BAT1MENS DE GUERRE FRANÇAIS ET ANGLAIS DE TOÜSJ
Tabt.f. première — Cette Æble contient laN «les bàtimens «le guerre anglais de tons rangs, prise sur le pont , depuis la ligne arrière de la râblure d'étrave à la ligne ayant de la râblure detambot, la longueur de la quille, la largeur en dehors des bordages , le creux dans la calle compté depuis la ligne droite des extrémités supérieures du maître bau, à la partie supérieure de la parclose , la hauteur du vibord, celle entre les ponts, et le port en tonneaux.
Dans la traduction, nous supprimons la longueur de la quille, la hauteur du vibord, et le port en tonneaux, qui ne servent pas dans la désignation des bàtimens de guerre.
Pour faciliter les comparaisons, nous avons ajouté à cette table la largeur des bàtimens en dehors des membres et le creux, à la ligne supérieure de la râblure de la quille, en nous servant des tailles françaises pour les dimensions des pièces de construction , ce qui ne peut différer beaucoup de celles adoptées par les Anglais. Nous donnons le rapport de la longueur , comparée à la largeur , en dehors des membres, et vice versu, leur tirant d’eau moyen au milieu, à peu près; et, jiour faciliter les citations, nous leur avons donné un numéro.
Table II. — Elle contient les principales dimensions des bâtimens de guerre français, dans les limites qui sont . assignées à leur rang par les règlemens , suivant notre méthode de les mesurer ; mais , quoique leur longia^r soit ordinairement comptée de râblureen ràblure à la tloTlaison, surtout pour les calculs du déplacement , nous ta Considérons la même à la ligne dudort, puisque ces points sont, à très-peu de chose près , sur les perpendiculaires de l'étrave et de letambot , et que d'ailleurs les différences qui peuvent en résulter sont trop peu sensibles, pour faire commettre quelques erreurs notables dans les comparaisons que nous avons à établir. Nous donnons, comme à la table première, la largeur en dehors des bordages , le creux dans la calle, lé rapport de la longueur à la largeur eu dehors des membres, et i ice versâ, a ve«f le tirant d'eau moyen au milieu; nous
leur donnons aussi des numéros. jfe
En comparant ces deux tables , on remarquera généralement que les bâtimens français sont {dus longs et plus larges que les bâtimens anglais du rang qui leur correspond; que les plus grands vaisseaux anglais n'cmt que 178,28 pieds de longueur sur 48,4® de largeur en dehors des membres, tandis que les nôtres ont i 9 6 > pieds de longueur, sur 5 o, 5 o de largeur, et qu’ils ont des trois ponts de î 66,54 pieds seulement, portant 106 bouches à feu; maison observera que tous leurs bâtimens sont plus larges que les nôtres de même rang, proportions gardées entre eux ; cela est tel , que si le vaisseau français n®. t , de irjô.So pieds , avait une largeur proportionnée a cdle Khi vaisseau anglais n*- 1 , d aurait 53,33 pieds de tan, au lieu de 5 o, 5 o, et que si ce vaisseau anglais de 1 78,28 pieds avait une largeur proportionnée a Celle du vaiss^W» français n\ t , il n’aurait que 4 <M.M” edsi de bau au lieu de 48,40. 11 eu est de même de la fregate
française n\ 9, de 146 pieds de longueur sur 36 , 5 o de largeur, et de la frégate anglaise n°. 11 , de i 35 ,ia pieds sur 35,67. La première aurait, en suivant le rapport de la deuxième , 38,53 pieds de largeur , au lieu de 36 , 5 o , et la deuxième n’aurait , en suivant le rapport de la première, que 34 ,ai pieds, au lieu de 35,67; il en est de même pour tous les autres bàtimens.
Les vaisseaux à trois ponts français sont un peu plus creux que ceux anglais , par rapport à leur largeur; mais les vaisseaux à deux batteries , les frégates et les corvettes françaises, ont moins de creux que les bâtimeus anglais de même rang , proportions gardées entre eux.
Table III. — Elle contient les proportions de la principale mâture des bàtimens de guerre anglais de tous rangs ; nous n’y avons fait aucun changement; mais nous y avous répété les principales dimensions des navires, alin qu’on puisse mieux juger des rapports; on y remarquera une exacte harmonie dans les proportions des mâts et des vergues de chaque bâtiment. On y verra que leurs petites frégates, n«. 1 4 , sont leur espèce de bàtimens le plus haut matés, que leurs plus grandes le sont moins ; leurs 74 et 80 , les corvettes ensuite , et enfin leurs vaisseaux à trois ponts , moins matés que toite les autres.
Table IV. — Elle contient les mêmes articles pour . les bàtimens de guerre français dont on fait usage actuellement; nous l’avons extraite du Traité de Mâture de Forfait , édition de 181 5 , pages 3 ao et 3 ai , pour les vaisseaux et frégates n°\ 1 , 4 » 5 ,9 et to, et d’après des renscignemens pris à la direction du génie de Rochefort, pour les corvettes n". i 3 et i 4 - On verra qu’il n’y a pas le même accord entre les mâts et, vergues de chaque bâtiment français que dans les bàtimens anglais, ce qui prouverait que
nous ne sommes pas fixés comme eux dans notre système de mâture. On remarquera surtout que tous nos mâts et vergues sont plus longs que les leurs , et plus particulièrement les mâts de misaine et de hunes.
Table V. — Pour pouvoir connaître les vraies différences qui existent dans la mâture des hâtiraens des deux nations, par des comparaisons exactes, nous avons composé les tables cinquième et sixième.- Nous donnons dans la cinquième les rapports de la longueur des mâts et vergues , à la largeur en dehors des hordages des bàtimens anglais de la table troisième, et nous en avons pris la moyenne pour chaque classe, ayant seulement excepté les n°’.9 et 10, dont on ne fait plus usage. Nous avons ajouté à cette table le rapport de la longueur des mâts et vergues , à celle du ton et des taquets d'un bout , d’après des reuseignemens particuliers , M. Steel ne les doifhant pas.
Table VI. — Nous donnous les rapports de la mâture des vaisseaux à trois ponts français, d’après les dimensions données dans le Traité de la Mâture , pag. 3 ao ; le rapport moyen entre les vaisseaux de 80 et 74, et ceux pour la frégate n°. 9, d’après les dimensions données page 3 a 1 du même traité, parce que nous n’admettons point légalité des mâts et des vergues.des deux mâts de la frégate n\ 10, quoiqu’autrefois nous en ayons été partisans ; mais notre propre expérience , confirmée par celle de plusieurs marins distingués, nous l’a fait rejeter par plusieurs motifs. Les rapports de la mâture des corvettes n". i 3 et 14 , sont d’après leur système particulier.
Suivant le système français , la longueur des mâts est en rapport avec la largeur en dehors des membres , et les vergues avec la 'longueur des bàtimens. Comme dans la précédente table, le diamètre , la longueur du ton et celle
des taquets sont en rapport avec la longueur de leurs mât et vergue.
Table ATI NouJ faisons l’application de la table 6 t .
aux bâtimens anglais, n"*. 1,7,11 et i 5 , en suivant les rapports qui conviennent à leur rang, les calculant sur la largeur en dehors des membres , et comparant cette mâture à ‘ celle qui leur est donnée dans la table troisième , d'après le système anglais. Ce qui nous a fait connaître que le système français diffère du système anglais.
Pour le vaisseau anglais n°. î.
Sur la totalité' de la mâture. ........
Sur la totalité de l’eavergure
3 o ,74 pieds.
44*3 1 id. .
Pour le vaisseau n°. 7.
Sur la totalité de la mâture
Sur la totalité de reovciçure. ........
t3,56 pieds.
5,79 id>
Pour la frégate n\ 1 r .
Sur la totalité de la mâture
Sur la totalité de l'envergure
35,38 pieds..
20,90 id.
Pour la corvette n\ i 5 .
Sur la totalité de la mâture. . . .'
Sxir la totalité de l’eovergure
33,68 pieds.
2i,58 id. «
Table VIII. — Nous avons fait l’application du système de mâture anglais de la table 5 '. aux bâtimens français, n*’. 1 , 5 , g et i 3 , calculant cette mature sur la largeur en dehors des bordages , et la comparant à celle qui leur est doqnée dans la table 4'. Ce qui nous fait également connaître ladifférencequi existe entre le système français et le système
Pour le vaisseau français n". i .
Sur la totalité de la mâture ». * -f* 29,39 pieds
Sur la totalité de l'envergure 4 * 63 , ri id.
Pour le vaisseau n°. 5 :
Sur la totalité de la mâture * . + 13,35 pied*.
Sur la totalité' de l'envergure 4 - 1 1 , G4 1 d
Pour la fne'gate.n,,. 9.
Sur la totalité de la mâture -f" *7»2o pieds.
Sur la totalité de l'envergure 4 “ 35,98 id.
Pour la corvette n 0 . 1 3 .
Sur la totalité de la mâture. . . -f- 37 , 5 a pieds.
Sur la totalité de l'envergure. ......... 4* 70,33 id.
D’après ces deux dernières tables, on peut voir la différence qui existe entré chaqne mât et vergue,d’après les deux systèmes.
On remarquera que les plus grandes différences ont lieu pour tous les bâtimens, dans le mât de misaine et les mâts de hunes, et que ce sont les deux vaisseaux de 74 n”. 5 français, et n". 7 anglais , qui se rapprochent le plus dans la totalité de la mâture.
Tous nos marins praticiens ont reconnu depuis longlempsque nos bâtimens sont trop matés, et ont senti la nécessité de changer notre systèmè de mâture, pour nous rapprocher davantage de la saine théorie, ainsi que les Anglais l’ont fait.
Mais ils proportionnent la longueur de leurs vergnes à la largeur de leurs bâtimens, ce qui ne pourrait convenir aux nôtres qui sont plus étroits, proportions gardées entre eux, et il convient , comme nous le faisons depuis long-temps , de proportionner l’envergure à la longueur de chaque navire ,
rjn
1 .Jjafin de leur conserver une surface de voilure convenable jP* ! leur capacité; mais il est nécessaire d'en faire baisser le centre d'effort , et pan- conséquent la mâture; c’est ce qui nous a porté à proposer un système fondé sur l'expérience , et avec lequel nos bâtiraens puissent acquérir à la mer toutes les bonnes qualités dont leur superbe carène les rend susceptibles. Le gouvernement y trouvera de l’économie , et la navigation des avantages.
Table IX. — Nous donnons dans cette table les rapports des dimensions de la mâture , suivant le système que nous proposons comme plus convenable que celui actuel aux bâtimens de guerre français. Nous y suivons à peu de choses près la manière de raâter des Anglais et celle des Français, pour l’envergure; il en résulte non-seulementque les mâts ont un rapport avec la largeur des bâtimens, mais qu’ils en ont un constant entre eux ; et que les vergues proportionuées à la longueur sont aussi en rapport avee leur mât respectif. C’est ainsi que tous les mâts étant calculés sur la largeur des bâtimens, sont eu rapports comme suit,
La longueur du grand mât étant. . = à 100,00 pieds.
Le mât de misaine. . .. . . , = 0,90 du grand mât.
Le mât d’artimon pour les vaisseaux. as ©,7odeid. le p*. reposant dans l'entrepont.
D^ d’^pour les frégates et corvettes. = 0,85 de id. le pied reposant dans la calle.
Le mafc beaupré = 0,60 de id.
Le maHre gruufc^iigier = 0,60 de id.
Le mât du petit huuier. = 0,60 du mât de misaine.
D*. du perroquet defougue pour les
vaisseaux. ...... s= 0,75 du petit mât de hune.
T)t*.d ,0 .pour les frégates et corvettes. .= 0,75 du grand mât de hune.
Les trou mils de perroquets K jux- S
qu’au c a pelage = o, 5 o de leur mât de hune respectif.
Iæs menus mâts, quoique considérés comme accessoires, ont aussi des nqqtorts suivis, ainsi qu’on peut le vérifier.
•.'*«*** fu .
Les vergues sont en rapport avec les mâts.
Pour les vaisseaux h trois ponts.
La grande vergue — 0 >9*' du grand mil.
U vergue de misaiac == °> 9 ® du n> ^ 1 d c nl ‘ ,a ' ne '
D 1 ». des grand el petit huniers — 0,70 de leur bas mil.
J>>». des trois perroquets. = *,75 de leur mât de hune.
D>". du perroquet de fougue = l’envergure de celle du petit
perroquet, plus la longueur dea taquet» qui lui correspondent.
Pour les vaisseaux à deux batteries.
La grande vergue et celle de misaine. . * ^ leur baa mât.
Les vergue, d* grande»^ petit hunier». . = 0,65 de jd.
D<». des trois mita de perroquets. ... — 0,70 de leur mil de hune.
La vergue du perroquet de fougue.. . . = à l'envergure de celle du petit
perroquet, plus la longueur des taquet» qui lui correspondent
Pour les frégates et grandes corvettes à gaillards.
La grande' vergue = 0 , 9 5 du grand mit.
La vergue de misaine = 0,90 du mât de tn.saine.
D-. du grand hunier = 0,70 du grand mit.
D“. du petit hunier = o, 6 7 5 du mit de rn.sa.ne.
D 1 *. des trois perroquets. = o, 7 5 de leur mât de hune.
D». du perroquet de fougue = * l’envergure de celle du grand
perroquet, plu» la longueur de* taquets qui lui correspondent.
Pour les corvettes au-dessous de 1 1 5 pieds.
La grande vergue et la vergue de misaine. = 0,9° de leur bas mit.
Les vergues du grand et du petit hunier». . = o, 675 deid. »
Dn>. dès trois perroquets = o, 7 5 de leur mât de hune.
U vergue du perroquet de fougue. . . = à l’envergure de celle du grand
perroquet , plu» la longueur daa taquets qui loi correspondent.
Les petites vergues accessoires sont aussi en rapport avec leur mât.
Dans tous les bâtimens, les vergues du petit Jwnier, de
civadièrc et sèche sont égales en longueur ; mais cette dernière a son diamètre dans le même rapport que les autres basses vergues.
Les raisons ponr lesquelles nous donnons peu de voilure au mât d’artimon des vaisseaux , et que nous la mettons en rapport à celle du mât de misaine, c’est que nous avons considéré que les œuvres mortes de ces espèces de bàtimens et surtout l’effet de leur dunette les rend trop ardens, et les empêchent d’arriver promptement dans un besoin pressant. Combien de naufrages et surtout d’abordages ont eu lieu parmi les vaisseaux , faute de ne pas pouvoir arriver assez vivement; les exemples sont fréquens, et nous nous dispenserons de les citer; notre but a été d’y obvier, en portant le plus possible le point vélique en avant du milieu; et cependant il se trouve encore trop de l’arrière lorftju 'étant sous toutes voiles , tous les focs ne sont pas dehors.
Les frégates et les corvettes n’étant point surchargées d!ceuvres mortes , ni surtout de dunette, sont un peu plus voilées de l'arrière et un peu moins de l’avant , afin que, n’étant point forcées dans cette dernière partie, elles ne puissent ressentir d’aussi forts tangages, toujours très-préjudiciables à leur marche et à leur mâture.
Nous faisons descendre le pied du mât d'artimon des frégates et descorvettesdansla ealle,et reposer sur la carlingue, comme on le faisait anciennement et comme le font encore les autres nations, parce qu’on a plusieurs exemples qu’en faisant reposer le pied dans l’entrepont, sa carlingue a été ébranlée ; d’ailleurs cela fait tordre et fatiguer davantage la partie de l'arrière de ces bàtimens légers. Ces mâts d’artimon peuvent être ajustés par en bas.
Nous donnons moins de taquets aux vergues, et cependant les huniers prendront leur quatrième ris à o ,l\5 de leur
IO
chute, à partir de la têtière, et les trois perroquets en prendront un au tiers. Ces voiles sont des trapèzes réguliers comme les huniers , et sans échancrure.
Nous avons proportionné le diamètre de la vergue sèche dans le même rapport que celui des basses vergues, parce qu’on y met souvent un palan de bout-de-verguc , pour hisser les embarcations, que l’on porte depuis quelque temps dans les porte-haubans d’artimon , et que nous désirons y enverguer une voile de fortune, beaucoup plus avantageuse d'un bon frSis que le foc d’artimon , et préférable à la brigantine, qu’il est alors difficile , ou même impossible, de tenir dehors; c’est surtout pour les frégates et corvettes une voile extrêmement utile.
Nous établissons des mâts de cacatois soit à clef, soit à flèche-en-l’air , qui sont aussi en rapports avec leur mât de hune respectif; cette espèce de mâture, facile à mettre à bas aifx apparences de mauvais temps , ne peut être dispendieuse au gouvernement, parce que pour l’établir il faut des madriers plus courts quepourfaire les mâts de perroquets, et que ceux de cacatois à clef ne se font qu’avec de trèspetits esparts. Les mâts à llècbe-en- 1 'air peuvent même dans lg besoiu être composés de deux morceaux joints et cerclés ensemble, eu tel endroit que ce soit au-dessous du chouquet , dans lequel se trouve le grand diamètre. Le pied qui repose sur le chdliquet du mât de hune, ne doit pas être plus gros que le bout de la flèche. Pour l’une et l’autre espèce de.ces mâts, il convient d’avoir de petites barres de cacatois, et de donner aux traversins de celles de perroquets les 0,60 de ceux des bas mâts, au lieu des o, 5 o qu’ils ont actuellement. *
Nous supprimons tous les bouts-dehors et toutes les bonnettes des vergues et des voiles du mât d'artimon , et
•Il
relie de sous-gni, comme absolument inutiles pour la marche et incommodes à manœuvrer ; celles de cacatois que nous leur substituons, s'amurant sur les vergues de bonnettes de perroquets, peuvent être, ainsi que les papillons , de quelque service pour les petites brises que l’on reçoit daus l'été en Europe, dans les colonies, et surtout dans les mers de l lnde pendant les belles moussons.
Nous supprimons également l'usage de la contre-ci vadière, dont la vergue peut servir de rechange pour le petit peiToquel, et celui de la voile de contée-civadière, qui n’est d’aucun service réel. Nous conservons les voiles d etai du grand cacatois et du cacatois de perruche, pour complaire à ceux qui en sont partisans, car nous savons par expérience quelles n 'orientent jamais bien au plus près, et l’ont plutôt dériver quelles ne liaient de lavant. Nous conservons la bonnette de brigantme,* qui sert d'un vent largue, et le llècbe-cn-cul qui fait uu très-bon effet d’un petit tenu. Notre voile délai de hune a pour les beaux tems une bonnette lacée dans le bas, de manière que son point d’écoute vient alors border à trois pieds au-dessus du bastingage près l’escalier. Et nous établissons une trinquette ou foc de tourmente ( nommée aussi misaine à la .grecque ) enverguée sur l epû ou faux étai de misaine , pour serv ir dans les mauvais tems et eu cas de démâtage du petit mât de hune. Notre grande voile et la misaine ont une bande de ris. Nous avons vu plusieurs fois la nécessité de les prendre dans ces voiles, et les Anglais, comme les autres nations du Nord, les y prennent souvent. Ceux qui n’y en ont jamais pris, ne peuvent se faire d’idée combien cette diminution dans les liasses voiles , soulage le bâtiment dans les gros teins.
Nous iixons la position des mâts d’après Chapman, Vial du Clairbois, Duhamel, forfait, les Anglais et les
autres puissances maritimes. A leur imitation, nous ne donnons que 25 °. d’obliquité avec l’horizon au beaupré des vaisseaux, et 20°. pouf celui des frégates et corvettes; cela permet de le tenir un peu plus court , et d’avoir des focs plus grands, ce qui facilitera les inouvemens d’arrivée en faisant passer le centre de voilure plus sur l’avant, et cette position du beaupré empêchera d’élever autant la guibre, et de lui donner autant de saillie qu’on le fait actuellement.
Ce système de mâture , fondé sur l’expérience , n’offre que des économies au gouvernement , des avantages et de la sûreté pour les bâtimens , pendant le cours de leur navigation. C’est en le suivant en partie que les Anglais ont pu se tenir sur nos côtes pendant vingt ans, dans les plus mauvaises saisons, et sans jamais faire d’avaries majeures; tandis que ndbs avons rarement eu une division qui n’en ait fait de considérables pendant quelques jours de croisière , et même dès sa sortie des ports.
Tabi.k X. — Nous faisons dans cette table l'application de notre système de mâture proposé aux cinq classes de bâti— mens de guerre en usage en ce moment, et nous en faisons la comparaison avec le système actuel appliqué aux mêmes vaisseaux et frégates, pages 142 à 146 du fruité de la mâture déjà cité, et aux corvettes sur lesquelles nous avons. eu des renseignemens à la direction du génie du port de Rochefort.
Nous ne comparons la longueur des mâts de perroquets que jusqu’au capelage seulement, vu que la longueur de leur flèche est arbitraire, et de telle manière que nous avons vu de nos frégates qui avaient leur grand mât de perroquet de cinquante-huit pieds. »
On verra la différence de chaque mât et de chaque vergue , et la totalité de ces différences données par les deux systèmes, qui sont en faveur du système proposé.
Pour le paisseau à trois ponts , n 0 . i.
Snr U touliii de le mâture. . . ' — 29,87 pied».
Sur la totalité de l'envergure — 1 8,58 id.
Pour le paisseau de 74, tu. 5.
Sur la totalité delà mâture . — 12, 5 1 pieds.
Sur la totalité de l'envergure -J- 5 ,o 5 id.
Mais ce vaisseau est mate sous de phis petits rapports que celui cité n°. 5, table -quatrième, suivant le dernier règlement.
Pour la frégate n. g.
Sur la tolalite de la mâture > 30 , 5 1 pieds.
Sur la totalité de l’envergure . . + t ■ ,08 id.
Pour la corvette n°. x3, mâtée dans le métne rapport que les frégates.
Sur la totalité de h mâture. . — 16,68 pieds.
Sur U totalité de l’envergure. - — i 5 , 8 iid.
Pour la corvette n a . 14.
Sur la totalité de la mâture * • . t . ' — 11,90 pieds.
Suf la totalité de l’envergure . . *f 17,38 id.
r * : '.i* f • > V -ry
Nous avons un peu augmenté la longueur de quelques vergues des n„,. 5,9 et i4> pour mettre plus d'harmonie dans leur rapport avec leifr mât respectif.
On considérera que la mâture, suivant le s^tème proposé, étant plus courte et moins grosse que celle selon le système actuel , doit être plus légère , et que le poids du gréement qui lui correspond est aussi moins lourd que celui de la mâture actuelle. „
Dans cette table, nous avons aussi indiqué dans des colonnes les surfaces des principales voiles dans les deux sys-
tèmes, leur différence et la position du centre de grrfvité de chaque voile, par rapport ù la flottaison. Nous avons, suivant le système proposé :
Pour le vaisseau français , h trois ponts , i .
Etant nous les cinq voiles majeures , les trois perroquets, les quatre focs et la briganline, = 1 3 voiles.
Surface de voilure . . . = 32693,5g pietli carrés. •
Moment par rapport à U flottaison. . . . •
ïd. par rapport à b perpendiculaire de lVtainhnt . = 4 1 *9 *29,77
Position du contre de voilure au-dessus «le la flottaison = 82,82 pieds.
IJ. en avant du milieu = 0,14 26 de la longueur. = 28,02
Rapport de la surface de la voilure h celte du parai*
lélogrmmnc circonscrit au plan de flottaison. . = 3,294
Dans le Traité de la Mâture , page ce vaisseau a sous les treize voiles citées,
Surface de voile. . . . = 337o5, 00 pieds carrés.
Position du centre de voilure, par rapport i b flot*
taison 85 , 94 pieds.
Id. en avant du milieu ^:o t i 4 <x> de la longueur. = 27 , 53
Rapport de la surface de voilure à celle du parallélogramme circonscrit au plau de flottaison. . = 3 , 396
Le système proposé donne de différences.
Surface de voilure. — n 11, 4 1 pieds carres.
Elévation du centre de voilure — 3,1 a pieds.
Sa position plus en avant du milieu = 0,0026 de .
la longueur. = 0,49
Avec le rapport de la snrfaee de voilure à celle du
paralhilogranunecirconscritaB plaade flotuisoo. — 0,102
Ce même vaisseau sons les deux basses voiles , les trois huniers., la briganline et le faux foc — sept voiles, suivant le système proposé.
Surface de voilure .. = 33197,08 pieds carre's.
Moment par rapport à la flottaison .. . . * . 171079^.34
Id. par rapport à la perpendiculaire de l'étambot. = 3*100877,93 pieds carres.
Position du ceulrc de voilure ao*du|u*de la flot*
taison = ?3,75 pieds.
Id. en ayant du milieu = 0,0548 de la longueur. == 10,78
Mais il n’est guère praticable de n’avoir avec une grande brigantine et les antres voiles citées, qu’un faux foc qui se place ordinairement à moitié du bâton, cette voilure nécessite au moins le petit foc et le grand foc , un peu rentré si l'on feut, car il peut être porté tout-à-fait au bout de son bout-dehors, lorsqu’il n’y a pas de ris aux huniers; alors le centre d’effort de cétlë voilure serait
h o,o 5 y.| de la longueur = • 1 1,67 pieds.
Et au*dtsos de la flottaison = 73,49
Ce bâtiraebt est porté dans le Traité de la Mâture sous cette voilure avec la petite brigantine , et les sept voiles ont.
Surface. .*■ . es 23 aa 6 ,oo pieds carrés
Avec sa grande brigantine il aurait — 23944,00
Position du centre de voilure aie-denos de ta flottaison avec la petite brigantine. .... es 75, *8 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,0770 delà longueur. = # i5,oi
Mais il serait moins en avant s’il était calculé avec la
grande brigantine.
Le système proposé donne dé différences.
Surface de voiture avec la petite briganlioe. . — — >8,92 pieds carrés.
Et avec la grande brigautiue. ....... — 746,92
Sur l’élévation du point vélique — 1,53 pieds.
Et moins en avant dn milieu = 0,0 176 de b longueur *.
Suivant la théorie de L. Euler et Chapman, que nous suivons , ce vaisseau , étant sous toutes voiles , doit avoir son centre d’effort de voilure à peu près
■SyL 7%. r , *• • •'.ç.^iia’
En avant du milieu ^ o, 1 167 de la longueur. . = 22,94 pieds.
Sa position au-dcssus.de la flottaison , aussi h peu
près *. * = 87,50 pieds.
Et le moment de la voilorc totale par rapport à la
flottaison, à peu près. a . = 6039192,00
Nous donnons ici des à peu près, parce que nous ne connaissons pas avec précision le déplacement du vaisseau qui nous sert d’exemple ; nous nous sommes servis de celui calculé à Rochefort pour un vaisseau de mêmes dimensions
( hors-d’œuvres ). . . 5 173,00 tonneaux.
La hauteur de la batterie étant. . . . . . = 5 ,o 83 pieds.
Le métaceutrc supposé au-dessus de la flottaison. . s /|,8o
Si nous avions employé le déplacement du vaisseau
r Océan. = . 4700,00 tonneaux.
La hauteur de sa batterie = 5 ,o 83 pieds.
Et la hauteur de son mélaceutre au-dessus de la '
flottaison « • c: 4 >79°
Le moment de la surface de voilure totale par rapport à la flottaison, ne serait que = 5444^35,00
Pour comparer à notre vaisseau n". i , nous avons calculé la surface de la même voilure pour le vaisseau anglais n°. i , aussi à trois ponts, et en forçant sur les dimensions des
voiles , nous avons obtenu 28099,38 pieds carrés.
Pour moment de cette voilure par rapporté la flottaison. . . = 224^386,69
Pour moment par rapport À la perpendiculaire de
l'étambot = 3224925,81
Position du centre de voilure au-dessus delà flottaison = 79,91
Id. en avant du milieu == 0,1437 de la longueur. = 25,63
Rapport de la surface de voilure, etc. du parallélogramme, etc , , . = 3,256
Les différences avec notre vaisseau n 0 . i , sont d’après le système actuel :
Surface de voilure — 5 bo 5 , 6 i pied» carrés.
Sur l'élévation du centre de voilure — m 6»°3 pieds.
<$,65 pieds.
Sur sa position en avant du milieu -f- 0,0037 de la
langueur
Avec le rapport de la surface de voilure , etc., du
parallélogramme , etc — o,r 4 o
Et d’après le système proposé.
Surface de voilure. . — • 45i)j,2i pieds carrés.
Sur l’élévation du centre de voilure — 2,91 pieds.
Et sur «a position en avant du milieu 4-0,001 1 de
la longueur — 0,20
Avec le rapport de la surface de voilure , etc?, du
parallélogramme, etc — o,o 38
Mais ce vaisseau anglais est de 18,1a pieds plus court que le nôtre, et seulement 2,16 pieds moins large. Ces différences dans les dimensions ne sont pas eu rapport de la différence des voilures , et prouvent que ce vaisseau anglais est moins voilé que le nôtre.
Pour le vaisseau français ri". 5 de ^4-
Sous les cinq voiles majeures, les trois perroquets, les quatre focs et la brigantiue = i3 voiles. D’après le système proposé ,
Surface de voilure
Moment par rapport à la flottaison
Id. par rapport à la perpendiculaire de l’étarabot Position du centre de voilure au-dessus de la flot
taison
Id. en avant du milieu =0,1237 de 1 * longueur Rapport delà surface de voilure, etc., du parallé Jogramwc , etc.
= 23575,2- pieds carrés.
= 7 1 ,28 pieds.
Suivant le Traité de la Mâture , page 1 44 > ce même vaisseau a pour
Surface de U susdite voilure. ..’.... o a^oifyoo pieds carrés. Position du centre de voilure au-dessus de U flottaison. 72,61 pieds.
tS
Position eu avant du milieu = o, 1 1 40 de la longueur. 19,69 pieds.
Rapport de la surface de voilure, etc., du parallélogramme , etc = 3 , a 29
Le système proposé donne de différences ,
Surface de voilure
Éle'valion du centre de voilure
Sa position eu avant du milieu 0,0097 de loo-
* gueur
Avec le rapport de la surface , etc., du parallclogramme , etc. *
44<>,73 pieds carre' v
a, 35 pieds.
Il faut se Rappeler que ce bâtiment qui nous sert d’exemple est moins mâté qu’il ne l’est indiqué par le dernier règlement, pages 3ao et 3 j i du Traité de la Mâture , rapporté table quatrième de cet ouvrage. Si nous l’avions suivi , les différences seraient plus grandes avec notre système proposé.
Ce même vaisseau, n°. 5, sous les cinq voiles majeures, le faux foc et la briganline = 7 voiles. D’après le système
proposé,
Surface do voilure. . - t= 17484,31 pieds carrai.
Moment pvr rapport à la flottaison. . . . , , = 110?. 1 34 , 4 '
ld. par rapport à la perpendiculaire de l’ctambot. . = 1609796,75
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison = 63 , 04 pieds.
Id. eu avant du milieu = 0,0447 de !a longueur. — 7 , 5 7
D’après le système actuel.
Surface de voilure = 1781 7,00 pieds carrés.
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison. . = 64,45 pieds.
ld. en avant du milieu — o,o 35 o de la longueur. = 6,49
Le système proposé donne de différences ,
Surface de voilure —
Élévation du point vélique. —
Sa po»ition en avant du milieu -f- 0,0097 de la
332,69 pieds carrés.
1 a 4 1 pieds
D'après la théorie déjà citée, ce bâtiment sons toutes voiles doit avoir son centre d’effort de voilure, eu avant du milieu.
A peu près à o, 1 i G 5 de la longueur
Et au-dessus de la flottaison
Le moment par rapport à la flottaison , aussi à peu
près. .. J
En supposant que son déplacement
Son métacentre au-dessus de la flottaison. . . .
Et la hauteur de sa batterie
19/9 pied*.
3 oS 5 ,fio tonneau 3,855 pied*.
Car nous n’avons pu nous procurer son déplacement exact.
Pour comparer à notre n°. 5 , nous avons calculé la surface des treize voiles citées pour le vaisseau anglais n". 7 de 74, qui est 10,4 1 pieds plus court, et 1,2a pieds seule-
ment moins large que le nôtre.
Cette surface = 22708,84 pieds carrés.
Moment par rapport k la flottaison = 1532481,27
Id. par rapport k la perpendiculaire de l’étambot. . = 2329031,96
Position du centre de voilure au-dessus de la flot*
ta iso n. = 67,04 pieds.
Id en avant du milieu = 0,1467 de la longueur. . = 23,27
Rapport de la surface de voilure, etc., du parallélogramme , etc = 3,344
Différences avec le vaisseau français n\ 5 , d’après le système actuel.
Surface de voilure —
Élévation du centre de voilure —
Et sa position en avant du milieu -f- o,o 3 7 de la
longueur =5
Avec le rapport de la surface , etc. , du parallélogramme , etc. . . . 4*
Différences avec le système proposé,
Surface de voilure —
Élévation du centre de voilure —
1 307 , 1 6 pied» carrés . 5,57 pied*.
866,43 pieds carre*.
4,aî pied*.
Et sa position en avant du milieu + 0,02 3 o de la
longueur . . . . = 2,36 pieds.
Avec le rapport de la surface , etc., du parallélogramme , etc -j- 0,174
Pour la frégate française n°. g. Système proposé. Sous les treize voiles précitées.
Sut face de voilure. . = 19394,93 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison 1 134868,19
ïd. par rapport & la perpendiculaire de l'clambot. . =r l 77 a 5 <) 7 i 49 Position du point vclique au-dessus de la flottaisou. t= 58,65 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,1260 de la longueur. =rr 18,40
Rapport de la surface de voilure, etc., du parallélogramme, etc. . . = 3,640
Dans le Traité (le la Mâture, page i/|6, cette frégate sous les mêmes voiles a r
Surface de voilure 197 16,00 pieds carrés.
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison . V . =s 60,67 pieds. *
Id. en avant du milieu = 0,1 180 de la longueur. . = 17,18
Rapport de la surface de voilure, etc., du parallélogramme, etc ss 3,700
te système proposé donne de différences.
Surface de voilure — 3 2 1,0 7 pieds carrés
Élévation du point vélique au-dessus de la flot- •
taisoo. — 2,02 pieds.
Id. en avant du milieu 0,0080 de la longueur. = 1,2a
Avec le rapport de la surface , etc., du parallélogramme , etc • — 0,060
Sous les cinq voiles majeures, le grand et le petit focs, avec la brigantiue ; suivant le système proposé :
Surface de voilure. . ss 1 4025,55 pieds carrés.
* Moment par rapport à la flottaison = 767301,72
Id. par rapport a la peq»endiculaire de lYtambot. . = 12^4942,43
Position du point vélique ; ilt-dcssus delà flottaison. = 61,41 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,071 3 de la longueur. = »o, 4 *
Système actuel.
Surface de voilure. = 15729,00 pieds carrés.
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison =: 5 1 , 9-5 pieds.
Id. en a vaut du milieu = o,o 65 t de la longueur. = p. 5 o
Le système proposé donne les différences suivantes.
Surface de voilure — 8 o 3,45 pieds carrés.
Élévation du centre de voilure — o ,54 pied.
Id. en avant du milieu -f- 0,0062 de la longueur. . = 0,91
Il est probable qqp nous obtiendrions moins de surface de voilure dans le système proposé, et plus de différences dans l’élévation du point vélique , si nous établissions nos vergues comme il est admis pour les calculs des surfaces de voilure; mais nous les avons établis à o ,65 seulement de la longueur du ton , au-dessous du capélage , dans tous les bâtimens qui nous servent d’exemples.
Suivant la théorie, cette frégate, sous toutes voiles, doit à peu près avoir son centre d’effort de voilure en avant du
milieu =do,i 17 1 de la longueur, . . . = 17,104 pieds.
Son Itération au-dessus de la flottaison = 66,7g
Et son moment par rapport à la flottaison , aussi à
peu prés r rwâptfcji frfsc* • t
Nous nous sommes servis pour ces calculs du déplacement de la Seine et de celui de la Çyb'ele.
Le premier ?tant . . = i 3 i i, 3 o tonneaux.
üHh u bj . 1 ”
La hauteur de sa batterie = C,oo pieds
Id. de son métacentrc au-dessus de la flottaison. . -=*
Sou momeut par rapport h la flottaison. . ’ .
Le déplacement de la deuxième
La liaulcur de sa batlerie. .
ld. de sou méiaceutre au-dessus de la flottaison. . Sou moment par rapport à la flottaison. . . .
1 83 o 8 oo.no
1466,76 tonneaux- 6,00 pied.
Ce qui donne pour enlacement moyen. . . . es 1 38q,o3 tonneaux
Hauteur raoyenuc de la batterie. . »... n 6,00 pieds.
Id. id. du mctacenlre au-dessus de I» flottaison. . = <>,o50
Et a donné pour le moment cité i6i5?g*,73
Pour comparer à notre frégate n°. g, nous avons calculé ia surface des treize voiles déjà mentionnées pour la frégate anglaisent 1 i, qui porte cinquante-deux Louches à feu, quoiqu’elle soit 10,88 pieds plus courte et o,86 plus étroite que la nôtre , qui n’en porte que quarante-quatre.
Cette surface =5 17391,31 pieds carrés.
Son moment par rapport à la flottaison. . . . = g., 8-a6, 1 i
Jd. par rapport b la jicrpradimlaire de l’clamÏK'T . up i 5 i 2623,88
Position du centra de a*ilure au-dessus de la flol-
uiaon = 54,55 pieds
IJ. en avant du milieu = 0,1417 delà longueur. . = 19,42
Rapport de la surface de voilure, etc., du parallélogramme , etc = 3,546
Différences avec le n". 9, d'après le système actuel ,
Surface de voilure — 2324,69 pieds carrés.
Élévation du point véliqiie — 6,t2 pieds.
Sa position en avant du milieu -f- 0,0237 de la
longueur sa 3,20 •
Avec le rapport de la surface, etc. , du parallélogramme , etc — 0,1 54
Différences avec le système proposé :
Surface de voilure — 2003,62 pieds carrés.
Elévation du ceDtre de voilure — 4, 10 pieds.
Sa position en avant du milieu -f- 0,0157 de la
longueur = 2,1a
Entre les rapports de la surface de voilure i 1 1 surface du parallélogramme circonscrit au plan de flottaison 7 — 0,094
Ces différences sont considérables dans des bâtimens presque semblables, môme eu admettant que nous n’ayons pas assez forcé sur les dimensions des voiles de la fré-
gâte anglaise, et quels surface de scs treize voiles pourrait
avoir. 1 77 1 6,00 pied» carrés .
Au lieu de 1 73<>f , 3 1 que nous avons trouvés; la différence avec le système actuel n'en serait pas
et prouve toujours que nos frégates ont beaucoup plus de voilure que les frégates anglaises.
D’après les devis qui nous ont été communiqués des corvettes la hayadere , la Saplio et l’Égérie , et d’après les rensetgnemens que nous avons obtenus sur F Aigrette et la Diane , toutes construites subies gabarits de la Victorieuse , nous avons calculé qu’étant sous les cinq voiles majeures, les trois perroquets, la brigantinc, le grand foc, le petit foc et le clin foc, en tout douze voiles , d’après leur système actuel , elles donnent :
La surface de celte voilure =s , 3365,38 pieds carres.
Moment par rapport à la flottaison 699372,1 1
Id. par rapport à la perpendiculaire de l’étambot. = 993 * 73,85
Position du centre de voilure au-desfus de ta flot-
•aison 5 a , 33 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,1 192 de la longueur.. == 1 4,3 1
Rapport de la surface de voiture à la surface du
p ralldlogramme circonscrit au plan de flottaison. = 3,71 3
Le système proposé donne pour la même voilure ,
> ur(,ce - • . 1 2588,48 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison — 619976,50
Moment par rapport à la perpendiculaire de IV-
tarabol • . ... .. ms 945317,86
Position du point vélique au-dessus de la flottaison. 35. 49, a 5 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,1 a 58 de la longueur, es i 5 ,to
Rapport de la surface de voilure à la surface du parallélogramme circonscrit au plan de flottaison . es 3,49?
Le# différences sont pour le système proposé.
Surface i!e voilure. . — 777,33 pieda carrés.
Élévation du point véliçue . . — 3,08 pieds
IJ. en avitil Ju milieu + o,oo 5 ii Je la longueur. = 0,-g pied»-,
iùitre les rapport», etc., du parallélogramme , e»». — 0,218
Sous les cinq voiles majeures, la brigantine, le grand el le petit focs, suivant le système actuel :
Surface tic voilure 1081 7,33 pieds carre*.
Moment par rappoit à In flottaison = 498089.31
Id. par rapport à la perpendiculaire de rétambot. . = 759462,98
Position du point velique au-dessus de la flottaison. r=s 46,07 pieds.
Id en avant du milieu = 0,0853 de la longueur. =s 10,24
Sous les mêmes voiles, suivant le système proposé :
Surface de voilure. = 101 10,57 pieds carrés.
Moment par rapport h la flottaison = 436066,39
Id. par rapport à la perpendiculaire de IVtambot. . =3 yi 6 y 83,38
Position du point vélipue au-dessus de la flottaison. = 43» *3
Id. en avant du milieu = 0,0909 de la longueur. =3 10,91
Le système proposé donne de différences :
Surface de voilure — 701,76
Élévation du point velique — 2,94
Id. en avant du milieu 4* 0,00 56 de la longueur. . = 0,67
En suivant lathé.orie d’Euler et de Chapman, déjà citée, cette corvette sous toutes voiles doit avoir son centre d’effort de voilure :
En avant du milieu ca 0,1 172 de la longueur. . = i4,o6picdsà p. pr.
Et au-dessqs de la flottaison 54,25
Moment de cette voilure totale par rapport h la flottaison. • • / 804619,74 pour maxi.
N'ayant point le déplacement exact de cette corvette, nous avons employé le déplacement moyen entre les frégates la Cybèle et la Seine. ...... . ss 1)89,03 tonneaux.
Ce qui , par les méthodes ordinaires , donne pour
la Bayadcrc. . . . 762,87 •
Et en supposant le métacentre au-dessus de la flottaison. . = 6,00 pieds.
Donne pour le moment de U voilure totale par
rapport à la flottaison = 779^°9»^^
Et en le supposant à cinq pieds au-dessus de la
flottaison ce moment. 6 jt} 5 g!,i 4
Mais nous avons employé pour le déplacement de cette COrvette. = 787*44 tonneaux.
Le métacentre au-dessus de la flottaison. . • . = 6,00 pieds.
Et uous avons obtenu pour le momeut de 1a voilure totale la somme indiquée ci-dcssus , que nous désignons comme maximum 804619,74
Nous disons le maximum, parce que nous donnons à cette corvette le plus grand déplacement quelle puisse avoir, ainsi que la plus grande élévation de son métacentre audessus de la flottaison ; et cependant, pour atteindre ce plus grand moment dans son système actuel , il faudrait moins de voilure que ses perroquets n’en comportent étant à la même élévation , car, si on ajoute leur moment à celui des douze voiles citées dans la première comparaison, le moment
total sera = 821697,40
Et par conséquent plus grand que celui de toute la
voilure d’une quantité = 17077,66
Et si nous n’avions estimé la hauteur du métacentre audessus de la flottaison, comme il est assez probable qu'il
est 5 ,oo pieds.
le moment de toute la voilure serait =3 67051 6, 3 o
Et moins grand que celui des douze voiles citées de la quantité. 28S55,8t
Ce qui nous porte encore à croire que le moment que nous indiquons pour celui de la voilure totale, est porté à son maximum, et que le métacentre ne peut être à beaucoup plus de cinq pieds au-dessus de la flottaison , c’est que la gfande corvette la Méthyste avait pour déplace-
ment = S863,oo tonneaux.
Son métacentre au-dessus de la flottaison. . . . sr 4*77 pieds.
5,33 pieds.
Sa batterie ayant de hauteur
Et pour moment de sa voilure totale par rapport à
la flottaison. r =5 701048, 3 î
Si l’on donnait à cette corvette une surface de voilure égale à quatre fois la surface du parallélogramme cir-
conscrit au plan de sa flottaison. . . = 14400,00 pieds carre'j.
Ce ne serait encore de différence avec les douze
voiles de son système actuel, que. .... -H 1034,62
Que Ton obtiendra en ajoutant le faux foc , dont la
surface.* * . . . *■= 1034,62
Ce bâtiment a donc de trop toute la surface de ces six voiles d’étais, que nous comprenons dans les principales voiles , et en ne considérant comme accessoires que les cacatois et toutes les bonnettes.
Tout prouve donc que ces corvettes ont trop de voilures, et qu’en les matant dans le rapport des frégates , nous leur en donnons encore plus qu’elles n’en devraient avoir. Pour mieux le prouver, nous avons calculé la surface des douze voiles précitées pour la frégate anglaise n n . i4, qui, à la vérité, est 6,9! pieds plus courte que notre n°. i 3 , mais elle est o ,55 pieds = 6 pouces 7 lignes plus large , avec peu ou point de rentrée, et plus creuse de 9 pouces xo lignes; ses fonds plus plains; et elle porte trente-buit bouches à feu, tandis que la nôtre n’en a que vingt.
Nous avons forcé sur les dimensions des voiles, et nous avons trouvé :
Leur surface i 3 oo 3 , 48 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison = 66863 a, 5 o
Id. par rapport à la perpendiculaire delVlambot. . = 910867,02
Position du centre de voüure par rapport a la flot*
toison . . . ss 5 1 , 42 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,1195 de la longueur. . = i 3 , 5 i
Rapport de la surface de voilure à la. surface du
parallélogramme circonscrit au plan de flottaison. = 3,766
Dilïe'reuces avec la Bayadere , suivant son système actuel :
Surface de voilure. .* — 361,90 pieds carré*.
Moment par rapport à la flottaison. . ...... 30739,61
Élévation du centre de voilure — 0,91 pieds.
Id. en avant du milieu -j- o,ooo 3 de la langueur.. = °i°H
Entre les rapports, etc.,des parallélogrammes, etc. -f- o 53
Différences, etc. suivant le système proposé.
Surface de voilure. . . • 0. — 4 1 5,43 pieds carrés,
Moment par rapport à la flottaison -f*
Élévation du ceutre de voilure. ...... -f“ 2,17 pieds..
IJ. en avant du milieu — o,oo 63 . 0,76
Entre les rapports , etc. du parallélogramme, etc. + 0,271
Mais il faut considérer que la masse de cette frégate anglaise est plus grande que celle de notre corvette, et que c’est l’espèce de navire anglais maté sur les plus grands rapports. Nous avons encore calculé pour comparera noire n°. i3, la surface de la même voilure pour la corvette anglaise n\i5,qui est de 12, 48 pieds plus courte; o,63 pieds— 7 pouces 6 1 lignes plus étroite; 0,07 de pied moins creuse, maisportant trente-deux bouches à feu.
Cette surface = ti 292,43 pieds carrés.
Le moment par rapport 4 la flottaison = 539256*48
Id. par rapport à la perpendiculaire de l’étambot. . == 77661 i, 3 o
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison . . . . = 47 * 7 ^
Id. en avant du milieu = 0,1396 de la longueur. • = i 5 ,oi
Rapport de la surface, etc. du parallélogramme, etc. bs 3,543
Différences avec la Bayadere, suivant le système actuel:
Surface de voilure — 2072,95 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison — 1601 1 5,63
Élévation du point vélique — 4>$7 pieds.
Id. en avant du milieu -f- 0,0204 de la longueur. . = 2,19
Entre les rapports , etc. , du parallélogramme, etc. + 0,170
Différences avec le système proposé :
Surface de voilure — 1295,62 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison — 80720,02
Élévation du centre de voilure — 1 , 5 o pieds.
Id. en avant du milieu -f- 0,0 1 38 de la longueur. . =s 1,48
Entre les rapports, etc. des parallélogrammes, etc. -j~ 0,048
D’après ces comparaisons , nous sommes persuadés qu'il conviendrait de régler la mâture de nos corvettes 11... i 3 , d’après les rapports indiqués pour les corvettes anglaises.
Pour les corvettes françaises n°. 14.
1 1 Echo, la Friponne, la Coquette, etc. sur les gabarits de la Diligente , mais dont la mâture primitive a été changée. Étant sous les cinq voiles majeures, le grand et le petit perroquet, la brigantine, le grand, le petit et le clin foc, en tout onze voiles. Suivant leur système actuel :
Surface de celle voilure = 912.5,99 pieds carrés.
Moment par rapport k la flottaison = 379176/12
Id. par rapport à la perpendiculaire de Tétambot. . 562377,86
Position du poiut velique au-dessus de la flottaison. = 4 1 »55 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,0925 de la longueur. . = 9,62
Rapport , etc. du parallélogramme , etc. . . . = 3,375
Suivant le système proposé sous les susdites onze voiles:
Surface de voilure 8940, 1 4 pieds carrés.
Moment par rapport k la flottaison =: 357876,68
Id. par rapport à b perpendiculaire de i’étambot. . = 596649,54
Position du point vélique au-dessus de la flottaison. = 40, o 3 pieds.
Id. en avant du milieu = 0,1417 de la longueur. . = < 4*74
Rapport, etc. du parallélogramme , etc. . . . ~ 3 . 3 o 6
Différences du système proposé :
Surface de voilure — 1 85,85 pieds carrés.
Élévation du point véliqoe — j ,5 a pieds.
ïd. en avant du milieu -{- 0,0492 de la longueur.. = 5 , 12 pied».
Entre le» rapports, etc. du parallélogramme , etc. . — 0,06g
Ce qui donne plus de stabilité et rend le bâtiment moins ardent, en portant le centre d’effort de la voilure beaucoup plus en avant : les corvettes dont il est ici question le sont au point de ne pouvoir conserver de voiles de l'arriére, lorsqu’il vente bon frais.
Sous les cinq voiles majeures , la brigantine , le grand et le petit foc, en tout huit voiles, suivant leur système actuel.
Surface de voilure. 7 64 7 , 3 g picdsc acres
Moment par rapport à la flottaison. . . • . . . = a 8 oo 3 a,o 8
Id. par rapport à I.i perpendiculaire de l'clamLoi. . ss 439263,64
Position du point vtlique au-ilmus de la flottaùou. = 36 , 6 a pieds.
Id. eu avant du milieu =z o,o 5 a 3 de la longueur. . = 5 , >4
Sous les mêmes voiles, suivant le système proposé i
Surface < 1 ? voilure . . . . = 75 o3,i 8 pieds carrés.
Moment par rapport à la flottaison. . ... as 266102,28
Id. par rapport à la perpendiculaire de l’éumbot. . = 466596,21
Position du point vélique au-dessus de la flottaison. = 35,47 p*«b.
Id. en avant du milieu == 0,0975 de la longueur. = 10,14
Le système proposé donne les différences :
Surface St voilure — 1 44 , 1 1 pieds carrés .
Élévation du point véliqne — 1,1 5 pieds
Id. «o avant du milieu + 0,0/, 5 1 de ta longueur. — 4,70
Il est certain que le centre d’effort de voilure étant porté beaucoup plus en avant que dans le système actuel de ces corvettes, elles seront moins ardentes, et qu’elles arriveront avec plus de facilité.
Par la théorie déjà précitée , le centre d’effort de leur voilure totale doit être . ,
En avant du milieu = 0,1171 delà longueur. . =s (*,(9 pieds
Au-dessus de la floltaisoo 49,58
Son moment par rapport à la flottaison , en supposant le mctaccnlre à six pieds ou -dessus de la
flottaison = 486554.79 pieds.
Toujours à peu près, car nous n’avons pas le déplacement exact de ces bàtimens; nous l'avons calculé par approximation , suivant les méthodes ordinaires, en nous servant du déplacement moyen entre ceux des frégates la Cybelc et la Seine, ce qui nous a donné pour ces corvettes :
Un déplacement. s 5 x 3 ) 83 tonneaux.
Et avons obtenu le moment ci-dessus , en supposant
le mctacentrc au-dessus de la flottaison. . . . = 6.00 pieds.
Mais s'il n’était , comme il est très-probable , que. . = 5 , 00
Le moment de la voilure totale t par rapport à la flottaison , ne serait que ==
Ce qu'il sera facile de vérifier lorsque l'on connaîtra le vrai déplacement. ,
Nous avons calculé ,' pour comparer à notre n*. \!\, la surface des onze voiles précitées pour la corvette anglaise n“. 17, qui n'est que 0,78 de pied plus courte, et 0,86 pied =10 pouces 4 lignes plus large; 0,40 pouces = 4 pouces 9 lignes plus creuse, et porte vingt-huit bouches à feu.
Cette surface . = 8545,25 pieds carrés.
Le moment par rapport à la flottaison = 355327, 24
Id. par rapport .H la perpendiculaire de Félambol. . = 578261,83
Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison = 4 1,58 pieds.
Id. en avant du milieu 0,1 556 delà longueur. . . = 16,06
Rapport de la surface de voilure, etc. du parallélogramme, etc = 3 ,o 83
Différences avec le système actuel de la corvette française
Surface de voilure — 580,74 pieds carres.
Élévation du centre de voilure -f* o,o 3 pieds.
Id. en a vaut du milieu -f- o,o 63 i de la loogucur.. = 6 , 5 1
Entre 1 « rapports, etc. des parallélogrammes , etc. — 0,292
Différences avec le système proposé :
Surface de voilure v . . . — 394,89 pieds carrés
Élévation du centre de voilure 1 ,55 pieds.
Id. en avant du milfeu 4- 0,01 3 g de la longueur. . = t ,44
Entre les rapports, etc. du parallélogramme, etc. — 0,223 ,
Nous établirons encore une comparaison de notre corvette n”. i 4 , avec la corvette anglaise n°.i 8 , qui est plus courte de 4 ,54 pieds, et plus étroitede o,55 de pied=(j pouces 7 lignes, avec le même creux, que la nôtre , mais portant jusqu’à vingt-quatre bouches à feu.
La surface des onze voiles précitées. ....
Le moment de cette voilure par rapport à la flot-
taison. . *.
Id. par rapport à la perpendiculaire de l’étambot. . Position du centre de voilure au-dessus de la flottaison *
Id. en avant du milieu o,i 556 de la longueur. Rapport de la surface, etc. du parallélogramme , etc.
7925,07 pieds carrés.
39,59 pieds.
Différences avec la corvette française, n*. 14 , d’après son
système actuel :
Surface de voilure 1200,92 pieds carrés.
Élévation du centre de voilure. — ^ 1,96 pieds,
Id. en avant du milieu -f- o,o 63 i de la longueur., k 6,28
Entre les rapports , etc. du parallélogramme , etc.. — 0,245
Différences avec la même corvette d’après le système proposé :
Surface de voilure — ioi 5 ,o; pieds carrés.
Élévation du point relique 4. 0,44 pieds.
Id. en avant du milieu 4- 0,0139 de 1 * longueur.' = i, 3 S
Entre les rapports , tic. des parallélogrammes, etc. — 0,176(1;
(1) Si nous n’avions pas craiut de rcodie ce travail trop volumineux , nous aurions douné les dioicnaions des voilqs et la quantité de toiles à voiles , fil , ralingues , etc., qui enlrcot dans leur confection pour les bitimens au traité de la voilcric , édition de 1609.
glais de tous rangs , d’après le
Toutes ces comparaisons prouvent que les bâtimens français ont ]>eaucoup plus de voilure que les bâtimens anglais, et que nos bâtimens doivent incliner davantage sous la même voilure , avec le vent d’une même force, le centre d’effort étant plus élevé. On doit se rappeler que les différences indiquées ne sont que pour la principale voilure , et quelles doivent être plus grandes sur la totalité , puisque nos bâtimens étant plus longs avec une même largeur, les voiles d’étais ont plus de surface que celles des Anglais.Cette différence de voilure entre les navires des deux nations, est sûrement une des principales causes qui font que les Anglais ont leurs équipages moins nombreux que les nôtres; mais ils n’embarquent pas autant de mousses que nous.
On ne peut se dissimuler que les Anglais étant continuellement à la mer, surtout depuis vingt-cinq ans, y ont acquis beaucoup d’expérience, et que leur gouvernement, favorisant toujours par des épreuves les propositions des officiers, sont parvenus, à force d’essais et de tâtonnemens , à établir un système de mâture qui se rapproche beaucoup pins que le nôtre de la saine théorie démontrée par plusieurs savaus.
11 résulte du Système des Anglais, que leur mâture étant mieux tenue que la nôtre, non-seulement parce qu elle est moins haute, mais encore parce que leurs bâtimens ont peu, ou même point de rentrée, ils ne sont pas sujets comme nous à faire des avaries à la nfter , et la tiennentavcc sécurité pendant les plus mauvaises saisons; et quoique l’on dise que nos bâtimens marchent mieux que les leurs, il n’en est pas moins vrai que l’on cite peu d’exemples, oii dans ces derniers tems de la guerre, les nôtres aient échappés à leurs poursuites, ou les aient joints en les poursuivant, parce que dans uu petit vent ils mettent dehors dès voiles légères trèsgrandes, et qu’avec un bon frais ils portent leurs cacatois
liant, quand nous sommes obliges d’amener, ou même de serrer les perroquets : cela ne dépend point de la carèrfc de nos bàtimens , qui est superbe car c’est surtout avec ceux pris sur nous, mais matés suivant leur système, qu'ils nous atteignent ou s’échappent le plus promptement ; preuve évidente que leur manière de mater est plus convenable que la nôtre aux bàtimens de guerre français.
Quoiqu’il soit démontré théoijquement et par l’expérience que notre mâture était déjà précédemment trop élevée , cependant on l’a encore augmentée depuis quelques années , et on propose de l'augmenter encore. Ce n’est pourtant pas que plusieurs de nos hommes de mer, instruits en théorie et par l’expérience, n’aient fait quelquefois des observations sur notre énorme mâture; mais ou n’a fait aucune attention à leurs représentations , ^>arce que cela contrarie les opinions de quelques personnes, et tout reste imparfait. Si messieurs les ingénieurs étaient marins, ou si les marins étaient plus appliqués à la construction, on s'entendrait mieux; et, avec le secours de quelques sages mesures que prendrait le gouvernement, on pourrait en peu de temps perfectionner cet art en France, comme le font les autres nations maritimes, et surtout les Anglais.
Il n’a pas échappé à Bouguer , Bonrdé-de-\illehuet et autres, que la mâture trop élevée était préjudiciable à la marchesetaux bonnes qualités des bàtimens; elle était déjà trop élevée de leurs tems. Bouguer cite des navires qui , après avoir été démâtés en mer, s’étaient remâtés avec des mâtereaux , et marchaient tout aussi bien qu’avec leur mâture entière. « Il dit que M. de Radouay , commandant le » vaisseau de 64 te Fleuron, pour un voyage de la Baltique , » aidé d’une pratique éclairée et par upc connaissance par- » liculière de la mer, fit diminuer sa mâture de l\5 pieds.
j> L’essai réussit au-delà de ce que l’on devait naturellement » attendre d’une première tentative. » Nous n’avons pas connaissance qu’il ait été imité depuis en France.
Bourdé-de-Y illehuet prouve que des vaisseaux trop matés ou trop chargés de voiles, marchaient mieux après avoir serré leurs perroquets, bonnettes et voiles detai, qui les faisaient beaucoup incliner. En effet les bâtimens ne sont pas faits pour marcher sur le côté. 11 est donc évident que plus ils inclinent sous l’efforl du même vent et de la même voilure , moins ils doivent marcher.
Nous citerons notre propre expérience. La frégate l’ Active ( prise sur les Anglais dans la baie de Chesapeak ) , étant sous le commandement de M. le marquis de Travcrsay ( actuellement ministre de la marine en Russie), pendant les années 1788, 89 et 90, était matée suivant le système français, et ne portait pas bien la voile, malgré que M. de Traversay eut fait diminuer le plus possible toutes les vergues et les voiles. Il nous a fait voir plusieurs fois, pendant la campagne, que la frégate forcée d’un vent frais marchait mieux avec un ris dans les huniers , quelquefois deux , qu’avec les perroquets hauts. Ces mante livres étaient faites en moins de quatre minutes; Iê vent ni l etat de la mer n’avaient nullement le temps de changer, et les autres bâtimens de notre escadre ne faisaient aucun changement dans leur voilure. Deux fois pendant la campagne nous avons manqué de sombrer sous voiles, et ce n'est que par l’habileté de M. de Traversay que nous avons évité les dangers. La frégate fut condamnée à notre retour à Brest.
‘ Sur la corvette le Léger, commandée par M. Willaumez aîné( actuellement contre-amiral), revenant de l’expédition d’Entrccasteaux en T795, tous nos mâts de hunes avanf cassé ou côti , furent rajustés en sifflet dedans et au-dessous des
chouquets, ce qui les raccourcissait d’au moins cinq pieds, puisque les huniers nétarquaient pas très-bien avec un ris pris, et qu’on fut obligé de les couper de cette q uantité.Le bâtiment acquit de la marche, eut lesmouvemens plusdoux, et malgré que nous ayons passé six jours sous la ligne à donner des demi-bandes, les mâts de hunes calés pour pouvoir calfater les préceintes, qui nous donnaient une voie d’eau , et que la contrariété des vents , au nord de la ligne nous forcèrent de courir jusque par les 44 ‘- de la longitude O. , nous ne mîmes que soixante-quatre jours pour nous rendre de file de Bourbon à Brest.
Sur la frégate la Régénérée , encore sous le commandement de M. WiUaumez, alors capitaine de vaisseau pendant les années 1 796 , 97 et 98 , nous chassâmes une frégate anglaise, qui n’était qu’à deux milles de nous. Nous filâmes constamment pendant la chasse 1 1 et demi et 12 nœuds, quelquefois douze et demi. La frégate anglaise n’a pas amené un pouce de ses cacatois ni de ses bonnettes, tandis que nous étions obligés d’amener et de hisser à chaque instant, même de carguer quelquefois nos perroquets, et nous avions encore l’inconvénient de ce que nos drisses et amures de bonnettes de hunes cassaient souvent ; et quoique la Régénérée fût d’une marche supérieure, nous ne pûmes joindre et combattre l’ennemi qu’après neuf heures de chasse. Nous fûmes démâtés de notre beaupré, du mât de misaine et du grand mât de luine. Dans cet état , nous gagnâmes Ténériffe avec des mâtereaux. A Sanla-Cruz, nous nous remâtâmes le mieux possible. Le nouveau beaupré avait douze pieds de moins que le précédent, la totalité du niât de misaine vingt-deux pieds et denji, et celle du grand mât de hune avec celui du grand perroquet , ensemble cinq a six pieds aussi de moins. Les vergues de devant étaient proportion-
nées à leur mâlrespectif; et, avec ce nouveau gréement, sans avoir rien changé à notre arrimage, la frégate marchait comme un oiseau. Au plus près, nous donnions à la frégate la V ertu nos trois perroquets, les voiles d’étai, et quelquefois la grande voile. Vent largue et vent arrière, lorsqu'elle avait toutes voiles dehors, nous la tenions avec les huniers souvent sur le ton , et en peu de temps nous étions sur les bâtimens que nous avons voulu chasser. Cela prouve bien que ce n’est pas la plus haute mâture, surtout celle de l’avant, qui est la plus avantageuse pour la marche.
Nous avons vu relâcher à l’Ile-de-France, en 1801 , un vaisseau danois de 64, qui ayant démâté de tous mâts en mer, sétait regréé avec des mâts de hunes pour bas mâts , des mâts de perroquets pour mâts de hunes, et des mâts de cacatois pour mâts de perroquets ; avec ce nouveau gréement, il virait très-bien de bord vent devant, même d’un petit tems , et le capitaine nous a dit qu’il ne selait point aperçu qu’il y eût eu une différence de marche sensible avec celle qu’avait son vaisseau avant le démâtage ; cela le décida à prendre la mâture d’un vaisseau de compagnie anglaise, beaucoup plus courte que son bâtiment ne le comportait. Le vaisseau français le Commerce de Paris à 3 ponts, a eu le même avantage, lorsqu’il démâta dans la Méditerranée, eni8o8.Avec ses mâtereaux, il naviguait bien, .et tenait trèsbien son poste en escadre.
Comme tous les marins qui ont beaucoup navigué ont vu de seqfcblables exemples, nous aurions un grand nombre de preuves à donner en défaveur de la trop haute mâture, mais nous nous bornerons à dire combien elle est préjudiciable aux bonnes qualités de nos corvettes actuelles, construites sur les plans de la Victorieuse et de la Diligente , dont nous
avons fait connaître plus haut ‘la surface de leur voilure, sous les n”. i 3 et 14.
Les corvettes la Bajadère, la Saplio et VEge'rie , dont nous avons les devis, avaient de lest en fer :
La première = 87 tonneaux.
La deuxieme = 87
La troifticme. = 96
Étant toutes équipées , la chaloupe et les canots embarqués, et prêtes à faire voiles, elles devaient, d'après leur devis <j[onnés par les ingénieurs, avoir pour tirant d'eau au milieu :
La Ibyadère
La Sapho
L'Fgéric.
La différence de tirant d’eau pour la meilleure marche devait être sur l’arrière
i3,3i pieds.
i,5oà 1,67 pieds.
La Sapho n’a jamais mieux marché ni mieux porté la voile, qu après avoir augmenté son lest en fer de 16 tonneaux ( ce qui lui en faisait io3 ) , et avoir pour tirant d’eau au milieu i 3,88 pieds = o, 5 o de pied = 6 pouces de plus en grand, qu’il n’était indiqué par le devis de l’ingénieur; Ce qui diminuait d’autant la hauteur de sa batterie, qui , au lieu d 'être de 5,17 pieds, était réduite à !\ ,67 pieds; la différence sur l’arrière était alors de 1 ,58 pieds.
Le capitaine qui a fait le voyage à Java note sur son devis, que ce bâtiment avait acquis par cette augmentation de lest des qualités extraordinaires, particulièrement dans sa stabilité et dans la douceur de ses mouvemens. ■>
Sa marche, comparée à celle de la frégate la Méduse , était ordinaire au plus près, supérieure avec les vents de la hanche, et avantageuse vent arrière. Le lest était étendu sur
les ailes, et le capitaine s’était cru obligé de mettre un rang de gueuses en chapelet, en à-bord des deux côtés , 1 e long du dernier rang des pièces du premier plan.
Dans cet état, le grand mât a souffert, scs jottereaux, ses élongis, ainsi que ceux du mât de misaine ont consenti , et le capitaine croit que la mâture serait forcée dans ses proportions pour le guindant, ainsi que la grande vergue dans toutes ses dimensions, si le bâtiment n'avait pas des qualités rares.
11 est certain (pie si cette mâture n’était pas si élévég, elle serait mieux appuyée, que le grand mât n’aurait pas consenti, que les élongis des deux mâts n’auraient pas craqué sous le poids des énormes mâts de hunes qu’ils avaient à supporter, et qu’on n’aurait pas été obligé d’augmenter le chargement pour faire caler de six pouces en grand ce bâtiment, aux dépens de la hauteur de sa batterie, ce qui est un grand inconvénient. On voit dans là table huitième la différence de mâture et d’envergure qu’auraient ces corvettes, si elles étaient mâtées par les Anglais, et que surtout le grand mât de hune aurait 5,92 pieds de moins , et le petit 6 ,G 4 pieds. Différences que nous conservôns à peu près dans la table dixième de l’application de notre système proposé, en comprenant ces grandes corvettes dans le rang des frégates; mais , comme nous l’avons dit précédemment, nous sommes persuadés qu’il conviendraitde ne leur donner que la mâture convenable à leurs proportions comme corvettes.
La Bajradère a la même mâture que IdRSapho. Pendant qu’elle a été armée de 1812 à î8i 4, elle a été essayée plusieurs fois sur la rade de 111 e d’Aix , et comparée aux frégates la Circé , la S aol et autres. On lui a remarqué beaucoup de bonnes qualités.
Le capitaine qui la commandait alors déclaré, dans son devis que cette corvette lui a paru facile à incliner , mais qu’à la vérité il ne l’avait jamais vue assez plombée, ses soutes et ses pièces à eau étant à peu près vides ; qu’elle marche fort bien à toutes les allures, comparativement aux bàtimens cités ci-devant , et que le tirant d’eau au milieu pour la meilleure marche était i 3,75 pieds, c’est-à-dire, o ,44 de pied,ouô pouces 3 lignes de plus qu’il n’était indiqué par le devis de l’ingénieur, ayant une différence sur l'arrière de 17 à 18 pouces, demandant que le lest soit étendu sur les ailes.
Il y a contradiction dans ce paragraphe; car, pour que ce bâtiment tirât 5 pouces 3 lignes de plus qu’il ne devait le faire selon le devis , il a fallu qu’il fût plus chargé qu’il ne devait l’èlre. Cette augmentation a pu se faire avec du lest en pierre, sans avoir rempli ses soutes ni ses pièces à eau. De telle manière que ce soit, la hauteur de sa batterie, qui était de 4>9* pieds, a été réduite à 4,48-
Le capitaine pense que les mats de hunes ont trop de guindant; ce qui le lui fait supposer et ce qui le prouve , c’est qu’avec la même brise, étant à s’essayer avec les liégates précitées , elle marchait mieux avec deux ris dans les huniers que quand ils étaient hauts; nouvelle preuve que ces corvettes sont trop matées.
Il est à la connaissance de tous les officiers embarqués alors sur la division de file d’Aix, que dans un grain la Buyadère manqua de chavirer. Que fût-elle devenue, si cette grande inclinaison mit eu lieu dans une grosse mer ? elle eût sombré.
Le capitaine avait demandé plusieurs fois à faire diminuer sa mâture; 011 lui répondit que la corvette devait iiaviguer ainsi matée , et que s’il craignait de la commander dans l’état oii elle se trouvait, on en donnerait le com-
mandemçnt à un autre. Cette corvette a encore donné des .preuves de son instabilité , pendant sa station au bas de b rivière de Bordeaux, sur la lui de i S 1 4 et au commence-, ment de i8i5.
Nous tenons d'un capitaine de frégate, de réputation distinguée, qui a commandé la Diane , que quelques changeruens qu'il ait faits dans son arrimage , même en la faisant caler en grand de 4 à 5 pouces de plus qu'il ue lui était assigné par son devis , elle avait toujours mal porté la voile , et lui avait souvent donné des inquiétudes.
Un officier qui a été long-temps embarqué sur l’Aigrette, nous a di£ qu’au commencement de i8i 4> étant à louvoyer dans le goulet de Brest d’un bon frais , à tenir les huniers hauts, elle manqua de chavirer au moment de doubler les feuillettes ; elle inclina jusqu’au plat bord , et on fut assez heureux pour qu elle se relevât , en débordant partout à tête de bois! Sa mâture a été diminuée à Toulon, ainsi que l’avait été celle de la Victorieuse , et à Dunkerque, on a aussi coupé celle de l’Egérie. Ce qui prouve la nécessité d’en faire autant à tous ces beaux bâlimens, bien construits et de belles formes, mais qui seront toujours de mauvais navires à la mer, tant qu’on ne fera pas de grands changemens dans leur mâture. Il est vrai qu’une mâture très-élevée plaît davantage à l’œil qu’une mâture convenablement proportionnée , et c’est ce qui flatte ceux qui ne voient les navires, ou qui ne naviguent dessus que sur les rades et dans les ports. r
Nous avons remarqué qu’indépendamment de leur forte mâture, ces corvettes ont leurs manœuvres proportionnellement trop grosses, et toutes ces pesanteurs réuuies sont nuisibles à leur stabilité.
Le moment serait favorable pour faire des épreuves déci-
sives sur la mâture actuelle de ces bàtimens , et suivant le système propose. La Sapho passe au grand radoub, et sa mâture est condamnée. On pourrait lui faire des bas mâts aussi longs que les précédons, mais avec cette différence, que le grand diamètre serait de 3,oi pieds plus haut; celui du mât de misaine 3, ai pieds, et celui du mât d’artimon, 2,18 aussi plus haut: elle serait gréée comme précédemment avec son vieux gréement , et on l’enverrait passer quelques jours à la mer de compagnie avec la Bayad'ere, ou autre semblable, aussi gréée suivant son système actuel, pour s'essayer à foutes les allures. Les ofliciers et les ingénieurs seraient embarqués sur ces corvettes, qui feraient les plus scrupuleuses observations sur leurs différences de marches et sur toutes leurs qualités , que les changemens de tirant d’eau ou autres causes pourraient occasioner. Au retour , on établirait la mâture de la Sapho telle qu’elle est indiquée dans la table dixième, sans rien changer à son arrimage, mais en remplaçant les objets consommés, et la rappelant seulement à sa meilleure différence de tirant d’eau , si toutefois le poids de la nouvelle mâture y eut occasioné quelque changement. Sans avoir non plus rien changé à l’état de l’autre corvette , et après avoir émbarqué son remplacement, on les enverrait encore passer quelques jours à la mer, pour y faire les mêmes observations que dans la première sortie. Au retour, on ferait permuter de mâture aux deux corvettes, et sans rien changer à leur arrimage, mais en remplaçant seulement ce qu’elles auraient consommé dans leur dernière sortie, afin de conserver toujours le même poids du premier chargement, qui ne devra éprouver d’autre changement que celui occasioné par la différence de poids des deux mâtures. Après cetteopération, on les enverrait de nouveau passer quelques tems dehors,
pour y continuer les mêmes observations que précédemment. Des devis bien circonstanciés seraient dressés pour chaque sortie par les ollicierset les ingénieurs assemblés en conseil, dans chacun de leur bâtiment; et au retour dans le ' port, il serait nommé une commission, aussi composée d’ofticiers et d’ingénieurs de la marine, qui examinerait ces devis, les cazemets et les journaux particuliers des états-majors : elle prononcerait sur les qualités qu elle aurait reconnues les meilleures à ces bàtimcns , étant gréés avec les deux différentes mâtures. Ce rapport serait envoyé directement au ministre de la marine parla commission.
Les corvettes la Friponne, la Coquette, l'Fcho , etc. , bâties sur les plans de la Diligente, construites à Brest par M. Ozanne , sont des bâti mens légers d'une grandeur dont on peut tirer un bon parti, comme avisos, mouches, etc.
Les changemens qu’on a faits à la mâture primitive de ces bâtimens leur sont préjudiciables , et leur ôtent une partie des bonnes qualités qu’avait la Diligente. M. Ozanne a donné à ces corvettes la position des mâts comme aux bricks et très-inclinés sur l’arrière; mais comme elles ont io4 pieds de longueur, et que leur gui n’aurait pas été maniable, pour leur en soustraire une partie, il a substitué nu petit mâtereau à llèche en place du mât d’artimon ; servant uniquement pour installer une brigantine, aussi facile à manoeuvrer que celle d’une goelette. I.a Diligente ainsi gréée a eu une marche supérieure et rare. Mais bientôt des ofliciers ont voulu avoir un mât d’artimon garni de sa hune, perroquet de fougue et peiTuche , sans autres motifs que pour avoir un perroquet de fougue pour pouvoir mettre sur le mât, lorsqu étant en escadre ou division ils marcheraient mieux que les autres bâtimens. 11 parait que les mâts de hunes ont aussi été augmentés ; et il en résulte, outre que la surface de voilure est
trop forte, que le point vélique de ces corvettes est si rapproche du milieu, quelles sontextraordinnirement ardentes el ne peuvent avoir de voiles de l'arrière dès qtfH vente bon frais. Nous en citerons un exemple.
Au mois de mars ou d’avril ,816, rÉcho, se rendant de Brest à Rochefort , avait l’ordre de tenir la mer pendant quelques jours ; elle était si ardente , qu’il était impossible de porter sa lmgantmc et le perroquet de fougue en même tems , quoique tous les focs fussent dehors, et si on en serrait un , on était obligé de serrer les voiles de l’arrière Nous tenons du capitaine et de deux officiers , que d’une brise à perroquets étant au plus près, le bâtiment ayant des m'ouvemens durs et filant un peu moins désir nœuds, les perroquets et la brigantine furent serrés, et aussitôt la corvette Ida huit nœuds , et eut les mouvemens plus doux. Cela prouve bien qu’il est nécessaire de rétablir la voilure primitive de ces navires, et de diminuer ce qu’ils en ont de trop d serait aussi très-convenable de leur donner celle que nous leur assignons dans la table dixième , avec la position des mats donnés dans la table neuvième.
Les Anglais avaient dans l’Inde, pendant les années 1 807 a i Sia , et peut-être après, nn brick nommé le Baracouta ( le grand chien ), portant vingt-deux caronades de 3a , qui était gréé comme nos corvettes n». 14 , avec cette différence que son mat d’artimon était à bascule, et que dans uft ins^ tant il le gréait ou le dégréait : cette manière conviendrait sûrement mieux à nos petites corvettes, tant qne l’on donnera a leur mât la même position que dans les bricks.
Les proportions de la mâture actuelle des bricks sont aaissi plus fortes qne celles données dans le Traité de la
Mdlure, pag. 102, et beaucoup plus grandes que celles des bricks anglais. ,
Plusieurs flûtes et gabarres sont aussi mâlces dans les proportions des bàtimens de guerre légers; leur destination comme transport et la faiblesse de leurs équipages ne leur permettent pas d’avoir un gréement si matériel; il devrait être réglé sur d’autres bases, et le gouvernement y trouverait des économies. Nous serions portés à les mater dans les mêmes rapports que les vaisseaux à trois pouls, dans notre système proposé , avec une envergure moins forte.
Nous ne doutons pas que des hommes plus instruits que nous ne puissent traiter par une théorie plus savante l’art de la mâture ; mais nous en parlons d’après l'expérience de toutes les nations , et l’expérience ne s’accorde pas toujours avec la théorie. Il faut se rappeler ce que dit Forfait : « Que » c’est al. Art du Manœuvrier à redresser les cireurs du » constructeur.» Et VialduClairbois, « que pour innover en » marine, il faut être autant marin qu’ingénieiuyet, dans tous » les cas, que pour faire le bien il faut avoir beaucoup » de crédit. »
Une institution qu’il serait bon d’établir pour la perfection de la marine, serait celle d’une commission permanente dans chaque port, composée d’ofticiers et d’ingénieurs de la marine; au retour de chaque campagne, les capitaines remettraient à cette commission un devisdétaillé et bien circonstancié sur toutes les qualités qu’ils auraient remarquées pendant leur voyagea leur bâtiment. Ce devis ne seraitrempli que par l’état-major assemblé en conseil, présidé par le capitaine, et chacun communiquerait ses observations. La commission l’examinerait avec une scrupuleuse attention , ainsi que les cazernets et journaux particuliers des officiers. Elle ferait son rapport directement au ministre de la marine , sur les bonnes ou mauvaises qualités reconnues aux navires, et proposerait les changemeus qu’elle jugerait con-
venable de faire , pour perfectionner les qualités ou rectifier les défauts, s’il en était reconnu aux bâtimens.
Ce qui nous porte à proposer rétablissement de cette commission dans chaque port, c’est qu’au retour des campagnes, les devis que remettent les capitaines sont ordinairement empilés dausles archives, sans qu’il y soit fait assez d’attention , et le bâtiment continue à naviguer avec les causes de ses mauvaises qualités, s’il en a. Très-souvent aussi les devis ne donnant pas assez de renseignemens , on les «regarde comme inutiles. Les autres nations ne construisant leurs bâtimens de guerre que pour leurs officiers de marine, instruits dès leur enfance et accoutumés à manier ces énormes machines, et considérés comme les seuls hommes capables d'en apprécier les qualités bonnes ou mauvaises , on fait la plus grande attention à leurs observations. Par ce moyen , ils perfectionnent de plus en plus , tandis que la marine française reste en arrière.
La table XI contient le nombre des haubans , galhaubans, étais, et leur circonférence; le diamètre des capsde mouton etmocques qui entrent dans le gréement d’un bord seulement, dans les bâtimens de guerre anglais de tous rangs.
La table XII contient les mêmes articles pour les bâtimens de guerre français.
En comparant ces deux tables , on verra généralement que les manœuvres dormantes des Anglais sont plus grosses que les nôtres, et que tous leurs haubans sont commis en grelins , ce qui leur donne plus de force; mais l’expérience a prouvé que les nôtres le sont assez , ce qui est à notre avantage pour la légèreté.
Quelques-uns de nos vaisseaux ont un hauban de plus de chaque bord que les leurs de même rang, et nous en portons
toujours un de plus au grand mât qu’au mât de misaine. Les Anglais les ont en nombres égaux aux deux mâts. Leurs plus petites corvettes en ont sept de chaque bord, ce qui est judicieusement combiné; car le mât de misaine, quoiqueplus court, fatigue plus que le grand niât, surtout dans les petits bâtimens. 11 a besoin d’étre mieux soutenu, puisque malgré les plus grandes précautions, c’est presque toujours celui qui manque le premier. 11 nous paraît convenable d’adopter en cela leur manière , ainsi que pour le beaupré , à qui ils mettent deux haubans de chaque côté, pendant que nous n’en n’avons qu’un. Le nombre de galhaubans et faux galhaubans est égal dans les bâtimens des deux nations.
Nous avons l’avantage sur les Anglais pour nos caps de mouton et mocques, dont le diamètre est moins grand que celui des leurs.
Nous observons cependant que, dans notre gréement , comme dans celui des Anglais, plusieurs bâtimens de grandeurs différentes ont des manœuvres de grosseurs égales. Par exemple , un vaisseau de 64 a les galhaubans de hunes égaux en grosseur à ceux de la frégate dfe dix-huit. D'après les proportions des bâtimens, ces manœuvres doivent être trop faibles pour le vaisseau ou trop fortes jiour la frégate. Si elles sont suffisantes pour le vaisseau, il y aura économie à les réduire convenablement pour la frégate.
La TABLE XlIIdorme la grosseur des principales manœuvres courantes, leur nombre et celui des poulies dans lesquelles elles passent, pour un bord seulement, dans les bâtimens de guerre anglais. Dans les tables anglaises, l’espèce et la longueur des poulies y sont indiquées; nous avons supprimé ces deux colonnes, qui auraient mis trop de confusion dans nos tables.
La table XIV contient aussi la longueur et la gros-
seur des principales manœuvres courantes pour un bord seulement, dans les bàtimens de guerre français, selon l’usage du port de Rochefort; nous en donnons le poids au lieu du nombre des poulies, qui est à très-peu près le même que chez les Anglais. En comparant ces deux tables, on verra que nos manœuvres sont généralement plus grosses que celles des Anglais, et qu elles sont en même nombre, mais ce qu'ils out d'avantageux et de commode, c’est leur traversière à itague et à palan, appliquée à un bossoir ou davier portatif, qu’ils placent en diffère ns lieux pour traverser leurs ancres, ce qui est bien plus maniable que nos candelcttcs. Ils ont aussi beaucoup de manœuvres du mât de misaine égales en grosseur à celles du grand mât. Les nôtres ne le sont pas si généralement , et il serait bon d'adopter cet usage.
La table XV fait connaître la grosseur des câbles , leur nombre, celui des ancres avec leurs poids, correspondant à chaque bâtiment de guerre anglais.
La table XVI est de même contenu pour les bàtimens de guerre anglais.
En comparant ces deux dernières tables, on remarquera que les vaisseaux anglais ont plus de câbles que les nôtres ; mais ils ne sont que de 1 1 3 , 7 brasses, tandis que les nôtres sont de 1 20 brasses : qu’ils les out tous d’une égale grosseur pour leurs quatre ancres de bossoirs, et qu’ils les ont à peu près eu mêmes proportions que les nôtres, sur la circonférence , par rapport à la grandeur des bàtimens. Leur grande louée est de 3 cables = 1 brasses. Les nôtres ne sont que de
a cables =240 brasses.
On verra que les quatre ancres de bossoirs de tous les bàtimens anglais sont d’un même poids , et que c’est un avautage dont nous 11e jouissons ]>as : que celles de nos vais-
seaux sont un peu plus pesantes que celles des leurs , proportions gardées entre eux, mais que leurs frégates les ont plus fortes que les nôtres. Ils ont moins d’ancres à jets que nous.
Les ancres de bossoirs devant toutes servir aux mêmes usages pour amarrer et tenir le bâtiment, c’est un avantage de les avoir toutes quatres d’un même poids; étant à poste, elles balancent mieux le navire, et s’il arrive d’être obligé de les relever du côté opposé à celui où elles ont été mouillées , il n’est pas nécessaire de les changer de bord. 11 serait bon d’adopter cette méthode dans la marine française.
Les tables XVilet XVIII contiennent la quantité de fils de carets qui entrent dans la confection des pièces de cordages anglais, commis en aussières, en grêlins, etc ; le poids d’une brasse et de chaque pièce suivant sa longueur anglaise, et 120 brasses françaises.
La table XIX fait aussi connaître la grosseur des différentes espèces de cordages français, le nombre de fils de carets qui les composent, le poids d’une brasse, et celui de la pièce de 120 brasses, suivant l’usage du port de Brest.
La mèche du filain anglais , en douze tourons et quatre cordons formant les étais, contient autant de fils de carets de même espèce, et est semblable à un des tourons; ce qui est préférable à notre usage de ne mettre pour mèche que de mauvais fils de carets blancs , qui conservent l’humidité après les pluies, et contribuent à échauffer le filain , de manière à accélérer sa ruine. Il nous parait que la mèche devrait être de deuxième brin, bien filé et passé au goudron, puisque cet espèce de vernis est considéré comme préservatif contre les effets de l'eau.
On verra qu’à grosseurs égales , le cordage anglais de toute espèce est plus lourd que le nôtre de même espèce, ce
qui pourrait être occasioné par la différence de commettage d’ttnc paît, par la nature de la mèche de l’autre, dans celui qui en a , et par la qualité du chanvre mieux affiné et filé plus fin; ce qui doit donner un peu plus de force.
Aussi, à grosseurs égales, le cordage anglais contient un plus grand nombre do fils de caret que le cordage français, comme suit :
Un câble anglais de 23, 5 o pouces. .
Un cible français de meme grosseur. .
Différence
Un élai anglais de 18 ponces. . . .
Sa mccbe.
Les douze tourons. ......
Un élai français de 18 pouces. . .
Différence
Un élai anglais dei8 pouces — la mècbc Différence a sec celui français cidessus
Une baussierc anglaise de 3,28 pouces en
trois louions
Une baussierc française
Différence
Une autre baussierc aoglaiscde3,28pouccs Une id. française de même gqjpeur. .
Différence
= 3oo6 fils de caret.
— 23Ü2 fils de caret fins.
— 3 1 Ho
= 1745 fils de caret ordinaires.
1 02 fils de caret fins.
78 fils de caret ordinaires.
Nous ne voyons pas les avantages qu’il y a d’avoir du fil de caret très-fin , car le déchet et l’augmentation de dépense en main d’œuvre qu’il occasioné pour f obtenir , ne répondent point auservice qu’on s’en propose tant dans sa force que dans sa durée. Le fil de caret de premier brin, de quatre ligues de circonférence, et celui de deuxième brin, de quatre
lignes et demie, offrent tous les avantages qu'on peut désirer dans le cordage de ces deux qualités.
La table XX fait connaître la quantité de canons et caronades composant l'artillerie des bâtiinens de guerre anglais de tous rangs, le poids des affûts et des pièces de chaque batterie, avec le poids total de toutes en livres et en tonneaux ; mais n'ayant pu nous procurer le poids des affûts des caronades anglaises , nous leur en avons substitué un, égal à autant de fois le poids du boulet du calibre de la pièce anglaise, que les affûts français pèsent de fois le poids du leur; ce qui ne peut s’écarter beaucoup de la vérité.
Le règlement ne mentionne point les pièces d’artillerie de supplément, nous les avons comprises dans l’armement de chaque bâtiment, d'après des notes particulières et sur ce que nous avons vu par nous-méme.
Les différentes longueurs des canons sont désignées comme suit : 1 . longs, c. courts, m. moyens; c. m., le n.. 3 des calibres de 9 et de 6, qui sont de quatre especes.
Nous avons répété la longueur des bàtiineus et leur largeur en dehors des membres, pour que l’on puisse prendre une idée plus exacte de leur armement.
La table XXI contient les mêmes détails d'armement pour les bâtimens de guerre français, et particulièrement ceux dont ou fait usage Jfctuellcmcnt; nous en ferons la comparaison.
Les Anglais ne désignent leurs vaisseaux , frégates et corvettes, que par le nombre de canons qu’ils doivent porter d’après le règlement; les caronades et autres pièces d’artillerie n’entrent point en ligne de compte: c’est ainsi que le vaisseauà trois ponts n“. 1 est dit de no canons , tandis qu'il porte non-seulement 1 19 bouches à feu qui lui sont passées par le règlement, mais encore toutes celles que le capitaine
croit que son vaisseau pourra porter en sus, afin île pouvoir faire le plus de mal possible à leurs ennemis, et on a vu tels vaisseaux de i io canons porter jusqu’à i3o bouches à l’eu, plus ordinairement 127, et pas moins de ia 5 , parmi lesquelles il y avait 19 ou 20 carouadcs de 3 a et a/j , et, indépendamment de cela, tous les vaisseaux et frégates ont des caronades de 18 ou de îa dans les hunes pendant le combat ; ce qui leur permet , avant du 3 a , et 18 en batterie, de prêter côté à nos plus forts trois ponts portant du 36 , 24 et ia, avec 1 2 caronades de 36 en fer : car on doit compter pour rien les 6 carouades en bronze de la dunette, qui sont plus -préjudiciables qu’utiles, et dont on devrait supprimer l’usage, pour les remplacer par d’autres en fer, quand même elles seraient d’un plus petit calibre. Ijh différence du poids de l’artillerie des deux vaisseaux n\ 1 français et anglais, 11’est que de aa tonneaux 160 livres, occasionée par la différence du poids des affûts, par celui des canons de 36 , et par les 7 pièces que notre vaisseau porte de plus que le vaisseau anglais, lorsqu’il n’en monte que ia 5 ; ce qui est bien peu de chose, si ou considère que le vaisseau français est 18,22 pieds plus long, et 2,10 pieds plus large que le vaisseau anglais.
Nous n’avons point en usage en ce moment des vaisseaux pour comparer aux vaisseaux anglais u". 2 , 3 et 4 > qui sont à trois ponts.
Le vaisseau anglais n\ 2, dit de 100 canons, qui est 5,47 pieds plus court et seulement 0,48 de pied plus large que notre vaisseau de 80 n\ 4 » doit porter par le règlement 108 bouches à feu; mais les capitaines lui en font porter jusqu'à 1 18, jamais moins de 1 14 , et changent encore une .partie de leurs canons de gaillards pour des caronades.
Eu considérant le uoinbre des canons que l'ou fait porter
à nos bâtimens, n’a-t-on pas lien d’étre surpris de voir que les Anglais font porter 110 et 106 bouches à feu à leurs vaisseaux n*'. 3 et 4 , qui n’ontque 168,90 pieds et 1 66,54 pieds de longueur, et par conséquent un peu plus courts que notre petit 74 n °- 5 ? mais le premier est 1 , 66 , et le deuxième, 0,73 pieds plus large. Le règlement les désigne comme vaisseaux de 98 et 90 canons, et leur passe à tous deux ro6 pièces d’artillerie, ayant en batterie du 3 a, 18 et 12, dans la troisième, comme sur les gaillards; et pour une partie de ces derniers ils prennent dcscaronades en place, avec quelques autres en supplément. On remarquera que le n*. 3 ne pouvant porter 1 2 pièces sur le gaillard d’avant , comme il est indiqué dans la table vingtième , les place sur les passeavants,’ et n’en tient au plus que quatre devant.
On ne trouvera pas extraordinaire que les Anglais et les autres nations fassent porter autant de pièces d’artillerie à leurs bâtimens, si on fait attention que l’histoire nous transmet qu’en i 665 le vaisseau les Sept- Provinces de 80 canons, que montait l’amiral Ruyter, n’avait que 142,60 pieds de longueur et 37,60 de largeur.
Les grands vaisseaux espagnols sont à peu près de 1 5 pieds plus courts que les nôtres, et les Danois à peu près autant. Ceux-ci comprennent dans le nombre des canons de leurs batteries les pièces qu’ils tiennent toujours en poupe.
Le vaisseau anglais n*. 5 , dit de 80, qui est à peu de chose près de même longueur que notre 74 n*. 5 et 1,19 pied plus large, porte 88 bouches à feu. 11 est moins bien armé que notre 80 n*. 4 > n’avant que du 3 a et du 18 en batterie; mais il a un grand nombre de caronades , qu’il prend en place d’une partie de ses canons de gaillards. Son artillerie est de près de 21 tonneaux plus légère que celle de notre 74.
Le vaisseau anglais n”. 6, dit grand 74, est de même lon-
gueur que le précédent, et o ,38 pied plus large que notre petit 74 n\ 5 ; il porte aussi 88 bouches à feu, parmi lesquelles il a 22 caronades. et 6 canons vie 18 sur les gaillards. Cette artillerie pèse près de 19 tonneaux de moins que celle de notre n\ 5 . Nous sommes porté à croire que ces deux vaisseaux anglais n-. 5 et 6, sont des vaisseaux de 74 pris sur les Français.
Le vaisseau anglais n*. 7 , dit petit 74 ,• est 1 1,42 pieds plus court , et 1,18 pied moius large que notre n". 5 , et il porte 82 pièces d’artillerie; il prend des caronades pour une partie de ses canons de gaillards , et pour établir ses 26 pièces il en place sur les passe-avants. Notre 74 monte 86 bouches à feu, compris les 4 caronades en bronze, qui pèsent 2.5 tonneaux de plus que les 82 du vaisseau anglais.
Le vaisseau anglais n*. 8 , dit de 64, monte jusqu’à 72 pièces.
Le vaisseau dit de 5 o, n*. 9, en porte jusqu’à 68, et le n”. 10, dit de 44 » en a jusqu’à 60. Les Anglais ont renoncé depuis plusdedix ans à construiredes vaisseaux de cettedernière espèce, qui ne servaient que pour l’escorte des convois-, et ne pouvaient tenir en ligne .
La frégate anglaise n*. j 1 , dite de 38 canons, a, comme on le voit, 10,88 pieds de moins en longueur que la nôtre n”-9,et est o ,83 plus étroite. Ellesont autant l’une que l’autre de canons en batterie , ce qui prouve que les sabords de la frégate anglaise sont plus rapprochés les uns dçs<autre$ que dans la nôtre , et il en est ainsi dans tous leurs Mtimens.
- — — nilBUd j j t ■ .
Le règlement passe à cette frégate 46 bouches à l’eu; mais sur la liberté qu’ont les capitaines <^en prendre tant qu'ils veulent en supplément, il n’y a pas une de ces frégates qui n’ait 5 o pièces en batterie , parmi lesquelles il y a t 8 ca-
ronailcs de 3 1 , et en sus 2 petits canons en bronze , qu’ils tiennent toujours en poupe; ils s’en servent pour les signaux, et en cas de besoin pour les descentes. Ces deux petites pièces sont ordinairement du calibre de 2 à 4 > et sont entretenues dans un état extraordinaire de propreté; on les fourbit tous les jours. II y a aussi dans toutes les frégates une petite pièce, soit pierrier ou petite carouade, aussi en bronze ou en fer peint, placée sur la tète du cabestan. On l’appelle la pièce du capitaine.
Les Anglais arment aussi de même les frégates qu'ils ont prises sur nous , eriorsqu’elles sont percées de i 5 sabords de chaque côté, ils leur font porter jusqu a 54 bouches à feu. Nous craignons pourtant de leur en mettre plus de 44 en pièces d’artillerie , qui sont plus légères que celles des Anglais , quoique déplus fort calibre, ainsi que nous le prouverons ci-après. Les 52 pièces du n*. ir anglais pèsent
9 tonneaux et demi de plus que les 44 du n". 9 français.
La frégate anglaise n*. 12, qui est 2,28 pieds plus courte , et 0,16 pied seulement plus large que notre frégate n-. 10, porte , ainsi que la première , du 18 en batterie. Mais elle n’en a que 2G de ce calibre, qui cependant pèsent 5 Go 8 livres de plus que ceux de la frégate n-. 1 1 , qui les a courts , et celle-ci en a de longs. Elle est désignée frégate de 36 canons dans le règlement, et portée à 44 bouches à feu. Les capitaines lui en font porter 48 en batterie, et presque toujours 5 o, lorsqu’ils peuvent se procurer de petites jrrtèces en broitze pour mettre en poupe; ils y tiennent beaucoup, et c’est souvent leur propriété. L’artillerie de cette frégate pèse
10 tonneaux huit dixièmes de plus que colle de la frégate française u\ 9, qui est i 3,28 pieds plus longue , et 1,84 pied plus large.
Les Anglais arment ainsi nos frégates deia qu’ils ont prises
sur nous , avec cette seule différence , qu'ils leur mettent des canons de 18 courts.
Les personnes accoutumées à voir uos hàtimens porter si peu d’artillerie, eu raison de leur grandeur, ne serontelles pas étonnées de voir la frégate anglaise n". 1 3 , dite de 3 a canons, ayant 27,77 P'cds de moins en longueur, et 4 , 3 o pieds de moins en largeur que notre frégate n . 9 , porter 2 G canons de 18 anglais en batterie ; elle est portée par le règlement à 38 bouches à feu; les capitaines lui en font porter jusqu'à 44 , et plus ordinairement 4 2, parmi lesquelles ilya toujoursi2ou 1 4 caronades de -x!\. On 11e fait cependant porter en France que 1 8 caronades de 24 et 2 canons de 12a nos corvettes de 120 pieds, qui ne sonique 2,20 pieds plus étroites que cette frégate anglaise, dont l’artillerie n’est que de g tonneaux trente-trois centièmes pluslégèreque celle de notre n". 9. Nous consommonsdu boisen pure perte, en faisant des bâlimens plus grands que leur artillerie ne le comporte.
Les petites frégatesanglaiscs,n\i 4 ,auxquellesle règlement passe 34 bouches à lep , et les désigne par frégates de 28 canons, ont du 9 en batterie, et les capitaines leur font porter jusqu’à 38 pièces. Elles prenneul souvent 24caronades do 32 en place de leurs canons «le 9, et 1 o autres caronades de 24 » avec 4 canons de 6 sur les gaillards. Cette frégate est pourtant 6 ,g 3 pieds plus courte, et seulement o ,54 pied plus large que notre n". 1 3 ; et son artillerie pèse plus du double.
La corvette anglaise n\ i 5 , dite de 24 canons, et à «pii le règlement passe 3 a pièces d’artillerie, est 12,48 pieds plus courte, et 0,62 pied moins large que notre n*. i 3 ; elle porte jusqu’à 34 bouches à feu, mais la plupart de ces corvettes ont 22 caronades de 3 a en batterie, en place de leurs canons de 9, et sur leurs gaillards 10 caronades de 24 et 18 avec deux cauons de 6. L’artillerie de ce bâtiment, suivant le
règlement , pèse, à très-peu de chose près, le double de celle de la corvette française n". i 3 .
Les corvettes anglaises n“. 16 et 17, dites de 20 et ‘18 canons, ont également, par. le règlement, aGhouchesà feu, et on leur en fait porter 28. La première a du 9 en batterie, et la deuxième du 6; mais elles ont presque toujours, l’une 20 caronades et l’autre 18 de 32 en place, avec des caronades de 1 2 sur les gaillards. Ces corvettes sont pourtant plus courtes que notre n”. i 3 , de 1 8,66 et 16,78 pieds, avec 2,70 et 3 ,i 5 pieds moins larges. L’artillerie de l’une, d’après le règlement, est 14 tonneaux un quart, et celle de l'autre ùn demi-tonneau plus lourde que celle de notre bâtiment
Si nous comparons la corvette anglaise n”. 17 à notre n*. 1 4, nous verrons quelles sont à très-peu de chose près de même capacité , le n*. 17 n’étant que de 0,78 de pied plus courte, et o ,85 plus large que le n". 14 français, et que l’artillerie decettc corvette anglaise pèse 3 tonneaux i 5 a liv. de plus que celle de la corvette française.
Les corvettes anglaises n\i8 ne sogt portées par le règlement qu’à 16 canons de 6 en batterie; cependant elles sont presque toujours armqgs de 16 caronades de 3 a, et de 8 de i2 sur les gaillards, en tout 24 bouches à feu. Avec cette dernière artillerie, elles doivent avoir de l’avantage sur nos corvettes n°. 1 4 > quoiqu’elles soient 4>54 pieds plus courtes, et o ,54 pied plus étroites ; tandis que nos bricks armés de caronades pourraient leur prêter côté. L’artillerie du n*. 18 est 2 tonneaux trois dixièmes plus pesante que celle du n”. 1 4.
La table XXII contient la longueur des canons et caronades de tous calibres dont on fait usage sur les bâtimens de guerre français et anglais, le poids de chaque pièce et de chaque affût exprimé en livres et en poids du boulet de leur calibre ; ce qui nous fait connaîtr e les vraies dill'é-
ronces qui existent dans l’artillerie des deux nations. Nous indiquons le poids du boulet anglais, et sa conversion en poids français.
C’est en établissant ces comparaisons que nous voyons que les canons anglais des calibres qui correspondent aux nôtres sont aussi longs, et qu’ils en ont dans chaque espèce une plus grande variété que nous en longueuret en pesanteur.
Jusqu’à ce jour, nos marins croient que notre artillerie est beaucoup plus lourde que celle des Anglais , et quelle lui est inférieure; ils peuvent se convaincre du contraire par cette table vingt-deuxième, et ils verront qu’il n’y a en effet que leur 3 a qui l’emporte sur notre 36 par sa légèreté, et en contenant de matière moins de fois le poids de son boulet. .
Nous établissons nos comparaisons comme suit :
Les différences du canon de 3 a anglais ( = 29 , 65 !b poids de marc ) avec nos deux canons de 36 :
Sur celui d'ancienne faute. — i 6651 b eteo poids de son boulet.— » i «,8a fois de matière. Sur celui de nouvelle fonte. — « 4^5 id. — 6,17
Les différences de notre canon de 24 d’ancienne fonte , avec les deux longueurs du 24 anglais ( = 22,24 16 poids de marc ), sont :
Canon long anglais. . . — 1421b et en poids de son boulet. -{-u ,82 fois de matière.
Id. court.* . . ' . , — 401 — o ,25
Les différences de notre canon français de nouvelle fonte, avec les deux longueurs du même calibre anglais , sont :
Canon de 34 anglais long.. + 1 56 lb et en poids de son boulet. +33,84 fois de matière. Id. court — io 3 +13,17
Mais les Anglais se servent habituellement sur tous leurs vaisseaux de ce canon long de 24, tandis que nous era-
ployons autant que possible le nôtre de nouvelle foute , qui pèse en effet i 5 6 ib de moins que le leur, avec un calibre plus fort de 1,76 ».
Les différences de notre ancienne fonte de 18 , avec les a longueurs de 18 anglais ( = 16,68 ib françaises ), sont :
Canon anglais long. . . 34 a Ib et en poidi de son boulet. +38,77 fois de matière,
id. court. .... — 177 6,45
Les différences de celui de 18 français de nouvelle fonte avec les deux longueurs de 18 anglaises, sont :
Canon angUil long . . 46 l!b*tcnpoid»deK>nboulet.-f- 45 , 43 foi«d« malicrc.
Vd. co art- . — 5 ) -f- j 3 , 1 1
Ce canon long de 18, est celui dont les Anglais se servent le plus généralement sur leurs vaisseaux; nous employons le plus possible sur les nôtres celui de nouvelle fonte", qui pèse 462 ib de moins, et cependant notre boulet de 18 est i, 3 a ib plus lourd que le x8 anglais.
Les différences de notre canon long de i a avec le* trois longueurs de ce calibre anglais ( = i i,n ib poids de marc), sont :
Cidoq français. . . . — a 56 lbet «1 poidi de Ha boulet.— 44 , i6foiid< matière.
Les différences de notre court de i a avec les 3 longueurs . du calibre anglais , sont :
Canon fracçaii. . . . — 5 o 8 lb et tn poids d« ion boulet. — 65,676111 de matière.
• — îoi —47,00
Les différences de notre canon long de 8 avec le 9 anglais, ( = 8 j ib poids de marc ) , sont :
r >. ■ J . ^ îft ■ , * ' “iP- l • ♦ • •'
Ci non fraofaù. . . . — •' 5»5 tb et en poids de «m boulet. — 54 88 fuis de matière -, — 370 .— 36,12
Notre court de 8 avec ces 4 longueurs de 9 anglais , a de
différences :
. itwiitM Wf* |L
Canon français. ... — 779 Tt> et tn poids de son boulet. — 8a, 1 3 fois de nul 1ère.
^ — 3 ia — 36,1 3
Les différences de notre seul canon de 6, avec les 4 longueurs de 6 anglais ( = 5,56 »p. de marc ), sont :
U I- ttlj l ürl ilt.
Canon français. .
e , «jvÜ 4 -
,f -T. ipy "T^ ' e*K *■ ■ ~~ . j
— 54 1 Jb et en poids de aon boulet. — 1 19,67^ de matière.
Ces comparaisons prouvent que tous nos canons ont de l’avantage sur ceux des Anglais, en pesant moins avec un calibre pins fort; ce qui ne doit plus être un motif pour donner moins d’artillerie k nos bâtimens que les Anglais en donnent attx leurs.
Mais les Anglais ont un avantage décidé sur nous pour les caronades ; elles sont plus courtes que les nôtres, et il parait qu’ils eu ont calculé le poids sur 60 fois celui du boylet du calibre de la pièce , car toutes celles que nous avons vues étaient entre 58,33 et 62,32 fois le poids de leur boulet. Les
nôtres pèsent 64 à 68,75 fois le poids du leur. Et c’est ainsi que nos caronades ont de différences ayefi celles anglaises :
Le 36 fraDÇ.avecleîîâng. -J- 65 otb et en poids de son houle!. + 7,34 fois <lc matierc.
Le 24 franç. avec le 94 ang. 4. 3 oi -j-H,og
Le 1 8 franç. arec le 1 8 «ug. -f- 164 + 4.46
Le I2fran(. avec le 12 ang. -f- 117 + 5,68
Puisque l’expérience a prouvé que les caronades anglaises sont assez fortes , et ont résisté à toutes les épreuves qui en ont été faites, n’ayant de matière que 58 à 6a fois le pokls du boulet de leur calibre, et que nous voyons par les comparaisons de nos canons que notre fonte est tout aussi bonne que la leur; nulle raison ne pourrait empêcher de réduire les nôtres à 60 fois le poids de leur boulet , en leur donnant une longueur proportionnée.
La table XXIII a été dressée pour faire connaître le poids et la longueur que nous désirerions donner à nos canons et caronades, dans l’état actuel de construction de nos bàtimens de guerre. Nous pensons cependant que , s’ils n’avaient que peu ou point de rentrée , tous les canons pourraient être réduits à la longueur de 16 ou 17 fois le calibre delà pièce, ce qui permettrait de réduire le poids à 190 ou 200 fois celui du boulet. .
Nous avons vu l’artillerie du brick espagnol le Cuerbo, de 16 canons de 24, qui n’étaient pas plus longs que nos canons de 6 , et n’avaient pas la culasse plus forte que ceux de 12. Ils portaient le boulet à une distance étonnante, avec une charge de poudre égale au sixième du poids du boulet. Nous croyons qu’ils étaient chambrés.
Mais ne conviendrait-il pas mieux encore d’imiter les Anglais, qui ont supprimé dans leurs vaisseaux leur calibre de l\i, qui équivalait à 3 g de nos livres , et les Hollandais ,
Danois et Suédois, dont le plus fort calibre égale 3o et atj de notre poids de marc. La différence de poids des canons de 36 à ceux de 3o, et de leurs projectiles, serait remplacée par de l’eau et des vivres.
La table vingt-troisième indique aussi le poids que nous voudrions donner aux affûts de mer; quoiqu’ils aient été diminués depuis quelques années , il nous paraît qu'ils pourraient l’être encore. La suppression de la sole et d’une partie du volume des coins, suffirait peut-être pour obtenir toute la légèreté dont ils sont susceptibles, sans nuire à leur solidité.
D’après les renseignemens que nous donnons sur l’armemeut des bàtimens anglais , table vingtième; sur les dimensions et poids des canons, caronades et affûts, table vingtdeuxième, ainsi que sur ceux que nous croyons convenable de donner à notre artillerie, table vingt-troisième , nous pensons que nos bàtimens de guerre pourraient être armés comme suit :
V aisseau a trois ponts, n°. i.
• 3 a canons de 36 pesant arec leurs affûts
34 canons de 24 pesant avec leurs affûts
34 canons de 18 pesant avec leurs affûts
8 canons de 1 2 pesant arec leurs affûts , sur le gaillard
d'arrière. .
a canons de 12 pesant avec leurs affûts , sur le gaillard
d'avant
20 c.ironades de 36 pesant avec leurs affûts, sur le gaillard d'arrière, chambre de conseil et passe-avants. . . .
a canons de 36 pesant avec leurs affûts , sur le gaillard d’avaut . . . . . . ; i .
Total. ï 32 bouches à feu , pesant ensemble avec leurs affûts. . .
= 355 touueaux. .
Différence avec l'armement actuel. 4- 1 1 tonneaux. .
259200 livres.
711700 livre».
3ix
On pourrait encore placer 4 caronades de a 4 sur la dunette, qui avec leurs affûts pèseraient 7680 livres. Cela ferait monter l’artillerie à 1 36 bouches à feu , pesant :
35 g tonneaux. 1 38 a livre».
Ce n’est de différence avec le» io 5 pièce» du vaisseau anglais, n°. i , que. ......+ 37 i 5 a
Et lorsqu’il arme 1 3 o pièce» -f" 3 a- 1 1 5 *
Ce que comporte notre vaisseau par sa différence de grandeur avec celui anglais.
Quoiqu’il soit reconnu que les caronades soient avantageusement placées sur la dunette lorsqu'on est bord à bord avec l’ennemi „ si l’on ne parvient pas à balayer ses gaillards dans les premières bordées , tous les hommes qui y sont de service restent plus exposés que partout ailleurs. Les Anglais en placent rarement dans cette partie du vaisseau. Il serait bon d’adopter leur manière , d’avoir une de ces pièces d’artillerie dans les hunes. Les vaisseaux les auraient de i8, les frégates de 1 i , et les grandes corvettes de 8. Un affût à coulisse sert pour les deux bords.
Sinosplus grands vaisseaux n’avaient que i 85 ou 186 pieds de longueur , sur une largeur de 5 o ou 5 o, 5 o pieds de largeur , dans le même rapport que les trois ponts anglais , et avec le même échantillon que ceux actuels de ig 6 , 5 o pieds, ils seraient mieux liés, s’arqueraient moins, et pourraient porter la même artillerie; et s’ils avaient peu ou point de rentrée , ils seraient armés ainsi qu’il suit :
3 a canons de 36 pesant avec leurs affûts
34 canons de 24 pe**nt avec leurs affûts. .....
0 34 caronades de 36 , pesant avec leurs affûts.. *- •
32 caronades de 24 » pesant avec leurs affûts
Total. 1 32 bouches àïeu , pesant ensemble avec leur» affûts.. •
s 3 o 6 tonneaux.
Différence avec l’armement précédent. . — 49
Différence avec les ta 5 pièce* du vaisseau anglais n». t. • * .* « • • • *5 *
259200 livres.
61 3564 livre».
Notre Vaisseau aurait en supplément , ainsi que tous les autres :
a caronades de tB pour la grande hune et celle de mitaine, i caronade de 1 2 pour la hune d’artimon.
Le vaisseau n°. 3 pourrait porter :
3 o canons de 36 pesaut avec leurs affûts 243000 livres.
3 a d u . de 24 d u 168160
32 caronades de 36 d* # • 8755a
3 od*Vde 18 d u . 5 /«oio
Total 124 bouches à feu d 1 * 572722
= 286 tonneaux. . 722 livres.
Différence avec les 1 a 5 pièces du vaisseau anglais , n*. 1 — 36 5 o 8
Le vaisseau espagnol le Prince des Asturies , qui n’avait que 175 pieds frauçais, armait 1 îü bouches à feu, ayant des canons dans sa troisième batterie.
Vaisseau de 80 , n". 4 * dans l’état actuel de construction :
3 o canons de 36 pesant arec leurs affûts 243000 livres.
3 a d 1 ". de 24 d” 188160
8 d‘\ de ta d". sur le gaillard d'arrière 27840
3 d“. de 12 d**. sur le gaillarJ d'avant 6 y 6 o
■ 8 caronades de 36 d**. pour le gaillard d'arrière, chambre de
conseil et passe-avants 49*48
» d**. de 36 d w . pour le gaillard d’avant 8472
Total, ga bouches h feu pesaut avec leurs affûts. . . .* . . . 5 ao 6 do
• = 260 tonneaux. 680 livres.
Différence arec le vaisseau anglais u*. 3 . . — 1 964
Id. ne. 4 - + * 538
Mais ces vaisseaux anglais; moins longs dei i et 14 pieds , et moins larges de i, 3 g et a ,33 pieds que notre n°. 4 , ont encore de plus à leur désavantage l’accastillage de leur troisième batterie. Nous pourrions donc sans rien craindre placer encore 4 caronades de 14 sur la dunette, qui feraient mouler l’artillerie à 96 pièces et à 264 tonneaux 36 o ».
Les vaisseaux de 80, t Indomptable , le Formidable , et l’indivisible de Brest , également que le Neptune de Toulon, naviguent parfaitement avec une batterie à barbet, qui leur faisait monter 98 bouches à feu, parmi lesquelles ils n'avaient que 10 caronades de 36 , L' Indivisible et le Neptune marchaient supérieurement. Pourquoi ne pas continuer à tirer un aussi bon parti de ces bâtimens ?
Si ces vaisseaux avaient moins de rentrée, ils pourraient être armés de :
3 a canons de 36 pesant avec leurs affûts 259200 livres.
3 a caronades de 36 d l# 8755a
3 o d l °. de 14 die. 57600
4 d u . de 18 d ,# . en supplément pour la dunette 5868
Total. 98 pièces d’artillerie , pesant avec leurs affûts 410220 livres.
= ao 5 tonneaux. . . 220 livres.
Différence avec l’armement précédent. — 59 140
D u . avec le vaisseau anglais n*. 3 . . — 56 1424
D ,c # d ta . n®. 4 * . — 54 *92*
Et certainement notre vaisseau serait mieux armé que précédemment ; car il est reconnu qu’à la distance du but en blanc du boulet, une caronade de 36 fait beaucoup plus de mal qu’un canon de a 4 : cette portée est à peu près de trois encablures et demie pour la caronade de ce calibre, et de 3 encablures un quart pourrie canon de o.!\. D’ailleurs , avec des équipages qui ne sont pas amarinés, il faut se battre vergues à vergues; et c’est là l’avantage des caronades.
Vaisseau de 74 dans l'état actuel de construction.
Nous voyons, par l’armement des vaisseaux anglais , que les nôtres de 74 sont susceptibles de porter plus d’artillerie qu’on ne leur en donne. Ils sont tous percés, à la première batterie, de 3 o sabords, pourquoi ne pas leur mettre autant
île canons? Leur échantillon le permet, et les a canons de l’avant sont avantageusement places, soit pour la chasse, ou lorsqu’on présente la joue à l’ennemi. Nous désirerions armer ces hâtimens comme suit :
3 o canons de 36 pesant arec leurs affûts i/^noo livre».
3 o d“. de 18 d , 3 9 o 5 o
8 d 1 *. de 8 d“ . pour le gaillard d’arrière ao 160
a d'*. de 8 d“. pour le gaillard d'avant 5 0 ^ 0
ao caronfdes de 36 d 1 ”. pour les gaillards , passe- avants et
chambre du conseil 5 ijio
Total. 90 bouches à feu , pesant avec leur» affûts 467010 livres.
s= a 33 tonneaux. . . 1010
Différence avec le vaisseau anglais u«. 3 . — 28 634
D‘“- d'". n*.7. 3 i aat
Si notre vaisseau n°. 5 avait moins de rentrée, il pourrait être armé de ,
3 o canons de 36 pesant avec leurs affûts 243000 livres.
3 o caronades de 36 d tw 67.080
3 o d u . de 24 57600
Total. 90 pièces d’artillerie pesant avec leurs affûts 382680 tiv.(i)
« =191 tonneaux. • • 680
Différence avec l'armement précèdent. — 4* 33 o
D'«. avec le vaisseau anglais n*. 5 . . — i 5 Ili 4
D 1 *. d u . n*. 7. . — 11 loti
(1) Sans nous être entendu avec les Anglais sur l'armement que nous proposons pour nos vaisseaux , nous avons eu la même pensée , car en septembre 1816 (et notre travail était terminé le 1 er . juillet ), les papiers nouvelles ont annoncé qu'ils avaient lancé à l'eau le vaisseau le //en?, de nouvelle constructiou, ayant, en mesures françaises, 165,09 pieds de longueur, 44,56 pieds de largeur en dehors des bordages , et 19,70 pieds de creux dans la cale , devant être armé de 28 canons de 32 dans la
La manière dont les frégates anglaises sont années doit mériter l’attention du gouvernement, et le porter à prendre des mesures pour mettre les nôtres en état de les vaincre , dans le cas où nous serions forcés d’avoir la guerre. Dans leur état actuel de construction , celles de 142 à 146 pieds de longueur pourraient être armées de :
3 o canons de 18 pesant avec leurs affûts i 3 <pi 5 o livres.
6 d*°. de 8 d c# . sur le gaillard d’arrière , entre Ica haubans. i 5 iao
2 d t0 . de 8 d to . sur le gaillard d’avant , d*° 5 o 4 o
14 caronades de 36 d'°. sur les gaillards et passe— avants. . . 383 o.«$
Total 5 a pièces d’artillerie , pesant avec leurs affûts. . « . . . 197514
= 98 tonneaux. . . i 5«4 livres.
Différence avec la frégate anglaise ,
D tô . d to . dM2. -f* 2 1419
Si ces frégates avaient moins de rentrée, on les armerait
de la manière suivante :
28 caronades de 36 pesant avec leurs affûts 76G08 livres.
2 caoons de 18 d 1 *. 9270
22 cnrouades de 24 d ,# 42500
Total 5 n bouches à feu , pesant avec leurs affûts 128118
— 64 tonneaux. . . 118 livres.
Différence avec Farmern*. précédent. — 34 1 396
Différence avec la frégate anglaise ,
première batterie ; 28 caronades de 18 dans la deuxième; 4 caoons de 12 , to caronades de 3 a et 6 de 18 sur le gaillard d’arrière ; 2 canous de 12 et 2 caronades de 32 sur le gaillard d’avant , en tout 80 bouches <1 feu , et 590 hommes d’équipage , ce qui est 64 hommes de moins que précédemment. Nous observons que si le rédacteur du journal uc s'est pas trompé dans l’aunonce de l’armement de ce bâtiment , qu’il ne le serait pas selon les lois de la slabil.të , puisque sa deuxième batterie avec tes atluts ne pèseraient que 39144 fl, , et l'artillerie de ses gaillards , (ioi 56 1 b. C’est *1012 !b en pins , et ce devrait être le contraire. Le poids de toute sou artillerie n’est porté qu’à 142 tonneaux i3o 2 lb.
et en armant notre frégate avec des caronades de la fonte
actuelle,
Le poids des 5 a pièces serait. . . .
. = 72 tonneaux.
36 livres.
Différence avec l'armement proposé. .
ce qui est toujours beaucoup moins que le poids actuel de leur artillerie, (i)
En considérant l'armement de la frégate anglaise n”. i3 de 118 pieds de longueur, portant du 18 en batterie et l^i bouches à feu. Celui de la frégate n". i4 de 1 13 pieds, portant 38 pièces d’artillerie, et celui de la corvette n”. i5, de 1 07 pieds et demi , qui en porte 34 ; ne doit-on pas remarquer que la moitié de l’espace dans nos corvettes françaises, n”. i3, de lao pieds de longueur, est perdu, et qu’elles pourraient porter au moins 34 bouches a feu dans leur état de construction actuelle , savoir :
22 «arooadcj de 36 pesant arec leurs affûu 60192 lirres.
iad“. do 12 d‘\ pour les gaillarde 1 19S2
Total. 34 pièces , pesant arec leurs affûts 7a *44
= 36 tonneaux. . . 144 lirres.
Différence arec le n*. 1 3 anglais. 39 1717
D'». d“. n". 14 ik 556
En faisant quelques petits changemens dans l'accastillage die ces corvettes , dont les fonds sont de toute beauté , elles seraient susceptibles de porter 38 caronades, et auraient :
a6 caronades de 36 en batterie, pesant arec leurs affûts. . . 7 1 1 36 livres.
12 d u . de 12 sur les gaillard* 1
Totaf 38 bouches h feu, pesant avec leurs affût» 83 088
(1) Nous observons que les sabords pour caronades de 36 ne doivent point avoir plus Je 3 ,a 5 de largeur , ni plus de 2,67 de hauteur dans rou&crture.
= 4» tonneaux. . . . 1088 livres.
Différence avec le n*. 1 3 anglais. — 34 773
Lorsque l’on construira de semblables corvettes , il serait très-convenable de baisser un peu les paillards , dont 1 élévation est de 6 pieds de planche en planche ; elle pourrait être réduite à 5,67 pieds, et la batterie serait encore trèsbelle; on pourrait encore réduire l’intervalle entre les ponts, en élevant celui de la batterie de 3 à 4 ponces, et faire monter le fort d’autant; ce qui donnerait plus de creux, plus de hauteur de batterie, et conviendrait mieux , puisque nous avons vu précédemment par les devis, que ces hâtimens n'ont jamais mieux marché, ni mieux porté la voile , que quand ils ont calé en grand 5 à 6 pouces de plus qu’il ne leur était assigné par les ingénieurs, ce qui diminuait la hauteur de leur batterie de cette quantité.
Les corvettes françaises n°. 1 4 , dans leur état de construction actuelle , pourraient porter :
20 carouodes de 24 pesant avec leurs affûts 38400 livres.
== 19 tonneaux. 400 •
Diffcrcnceavec leur batterie deao canons de 6 . — o 1600 livres.
D**. avec la corvette anglaise n*. 16. . . — 17 1243
Mais ces corvettes à coffre sont incommodes pour les équipages, et sujettes dans les gros tems à recevoir des coups de mer qui leur causent de grandes avaries, et peuvent même les engloutir, comme on en a plusieurs exemples: elles sont susceptibles d’éprouverdes changemens dans leur accastillage, sans rien changer à leur fond , qui est superbe ; leur creux plus grand de 1,17 pieds que leur demi-largeur, et leurs façons hautes , permet de leur établir des gaillards et passe-
avants, qui auraient 5 , 5 o ou 5,63 pieds de planche en planche , telles que sont toutes les corvettes anglaises. Elles pourraient alors porter ,
32 caronades de 24 cn batterie » pesant avec leur» affûts.. . 42240 livre».
10 d l \ de 12 sur le» gaillards , d 1 * 9960
Total32 bouches à feu , pesa ut avec leur» affûts 5a2t>o
= 26 tonneaux. . . 200 livres.
Différence avec l'armement précédent. -f~ 6 1800
D u . avec la corvette anglaise n # . 16. . — 10 1 44 3
D to . d ,# . n*. 17.. -f* 3 4®
On se rappellera que ces trois corvettes anglaises sont plus courtes que notre n\ i4-
Nos bricks de 90 pieds de longueur pourraient porter.
10 caronades de 36 dans leur milieu, pesant avec leurs affûts. 27360 livres.
8 d t0 . de 24 aux extrémités, d ta i536o
Total 18 pièces pesant avec leurs affûts * 42720
. = 21 tonneaux. 720
Mais ils pourraient avoir io caronades -de a 4 > et leurs ao caronades de 36 et a 4 en batterie ne pèseraient avec les affûts que 4656 o livres.
ss 23 tonneaux. .
Les petits bricks anglais portent au moins ,
18 caronades de 32 pesant avec les affûts. =21 tonneaux.
1 38 livres.
Leurs grands bricks en montent ,
22 de même calibre — 26 d 1 ".
En 1790 et après, le brick le Duc de Chartres , aussi de
90 pieds, portait i4 canons de 8 et 4 de 12 ,
pesant «avec
leurs affûts. ....
5x3o8 livres.
= 26 tonneaux.
avec lesquels il marchait très-bien, d’où l’on peut conclure que nos bricks actuels, de mêmes dimensions, navigueraient
parfaitement avec 10 caronades de 36 et a4> qui ne pèsent que j 3 tonneaux 56o livres, ils seraient alors en état de se mesurer avec les grands bricks anglais, portant aa caronades de 3a.
Nous observons que ce serait un grand avantage pour tous nos bâtimens de guerre , et surtout pour nos frégates, de porter des pièces d’artillerie sur les passe-avants , afin de les charger au milieu , pour soulager d'autant leurs extrémités, et particulièrement l’avant, déjà écrasé dans ses hauts par le poids des ancres; cela contribuerait aies empêcher de s’arquer aussi promptement. Depuis long-temps les Anglais les placent là sur leurs petits vaisseaux, et les Américains arment ainsi leurs frégates, auxquelles ils font porter 54 bouches à feu. Les frégates le Président , la Constitution, etc. sont ainsi armées, et plusieurs ont du a4 en batterie. Les Anglais, pour les combattre, avaient fait armer de même plusieurs frégates. Puisque l’expérience nous prouve la bonté de celte méthode, autant pour les combats que pour la conservation des bâtimens et leurs bonnes qualités à la mer, pourquoi ne pas l’adopter? Car on ne peut se dissimuler que, tant que nos vaisseaux et frégates ne seront pas mieux armés ni mieux équipés qu’ils ne le sont, ce sera consommer de beaux morceaux de bois sans pouvoir rivaliser avec les autres nations maritimes , surtout avec les Anglais , qui ont la bonne habitude de soumettre de suite à l’expérience les propositions de leurs ofliciers, et d’adopter tout ce qu’ils voient de bien chez les autres , même chez leurs ennemis. Ils ne tendent qu’à la perfection de leur marine , et ils en approchent tous les jours.
En considérant la pesanteur des dunettes de nos vaisseaux, qui, indépendamment de leur élévation, ont beaucoup plus de poids dans leur trauebe-arrière que de déplacement ; et
vovant que ce défaut d'équilibre tend surtout à faire arquer le bâtiment , nous proposons de les supprimer dans nos vaisseaux à trois ponts, qui, ayant deux grandes chambres, pourraient être emménagés de manière à ce que l'officier général, le capitaine et tous les officiers, soient logés tout aussi commodément que des hommes de guerre peuvent le désirer. Ces vaisseaux n’auraient plus de rabattues, et l’élévation des œuvres mortes serait terminée par la lisse du plat-bord. Leurs vibords seraient prolongés depuis les cornières jusqu’au cottis , à la hauteur de quatre pieds et demi plus ou moins, et on établirait de bout en bout sur le platbord des chandeliers de bastingages de hauteur ordinaire.
La première chambre aurait un clairvoir et des verres demi-lenticulaires sur le gaillard pour l’éclairer.
11 résulterait de cette installation que nos trois ponts auraient quatre batteries complètes avec la même artillerie que nous avons proposée pag.6i à 63 : joint à ce qu’ils u’auraient plus cet enhuchemeut qui les porte toujours à venir au vent , et les empêche souvent d’obéir à leur gouvernail , pour arriver daosuu moment pressant ; leurs manœuvresde l’arrière se feraient avec beaucoup plus de facilité.
Quoique la dunette soit aussi désavantageuse aux vaisseaux de 80 et de 74 qu elle l’est aux trois ponts, nous ne la leur supprimerions pas , parce qu’elle est d’une nécessité absolue pour le logement de l'officier général que ces bâti mens sont susceptibles d’avoir, et qu’ils n’ont pas deux grandes chambres comme les trois ponts ; mais nous désirerions que les emménage mens fussent pratiqués sous cette dunette au milieu de la largeur, et laissassent tribord et bâbord deux courroirs par lesquels on entrerait dans la chambre de conseil , et assez larges pour y placer et manœuvrer commodément les caronades , qui, avec celles de cette chambre, compléteraient
la troisième batterie, telle qu’il est mentionné pages 63 à 65. Les emménagemens seraient éclairés par en haut.
De même qu'aux vaisseaux à trois ponts , nous trouvons convenable d’élever lé vibord des vaisseaux de 80 et de 74 à quatre pieds et demi de hauteur plus ou moins , et de les prolonger depuis la rabattue de la dunette jusqu’au cottis; il serait même nécessaire qu’ils le fussent jusqu’aux apôtres , ou qu'au moins le fronteau d’avant fût construit de manière à pouvoir être fortement bastingué, aiin de mettre les hommes du gaillard d’avant plus à l’abri de la mitraille, dans les enfilades que l’on peut recevoir de l’avant, et dont rien ne les garantit dans la construction actuelle. Les Anglais prennent beaucoup plus de soins que nous pour bien bastinguer leurs bâtimens, pour se préserver le plus possible des effets de la petite mitraille et des balles de fusils : cela leur réussit.
Ce qui rendrait nos bâtimens beaucoup plus battans ou plus spacieux qu’ils ne le sont, et ce qui contribuerait à augmenter leur stabilité et leurs bonnes qualités à la mer , c’est la suppression de la trop grande rentrée ; nous ne désirerions pourtant pas qu’on y renonçât entièrement ; nous voudrions qu’elle ne fût que de 2 pieds et demi de chaque bord dans les trois ponts , à la hauteur de la lisse du plat-bord ( dans la construction actuelle ), pour qu’en réduisant les porte-haubans à cette largeur de deux pieds et demi , ou très-peu plus sans diminuer de leur épaisseur, ils ne soient point brisés au moindre choc dans les abordages.
Ce sont les Anglais qui , dans les temps où ils ne pouvaient résister aux abordages des Français, furent les premiers à donner de la rentrée à leurs bâtimens. Comme on s'imagina que cela donnait de la grâce aux navires, les constructeurs qui ne naviguaient point pour en observer les
qualités, ont cru perfectionner l’architecture navale en donnant toujours de plus en plus de la rentrée, et cela est au point, que des vaisseaux de 74 et même de 80 ont moins de largeur dans leur deuxième batterie, et les vaisseaux à trois ponts dans leur troisième , que les frégates de 18 dans la leur; ce qui, mettant au moins douze pieds de distance entre deux vaisseaux bord à bord, joint à l’inclinaison que donne la voilure, ne permet plus de tenter les abordages, et soustrait aux Français une manière si avantageuse pour eux de combattre. Les par tisans de la rentrée ( et ce ne sont pas les marins "qui ont une longue expérience) disent quelle abaisse le métacentre, quelle rapproche l’artillerie de l’axe de la longueur', quelle contribue à empêcher la bricole, et quelle fait soustraire une grande quantité de bois des hauts du navire; mais ils ne comptent pour rien la différence du poids des canons longs que les bàtimens portent actuellement, avec celui des canons courts ou des caronades qu’ils porteraient en batterie, s’ils n’avaient que peu ou point de rentrée; l’incommodité d’avoir de très-larges porte-haubans, que l’on est forcé de conserver ainsi pour empâter les haubans, afin qu’i|s puissent un peu mieux contribuer à soutenir notre haute mâture, et enfin l’incommodité de ne pouvoir pas bien agir pendant les combats , ni lors des travaux , dans les batteries hautes. L’expérience nous prouve journellement que Içs bàtimens qui ont les flancs verticaux, ou même convergeas par en-bas, sont ceux qui se comportent le mieux à la mer , quoique cette construction tende à faire monter le métacentre. Dans les mauvais temps, tous nos bàtimens, et surtout les frégates, se comportent mieux les canons aux sabords ( soit avec de faux sabords ou des sabords brisés ) , qu’étant à la serre ou balés à, bouts de bra-
gue ; ce qui est bien en défaveur du système de rapprocher les batteries de l’axe de la longueur.
Les Anglais ne donnent plus que très-peu ou même point de rentrée à toutes leurs espèces de bâtimens de guerre, qui par cette raison sont beaucoup plus spacieux ou baltans que les nôtres, à rang égal , quoique construits sur de plus petites dimensions. En supprimant cette rentrée, au moins en grande partie, nous aurions l’avantage sur eux, puisque nos vaisseaux sont plus grands que les leurs , et en tenant les passe-avants un peu larges , les caronades à brague üxe n’y gêneraient nullement pour la communication jjle l’avant à l’arrière, et on pourrait en établir sur les gaillards entre les haubans, sans courir aucun risque d’incendie. Nos navires seraient plus convenables pour tenter les abordages , qui autrefois réussissaient si bien à notre nation quand elle avait des bâtimens propres à ce genre de combat.
Toutes les nations qui ont des ports dans la Méditerranée construisent encore leurs chébecs , galères , pinques, tartanes et felouques, avec les côtés convergens par en-bas , et toutes ces espèces de navires naviguaient très-bien, étant matés avec des mâts àpibles et même avec des mâts partiaux à hunes et voiles carrées; nous avons vuàCarthagène plusieurs chébecs , de 4° canons ainsi matés, et l’ancien Spartiate de Toulon avait une marche supérieure, quoique ses deux batteries 1 cnhuchassent un peu.
■ La construction de nos frégates et grandes corvettes ne mérite pas moins l’attention que celle de nos vaisseaux. Si , à l’imitation des Américains , leurs vibords étaient eleves à la hauteur des seuillets de sabords des canons de 6 ou de 8 dans toute leur longueur , en laissant monter les allonges jusqu’à 4 ou 4 pieds d’élévation , et distribuées de manière à faire autant de sabords que dans la batterie, lais-
sant entre celle-ci une ou deux autres allonges, et appliquant sur leur tête un bon plat-bord,qui pourrait contribuer à lier ces bâtimens, on établirait par-dessus des chandeliers de bastingage de hauteur ordinaire , et l’intervalle entre les sabords serait blindé ou bastiugué avecunfilain de 2 pouces et demi à 3 pouces , tournant autour des allonges, et dont le vide serait rempli par du liège. On placerait au milieu les pièces (^artillerie que nous leur assignons pour les extrémités des gaillards, et on n’en tiendrait que deux sur celui d’avant. Ainsi, ces bâtimens légers se trouveraient soulagés des poids qui tendent le plus à les faire arquer. Lorsque, dans les constructions futures,on nedouneraitquepeu ou point de rentrée, on établirait des caronades en place des canons entre les haubans sur les gaillards.
On a remarqué l'utilité qu'il y a de tenir le vibord prolongé d’une certaine hauteur jusqu’aux*apôtres, pour préserver davantage les gens du gaillard d’avant de la mitraille dans les enfilades. Les autres nations sont revenues à cette construction, quoiqu’elle pèse un peu plus sur l’avant; c’est peut-être par cette raison qu’ils chargent moins d’artillerie le gaillard d’avant, et qu’ils donnent beaucoup moins d’élancement que nous à leur guibre. lis donnent aussi moins de quête, pour soulager d’autant l’extrémité de l’arrière, et pour se servir avec plus davantage de leurs canons de retraite.
Nous saisissons encore cette occasion de parler des bât»— mens de guerre étrangers, et surtout des espagnols et des anglais , pour faire observer qu’ils sont bien plus prompts que nousdans leurs évolutions. Cela provient de deux causes, d’abord de ce qjie l’ensemble de leurs vaisseaux et frégates étant plus court que les nôtres, le temps employé à faire les mêm^ÿ évolutions est en raison de leur longueur, et qu’en second lieu leur gouvernail ayant plus de surface que
le, nôtre, proportion gardée entre les bâtimens, leur mouvement de rotation est accéléré daus un plus grand rapport.
Depuis long-temps on a remarqué en France la nécessité de proportionner la largeur du gouvernail à la longueur du bâtiment; mais on a continué à le proportionner au bau , quoique la longueur ait été augraentëeen raison de la largeur. Nous avons fait des épreuves, qui nous ont convaincu que fa surface du gouvernail doit être augmentée depuis le bas jusqu a la hauteur des façons, et qu’elle peut être diminuéede là à la flottaison. Dans nos observations, il nous a toujours paru qu’un gouvernail large à la surface de l’eau et au-dessus était plus nuisible à la marche, par sa résistance, qu'utile pour accélérer les mouvemens. 11 serait aussi très-bon d’admettre la méthode des Américains, de faire cylindrique la partie supérieure de la mèche du gouvernail; elle nécessite un étambraie moins grand que la carrée, et par conséquent la voûte moins saillante.
Nous ne donnons aucun détail sur les bâtimens des autres nations maritimes, parce qu’elles copient les Anglais en tout ce qu’ils fout de bien. Nous dirons cependant qu’aucune nation n’a encore imité l'installation des hunes en deux parties , tribord et bâbord , et sûrement parce que ce sont les Portugais qui en sont les inventeurs. Cela offre de grands avantages lorsque, dans un démâtage de mâts de faunes, un des côtés a été fracassé, tel qu’il arrive presque toujours; il n’y a pas nécessité de déea peler la hune pour la réparer , le côté seul avarié est envoyé à bas pendant qu’on présente et qu’on cape Ile le nouveau mât ; on pourrait même le mettre en clef. Un oflicier supérieur de notre marine nous a pourtant dit qu’étant prisonnier à boid d’un vaisseau anglais , il avait vu se kunses- fabriquées telles que
nons le citons, en deux parties. Ils auraient donc commencé à adopter cet usage, nous devrions l’adopter aussi.
La table XXIV contient les dimensions actuelles de nos affûts de mer et de ceux des Anglais : on verra quelles différent peu les unes des autres ; les Anglais tiennent cependant leurs flasques un peu plus longues que nous , et leurs roues d’avaut un peu plus larges que celles de l’arrière. Nous les avons égales devant et derriëre,mais leurs affûts n’ontpointde sole. Elle pèse, dans nos affûts de 36, autant qu'un pied cube de bois. Nous pensons que, si on la supprimait et si l’on diminuait le volume des coussins, coussinets et coins de mire, nos affûts auraient atteint le degré de légèreté dont ils sont susceptibles , sans nuire à leur solidité.
Il nous a paru que l’usage des Anglais , de faire passer la braguedu canon par-dessus le bouton de culasse, après avoir passé dans des boucles Axées aux flasques , est préférable au nôtre de le faire passer par-dedans.Leur manière empêche le canon de cabrioler autant, et de tomber moins sur sa volée que ne le fait le nôtre, lorsqu’il est échauffé. Cela ne flatte pas autant la vue que notre méthode dans la belle tenue des batteries ; mais il fauL préférer en toutes choses l’utile à l’agréable lorsqu’on ne peut pas réunir les deux ensemble , et il serait très-conveuable d'adopter cet usage des Anglais , au moius en temps de guerre.
La table XXV contient les principales dimensions des ancres donfc on fait usage, dans la marine française , d’après leTraité de la fabrique des ancres, deRéaumur. Nous yavons joint les dimensions des ancres dont les Anglais font usage sur leurs bàtimens de guerre. Ils en donnent les prix dans leur table; mais comme ces prix sont variables, nous les avons négligés.
En comparant ces dimensions, nous ne voyons d'autres
différences, sinon qu’à poids égaux nos ancres ont la verge plus courte que célle des ancres anglaises, ce qui est à notre avantage, au moins pour les tenir en mouiliageaux bossoirs et pour les placer à bord. Celles des Anglais ont les pattes plus épaisses , probablement pour leur donner plus de pesanteur dans cette partie ; les nôtres sont plus fortes au collet, (i)
La table XX Y I contient les dimensions des poulies anglaises, dont l’usage est le plus fréquent dans leurs bâtimens, et la circonférence du cordage qui leur convient. Elle fait aussi connaître les dimensions des poulies françaises , et la grosseur du cordage qui leur convient, suivant l’usage du port de Brest.
Mais M. Hubert , ingénieur de la marine au port de Rochefort , inventeur de plusieurs belles mécaniques , et particulièrement de celles pour la fabrication de toutes espèces de poulies et de tout ce qui en dépend , en a réglé les dimensions d'une manière invariable et préférable à toute autre , ainsi qu’il suit :
Poulies simples ordinaires en usage à Rochefort.
Le diamètre du cordage étant pris pour unité :
La laf f*or «Ici étant pria* po«r «Mité donne |ee rapporte MM-
vaaa ;
| Totale
... = diamètres du cordage. — largeur.
1 du talon supérieur. . . .
. . . = o,} dito
| du talon inférieur. . » .
. . . = i,o dito. . . .*
(de U mortaise
... b 5,0 dito. .
. . . z= i*o unité.
Largeur.
largeur. .........
... . s= 5,o dito .
f totale. . . .*
. . . = 3,{ dito * • .
. . == o, î largeur.
Epaisseur.
1 de chaque jonc
. . . s dito
. . es o,ÿ
( de chaque mortaise. . .
.. . . = «i,£ dito . .
. . es o,{ ■
largeur de-la «impie = dito. .......... = o,£
dito de. double». .....; = O,} dite .T."'. . = o,J
distance de* deux goujures. . = 0 ,$ dito. . . = o,.‘ r
profondeur au talon inferieur. =s- o,J dito = o„'j
(t ) Les lucres espagnoles sont encore pins courtes que les noires.
Gou jures.
Suite des poulies simples ordinaires , en usage àjiochefort.
Le diamètre du cordage étant pris pour unité :
ttouels.
E&MCÜX.
Longueur.
Largeur.
Epaisseur.
La large» Jri pou ■ lin étant prix peur unité , JueM Ici rapport* MtVia* :
{ diamètre = 3 ,‘ dito = o,\ largeur.
épaisseur = 1,0 dito . ■ . ss o,{
profondeur de la goujure. .. = 04 dito Y. . s o, ,’ à
{ diamètre de l'essieu en bob. . = o,\ dito o, j
dito dito en fer. . . . . s o,î dito .as o ti V
Poulies simples plates.
I totale =io,' diamètres du cordage- “ i, ^largeur.
f du talon supérieur , . = 0,) dito. = o,,',
| du talon inférieur . . = 1,0 dito o,J
de la mortaise . . . = 9,0 dito. . . . r ,0
largeur 9,0 dito t,o
f totale = 3 ,ï dito. o,j|
. de chaque joue = t r i dito. o.Jf
(de la mortaise 1, y dito o,JJ
{ largeur de la simple. .....= i,£ dito o,J*
dito des doubles = o, J dito . = o. A
distance des deux goujure*. ♦ • ss o,| dito . . . . =s o, A
profondeur au talon inférieur. = o,| dito = o,,'?
| diamètre s 7»? dito = o,fJ
Rouets. < épaisseur dito = o,|
( profondeur de la gorge = O,} dito = o,^
Proportions des poulies de caliomes à deux rouets , la largeur des poulies étant prise pour unité :
( totale = 1, f largeur
du talon supérieur = °*r
du talon inférieur o,}
des mortaises. * = i,o unité.
largeur. ^ = •*»<>
i totale —°>l largeur.
de chaque joue. . » ......sssoj
de» mortaises = °>i
de 1a cloison. o,$
! largeur de la goujure simple * = °»t
dito de 1a goujure double
distance des deux goujurcs o,rf
profondeur de la goujure du talon inférieur.. ......... *= o»n
Longueur.
Largeur.
Epaisseur.
Goujurcs.
Suite des proportions des poulies de càliornes a deux rouets, la largeur des poidies étant prises pour unité:
Rouets.
Essieux.
diamètre
épaisseur . . . — au diamètre do cordage.
profondeur de la gorge.
diamètre de l'euieux en boia
dito dito en fer
— °tl
— <bà
Proportions des dez en cuivre pour les rouets de poulies.
Diamètre du trou. . . * = aux ^ de l'épaisseur delà poulie.
Diamètre de cbaounodea oreilles. aux } de f épaisseur de la poulie.
E P aisscurdu cuir re portant sur l'eiaieu- . . . «s au { du diamètre du trou de lVssieu. Diamètre du carde de recouvrement- ..«. = > fois le diamètre du trou de l'essieu.
Dito du cercle des centres des oreilles. • . . . = a J fois le diamètre du trou de l'essieu. Epaisseur des oreilles et du cercle de recouvrement. à i du diamètre du trou de l'essieu.
Il fut remis par M. Hubert aux fonderies du port de Rocbefort, le 16 novembre 181 1, trois séries de modelés de dez, d’après les proportions ci-dessus, depuis le n. t jusques et compris le n. 1 1. Le n. i est pour un rouet de io lignes d’épaisseur , et les autres sont pour les rouets de 12, 14, 16 lignes, etc., jusqu’au rouet de 3 o lignes, qui est le n. 1 1.
La table XXVII a été construite pour faciliter la conversion des parties décimalcsde pouce ou depied,que nousavons employées dans nos calculs en parties de pouces, de lignes et d$ points, et en parties du mètre, en considérant que 1 pied == 32483 q 4 de mètre. Ainsi, si l’on a des décimales de pouce à réduire eu lignés, en points et en millimètres , le nombre • des décimales dans la colonne à gauche, dans chaque case, indiquera dans celles à droite les lignes, points et millimètres qui leur correspondent; et si l’on a des décimales de pied à convertir, la colonne de gauche indiquera dans celles à droite les pouces , lignes et millimètres correspondans.
Là table XXVIII a été construite pour la conversion des décimales de livre, que nous avons employées en onces, gros et grains, poids de marc, et en grammes, également que celles des livres en kilogrammes.
Table XXIX. — Après avoir composé les 28 tables précédentes, nous avons vu dans un ouvrage de M. Dclambre, que la commission avait fixé la longueur du mètre à 443,295936 lignes = 36 , 94 i 328 pouces du pied de roi = 39,382700 pouces du pied anglais ; ce qui donne le rapport de i44° pieds anglais = 1350,732970 pieds français, au lieu de i44°= i 35i, 2 que nous avons employé; cela nous aengagé àcalculcr la table vingt-neuvième pour la conversion des pieds anglais en pieds français, suivant ces deux rapports, attarde pouvoir rectifier les petites différences que donnent les tables , lorsque l'on voudra obtenir une scrupuleuse exaçlitude, l’erreur n etant que de o,o324pour 100 pieds anglais. Nons avons appliqué à cette rectilication les rapports avec le mètre.
Table XXX. — Ayant aussi remarqué que M.*dc Lacroix donne le rapport de la livre anglaise avoir du poids = 453,1 grammes == 853 o, 63 o grains , poids de marc, et 100 livres avoir du poids = 92,58*386 i poids de marc, au lieu de 92,653 que nous avons employé , nous avons construit la table trentième d’après ces deux rapports , afin de rectifier les petites différences qui existent dans nos tables , lorsque l’on voudra avoir une grande exactitude, et considérant ce nouveau rapport exact, nous y avons appliqué les parties de kilogramme correspondantes.
Ayant consulté les états d’armement et de recharigeetsurtout ceux des manœuvres de tous les bàtimens de roi , nous avons remarqué des objets défectueux pour les usages auxquels on les emploie, d’autres inutiles: il s’ensuit une cousom-
mation onéreuse et préjudiciable au bien du service. Nous avons entrepris de rectifier ces erreurs en nous établissant sur des ïftises irrécusables, et écartant les préjugés niatelotiques , nous nous en rapporterons au jugement du manœuvrier et du calculateur ; nous ferons connaître par notre prochain travail les grandes économies que le gouvernement {«eut faire dans l'armement de ses bâtimens , en perfectionnant leur installation. Nous nous ferons un devoir de communiquer les connaissances que nous avons acquises chez les étrangers, pendant quatorze ans que nous les avons fréquentés comme marin et constructeur.
Rochefort,le i' r . juillet 181G.