M AD AMR AIG1U:VILLE
IVit'.i- être son conseil et son défenseur.
MOULINEAUX
Ail l)ien, ça va être gai!
MADAME AIGRF.VILLE.
Nous ferons absolument ménage à part, nous prendrons chacun une moitié de rappartemont. (Montian,
rapp;u lameut de Moulineaux.) Ceci.CûtÔ deS hommeS... Cecl
côté des dames, ici salle mixte!
MOULINEAUX
Oui, pour les parlementaires...
MADAME AIGIIEVILLE.
Voilà comme j'entends régler noire existence et ap' porter la paix dans le ménage.
MOULINEAUX, riant jaune.
Ah bien, je vous fais mon compliment... (Eclatant ) Mais c'est fou, voyons!... On n'a pas idée de ça! car enfin, que me reproche-t'On, au bout du compte?... Oui, enfin, dis-le, Yvonne, que me reproches-tu?
YYOXX!:.
Moi?
MAD.\ME AIGRE VILLE, vivement.
Ne réponds pas, Yvonne!
MOULINEAUX, furieux.
Ah! bien, vous allez la laisser parler, vous, par exemple!...
Pas d'emportement, monsieur!
YVONXE, passant au 2.
Comment, monsieur, vous avez le front de me demander ce que j'ai à vous reprocher?
MADAME AIGUEVILLE.
Oui, il a le front...
MOULINEAUX, brutal.
Je ne vous parle pas, à vous!...
YVONNE
D'abord, je vous prie de parler plus poliment à ma mère.
MOULINEAUX
Ce sera bien pour vous, par exemple... Eh bien ?
YVONNE
Comment, je vous surprends dans un magasin de coulure, en tête-à-tête avec une femme, l'étreignant contre votre poitrine...
MOULINEAUX, vivement.
Pardon, elle n'était pas à moi I
YVONNE
Qui?
MOULINEAUX
La femme 1 On venait de me la passer.
Il accorapap^ne sa phrase d'une mimique explicativ». YVONNE.
Vraiment, et c'est pour cela que vous la serriez dans vos bras?
MOULINEAUX
Moi? oh! non, si tu avais regardé... je ne serrais pas!
YVONNE
Je VOUS dis que vous la serriez dans vos bras et elle s'y trouvait mal!...
MOULINEAUX, saisissant la balle au bond.
Ah! tu vois bien... elle s'y trouvait mal... voilà qui te prouve suffisamment...
ACTK TROISIÈME 93
YVONNE
Allons donc... vous courez après les couturières...
MADAME AIGRICVILLE.
Et VOUS me les présentez comme des clientes!.,.
M*JULINE AUX, avec volubilité passant au 2.
Mais non, ça, c'est autre chose I Ne mêlons pas. (a madame Aigreviiie.) La femme que VOUS avez vue... c'est madame Aubin, la femme de M. Aubin... tandis que l'autre...
MADAME AIGREVILLE, aigr«.
C'est la femme à qui? (N° i.)
MOULINE AUX, vivement.
A M. Aubin.
MADAME AIGUEVILLE, même jeu.
Oui ? Alors il est bigame?
MOULINEAUX, même jeu.
Voilà!... Euh, mais non, mais nonl ohl il n'y a pas moyen de s'entendre! (a madame Aigreviiie.) Aussi c'est vous qui embrouillez les choses. De quoi vous mèlezvous, après tout ! Est-ce que ça vous regarde?
MADAME AIGREVILLE.
Comment, de quoi je me mêle I
MOULINEAUX, furieux.
Vous VOUS immiscez là dans notre vie privée... Ce n'est pas vous que j'ai épousée, n'est-ce pas ? Donc, je n'ai d'explication à donner qu'à ma femme et je n'ai pas besoin de vous...
MADAME AIGREVILLE.
N'espérez pas que je vous laisse avec Yvonne !... Merci ! la pauvre enfant dans vos filets!
MOULINEAUX, haussant les épaules, exaspéré.
Dans mes filets I dans mes filets!... les grands
94 TAlLLKUlt l'OUU H A. M IL 'i
mots !... Je vous dis que je veux causer seul avec ma t'oiume, il me semble que j'en aile droit!
MADAMK AIGUEVILLE.
Non !
îiIOUL INEAUX, la voix rauque- étoulTant un cri de rage.
Oh!
Ou sent qu il est sur le point d'étrangler sa belle-mëre, il se réprime, il remonte au fond à grauJs pas, puis rediiScend à l'extrême gauche.
YVONNE
Ma mère, consentez à ce qu'il demande... que monsieur n'ait rien au moins à nous reprocher!
MADAME AIGKEVILLE.
Mais je te connais, tu vas te laisser entortiller !
YVONNE
Ne craignez rien.
MADAME AIGREVILLE.
Soit, je vous laisse... vous ne direz pas que je n'y mets pas du mien... Et toi, ne plie pas!... (a part.) Ah! la pauvre enfant! dire que si je n'étais pas là... elle serait déjà réconciliée!... (Faisantlamoueà MoulineauM.) Iloul
Elle sort 2^ plan à gauche.