Idylle
Dans un coin de l'auberge, tous deux se sont assis autour d'un escabeau; elle tient un verre et une pipe, lui s'appuie amoureusement, le bras passé sur son épaule et pose sur l'escabeau un pichet de métal au couvercle ouvert. Aux pieds de la femme un chat, couché sur ses pattes, ronronne, l'œil ouvert; à gauche, dans l'ombre, trois fumeurs sont en train de deviser gaicment. A droite, par la petite fenêtre ouverte, une tête de femme se montre, tête anguleuse de mégère qui en dira de dures ce soir à son ivrogne de mari, à moins que ce soit une épouse jalouse, furieuse de reconnaître dans le galant qui flirte au milieu de la pièce l'homme qui lui a promis fidélité.
Signé en bas, à gauche : D. Tenier, 1635.
Panneau. Haut., 0,40; larg., 0,36.
74, — Le Joueur de Cornemuse.
Dans la campagne, un paysan se promène en soufflant de la cornemuse, ce qui a l'avantage d’égayer le chien qui court devant lui. Pendant ce temps, à droite de l’autre côté d’une rivière, on aperçoit des buveurs attablés sous l’auvent d’une auberge ; à gauche, un paysage clair sous un ciel bleu.
La gravure, qui a été faite de ce tableau par Beauvarlet, porte en légende les quatre vers suivants :
Aux champs, comme à la ville, un époux est dupé : Tandis que celui-ci caresse sa musette,
Sans penser au danger d'être encore plus huppé, On caresse de près sa femme à la buvette.
Signé en bas, à droite, sur une pierre: "DATÉE
Panneau. Haut., 0,235; larg., 0,34.
Gravé par Beauvarlet.
Décrit dans Smith, Catalogue Raisonné, tome HF, p. 357, n° 350.
Collection du marquis d'Arbande de Joncques. Aix.