A—NOTIONS PRÉLIMINAIRES
1o Henri IV de France (1558-1610) : — cal
(25 j illet 1593) Pour ceindre la couron
iniste de naissance, il est contraint d’abjurer le 27 tévrier 1594, — Le 2 mai,
ne du roi frès chrétien. — Il est sacré à Chartres, au traité de Vervins (Picardie), se termine la guerre contre
me guerre de Religion, d’où Ligue catholique, aboutit au la liberté de conscience"et de culte en tels lieux déterminés, l’en ties dans les Parlements, l’admission aux fonctions publiques, ñ illes ou places de sûreté. — Ainsi, le calvinisme reste un Etat dans l il y a en France tolérance royale envers les hérétiques, Réforme, ostracisme absolu des catholiques. — En déce nullité du mariage du roi avec Marguerite de Valois ; ie de Médicis, de Florence (Toscane).
20 Caractères : — J roi, d'humeur 8asconne, brave, loyal, chéri du peuple, le surnom de Grand, mêne une vie très dissolue ; née pour :: luxe et les arts, se montre hautaine, intrigante, Prodigue envers ses favoris. 80 Ministres : — durant le règne (1589-1610), ce sont : Maximilien de Léthune, duc de Sully et baron de Rosny, huguenot austère, économe, laborieux, sévère Pour soi et pour autrui, surintendant des finances, grand mattre de l'artillerie : — Nicolas de Neufrille,
qui lui donne — la reine, ignorante, jalouse, passion-
mm me
2° La Régente et Louis XIII (1610-24)
seigneur de F'illeroi, et son fils Charles, secrétaires d'Etat à la guerre ; — Pierre, dit le Président Jeannin, aux affaires étrangères ; —Pomponne de Bellièvre, chancelier (1599- 1607), Nicolas Bruslart de Sillery et son fils Pierre, marquis de Puisieux, chanceliers ; — Pierre Duplessis- Mornay fut durant 50 ans ‘le Pape des Hugnenots ”, et disgracié en 1600 pour ses excès de zèle hérétique.
40 Assassinat du roi : — Henri IV soutient la Hollande en révolte contre l'Espagne ; — en 1609, il fait signer la Trère de douze ans.— Le 14 mai 1610, il meurt assassiné par Ra- Vaillac. — 11 laissait cinq enfants : Louis XIII, Gaston d'Oléans, Elizabeth d'Espagne, Christine de Savoie, Henriette de France, épouse de Charles Ier d'Angleterre.
lo La Régence (1610-14) : — Sully, maussade et présomptueux, est disgracié ; — ministère de Jeannin, Villeroi, Sillery ; — le malaise est général dans le royaume. — Marie de Médicis forme le ministère Concini, Italien parvenu et incapable, qui est nommé marquis et maréchal d’Ancre (Picardie). — En quatre ans, Concini et sa femme reçoivent la valeur de 9 millions de livres, soit 54 millions de francs. — A rapprocher de la modeste dot de 6,000 livres qu'apporte à Champlain (27 déc. 1610) sa jeune épouse Hélène Boullé.
20 Majorité du roi (1614-43) : — Louis XIII, le Juste, né en 1601, est déclaré majeur en 1614. — Le 9 novembre 1615, il se laisse marier à l'infante d'Espagne, Anne d'Autriche, âgée de 15 ans. — Sa sœur Elisabeth, née en 1602, épouse le même jour l'infant, depuis Philippe IV : leur fille, Marie Thérèse, donnera sa main à Louis XIV. — Concini gouverne avec Barbin, Bullion, Mangot ; — sa scandaleuse fortune, son influence néfaste sur la Régente, provoquent trois rébellions des princes du sang et des seigneurs. — Condé, à la tête des mécontents : en 1618, Richelieu invite Concini à le jeter en prison à Vincennes.
30 Ministère d'Albert de Luynes (1617-21): — Louis XIII, âgé de 16 ans, ne peut tolérer la situation politique ; poussé par son fauconnier Charles-Albert de Luynes, favori incapable, il charge le capitaine de sa garde, le baron de Vitry, d'assassiner Con-iui (+ août 1617), dont la femme périt sur le bôcher. — “ La taverne a seulement changé de bouchon.” — Nommé duc et maréchal, devenu ministre, Albert de Luynes, — dont la ville d'Albert, près d'Arras, à la Vierge d'or qui resta longtemps penchée dans le vide, frappée au socle par les obus Allemands (1914), perpétue le nom, — suscite de nouveaux troubles : /utte contre la Régente et les grands, lutte contre les Calvinistes en révolte. — Il rappelle Richelieu à la Cour, lequel ménage une entente entre le roi et sa mère : paix d’Angoulème (30 avril 1619) et fait mettre Condé en liberté. — Albert marcha contre les Protestants, échoua devant Montauban (Languedoc) et en mourut de chagrin (déc. 1621). — En 1622, traité de Montpellier avec les Huguenots, lequel ne leur laisse que deux places de sûreté, Montauban et La Rochelle, et leur interdit toute assemblée politique, ...
40 Ministère de transition (1622-23—) : Nicolas et son fils Pierre de Sillery (Champagne), Charles, marquis de La Vieuville, gouvernent avec la Régente et le Conseil d'Etat. — Celui-ci n'inscrit ses arrêts que sur des liasses de feuilles volantes : d'où la formule “Extrait des registres du Conseil ” est tout-à-fait fictive. +. — Îl apparaît clairement combien ces luttes civiles durent entraver l'expansion coloniale en Nouvelle-France,
de 1608 à 1624.
1o Jeunesse (1606-24) : — Armand-Jean Du Plessis, troisième des cinq enfants de François Du Plessis, grand prévot de France (1578) chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit (1585), seigneur de Richelieu et de Vervolière, et de Suzanne de La Porte, fille d’un avocat du Parlement de Paris. — Le mot Plessis (plicationem ligni), clos, palis, suite de pieux formant palissade autour d’une terre ; — Richelieu, auj. chef-lieu de canton de 2,280 âmes, arrondissement de Chinon (Touraine). — Armand naît le 9 sept. 1585 ; — adolecent, il est “ d’une audace supérieure à ses forces, mais non à son génie.” — Proposé par Henri IV, il est sacré à Rome évêque de Luçon (Vendée), le 17 avril 1607. — A l’assemblée des Etats généraux, convoqués à Paris, en 1614, il est choisi comme orateur du clergé du royaume. — En 1615, la reine Régente le nomme aumônier à la Cour de la jeune épouse
II1° Système
des
Compagnies
{ 10 Compagnies de CoOMMErCe : — associations d’armateurs et de commanditaires, en vue d'exploiter le trafic à l'étranger ; — remontent à 1560 : Compagnie des pêcheries du corail sur le littoral barbaresque.
20 Compagnie rouennaise d'Afrique (1570) : — fondée par un groupe de raffineurs de Normandie ; — elle sert de modèle aux Sociétés, établies dans la suite pour le commerce des Indes.
30 Roberval et Cartier : — l'équipement de leurs vaisseaux se fait aux dépens du Trésor royal — et non par la cotisation d'armateurs ou de marchands (1534-1543).
40 Monopole du marquis de La Roche : — il passe un contrat de partage d'une partie des profits avec Thomas Chefdestel (mars 1597 et 1598),—avec Jean Girot, capitaine de la Françoise ; — ce n'est pas une Compagnie de commerce entre eux. — Chauvin a pour associé le seul François Du Pontgravé (1600).
60 Compagnie du sieur de Monts (1606-1609) : — au capital de 90,000 livres, dont les deux cinquièmes sont souscrits par les Malouins, — un cinquième par les Rouennais, — le reste par les Rochelais ct les Basques (10 février 1604). — Elle s'engage à expédier, par an, cinq bâtiments et 60 colons, de Terre-Neuve au 40° de latitude, moyennant le monopole commercial, — Ce monopole est révoqué, le 17 juillet 1607 ; — renouvelé pour une année (7 janvier 1608 au 7 janvier 1609), toutefois les vaisseaux français verseront au sieur de Monts une compensation solidaire, montant à 6,000 livres (6 oct. 1609).
6 Liberté du commerce (1609-1613) : — pour tous les ports commerçants de France. — Les Compagnies du baron de Poutrincourt — et de la marquise de Guercheville — sont limitées à Port Royal et à Saint-Sauveur : — elles sont éphémères, sans lendemain.
To Compagnies des Marchands : de Rouen et de Saint-Malo (1614-1620) :-— orga nisée sur l'initiative du fondateur de Québec, on l’a nommée aussi Compagnie de Champlain (V. H. P. Biggar). — Champlain suggère à la Cour l'idée d’une vice-royauté en Nouvelle-France ; — le comte de Soisson:. nommé, meurt soudain ; — Condé, son neveu, lui succède : monopole pour 12 ans (1613). — La Compagnie se forme au printemps de 1614 : les fonds sont divisés entre trois villes, Rouen, Saint-Malo, La Rochelle dont les Hugnenots se récusent au dernier moment. — Les articles de la Société sont perdus.
80 Compagnie des sieurs de Caen ou de Montmorency (1621-1627) : — la précédente Compagnie — dont le terme n'expirait qu'en 1625 — perd son monopole (nov. 1620), faute d'avoir transporté sir familles par an. — L'amiral de France et de Bretagne, Henri de Montmorency, nommé vice-roi, versern à Condé 11,000 livres — 1,000 par année — pour la durée de onze ans de monopole, — L'amiral a pour commanditaires Guillaume de Caen et son neveu Emery de Caen, tous deux Hugnenots. — Leur Compagnie et la Compagnie des Marchands se fusionnent en 1622. — En janvier 1625, le duc de Ventadour devient vice-roi.
80 Compagnie des Cent Associés ou de la Nouvelle-France ou de Richelieu (1627- 1668) : — le cardinal, impuissant, par refus obstiné des Parlements de province, à constituer la Comp. du Morbihan, celle de ln Nacelle de St-Pierre fleurdelisée, songe à créer une compagnie par colonie : —Cnmpagnie de Saint- Christophe (1626), Compagnie des Iles d'Amérique (1635), chacune ayant ses actionnaires et la levée de ses colons respectifs, — La Compagnie générale des Cent Associés, ruinêe par les pertes des premiers armements, est remplacée par deux Compagnies particulières de même appellation : — l'une disparaît en 1637 ; l'autre, en 1663.
100 Compagnie des Habitants (1646-1664) : — fondée en 1645, à Paris, où M. de Repentigny et M. Godefroy représentent les colons canadiens devant la Conseil des Cent Associés. — Elle est supprimée en 1664.
1io Compagnie de Notre-Dame de Villemarie —ou de Montréal (1641-1665) : — fondée à Paris par M. de la Dauversière… . dans le dessein de coloniser l'ile du Mont- Royal, d'y établir une ville, avec son gouvernement propre, indépendant du pouvoir central de Québec.
120 Compagnie des Indes Occidentales (1664-1674) : — remplace les deux précédentes ;-