ACTE TROISIÈME
MICHEL, avec calme.
Oui, j'avais prévu que ce jour-là déciderait de votre vie ou de la mienne. (Avec tine ironi« amère.) J'entrcvoyais un duel à mort... le duel de tradition en semblable occurrence.
GUILLAUME
Vous osez ! . . .
MICHEL
Oh ! dispensez-vous de Tinsulte. Je ne me battrais pas avec vous.
Vous dites?
MICHEL
Je dis cpi'un duel est impossible entre nous.
GUILLAUME
Impossible ?
MICHEL
Parce c[ue, en vous frappant, j'atteindrais une autre que vous.
GUILLAUME
Âh çà ! . . seriez-voijg un lâche? . . .
MICHEL, bondissant.
Un lâche !... (Se calmant tout à conp.) Oui, je suis uu làche, on vient de me le dire.
GUILLAUME, avec un geste de menace.
Mais, alors...
MICHEL, le regardant en face et se croisant les bras.
Eh bien! frappez donc! (Guillaume s'arrête.) Ne comprenezvous pas que si je subis vos outrages, c'est qu'en sortant d'ici je vais en unir avec ma vie.
GUILLAUME
Quoi?
MICHEL, amèrement.
Après l'infamie que je viens de commettre, c'est tout ce que je puis faire de mieux... J'ai perdu la partie, je'suis beau joueur, vous l'avouerez !.. Vous n'avez plus rien à me dire.
GUILLAUME
Non, allez !
MICHEL
Adieu !
Il sort.
104 TAMABA
GUILIiAUHE, imL
Oh ! c'est impossible I
Il fait un moaTemeot oomme pour rappeler Michel. A la porte da gauche, parait Tamara, pèle, tremblaote, efiarée.