DIORAMA DES ENVIRONS DE NAPLES
Oui j'en jure et Virgile et ses accords sublimes, J'irai . de l'Apennin je franchiiai les cimes j J'irai , plein de son nom, plein de ses yers sacrés, l*e*> lire aux. mêmes lieux t[ui les ont inspirés.
Les serraens des poètes ressembleraient-ils à ceux des joueurs ou des diplomates ou des .... ? car Delillé n'a pas franchi les Apennins : combien ne doit-on pas regretter que cet amant passionné de la nature ne l'ait pas vue à Naples dans toute sa virile majesté et
parée de toutes les gr jeunesse !
Hic ver assiduum atque alienis mensibus œstas.
Si Delille avait écrit ses vers en présence, et, pour ainsi dire , sous la dictée des beaux sites chantés par Virgile , peut-être, recevant des inspirations analogues à celles du poète latin, eût -il conquis l'Enéide à la lan: le française , comme il lui avait déjà conquis les Géorgiques. La poésie des lieux féconde la poésie des pensées; les muses ne font résonner leurs lyres que sur l'Hélieon; le point élevé d'où Ton contemple les merveilles de la terre et du ciel, est, pour un enfant d'Apollon , le trépied sacré.
Telles sont aujourd'hui mes réflexions au sommet du promontoire qui , le fort Saint- Erme sur sa tête , le fort de l'OEuf 1 à ses pieds , divise la ville de Naples en deux par-
1 C'est au fort de l'OEuf que le jeune Augustule, dernier empereur de Rome, fut enferme par Odonère, roi des Hérules, Tari 4?6.