 5 sa »
en
roi, qui le laisse libre de prendre sa retraite en France ou en Acadie. — Son fils Sébastien épouse à Québec (9 avril 1692) Judith de La Vallière F —— on ignore la date du décès du brave officier qui guerroya durant 39 années pour son prince. (V. Bull. des Rech. hist., 1907).
1o Antécédents : —— Jean ou Jacques-François de Brouillan — au). Bourrouillan, bourg de 344 hab. du Gers (Gascogne), naquit en 1651 : — il eut sept frères tués à l'ennemi. — Promu capitaine, il est nommé gouverneur de Plaisance (T.-N.) (1690-1700), où il arrive en 1691 prendre la succession de M. Antoine Parat. — Le baron de Lahontan IX° l’a chargé d’accusations (1692).
20 Gouverneur : — le 23 mars 1701, il est nommé :‘* pour commander M. de Brouillen en Acadie à la place de feu le sieur de Villebon ”. — Il atterrit de force à Chibouctou “ un des plus beaux ports que la nature puisse former ”, fait 60 lienes jusqu'à Port-Royal (10 juin), qu'il travaille aussitôt à reconstruire — $es provisions de gouverneur, expédiées le ler fév. 1702. — Il administre avec tant de rigueur qu'il s’aliène tous les esprits (1703-04). — Il se rend à Versailles, écrit un mémoire justificatif (mars 1705) : le ministre lui fait crédit comme à un homme qui a servi le prince durant 36 ans. — Embarqué sur Le Profond, il meurt à bord et est inhumé à Chibouctou (22 sept. et 2 oct. 1705) : son cœur fut ense-
veli à Port-Royal.
13è gourerneur
dE:
{ 1o Antécédents : — Simon-Pierre Denys, sieur de Bonaventure, fils de | Pierre Denys et de Catherine Le Neuf, né aux Trois-Riv. (22 juin 1659), | capitaine de frégate à Rochefort (1690), naviguait entre le Canada, la | France, l’Acadie, épousa d’abord Genev. Couillard (1686), ensuite
udevilà l'ex- Nantes pitaine ansféré e. — Ïl , il se
* Villen 1694, ers, 60 — Con- | passé M. de oyé de juillet n l’abpar le die. — Ilière ;:
ant 39
— au).
1651 ; ommé | 1691 iontan
ander e force mer ”’, itôt à r fév.
esprits (mars rvi le ord et , ense-
fils de 1659), da, la nsuite
+ À Jeanne Janière (1688). — Son frère Louis, taine de vaisseau.
M. de Bonaven- 20 Administrateur : — commandant en second ture tenant du roi (fév. 1702) Rochefort en 1711.
sieur de La Ronde, est capi-
(mars 1701), — lieu- , intérimaire les mois suivants : — mort à
administrateur |
(V. Arch. féd. D. 2, vol. 47, f.4).
20 Gouverneur à Port-Royal : — arrivée, le 28 oct. 1706 ; il écrit au
ministre (25 nov.) ses fâcheuses premières impressions : il suggère les
améliorations de tous genres. — Deux tentatives d'invasion bostonlaise sont repoussées en 1707 ; — néanmoins la Cour ne lui donne que peu de ressources en provisions et en munitions, sans aucun soldat. — : Instantes réclamations du Bouverneur : mais la France subit la pé- XI riode (1704-10) des revers dans la guerre de Succession d’Espagne. — Auger M. Subercase gouverne avec fermeté, avec justice et autorité (1708- 09) ; — Port-Royal n'est plus guère ravitaillé que par les corsaires de Subercase français, Pierre Morpain surtout. — Les prisonniers et les espions dénoncent les préparatifs et des Anglais et des Bostonnais : rien ne déter- (1706-10) mine l'envoi de troupes suffisantes pour la garnison : — les dépêches 14è gouverneur de M. de Ponchartrain consistent en conseils et en promesses (juinaoût 1710). — Le 13 octobre, Port-Royal capitule et l’Acadie est
perdue.
30 Dernières années : — Je 24, départ du gouverneur, de 149 officiers et soldats, de 67 habitants. — Rentré en France, il est accusé de s’être rendu sans défendre la place, refuse ensuite de retourner servir au Ca. nada, après 36 ans. — Il mourut en nov. 1732. (V. Arch. Jéd., pas sim).
Remarque. — II importe de noter ici les divers sièges du gouvernement, dans le cours d’un siècle : — 1. Ile Sainte-Croix, 1604. — 2, Port- Royal, 1605. — 3. Port-Latour, 1624-32, — 4. La Hève, 1632-36. — 5. Port-Royal, 1637-54, sur le site d’Annapolis. — G. Pentagouet, 1670-76. — 7. Jemsek, 1676-78. — 8. Beaubassin, 1678-84. — 9. Port- Royal, 1685-90. — 10. Nashouat, 1691-95. — 11. Saint-Jean, 1696- 1701. — 12. Port-Royal, 1701-10.
PERTE CHAPITRE II LA CoLoNISATION
lo Établissements et fortins : — avant 1684, on ne signale aucune habitation sur la baie de Passamaquoddy : — en 1686, deux familles sont établies dans l'île Sainte-Croix ; — en 1689, quatre autres qui comptent 13 enfants ; — en 1700, seize sur le continent en face : elles sont évincées par l'américain Church (1704).
NOUV. BRUNS. |2 Seigneureries et censives : — concession (23 juin 1684) à Jean 1° Serreau, sieur de Saint-Aubin de “ cinq lieues de front sur le rivage de la mer et cinq dans les terres avec îles et tlots en face ”. — Censive Région de 4 (16 juillet 1691) accordée à “ Jean Meunier, hab. de l'Acadie, deux lieues de front et de profondeur sur la rivière Magaguadavic où bas Sainte Croix | Sainte-Croix ”. — Seigneurie, concédée en 1693, à Paul d'Ailleboust, sieur de Périgny (V. abbé Daniel) de “ l'le du Grand Manan avec îles et flots avoisinants ”. — Seigneurie, octroyée en 1695 à Michel Chartier de Lotbinière, habitant de l'Acadie de “ une demie lieue de | chaque côté de la rivière Scoodie où haut Sainte-Croix”; elle fut saccagée par Church. — Les seigneuries de : Thibaudeau (1696), Villeclair (1697), Lefebvre (1703), Grandchamp (1708), situées vers Pentagouet.
| 1o Premiers essais : —— Æmenenic, bourgade signalée par le Père Biard
| 1611, Relation). — Installation des Récollets sur le cours de ln rivière (1619-24). — Fort et habitation de La Tour (1629).
20 Seigneuries et censives : — concession (15 janv. 1635) à Ch. de St-Etienne, sieur de La Tour par la Cie de la N.-Fr. du “ fort et habitation sur la riv. Saint-Jean, cinq lieues de front et dix dans les terres.” — Seigneurie accordée (17 oct. 1672) À Martin d'Arpentigny, sieur de Matignon — bourg de 1,550 âmes dans les Côtes du Nord (Bretagne) — ancien hab. de l’Acadie et gendre de La Tour, de “ cinq lieues depuis la riv. Maquo ou Maquapit jusqu'aux Mines ”, — Censive octroyée (18 oct. 1672) à Jacques Potier, sieur de Saint-Denis de “ deux lieues de front à prendre près de la concession faite à Matignon ”. — Seigneurie sur la rive orientale à Pierre de Joybert, sieur de Marson et de Soulanges (20 oct. 1672) de ‘ quatre lieues de front sur une de profondeur, avec le fort de Jemsek.'' et celui de Nachouat (16 oct. 1676). — Seigneurie concédée (20 sept. 1684), près de
11° Médoctec, à René d'Amours, sieur de Clignancourt — auj. enclavé dans dans la ville de Paris. — ** deux lieues de profondeur de chaque côté Région de de la riv. St-Jean ”’. — Autre concédée le même jour à Matthieu d'A-
| mours, sieur de Freneuse — bourg de 530 hab. dans la Seine, près de la rivière Paris — ‘* des terres entre Jemsek et Nachouat * qu'il loue en 1696
Saint Jean | à Michel Chartier pour cinq ans. — Censive concédée (7 ajnv. 1689) à Pierre Chenest, sieur de où Du Breuil, “ deux lieues de front, le petit
(1672-97) | Nachouat faisant milieu, et trois de profondeur ”. — Censive au-
Peau ads ad ARNO à | LME ad a uod
aucune amilles es qui : elles
\ Jean rivage onsive , deux su bas eboust, y, avec Michel ue de it sacleclair gouet.
Biard
rivière
h. de habis tertigny, Nord “ cinq Cen- Denis Matisieur front Nachès de dans côté d'Aès de 689) petit | au-
dessous de Jemsek, accordée (oct. 1689) au sieur Vincent de Saint- Castin — bourg de 300 âmes près de Pau (Basses-Pyrénées, — “ deux lieues de front, joignant les terres de Jemsek, sur deux de profondeur." — Censive donnée le même jour, sur le Saint-Jean au sieur Jean de Valence, “ d'une étendue de terre ”. — Censive octroyée (25 fév. 1690) au sieur François Genaple de Bellefond — bourg de 220 hab. près de La Réole (Gironde)--de quatre lieues carrées au lieu dit des “longues vues ” : c'était le notaire de Québec. — Censive accordée (23 mars 1691) à M.-Fr.-Chartier, veuve du sieur de Marson, de ** quatre lieues vis-à-vis la maison de Jemsek ”. — Seigneurie concédée (20 juin 1695) sur la riv. Kénebacasis ‘ d’une lieue et demie de chaque côté sur deux de profondeur ” à Bernard d'Amours, sieur de Plaine — auj. ville de 6,000 âmes Pla ne-Saint-Denis, près de Paris. — Censive au sieur de Goutin “ au l'eu nommé Pointe-aux-Chênes, de deux lieues de front sur deux de profondeur *” (20 juin 1695). — Censive accordée (23 avril 1697) à Charles Genaple, sieur de Vilrenard, “ d’une lieue sur deux près de Nachouat ”. (V. W. Ganong, Mém. S. R. C., 1899).
{1o Première expansion : — vers 1671, Port-Royal essaime au fond de | a baie Française. — Jacques Bourgeois et Pierre Arsenault s'y transportent à Chignectou ; — Pierre Thériault, Claude et À ntoine Landry, IIIe | René le Blanc, aux Mines. — D'autres 'es suivent bientôt. 20 Seigneuries : — Seigneurie de Chignectou ou Beaubassin, accor- Région dée (24 oct. 1676) à Michel Leneuf, sieur de La Vallière, * étendue de 10 lieues de front sur dix de profondeur *” ; — son manoir se trouvait intérieure croit-on, dans l’île de son nom — auj. Tonges Island ; — le 2 sept. (1676-1700) 1678, *’ donation faite par le seigneur aux Pères Récollets de sir arpents de front, vis-à-vis la pointe de Beauséjour ”. — Censives à Petcoudiac de Guil'aume Blanchard et à Chipody de Pierre Thibaudeau (1698). (V. Rameau, I. Il). — Seigneurie concédée (21 août 1700) au sieur de Vil ‘eu de “ deux ‘ieues de front et deux de profondeur près du cap.de Chipody, avec l’Ile-aux-Meules ”
| 1o Seigneurie de Denys : — il est quasi le gouverneur des régions o.ien tales, depuis le Cap-Breton jusqu'à Gaspé, en vertu de concess'ons renouvelées en 1636, 1653, 1667. — Révocation en 1685. année des concessions faites par Richard, s'eur de Fronsuc, fils de Nicolas, aux missionnaires Récollets sur le Miramichi et à Ristigouche. IV° 20 Autres seigneuries : -- Seigneurie accordée (20 sept. 1684) à Louis d'Amours, sieur de ( ‘'hauffour — auj. Chauffour-les-E rechy (Seine- Région du et-Oise), bourg de 100 hab, — “ une lieue sur la riv. Richibouctou et littoral trois lieues au-delà * : en 1690, Louis rejoint ses frères sur la riv. Saint-Jean. — Seigneurie octroyée (15 oct. 1696) à Georges Renard, (1684-97) sieur Duplessis sur la baie et rivière Cocagne, “* deux lieues de front de chaque côté et six de profondeur." — Seigneurie concédée(29 mars 1697) à Matthieu de Lino, marchand de Québec * cinq lieues de front
à he Région du golfe laurentien (1685-1700)
NOUV.-ECOSSE I Le) Port-Royal
et autant de profondeur sur les limites de la précédente ””, à Shediac. — Seigneurie accordée (4 avril 1697) au sieur Paul Dupuy de “ trois lieus de front avec pareil!e profondeur sur la baie du Saint-Laurent à Sa nt-Paul du cap Chauve. — Seigneurie concédée (18 avril 1687)
au sieur Richard Denys de Fronsac “ quinze lieues de devanture et
quinze de profondeur sur la riv. des Truites tirant au nord ouest ET | Miramichi.
lo Nipisiguit : — avec Miscou, la seigneurie est à l’origine du vaste domaine de Nico as Denys, rattachée à la couronne vers 1685. — Une censive est cédée (3 août 1689) à Pokemouche au sieur Michel De Grez, | qui se retira ensuite à Boston, Y épousa une Anglaise. — Seigneurie | accordée (26 mai 1690) à Jean Gobin, marchand à Québec, “‘ étendue de douze lieues de front sur dix de profondeur sur la baie des Chaleurs, | Comprenant a riv. Nipisiguit ”.
| 20 Pokemouche : — Seigneurie concédée (17 août 1692) au sieur | Philippe Enaut, Esnaut ou Hénaut de “ quatre lieues de front de cha- : que côté de la riv Pokemouche sur semblable profondeur. — Le même | créancier de M. de Grez insolvable, s'empare de sa censive. — Con- | cession (1696) à René Enaut à Port-Daniel (Gaspésie). | 20 Ristigouche : — le 3 auût 1685, concesssion faite par Richard Denys | |
de trois l'eues de terres aux Récollets. — Seigneurie accordée (26
mai 1690) et confirmée (16 mars 1691) au sieur Pierre Lemoyne d’Iber-
° vil'e de “ douze lieues de front sur dix de profondeur, dans la baie des
| Chaleurs, avec iles et îlots sur la devanture ” ; M. d’Iberville la cède
| ensuite à Richard Denys et par son épouse elle devint l’hér tage de Rey-
Gaillard, qui la possédait en 1753. (V. W. Ganong, Mém. S. R. C., 1899).
{ 1o Retour au Domaine royal : — en 1670, le gouverneur de l’Acadie relève de celui de la Nouv.-Fr. à Québec. — Ainsi la Comp. des Indes | occid., qui va mourir en 1674, n’a le droit que d’octroyer des seigneuries et des censives, d'accord avec les administrateurs du Canada. — Alex. Le Borgne est alors seigneur de Port-Royal, de sa vallée fertile, habitée {par 45 familles des colons primitifs.
! 20 Exodes des colons : — la période de 14 années de possession an- | anglaise (1654-70) a arrêté l'immigration de France. — La paix inaugure un nouvel état de choses : — à l’étroit, les habitants de Port- Royal acceptent ailleurs des censives : le grand Colbert les y encoura- | ge. — De nouveaux colons célibataires se marient et s'établissent | (1670-80).
| 1o Les Mines : — nommées aussi la Grand'Prée, à cause des alluvions | formées sur le bassin par les cours d'eau ou rivières des Vieux-Habi- | tants, des Canards, des Gaspareaux (nom indien d'un poisson local), | de la rivière de Piziquid (Windsor), — Etablissement (1680) des deux
diac. — ‘trois rent ”, | 1687) ture et
st ”, à
| habitants de Port-Royal, Pierre Melançon, — Ecossais d'origine —
| et Pierre Terriau : — d’autres les suivent bientôt, plusieurs étant de | leur parenté. (V. Rameau, Une Colon. féod., t. I, p. 182).
| 20 Cobeguit ou Cobequit : — auj. Truro,fief seigneurial concédé | (1689) à Matthieu Marii*, “ parce qu’il était le premier né en Acadie | parmi les Français du pays”. (Lettre de M. de Menneval, 8 ne *
II° 1689) : — “€ 1. “oxe: {e front au fond du bassin des Mines ”
le fief prit le nc Unt-Mrutthieu et le seigneur celui de M. de Saint-
Nouvelles Martin. — Il y esi r-'oint par les familles Bourg, Blanchard, Guérin
colonies et d’autres plus tard (1700-19).
| 380 Pobomcou et Cap Sable :—aui. Pubnico,—forma une baronnie
concédée (17 juillet 1653) par M. de La Tour à son ami Philippe Mius
d'Entremont, plus ts: Procureur du roi à Port-Royal, conjointement
| avec “ le sieur Pierre Ferrand, noble homme.” (V. Rameau, ibid., t.
| II, p. 412.
40 La Hôve : — district alors peuplé de métis chasseurs et pêcheurs, qui s’habituent graduellement aux travaux agricoles. — En 1703, M. de Brouillan est frappé de l'importance de ce poste ; — il écrit au ministre (25 nov.) que “ il faut établir La Hève et on ne saurait trop tôt commencer, tous nos jeunes gens voulant se donner à la pêche de la morue ”’: il revenait au plan du commandeur de Razily.