‹ Tableaux, troisième vente (volume 3)Chapitre 27 sur 161 · Le Sabbat aux Enfers · texte numérisé non relu

Le Sabbat aux Enfers

A l'entrée de la grotte, le chien de la fable aux trois têtes, Cerbère, est assis sur son arrière-train et surveille la venue des déchus de l'humanité ; ses trois gueules sont menaçantes ; et pour pénétrer, les monstres qui sont passés de vie à trépas, enlaidis de leurs vices et de leurs crimes, se pressent de l’autre côté de la grotte. Au milieu, bravant leur fureur, une femme leur présente un glaive et passe devant eux, tandis que dans son tablier elle porte des pièces d’orfèvrerie; et voici qu’on devine des clameurs étouffées, des rires douloureux comme des sanglots, des ironies qui sont cuisantes comme des plaies ; voici que l’on surprend des regards où des lueurs brésillent. Toute une folie de bêtes et de gens quele sinistre nocher placé à gauche est prêt à frapper de son balai levé, au moindre arrêt qu'un des arrivants

tenterait.

Panneau. Haut., 0,565 ; larg., 0,819.

G2 COLLECTION CH. SEDELMEYER

TENIERS (bAviD) le Jeune

54, — Pâturages ‘au Pied de la Montagne.

Au bas d’une montagne dans la vallée, des bergers font paitre leurs troupeaux de chèvres et de moutons. L'un des bergers, vêtu de brun, est assis sur le sol, de face, la tête tournée de trois quarts à gauche ; l’autre se tient debout, un peu en arrière, vêtu d’une veste bleu foncé et d’un haut-de-chausses gris et il s'appuie sur son bâton. Autour d’eux leurs bêtes sont disséminées, couchées ou debout, et broutent l'herbe tendre; à gauche, en avant d’un terrain qui se relève, une rivière serpente enserrée entre des rives verdoyantes. Dans le ciel chargé de nuages il y a de grands rayons de lumière qui indiquent une averse à l'horizon.

Signé en bas vers la gauche, sur une pierre : D. T'eniers. Toile. Haut., 1,16 : larg’, 1,29-

Collection Max Kann, Paris.

aNnaf d7 ‘(aravq) SIN D —"c

64 COLLECTION CH, SEDELMEYER

TENIERS (bAVID), le Jeune

bhoe 55, — Un Coin d’Étable.

Au milieu, deux vaches, l’une baie, l’autre brune, toutes deux au mufle blanc, sont vues de profil. Vers la gauche, une fille de ferme en caraco bleu de ciel et jupe grise est en train d’emplir de lait une jarre de cuivre et détourne la tête pour voir les signes discrets d'invitation que fui fait un jeune garcon debout derrière elle. Il est vêtu d’une veste marron, d’un haut-de-chausses gris, et coiffé d’un bonnet rouge à plume incliné sur l'oreille gauche; il tient de la main gauche une canne, et de la main droite écartée du corps, l'index allongé, il doit désigner une pièce voisine. Pourvu que la jeune fille ne cède pas à la tentation! Car à droite, dans la porte entr'ouverte, apparaît, gardien vigilant, une vieille commère au masque sévère qui tient à savoir comment finira l'entretien. À la hauteur du chambranle de la porte, un hibou se tient sur un bâton horizontal, attaché par la patte. Au premier plan, à droite, on voit un vieux balai dont le manche est appuyé sur une futaille placée près d’une jarre de terre vernissée ; à gauche, dans l'angle des poutres qui soutiennent le toit, sur un pan de mur, on a placé divers objets, plat de terre, bouteille à huile, sablier, pot à moutarde, etc. Dans le fond, à l'ombre, un buffet garni de ces objets familiers; à gauche, au bas du mur contre lequel est cloué un égouttoir en cuivre, un baquet retourné est appuyé, placé sur le champ.

Signé à droite, en bas : D. T'eniers fecit.

es D a

= [ea] =

ES

Page 1