AVANT -PROPOS
une foule de notions que j'ai laissées suspendues, comme celles qui regardent les Brigands, les Castrats, les [Funérailles, attendu que les mœurs napolitaines mettent seules la dernière main à tous ces détails. Quand l'origine d'un abus, d'un crime, d'une abomination est à Rome, les résultats se trouvent souvent à Naples. Si dans cette dernière ville sont établis les amphithéâtres où l'on mutile les hommes pour leur donner de belles voix, c'est parce 'que le pape recherche ces belles voix pour ses églises ; et si l'on a perfectionné au pied du Vésuve l'horrible recette de YAqua- Tqfana, c'est parce qu'on a souvent employé ce poison sur les bords du Tibre.
Je n'exagère donc point en affirmant que les mœurs de Naples se lient aux mœurs de Rome comme les conséquences se rattachent à leur principe.
Ce n'est qu'à Naples qu'on peu faire une idée de toute l'influence du charlatanisme sacerdotal sur la destinée d'un peuple. Certes, je ne prétends pas ravir à Rome moderne son titre incontestable de capitale du fanatisme ; mais, de même que les villes manufacturières exportent aux colonies une foule d'objets à peine ébauchés dont ne voudrait pas la métropole, ainsi Rome expédie pour Naples une immense quantité de superstitions de pacotille qui seraient dédaignées des Romains. Mais il n'est pas de denrées superstitieuses , quelque dégoûtantes qu'elles soient, qui ne trouvent de nombreux consommateurs à Naples. Voilà pourquoi j'ai dit et prouvé dans ces Tablettes que le Romain actuel, comparé au Napolitain , semble un esprit-fort.
Ce qui donne encore une importance