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II

lent, non pas, comme à Rome, quelques bûches minces et rares, mais des troncs de chêne pris à la forêt voisine, et qu'entourent, comme une couronne, les marmites de la fermière; il s*y réchauffe jusqu'au moment où on vient le chercher pour la chasse, c Voilà, dit-il, comment j'aime à vivre ! voilà comment je veux mourir i ! >

Mais ce bonheur ne dura pas; il ne pouvait pas durer. Martial était revenu dans son pays aussi pauvre qu'il en était sorti. Or, à Bilbilis, comme à Rome, il fallait vivre. L'existence y était sans doute plus facile, mais nulle part on ne vit de rien ; et, pour se procurer ce qui lui était nécessaire, Martial, nous l'avons vu, n'avait qu'un métier; il lui fallut donc continuer ce qu'il avait fait jusque-là, et chercher dans la petite ville ce qu'il n'avait pas trouvé à Rome, des protecteurs efficaces qui le mettraient à l'abri du besoin. Il en trouva quelques-uns, d'anciens amis sans doute, qui, dès l'abord, parurent bien disposés pour lui. C'était surtout Terentius Priscus, qui revenait de Rome, comme lui, et qu'il appelle son Mécène; c'était -^lianus, qui lui fit cadeau d'un de ces chars qu'on appelait covinnus, c'est-à-dire d'une voiture légère, à deux places, que l'on conduisait soi-même, et où l'on pouvait causer librement avec un ami, sans craindre l'indiscrétion d'un cocher; c'était enfin Marcella, une femme riche, distinguée, à laquelle Martial donne cet éloge qu'elle ressemble tout à fait à une Romaine de Rome, et que, lorsqu'il cause avec elle, il se croit transporté sur le Palatin ou au Capitole. Elle fut pour lui une patronne généreuse 2, et lui donna un jardin dont il nous a fait une très agréable description : € Ce petit bois, ces fontaines, cette tonnelle ombragée par une vigne, ce ruisseau qui promène capricieusement ses eaux vives, ces rosiers, aussi beaux que ceux de

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