‹ TaciteChapitre 20 sur 138 · Ann., Y · texte numérisé non relu

Ann., Y

le protégé et le favori des dames romaines. Ces mots de Tacite ne sont d'ailleurs que des boutades ; il parle plus sérieusement, lorsqu'il fait remarquer « qu'il faut savoir d'autant plus de gré à. une femme de se bien conduire, qu'on est plus sévère pour elle quand elle se conduit mal * > ; ce qui est parfaitement juste. Sous Tibère, à propos de certains troubles qui s'étaient produits dans les provinces, on se demanda, au Sénat, s'il ne convenait pas d'empêcher les légats et les proconsuls, quand ils allaient les gouverner, d'emmener leurs femmes avec eux. Selon son usage. Tacite institue un débat contradictoire : un orateur accuse les femmes d'être causes de toutes sortes de désordres, quand elles accompagnent leurs maris dans leurs gouvernements, et un autre les en défend 2. Les deux discours sont faits avec tant de soin et d'impartialité qu'on a peine à démêler entre les deux pour qui penche Tacite. Mais, ici, nous savons par ailleurs qu'il est avec ceux qui sont favorables aux femmes, puisqu'il emmena la sienne lorsqu'il quitta Rome après sa préture. Quant à celles qui ont joué un rôle politique et dont il est amené à parler dans ses ouvrages, il les peint surtout en les faisant agir, ce qui est la meilleure manière, et elles y sont très vivantes. 11 fait voir, dans Messaline, à quelles folies peut être entraînée une femme qui a satisfait toutes ses fantaisies, qui s'est rassasiée des plaisirs ordinaires, et qui risque tout pour en trouver qu'elle ne connaisse pas. A cette figure il oppose celle d'Agrippine, aussi peu scrupuleuse que l'autre, mais qui ne se sert de sa beauté que pour sa richesse ou son ambition. Il nous dit qu'elle mena l'Empire c avec une main d'homme ^ > ; et cependant c'est

1. Agric, 6 : nisi quod in bona uxore tanto major laus quanlo in mala plus culpx est,

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