‹ Tableaux synoptiques de l'histoire de l'Acadie [microforme]Chapitre 4 sur 48 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Ce travail ne constitue point un supplément, rattaché à l'Histoire du Canada qui a été publiée séparément en trois volumes. L'Histoire de l’Acadie inaugure plutôt celle de ia Nouvelle-France, puisqu'elle lui est antérieure de quatre ans (1604-1608), et lui est parallèle.

D'ailleurs l’Acadie faisait partie intégrante de la Nouvelle-France : leur existence a été commune, bien que leur autonomie ait subsisté distincte, à l’époque des Compagnies, jusqu’à 'eur suppression effective en 1674. Dans la première moitié du dix-septième siècle (1604-1670), l’Acadie s’est comme gouvernée elle-même, indé endamment du pouvoir central de Québec : elle a péniblement végété, exposée par son voisinage à la constante convoitise des colons de la Nouvelle-Angleterre et de la Grande-Bretagne ; elle se tenait en relation directe avec la métropole et avec la Cour de Versailles, en raison des communications rendues faciles par l'Océan toujours ouvert. — Dans la seconde moitié (1670- 1710), cette autonomie acadienne disparaît à l’ombre du gouvernement canadien : mais la dépendance demeure néanmoins plus réelle que nominale. C'est la source de leur malheur commun. Si le génie de Talon, qui ne séjourna à Québec que l’espace de six années, avait réussi à créer une voie de communication par l’intérieur des terres, rattachant Québec à Port-Royal par le haut Saint-Jean et les Chaudières ou le Kénébec des Abénakis, l’assimilation des deux membres de la Nouvelle-France aurait créé une force effective de cohésion, d'appui mutuel, de résistance commune. Cette voie eût maintenu le gouverneur de Québec en contact permanent avec la France, qui eût pu le secourir en toute saison de l’année. Jamais cette faute initiale ne fit sentir ses effets plus ostensiblement que dans les dernières heures qui précédèrent la chute de Port- Royal (1710) et celle de Québec (1759).

Quoiqu'il en soit, sur le conseil d’amis éclairés, nous avons jugé utile de séparer, dans un fascicule à part, l'Histoire de l’ Acadie de celle du Canad:. Elles s’éclairent et se fusionnent mutuellement. Mais la clarté se projette mieux, les e énements se dessinent plus nettement, les personnages prennent un relief plus saisissant, l’ensemble de l'existence et du développement acadien apparaît jlus lumineux, grâce à une synthèse plus générale et à une analyse plus détaillée.

Tout notre désir s’est tendu vers l'érection de ce modeste monument en l'honneur des Acadiens, héroïque petit peuple si méritant à tous égards et pourtant si malheureux. Si notre travail, qui a coûté tant de recherches, réussit à le faire mieux connaître, estimer et aimer, il aura trouvé

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