XCIV. OLYMPIADE
Vainqueur , CROCINAS , de Larisse.
Vingt-huitième et dernière année de la guerre du Péloponèse. La ville d'Athènes est prise par Lysandre , après un siège de six mois. Elle est conservée , contre le sentiment des Thébains , qui étoient d'avis qu'on la rasât. On y établit trente tyrans , du nombre desquels étoitThéramene , qui fut tué peu de temps après, quoique plus doux que les autres.
On abat les murs du Pyrée , que Thémistocle avoit fait bâtir. La joie des Lacédémoniens étoit si grande, qu'ils firent ces démolitions au son des instrumens de musique. Outre les trente tyrans , on en établit dix autres sur le Pyrée , qui étoit le port d'Athènes.
Denys fait la guerre aux Siciliens. Les Syracusains se révoltent contre lui ; mais il en vient à bout par son adresse, et par le moyen des Lacédémoniens qui lui donnent du secours.
Mort de Démocrite âgé de cent quatre ans , d'autres disent de cent neuf. On place à cette même année la mort d'Alcibiade alors âgé de quarante ans. Après la prise d'Athènes, les Lacédémoniens écrivirent que la victoire ne seroit pas complette , si Ton ne prenoit Alcibiade vif ou mort. Il s'étoit retiré en Asie auprès de Pharnabaze , gouverneur de la province pour Artaxercès. Pharnabaze refusa délivrer Alcibiade, qui sur l'avis qu'il en eut, se mit en chemin pour aller trouver Artaxercès. Il fut suivi par les émissaires de Lacédémone , qui arrivèrent la nuit près de l'endroit où il reposoit. C'étoit une chaumière ; ils y mirent le feu , dans la vue d'y brûler Alcibiade. Il s'éveilla , et pour franchir les flammes il y jeta ses habits, et par-là il se sauva , mais pour fort peu de temps : les assassins le suivirent, et le percèrent à coups de flèches.
Les Romains continuent le siège de la ville de Veies , et 40^ font pour la première fois la guene peadant l'hiver.
„ 076 Table chronologique
j^ q Les chevaliers romains commencent à servir dans la cavalerie.
Athènes qui venoit d'éprouver une révolution fatale , en eut cette année une autre plus favorable. Thrasibule , homme de naissance et de courage , se met à la tête des fugitifs et des exilés d'Athènes. 11 marche pour délivrer sa patrie , affligée et réduite aux dernières extrémités par les trente tyrans. Après être parti de Thèbes , il arrive à Athènes, se rend maître des forteresses de Phylé et de Munichia, puis du Pyrée : il fait promettre aux citoyens une amnistie générale ; alors les Athéniens attaquent les tyrans dans la ville , les chassent , et établissent un conseil de dix personnes au lieu des trente tyrans. Mais ces dix hommes, quoiqu'Athéniens , se conduisent encore avec plus de cruauté que les trente.