RÉDUCTION DES PLACES-FORTES
Capitulation de Dresde (i t novnDbre).-~Dc Danizig (99).— De SUctlin (5 dcceinbre).'— 'De Ztmoïc * (aa},— De Modliii(35). — De Torgau (a6).
Ijors de l’évacuation de l'Allemagne, les garnisons françaises occupaient encore entre le Rhin et l’Elbe, Wurtzburg et Erfurlh ; sur l’Elbe, Dresde, Torgau, Wittenberg, Magdeburg, Hambourg : sur l’Oder, Stettin, Cuslrin , Glogau ; sur la Vistnic, Modlin, Zamosc et Dantzig. Ces villes renfermaient plus de ioo,uoo vieux soldats dont la dispersion est à jamais déplorable. Us ne furent cependant pas entière-
CAMPAGNE ÜE 1813. 4SI
ment perdus pour la défense du territoire et y contribuèrent à tenir en suspens , jusqu'à In fin de l'année, les niasses de la coalition.
Saint-Cyr était resté à Dresde avec les i" et i4' corps ( 33,ooo dont aSjOoo en état de combattre). Pendant la bataille de Leipzig, il repoussa des hauteurs de Racknitz Tolstoy qui alors était resté seul en oliservation devant lui(a5,ooo). ao jours après, à défaut d’instructions qu’il n’avait pu recevoir, il tenta une sortie générale; mais Tolstoy, mais Chasteller, mais Klenau (55,ooo) le refoulèrent dans la place et lui proposèrent une capitulation qui devait ramener en France les deux corps d’armée. Il l’accepta et à peine ses colonnes curent-elles commencé leur mouvement, qu’on les entoura et qu’on les fit prisonnières.
Il en fut de même à Dantzig. I>à, avec a7,ooo hommes, Rapp soutint près d’un an contre le prince de Wurtemberg, le siège le plus héroïque. Lorsque le feu , la famine , la contagion curent réduit sa troupe de moitié, lorsqu’il eut perdu pied à pied les ouvrages extérieurs, il se rendit sous la promesse qu’on le reconduirait en France. Mais sans respect pour tant de gloire, on l'emmena au fond delà Russie.
Stettin , Zamosc, Modlin, Torgau capitulèrent dans le cours de décembre; mais les autres places tenaient encore lorsque la campagne de i8i4 commença.
OFiaATIORS DSS AEMiaS BR BSPAGRE.
I.pj «llirs pasicnl le Duero (lo nui ■ 8 ■ 3J.— Pancol l'Ebre (17 juin). — Balaillc de Tilloria (ni). — Combat de Zubiri (iS juillcl).— Secours de Sainl-Sclaasticu (17 juillet). — Pri» de Seinl-Sébtsiico (3i aodl). — De Pampclune (3i nclobre). — Combbts sur la Nire (g-i3 décembre). ETacoaiion du royaume de Talence (7 juillet).— Coinlwl au col d’Ordal (ti cl i3 •epiembre).— Combat de Pont do Holiut.
Pendant que les Anglais et leurs alliés se disposaient, dans les camps qu ils avaient pris à la fin de la campagne précédente, à la»
ver l’alTroal que leurs armes avaient essuyé devant le château de lîurgos, les désastres de Moscou détruisirent toutes les chances de succès qui restaient aux Français dans la Péninsule. La jeune garde, la cavalerie, Soult liii-inènic partirent pour le nord de l’Allemagne. Joseph prit en pei-sonnc le coinmaiidemcat de l’armée dont Jourdan était encore major-général et qui se trouva réduite h ya,ooo hommes.
Wellington, au contraire, pouvait lancer en avant : au centre 60,000 Anglo-Portugais; à droite et h gauche, dans la'on et la Nouvelle-Castille, /|0,ooo Espagnols, non compris les guérillas. Un n’avait pas eu, en i8o8, déplus graves motifs pour se replier sur l’Ebre ; mais le vain désir de conserver dans Madrid une ombre de royauté retint l’armée en colonne allongée depuis les Pyrénées jusqu’au Tage. Wellington était assez nombreux pour saper ses échelons par leur base et pour mener brusquement à fin cette dernière campagne. Vers le milieu de mai , lorsque la longue inaction des Français l’eût enfin convaincu qu’ils. étaient réduits à la défensive, il déboucha par Salamanque en même temps que son aile gauche, frniiehi.ssant le Diiero près de la frontière portugaise , ouvrit la communication avec les Galiciens, et sc dirigea vers Zumora et Toro. Ce mouvement de flanc était irrésistible : les divisions françaises , évacuant à la hàlc Salamanque, Madrid, A'alladolid, cherchèrent à faire halte à Burgos. IMais Wellington, appuyant toujours à gauche, traversa Palencia pour s’étendre sur la Pisuerga. On craignit d’être prévenu sur l'Ébrc ; on fit sauter ce fort de glorieux souvenir, et l’on se forma en demi-cercle, l’aile droite sous Foy ( la, 000) en Biscaye , le centre de Miranda-dc-Ehro à Pancorbo (/i5,ooo) sous Joscpli en personne; la gauche sous Clausel ( 1 5,000) à Logroùo.
Cette ligue était à-peu-près la même qu’on avait prise, il y avait quatre ans. En s’y renfermant, dès les premiers jours de l’année, on eût eu le temps de s’y fortifier et de la rendre d’un accès difficile. Mais, pressé comme on l’était, on laissa un point vulnérable que Wellington .saisit «l’cmblée. Il fit suivre par son aile droite le gros de l’année française, puis prenant son centre et sa gauche, il les jeta au-delà de l’Ebre par Saiiit-Marliu et Fuenlès-dc-Arcnas, et s’établit dans l’ouverture entre Joseph et Foy. Ajircs (juoi , se meltaiU en bataille la droite au fleuve, la gauche au cliemiu qui conduit de Yittoria à Bilbao, il ébranla ses colonnis. Il fallut reculer encore. On avait une position indiquée par la nature des lieux ; c’est le prolongement des Pyrénées qui passe entre A^ittoria et Moiidragou et que traverse le col de Salinas. Là, on eût bravé les efforts de l’armée victorieuse. Un crut mieux faire en conservant Vittorin ,na‘ud des routes qui pouvaient ramener les deux ailes sur
1« ceiilrc; on les rappela et l’on sc mit sons les armes au risfjuc Je pcrJrc la retraite sur Bayonne.
Les dispositions de détail ne furent pas mieux coneiies que l’idée générale. Les deux armées étaient séparées par une chaîne de collines au pied de laquelle coule la Zadora. C' t aflluent dcrÈbre coupe, à Arganzon oii il forme un long défile, la grande route qu’il côtoie ensuite jusqu’tà sa source. On prit .son cours pour front de bataille, d’où il résulte qu’on s’eleiidit démesuréinent parallèlement à la ligne de retraite, de sorte qu’il suffisait de perdre du terrain pour être refoulé sur la roule de Paihpelune. Cette éventualité n’avait au reste rien de ticcisif, mais on la rendit désastreuse en adossant le parc et l’imniense parc de voitures à un marais qui ne laissait pour leur écoulement qu'une longue et étroite chaussée.
Le feu s’ouvrit à l’avantage des alliés; leur aile droite força le défilé d'Arganzon, pénétra dans le champ de bataille, resserra les Français sur Viltoria non sans les mettre en désordre. En même temps, le centre passa la Zadora, dont on avait négligé de détruire les ponts; et la gauche, abordant vivement les hauteurs, poussa jusqu’à la route de Bayonne. L’ascendant leur était acquis sur tous les points, et leur nombre, ôtant à Joseph l’espoir de rétablir le combat de manière à s’ouvrir le col de Salinas , on fut dans la nécessité de se retirer sur Pampelunc. Au moment oii commençait l’évacuation des convois dans une direction à laquelle on eût dû .se préparer d’avance, une voiture renversée obstl'ua la digue et causa la plus effroyable confusion. I.es troupes s’échappèrent et ne furent même pas poursuivies; mais i ao canons, /|0oo caissons, le trésor de l’armée, j5oo voilures, transportant la fortune des familles espagnoles compromises, furent la proie des vainqueurs. On perdit, en outre, 7 à 8000 hommes tués ou prisonniers. I.’armée, sans s’arrêter à Pampelunc, sc hâta de passer les Pyrénées. Clausel arriva le soir môme de la bataille à Vittoria, où douze heures plus tôt sa présence eût été décisive; il rebroussa chemin précipitamment et se rendit à Saragossc d’où il gagna la frontière. Foy se fit jour, l’épée à la main, par Tolosa et Iriin.
L’évacuation de l’Espagne, la présence de l’armée victorieuse sur la Bidassoa au moment où l’on allait traiter à Prague de la paix du monde, eurent une influence incontestable sur la détermination des souverains du nord. Napoléon en fut ému; il nomma Soult général en chef, il di.sposa en .sa faveur de 5ooo conscrits, il lui prescrivit de ne rien négliger pour reiifrer dans ce royaume qui lui échappait au moment où son abandon volontaire eût permis de disposer de 10,000 vieux soldats pour la défense de la France.
Cependant les alliés se déployèrent sur la fi ontièrc, prirent le fort de
.',8/t GUERIIES DE LA REVOLUTION.
Paocorbo , assiégèrent Saint - Sébastien et bloquèrent Pampelunc. Aussitôt arrivé, Soult prépara un graiicl niouvcnient ofTensif, dans le but de tournsr la ligne de la Bidassoa et de dégager ces deux places. Il prit pour point de départ Sain t-Jean-Picd-dc- Port, d’où deux chemins, qui se croisent àZubiri, conduisent à Pampelunc. Tandis quesa réserve manœu* vrait sur la basse Bidassoa , deux colonnes s’avancèrent par les deux chemins, et Drouet, débouchant par Moya s'engagea dans des cols moins accessibles pour tourner par la gauche les postes qu’on allait aborder. Ceux-là, d'abord surpris, perdirent du inonde et plièrent, mais à Zubiri, où, par la disposition du terrain , ils se trouvaient concentrés, ils tinrent ferme. De tous points les renforts survinrcnt,\Vcllingtonlui-mèine accourut. Cependant les l’raueaisirarrivèreut point ensemble. Drouet n’était pas en ligne et la combinaison était déjouée quand Soult ordonna l’attaque. Les alliés, rangés derrière une chaîne de rochers à pic , résistèrent victorieusement et lui firent essuyer de telles pertes qu’il se mit en retraite sans attendre Drouet. Celui-ci parut trop tard et ne put que se replier à son tour. Les alliés |)oursuivirent jusqu’à lu frontière l’armée que cette malheureuse incursion avait affaiblie de 8000 hommes.
Une seconde tentative, pour secourir directement Saint-Sébastien, n’eut pas plus de succès. I.c maréchal eut la douleur de voir les deux places capituler, de perdre, à la suite de sanglans combats, les lignes de la Bidassoa et de la Nive. A la fin de l’année i8j3, au moment où 4oo,ooo coalisés pesaient sur la frontière du nord , celle des Pyrénccs-Occidentales était envahie jusqu’à l’Adour par 100,000 Anglais, Espagnols et Portugais.
Dans le royaume de Valence les alliés restèrent inactifs jusqu’au mois d’avril 18 13, époque à laquelle ils firent une sortie générale pour prendre part à l’offensive dont les alliés s’emparaient sur tons les points. Après de légers combats livrés à lécla , Biar et Caslalla, 1rs deux armées reconnurent qu’elles n’auraient point de prise rmic sur l’autre. Les Anglais alors s’embarquèrent pour surprendre Taragone, relevés à Alicante par i5,ooo Espagnols amenés de l’intérieur par le duc d’El-Parque. On espérait attaquer par ses deux extrémités le maréchal Suclict qui sortit de Barcelone à la rencontre de l’ennemi. Ixirsqu’il arriva sous Taragonc , les Anglais s’étant emparés du col de Balaguer, resserraient vivement la garnison; ils n’osèrent point lui tenir tête et, à son approche, ils remontèrent, non sans perte, sur leurs vaisseaux. Maître de la place il la démantela. Cependant ses licutenans repoussèrent des bords du Xucar les généraux e.spagnols et à son retour sur le Llobregat , il eût repris l’ofTensive'avce un succès décisif, si quelques échecs essuyés dans la haute Catalogne ne l’eus-
sent force de rentrer à Barcelone. En évacuant le royaume de Valence il laissa ia,ooo hommes dans les places de Pcniscola, Dénia, Tortose, Lerida et Mcquinenza. Les Anglo-Espagnols le suivirent; mais leur avant-garde (5ooo), s’étant fait écraser nu col d’Ordal , ils furent tenus cil échec. Cependant le cours des évènemens força le maréchal de se rapprocher de la frontière et de porter le quartier général à Girone. Après un mois d’inaction, les allies attaquèrent sans succès le pont de Molins; mais il fallut envoyer 10,000 hommes è Lyon, s’affaiblir pour laisser garnison à Hostalrich et à Girone. Le reste de l’armée se replia alors sur Eiguères.