AVERTISSEMENT
gestifs, pleins de vues pénétrantes, de vives et perçantes formules, et l'on y peut suivre comme à la trace ce passionnant phénomène psychologique qu'il est si rare de pouvoir observer avec quelque détail : l'action d'un esprit sur un autre esprit.
Les historiens, les moralistes et les lettrés jugeront sans doute qu'il y avait lieu de tirer ces pages perdues, presque inédites, de l'oubli.
Bnmetière a observé quelque part que les hommes de sa génération n'ont progressivement conquis leur originalité que dans la mesure où ils s'affranchissaient de Vinfluence de Renan ei de Taine. La remarque est d'une ingénieitse et même prof oiide justesse. Elle est vraie de Brunetière lui-même ; elle F est aussi d'Emile Faguet, d' Eugène- Melchior de Vogué, de M. Paid Bourget, de Jtdes Lemaître^ de M. Anatole France, même de Pierre Loti, en un mot, de tous ceux que j'ai cru pouvoir appeler « les maîtres de l'heure ». On aura, dans les pages perdues qui composent ce petit
livre, la preuve concrète qu'elle s'applique également à M. Maurice Barrés.
Comme la plupart de ses contemporains et de ses aînés, Vécrivain des Déracinés s'est de très bonne heure nourri de Taine et de Renan. Comment eu eût-il été autrement?
A V époque où il arrivait à la vie de V esprit, ■ — entre 1875 et 1885, — Vauteur de /«Vie de Jésus et celui de /'Intelligence achevaient leur glorieuse carrière. Cerveaux encyclopédiques, ils avaient touché, chacun à leur manière, à toutes les questions qui intéressent l'homme moderne, et ils 7t' avaient laissé aucune d'elles dans l'état exact oii ils l'avaient trouvée : on les rencontrait inévitablement l'un et l'autre, à toutes les avenues de la pensée. Plusieurs de leurs livres avaient soulevé mie émotion qui n'était point encore calmée. Sur la vie, sur l'homme, sur la religion, sur la science, ils avaient prononcé quelques-unes de ces paroles profondes qui retentissent longuement au cœur des hom^nes, et les œuvres de longue haleine auxquelles ils travaillaient encore ne cessaiettt point de
préoccuper vivement V opinion. On les discute , certes, mais on subit leur incontestable maîtrise. Tous deux d'ailleurs, poètes autant que philosophes , possèdent à un haut degré ce prestige du verbe sans lequel oji peut bien atteindre quelques esprits délite, mais non pas la totalité des âmes. Uun, par la violence éloquente, Véclat un peu dur et comme métallique de son style, Vautre, par la musique enchanteresse, la grâce vaporeuse, le charme insinuant et enlaçant de sa phrase, chacun deux, à sa manière, captive ces (( puissances i^tvincibles du désir et du rêve » qui, en chacun de nous, sont les puissances dominatrices. Sur cette fin du XIX^ siècle français, ils exercent une sorte de aictature spirituelle qui n'est pas sans analogie avec celle qu'entre 1760 et 1770 ont exercée Voltaire et Rousseau. Ils sont les guides, les chefs et les maîtres ; ils sont la « colonne de lumière » et la « colonne de nuées » qui conduisent Israël dans le désert ; et pour ceux qui lisent et qui pensent, il est littéralement impossible de se dérober à leur influence.
Se dérober à leur influence : en ces années lointaines^ M. Maurice Barrés n'y songeait guère. Il était comme nous tous à son âge ; il n'avait qu'une préoccupation : se plonger dans V atmosphère intellectuelle de son temps. Quand les premières pages de Taine et de Renan lui tombèrent- elles sous les yeux? C'est ce qu'il serait sans doute assez difficile de préciser. U écrivain se souvient pourtant, aux alentours de la quinzième année, d'avoir demandé, comme livre d'étrennes, /'Histoire de la Littérature anglaise. D'autre part, on lisait à Charmes le Journal des Débats, la Revue des Deux Mondes, et la bibliothèque maternelle possédait les Lundis de Sainte- Beuve. Par cette voie, ou par d'autres, les idées et les préoccupations du dehors affleuraient jusqu'à ce jeune esprit, en quête d'informations positives sur le monde contemporain, et qui, doué d'une remarquable facidté d'intuition, devinait encore plus de choses qu'il n'en savait réellement. Il est plus que vraisemblable que les cours, les entretiens de Burdeau complétèrent les notions, plus ou
inoins vagues^ que le jeune collégien avait emportées des livres. Puif vinrent les initiations et les libres lectures de la vie d'étudiant. Quand, au mois de janvier 1883, le jeune homme partit pour Paris, V œuvre de Renan et celle de Taine constituaient, nous n'en pouvons guère douter, le plus clair de son bagage spirituel.
En lisant ses premiers articles et ses premiers livres, on peut, je crois, entrevoir assez nettement ce qu'il leur a dû à tous deux. Et d'abord, cette idée, qui leur est commmie, que « seule la science peut être notre rejuge (1) ». A leur école, il est devenu « un amateur d'âme », amoureux de l'étrange, du bizarre même, dévot de toutes les audaces (*) ». Renan lui a légué, — avec une disposition morale que, plus que persofine, il a contribué à répandre, « la piété sans la foi », — ce goût du dilettantisme qui, un peu estompé dans ses premiers écrits, devait s'étaler si largement dans ses derniers ouvrages. Le « cidte du moi », tel que M. Maurice Barrés devait bientôt le prêcher et le pratiquer, lui
vient en droite ligne de V auteur de /'Antéchrist. « Ce n'est, au fond, a très bien dit Jules Lemaître, qu'une glose, délicatement outrée, de quelques formides de Renan ('). » Quant à Taine, il semble qu'il lui ait surtout inculqué, — avec certaines idées « conservatrices » qui ne se firent jour d'ailleurs en lui que plus tard, la condamnation du « déracinement », le goût de la décentralisation, le respect de la tradition nationale, — cette passion stendhalienne de V énergie dont le livre Du Sang, de la Volupté et de la Mort sera la plus forte expression. Il est clair que toutes ces tendances, M. Maurice Barrés 7ie les aurait pas du tout eues, ou ne les aurait pas eues au même degré, s'il ne s'était converti les livres de Taine et de Renan « en sang et en nourriture ».
Le milieu parisien, tout pénétré de tainisme et de renanisme, ne fît tout d'abord que les développer. L'apprenti écrivain croisait dans la rue, — avec quels se?ttiments de piété et de vénération ! — ceux qu'il appelait « les maîtres de la grande espèce » ; // enten-
dait parler d' eux, prohahlement par M. Bourget et par quelques autres ; peut-être allait-il quelquefois, comme nous faisions tous à son âge, entendre au Collège de France quelques leçons de Renan, ou, à V École des Beaux- Arts, quelques cours de Taine. Et je ne sais ce qu'il y a de réalité concrète dans le chapitre des Déracinés intitulé Visite de Taine à Rœmerspacher ; mais je serais bien étonné que tout dans ces pages célèbres fût imaginaire. La grâce conti?iuait d'agir.
Et pourtant, les réserves et les objections sont déjà toutes proches. C'est de Renan,, semble- 1 il, que M. Barrés s'est détaché tout d'abord. Il y a, dans les Taches d'encre de 1884, avec quelques traces de la vieille admiration, — à propos notamment des « deux superbes articles » sur Amiel, dont le jeune homme a vécu tout un mois (*), — quelques mots très durs à l'adresse de V auteur de la Vie de Jésus ; on le qualifie de « génie jésuitique » ; on le rapproche de Tartuffe ; on parle de sa « souriante hypocrisie » ; on écrit : « C'est un parfait rhéteur et celui
qui aura fait le plus pour le nihilisme moral de la génération que nous sommes (^). » De la part de celui qu'on appelait parfois « Mademoiselle Renan », il faut avouer que ce sont des formules un peu rudes.
Trois ou quatre ans se passent, et la fameuse petite brochure Huit jours chez M. Renan paraît en librairie. Certes, ce n'était point ce qu'en langage de journaliste on appelle un « éreintement » ; mais enfin, cette fantaisie si joliment ironique pouvait difficilement passer pour une apologie (*). Et à quelques jnois de là, il y avait, dans le livre Sous l'œil des Barbares, certain chapitre oîi Renan n'était point nommé, mais était facilement reconnaissable sous les traits d'un glorieux vieillard qui tenait des propos très renaniens, et recevait de l'auteur la plus lyrique des bastonnades. Le disciple d'hier était totalement libéré.
Or, à l'égard de Taine, durant cette même période, je ne relève, sous la plume du jeune écrivaiîi, aucune boutade de cette nature. Je sais bien qu'à la brochure sur Renan devait
faire pendant un « essai de critique pittoresque )) qui aurait eu pour titre : M. Taine en voyage. Mais d'abord, pour ne pas désobliger Vauteur des Origines, « ce mince cahier de plaisanteries » ne fut pas publié. Et ensuite, à en juger par ce qu'on nous en dit, la critique, dans cet opuscule de jeunesse, ne dépassait pas les limites d'une assez innocente moquerie ('). Sans doute la gravité morale dont Taine donnait des preuves croissantes en imposait plus à M. Barrés que le souriant dilettantistne de Renan.
Quelques mois avant la mort de Renan, M. Barrés écrivait sur lui, dans le Figaro, un ciùrieux article. Ces pages, intitulées la Règle de vie d'un philosophe, étaient assurément fort respectueuses. « Vieillard délicieux, y disait-on, qui étonne ses petitsneveux que nous sommes tous, autant par les ressources de sa politesse que par l'ingéniosité de son génie! » Le jewie écrivain s'efforçait d'y définir la <( régie de vie » que Renan s'était imposée pour édifier son œuvre, et dont la souple habileté lui paraissait le trait
l6 INTRODUCTION
dominant. Çà et là, des observations un peu vives, et d'ailleurs fort justes, des mots un peu durs, et qui portaient assez loin : « // aime à dire, à laisser dire qu'il reconnaît Dieu le père : c'est pour mieux étrangler le Fils. » Et l'article se terminait par un mouvement d'impatience à l'adresse de toute cette diplomatie trop ingénieuse : « Et puis, quoi ! vivent les absurdités, les imprudences intellectuelles ! Avouons-le, dans h. philosophie renanienne, faite de politesse, d'habiletés et de réticences, nous sommes gênés, mal à l'aise, privés de grand air. Allojis ! qu'on ouvre la fenêtre !... »
L'article que M. Barrés a publié au moinent de la mort de Renan est plus curieux encore. Il est, comme il co?ivient, à l'égard de cette haute mémoire, de « ce parfait ho?inête homme », d'une parfaite déférence. On y loue fortement « cette merveilleuse sensibilité que la mort vient d'anéantir », « cette grâce inépuisable oie tous nous tious sommes délectés ». Enfin, l'on salue en lui « l'un des bienfaiteurs de l'esprit français », car il est
« un de ceux qui ont empêché V esprit français de se passer du sentiment religieux ». Seulement, ce bienfait n'a été que « provisoire ». La conciliation que le grand écrivain a tentée entre le sentiment religieux et la curiosité scientifique n'a duré qu'un temps. Aujourd'hui le divorce apparaît plus irrémédiable que jamais entre ces deux ordres de dispositions morales. Et ^Renan est mort « sans s'être rendu un compte fort exact du cul-desac oii nous a menés la forte impulsion qu'il nous donna sous le Second Empire ».
Enfin, en 1896, à l'occasion de la publication de la Correspondance avec sa sœur Henriette, l'auteur d'\]n homme libre essayait de dégager la Vérité sur la crise de conscience de M. Renan. « Avec un sentiment respectueux pour le Maître, dont la mémoire nous est toujours présente », il analysait (( son passage du séminaire à la vie laïque ». Et tout en rendant hommage au désintéressement, à l'idéalisme dont avait fait preuve, en cette circonstance, le futur écrivain de la Vie de Jésus, il n'avait pas Barrés 2
de peine à montrer que la prétendue crise de conscience dont on avait tant parlé se ramenait tout simplement à une crise de carrière^ et qiûen fait Renan « ne fut jamais moins catholique que dans cette période ». Point de drame religieux^ point de nuit à la Jouffroy. « Avec sa tonsure, sa soutane, il est frénétique de jouir de la vie. Je vous dis que Stendhal, lors de son premier voyage d'Italie, avait cette belle fringale-là... Quand il chassait de sa conscience le catholicisme qui n'y avait jamais existé, sa correspondance 710US démontre jusqu'à Vévidence que ça n'était désagréable qu'à sa mère. «
On ne saurait juger plus librement un maître que l'on a beaucoup aimé, et « dont les livres furent un des appuis de notre jeunesse ». Pour réconcilier pleinement Maurice Barrés avec Ernest Renan, il faudra, vingt ans plus tard, que l'héroïque sacrifice d'Ernest Psichari ait ajouté quelque chose à l'œuvre et à la méinoire de son illustre grand-père. ^( Il rachète, s'il en était besoin, son aïeul et, au sens mystique, le sauve. (^). »
Peut-être, dans ses meilleurs jours, Renan eût-il applaudi à cette façon généreuse et profonde d'interpréter sa pensée et de juger son action.
Taine allait suivre de fort près Renan dans la tombe. A l'occasion de sa mort, M. Barres piû)liait sur son influence un fort curieux et pénétrant article, plein d'une juste admiration pour cette grande et noble mémoire. « Je la sens si vivement, cette influence, disait-il, je lui garde, à cet illustre mort, une si vive reconnaissance ! Ne lui devons-nous pas, entre autres bienfaits, le meilleur de Paul Bourget, le meilleur de Vogilé aussi ? Ah ! Renan mort, que nous reste-t-il donc ? » Et il s'efforçait de définir le génie de Taine, et la vertu de sa méthode d'analyse. ((L'imagination philosophique, écrivait-il avec une fine pénétration, le don de rendre émouvantes les idées, de dramatiser les abstractions, voilà le trait essentiel qu'il
faut souligner, et souligner encore chez M. Taine. » Et il le louait d^ avoir par « la hardiesse, V indépendance » de sa méthode, donné ou rendu aux esprits le goût et la science de V analyse. « M. Taine, déclarait-il ingénieusement, c'est notre professeur de psychologie, le père vénéré des analystes. » E71 terminant, il faisait simplement quelques réserves sur Vintempérance de son « moralisme )) final, et il distinguait, « sur cet homme admirable, une légère tache protestante )>.
Quelques jours après, dans un fort curieux article du Figaro, il revenait sur cette indication et la développait tout à loisir. Il se demandait à -la suite de que des réflexions intimes Taine, né catholique, avait fini par réclamer des obsèques protestantes. Et il s'efforçait d'imaginer et de reconstituer quelques-unes des « notes » personnelles sur lesquelles le philosophe avait dû consigner les principales phases de son évolution. Ces « notes )) so7ît bien interessajites : elles témoignent d'un remarquable effort de sympathie i?itellectuelle et d'une connaissance appro-
fondie de V œuvre et de la pensée de Taine. Peut-être, pour expliquer son évolution, y aurait-il lieu de tenir compte, plus que ne Va fait M. Barrés, des « affinités électives « que Vhistorien de la Littérature anglaise s'est découvertes avec quelques-uns des écrivains d'outre- Manche qiCil avait pu étudier de près, de V action secrète qiia eue la philosophie allemande sur la pensée française au XIX^ siècle, enfin de l'espèce de séduction que, depuis Rousseau et M^^e de Staël, le protestantisme a exercée sur nombre d'esprits « libéraux )) de chez nous, — qu'on songe à Ouinet, à Emile Montégut, à Milsand, — et que les événements de 1870 n'ont fait qu'accentuer. Mais cette observation n'enlève rien à la justesse divinatrice des conjectures de M. Barrés ; et cette sympathie spirituelle était d' autant plus méritoire que, « résolument hostile à toute nuance de protestafitisme », il se déclarait « complètement opposé à ces manières de voir du regretté philosophe )).
Mais, en dépit de ces divergences, la
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personne et V œuvre de Taine rCen continuaient pas moins à solliciter sa curiosité et sa réflexion. Un jour, il se demandait si Vhorreur de Taine pour les interviews et les indiscrétions des journalistes méritait une approbation sans réserve, et si Von ne pouvait pas coîicevoir une autre attitude, tout anssi légitime. Une autre fois, à propos de la publicatioîi posthume des Carnets de voyage, il constatait, fort ingénieusement, que ce livre, c'est une charge à fond contre le bourgeois, contre le « philistin ». L'observation valait la peine d'être faite, et M. Barrés a très bien pressenti que cette curieuse disposition d'esprit était, dans V auteur de Graindorge, — commue elle Vêtait chez Flaubert, — un legs de son éducation romantique.
Enfin, à propos d'une enquête sur V œuvre de Taine qu'avait organisée la Revue Blanche, M. Barrés s'interrogeait encore une fois sur V action du « dernier gra?id esprit que nous ayons eu dans la suite admirable de la pensée française ». // ne lui ménageait pas les éloges,
les témoignages d' admiration, de gratitude et de « vénération ». « Comme éducateur, disaitil, et pour nous communiquer V ensemble des connaissances au point oii l'observation et V expérimentation les avaient menées en 1870, M. Taine me semble incomparable. » Mais sur un point pourtant, il « se permettait de se soustraire très décidément à son influence si notable ». // lui reprochait son excessive sévérité pour les hoînmes de la Révolution et la « timidité )) d'une conception qui rétrécissait rhuma?iité, en méconnaissant certaines de ses « grandeurs ». (( En vérité, déclarait-il, la vie morale embrasse plus de choses que cet homme savant et vénérable n'en reproduisait eh lui.Taine n'est pas un professeur d'énergie.)) Mais ces mots à peine écrits, il se hâtait d'en « proclamer l'injustice ». « Reconnaissons bien haut, écrivait-il, la maîtrise de cet homme et comment sa conception de la Révolution {qui est une vue incomplète, qui d'autre part déjà avait été élaborée par Tocqueville) est un des grands événements de notre vie mentale. »
Au total, c'est ce dernier point de vue qui devait V emporter dans sa pensée. Il avait naguère parlé de « servilité » à propos de Taine ; il efface le mot, et il « revient au terme exact : discipline ». Et cette notion de discipline lui paraît vénérable et féconde. Il commente avec piété une page inédite de Taine sur V association, ou plutôt contre les vices déplorables de la centralisation jacobine. Si Von songe, d'autre part, que la thèse centrale des Déracinés n'est guère que l'illustration, ou, si l'on préfère, « l'orchestration » romanesque d'une des idées favorites de Taine, on en conclura qu'en dépit des objections qu'il pourra lui adresser, M. Barrés est demeuré, ou, plus précisément encore, qu'il est devenu de plus en plus fidèle à la pensée maîtresse de l'auteur des Origines. Et un jour même, il en viendra à le défendre publiquement contre les critiques intéressées et souvent erronées de M. Aulard («).
Si Von voulait, en deux mots, définir Vattitude de M. Maurice Barrés à Végard des
deux principaux maîtres de sa pensée^ on pourrait dire, je crois, assez justement, que 1 son évolutioîi a consisté à se détacher de plus I en plus de Renan pour se rapprocher de Taine.
Victor Giraud.