ACTE QUATBIÈMB
GUILLAUME
Je reg;arde ce xayonnement de bonheur qui illumine ton front... et que tu ne sais pas me cacher.
TAMARA, avec efFaaion.
Àh ! Guillaume !
GUILLAUME, l'arrêtant, avec froideur.
Sais-tu... qpi est en ce moment à la ferme ?
Qui donc ?.. Tu m'effraies. Parle.
GUILLAUME
Michel.
TAMARA, avec indignation.
Michel!.. Il a osé?
Elle retire précipitamment sa mante et la jette sur le divan. GUILLAUME.
TuTignorais?
Faut-il donc que je te le dise?. . Tu Tas vu?
GUILLAUME
Oui.
Guillaume, songe que je mourrais de ta mort !
GUILLAUME, avec amertmne.
Et de la sienne ?
TAMARA, frappée an oœnr.
Ah ! tu es bien cruel !
GUILLAUME, se calmant.
Oui, j*ai tort, pardonne-moi et écoute, car Dieu m'est témoin que je vais te parler du fond de mon âme, sans colère, et sans reproche.
TAMABA.
Je fécoute...
Ce qui est arrivé. . . je l'avais prévu. . . Je ne t'accuse pas... Tu as été loyale en me confiant le péril, en faisant appel à moi pour nous sauver...
Guillaume!...
iSO TAMARA
GUILLAUME
Oh ! laisse-moi parler^ pendant que j'en ai le courage. Il £Biut qu'aujourd'hui notre sort se décide...
Tu veux partir, me quitter !.. je le deirine, je le sens !..
GUILLAUME
Eh bien!., est-ce que cette idée ne t*est pas déjà venue à toi?
Nous séparer?... Tu ne m'aimes donc plus ?
GUILLAUME, se détournant.
Épargne-moi ces questions.
Guillaume, je vois tes larmes !.. (Le sabiwant dans ses bras.)
Âh ! tu vois bien que tu m'aimes encore. . . et que tu me maudirais !
Mais laisse-moi donc mon courage !
TAMARA, arec une explosion de tendresse.
Ton courage?.. Ah ! pauvre cœur brisé... Oui, appellele à ton aide pour supporter Timmense joie que je t'apportais... Tu me fais libre?., eh bien, j'accepte cette lib^é.
GUILLAUI^E.
Âh ! laisse-moi parler à mon tour... J'ai écouté tes paroles cruelles, en tressaillant de bonheur ; car, après ton immolation sublime, je te défie de douter encore si je te dis que je suis fière d'être ta femme.
GUILLAUME
Que dis-tu?
Je ne crains plus tes soupçons, ni ta jalousie, ni les amers souvenirs... Ce matin, tu demandai sun miracle qui te rendît la foi... eh bien, ce miracle. Dieu me l'avait accordé et je n'osais te le dire, tremblante d'être le jouet d'une erreur.
ACTB QUATRIÈME 191
GUILLAUME
Un miracle?
Mais regarde-moi donc!.. Ne t*explique8-tu donc pas cette transfiguration de toutmon être, "et cette ivresse qui m'inonde?.. Guillaume, j'ai pu être ingrate... insensée, je ne me souviens plus... car Dieu a fait descendre en mon âme cet ineffable amour qui purifie et protège... un ange désormais me garde.
GUILLAUME, éperdn.
Grand Dieu !.. je n'ose te comprendre.
Tune croyais plus à l'épouse imprudente et folle... mais douterais-tu... de la mère de ton enâmt?. .
GUILLAUME
Tamara, mon enfant ! EstHïe vrai ?
Il la prend dans ses bras.
TAMARA, avec nn moaToment pndiqne et Ini mettant la main sur la
bouche.
Tais-toi I
Elle caehe son risage dans le sein de Guillaume. GUILLAUME.
Mais c'est un rêve !...
Non. . . le rv.We, c'était le vain trouble de mes souvenirs ! . . Je commence une vie nouvelle, un nouvel amour que j'ignorais... Je suis ta femme, j'ai deux âmes pour te chérir... Et maintenant, si tu doutes encore, défends-moi, défends notre bonheur^ défends ta dignité. . .
GUILLAUME
Que dis-tu ?
TAMARA, avec une énergie farouche.
Michel est ici... va te battre !
GUILLAUME, avec élan.
Âh ! tu es un ange ! et je t'adore !
JACQUELINE, pariassent et s'arrètant sur le seuil à la rue de Guillaume
et de Tamara embrassés.
Hum! hum!.. Je vous dérange?
122 tâmaka
GUILLAUME, lui tendant la main.
Jacqueline !... Âh! viens et apprends...
JACQUELINE, l'interrompant.
Je sais... j'étais là quand le docteur a annoncé que je vais être marraine.