‹ Tablettes napolitaines (volume 2)Chapitre 55 sur 61 · PROSTITUTION · texte numérisé non relu

PROSTITUTION

Quelques jours après , me promenant la Villa- reale, je fis remarquer à un Napolitain une femme de 5o ans, accompagnée d'une jeune fille fort jolie; je fus surtout frappé de l'excellente physionomie de la première, elle respirait l'honnêteté et la douceur ; je suis sûr que Lava ter lui aurait donné au premier coup d'œil un brevet de vertu, u C'est la mère et la fille, me dit mon compagnon; un de mes amis a connu la jeune personne, et il en a été aussi satisfait qu'on peut l'être de cette espèce de femmes. »

Le soir, je me rends chez elle ; les discours de la mère sont en parfaite analogie avec ses traits; elle fait un petit commerce de mouchoirs , elle est veuve ; elle a bien de la peine à pourvoir aux besoins de son fils, à qui elle veut donner une bonne éducation , et de sa mère qui loge avec elle. Je veux voir moi-même cette respectable aïeule dont la petite-fille est livrée à la prostitution par Ja mère : c'est une femme de no ans, mais

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mande sa petite fille, pour laquelle elle une grande prédilection.

Je retourne dans la chambre de la fille, où la mère, après avoir arrangé le lit, me laisse tête à tête avec la victime : « Vous êtes bien jeune, ma belle enfant, lui dis- je. — J'ai vingt ans moins deux ans. — Y a-t-il longtemps que vous n'avez reçu ici quelque homme ? — Monsieur, hier. — En avez-vous connu beaucoup? — Je ne sais pas le nombre, mais à peu près une trentaine. — N'avezvous pas de crainte de porter atteinte à votre santé ? on dit qu'il y a beaucoup de maladies à Naples. — Oh! si, monsieur, j'en ai bien peur ; mais la Madone me protège. ( Ma la Madona mi àiuta. ) Et elle me montrait du doigt une image de la Vierge avec l'enfant Jésus. - . ' • ;" . i \ . ' t ,

Si ces détails semblent un peu crus à quelques lecteurs, je les prie de considérer que Je dialogue ci-dessus a été inscrit sur mon

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