AVANT-PROPOS
cette ville Marocaine, je me livrai à une enquête complète, et je fus favorisé par la très grande obligeance que je rencontrai partout.
En publiant ce livre j'ai voulu me rendre utile, et tout principalement détruire les nombreux préjugés dont Tanger est victime. S'il s'y trouve des lacunes ou des erreurs, je crois avoir quelque droit à V indulgence du public, car les renseignements que je publie sur Tanger, je ne les ai eus pour la plupart que verbalement. Exception faite du placard de la poste française, je nai pas été aidé par des avis, règlements et tarifs imprimés tels quil s'en trouve dans toute ville. Aussi serai-je très reconnaissant à tout lecteur qui voudra bien me signaler les corrections et
additions jugées nécessaires.
Une ville africaine do -îo.OOO habitants, D'où Ton aperçoit les côtes d'Espagne (jui ne sont distantes d'elle que de 14 milles,
Où:
Il n'y a ni tramways, ni automobiles, ni vélocipèdes,
Tous transports sont effectués par des chevaux, des mules, des ânes, des hommes et des femmes.
Quoique la police ne soit faite ({ue par quelques soldats, les crimes ne sont pas plus nombreux ([ue dans les villes européennes de même importance,
Les incendies ne sont ni plus fréquents, ni plus destructeurs qu'ailleurs, malgré la non existence d'un corps de pompiers,
La religion musulmane est pratiquée avec ferveur,
Le drapeau rouge sans aucun attribut est le drapeau national,
Mais où :
Toutes les puissances européennes sont représentées par des ministres plénipotentiaires et des
consuls, alors que quelques-unes de ces puissances n'ont d'autres nationaux que leurs délégués et les gens au service de ceux-ci,
L'éclairage des rues et de nombreuses maisons a lieu par réleetricité, - Le téléphone est installé.
Atterrissent 3 câbles sous-marins.
Fonctionnent 4 postes européennes et une poste nationale,
Les religions catholique, protestante et juive sonl pratiquées sans entrave d'aucune sorte.
Les Européens sont affranchis de tous impots,
Et leur liberté est absolue.
Cette ville, c'est TANGER.
Aussi dans tous les ouvrages qui parlent d'elle, a-t-on employé invariablement à son sujet les ({unlificatifs de bizarre et pittoresque.
lienseignemenls géographiques el hisloriqiies exlrails de la GRANDE ENCYCLOPÉDIE, Tomr :W, pages un el 912.
Tanger (Tandja, Lat. Tingis). — Ville maritime du Maroc septentrional, sur le détroit de Gibralts^r, à 22 kilomètres E. du cap Spartel ; 30.000 habitants dont un quart juifs. Bâtie en amphithéâtre sur la pento d'une colline calcaire que surmonte la Kasbah, elle a conservé le caractère mauresque, bien que les maisons européennes se multiplient, ses rues étroites, sa grande mosquée, revêtue d'éclatantes faïences vertes, ses synagogues, son ancienne enceinte, les jardins qui l'enveloppent, ajoutent à son aspect pittoresque. La rade est vaste, mais s'ensable au S. ; le port est bon, mais manque de fond et est exposé aux vents du N. E. Tanger est le point de contact principal du Maroc avec la
TANfiKH
civilisation européenne, principale ville de commerce de Tempire et résidence des envoyés des puissances étrangères. Il ravitaille Gibraltar de bétail et vivres frais, vend du bétail, des peaux, des dattes, de la cire, etc. ; importe des cotonnades anglaises, de la soie, de la toile, des denrées coloniales, du sucre, des objets de fer et d'acier.
La situation de Tanger lui a toujours assuré une réelle importance. Les anciens Grecs attribuaient sa fondation à Antée dont le gigantesque jépulcre se montrait dans le voisinage de la ville. Elle fut une factorerie phénicienne. Auguste Térigea en cité libre et Claude en fit une colonie romaine (Traducta Julia) qui devint la métropole de la province de Mauritanie occidentale ou Tingitane. On voit encore quelques colonnes romaines, et le sol renferme beaucoup de substructions de cette époque. Prospère encore sous les Byzantins auxquels les Goths Tenlevèrent, elle fut ensuite Tun des grands marchés de l'Afrique musulmane. Les Vénitiens y commerçaient. En 1437 et 1464, elle repoussa les attaques des Portugais, mais ils s'en emparèrent en 1471 et la gardèrent jusqu'en 1662. A ce moment elle tut remise au roi Charles II d'Angleterre comme dot de l'infante Catherine qu'il avait épousée. Il en fit un port franc et dépensa de grosses sommes pour le fortifier et améliorer la rade ; mais en 1684, le Parlement refusa les créaits, et la garnison dut évacuer la place après l'avoir démantelée. En 1790, les Espagnols bombardèrent Tanger ; le 6 août 1844, les Français firent de même ; le 10 septembre 1844 fut signé le traité de Tanger entre la France et le Maroc.
Pe paris à Tanger
L'on se rend de Paris à Tanger, soit via Marseille, soit via Espagne.
A Marseille l'on prend :
L'un des bateaux des deux Compagnies françaises (Cie Paquet & Cie de Navigation Mixte) qui font le trajet de Marseille à Tanger, celui de In première Compagnie en quatre jours et celui de la seconde en six jours. (Voir les indications de service dans le chapitre a Mouvements du Port ».)
Ou l'un des steamers des Compagnies anglaises a Orient Line » et « Peninsular and Oriental Steam Navigation C° » qui font escale à Marseille, à leur retour des Indes, et qui vont en 42 heures à Gibraltar d'où l'on se rend très facilement à Tanger par l'un des bateaux faisant le service des deux ports.
Si l'on préfère la voie espagnole, voie très agréable en hiver, l'on a le choix, pour s'embarquer à destination de Tanger, entre Gibraltar et Cadix. De Gibraltar à Tanger le trajet est d'environ .3 heures, mais de Cadix il est du double.
En prenant à Paris un billet circulaire sur les voies ferrées (Ferrocarriles) d'Espagne, non seulement on réalisera^une très sensible économie, mais l'on aura la faculté de voir toutes les villes si intéressantes de l'Andalousie, puis l'on évitera l'ennui, à chaque changement de ligne, d'être obligé de prendre un billet.
Vues pariidles de la rade Cl de la v\Ue 4«T:a.Ti%w,
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Jirrivée à Tanger
Le bateau qui vous amène n'a pas encore stoppé, qu'il est entouré d'une foule de canots montés par des Arabes, et dès qu'il jette l'ancre, les bateliers, grimpant de tous côtés avec agilité, viennent se disputer les passagers et leurs bagages. Gare au malheureux voyageur qui ne sera pas attendu, car lui et ses bagages seront l'objet d(î la dispute de tous ces forcenés qui voudront avoir sa clientèle (1).
Quand une barciuo vous aura transporté au Môle (Warf), ne croyez pas, en voyant cet appontement moderne, que vous allez entrer dans une ville maritime organisée comme toutes celles de son importance, vous vous méprendriez fort. Le Môle est à Tanger ce ({lie serait une serrure modem style à un bahut du xiii** siècle.
Au bout du Warf vous vous arrêterez devant le petit pavillon où se trouvent, majestueusement accroupis, dans la posture orientale, trois superbes Arabes. Arrêtez-vous ! Vous êtes devant trois hauts fonctionnaires préposés au contrôle et à la recette des douanes. Très poliment, ils vous demanderont, en arabe, si vous n'avez rien à déclarer, mais la déférence ({ue vous aurez pour eux réduira les for-
(1) Quel que soit le navire qui vous amène, annoncez, par télégramme ou par lettre, votre venue à l'agent de la Cie J^aquet et de la Cie de Navigation mixte. Ce Français très obligeant à l'égard de tous, et plus spécialement à celui de ses compatriotes, vous fera prendre par des arabes de toute confiance. Vous éviterez ainsi les ennuis des sollicitations trop vives de la bande des dépenaillés. (Adresse télégraphique : Navimixte Tanger).
malités douanières à un échange de saluts. Pour votre première étude de mœurs marocaines, regardez bien ces beaux Arabes, et vous serez frappé par la blancheur et la délicatesse de leur teint, par la finesse de leurs mains soignées, ainsi que par Tart apporté dans la draperie de leurs burnous (1).
^Inclen Tanger
En quittant le Môle vous passez sous la porte dite « de la Marine », puis vous gravissez une rue très étroite bordée de hauts murs.
Cette rue est fort encombrée, aussi comme elle n'a pas de trottoirs, et que ses pavés, si Ton peut
(1) Extrait de «^ Au Maroc » par Pierre Loti, (Galmann-Lévy, éditeur. Paris).
C'est curieux même comme rimpression d'arrivée est ici plus saisissante que dans aucun des autres ports africains de la Méditerranée. Malgré les touristes qui débarquent avec moi, malgré les quelques enseignes françaises qui s'étalent çà et là flevant des hôtels ou des bazars, — en mettant pied à terre aujourd'hui sur ce quai de Tanger au beau soleil de midi, — j'ai le sentiment d'un recul subit à travers les temps antérieurs... Comme c'est loin tout à coup, l'Espague où l'on était ce matin, le chemin de fer, le paquebot rapide et confortable, l'époque où l'on croyait vivre !... Ici, il y a quelque chose comme un suaire blanc qui tombe, éteignant les bruits d'ailleurs, arrêtant toutes les modernes agitations de la vie : le vieux suaire de l'Islam, qui sans doute va beaucoup s'épaissir autour de nous dans quelques jours, quand nous nous serons enfoncés plus avant dans ce pays sombre, mais qui est déjà sensible dès l'abord pour nos imaginations fraîchement émoulues d'Europe.
appeler ainsi les cailloux enfoncés dans la terre, sont très glissants, ayez soin de vous garer des gens et des bêtes, et surtout des charges de celles-ci.
Tout ce qui entre à Tanger, et tout ce qui en sort passe par cette voie. Un coup d'œil sur le tableau d'importation ci-après reproduit donnera une idée des embarras qui, nécessairement, se produisent, surtout si Ton considère qu'il n'y a à Tanger ni camion, ni chemin de fer.
Mules^ mulets, ânes, chevaux non bridés, et dont le seul harnais consiste en un bât, tous ces animaux qui, quelle que soit leur race, quel que soit leur sexe, sont indistinctement dénommés par le mot espagnol « borricos », gravissent ou descendent la rue à leur fantaisie. Aussi quand ils portent, par exemple, de longues poutrelles en bois ou en fer, ou bien encore du charbon de terre, estil prudent pour chaque passant de s'efforcer de les maintenir avec la canne ou le parasol à la distance nécessaire. C'est le meilleur moyen de se garer, et par conséquent de tenir compte des cris a baleck » € baleck » dont vous assourdissent les Arabes.
Arrivé au tournant de la rue, celle-ci est traversée par une autre qui, à droite va du côté de l'Hôtel Continental, et à gauche aboutit à la porte donnant sur le quartier du nouveau Tanger, appelé quartier de la plage. Mais si vous continuez à gravir la rue dans laquelle vous vous trouvez, vous arrivez dans la voie la plus importante et la plus mouvementée de l'ancien Tanger. A gauche vous voyez la grande mosquée, l'un des rares monuments de Tanger. N'essayez pas d'y pénétrer,
l'entrée vous en est interdite si vous êtes chrétien, ou juif. La partie de la rue qui se trouve devant la façade de la mosquée est constamment inondée, mais il ne faudrait pas croire que ce soit une bouche de conduite d'eau qui aurait été ouverte, non, car il n'y en a pas à Tanger. C'est tout simplement l'eau qui sort des grands bassins servant aux ablutions des Arabes pieux.
Un peu plus loin sur l'autre rang l'on est très intrigué à la vue d'espèces de cases alignées^ et dans chacune desquelles se trouve accroupi un Arabe vénérable, majestueux non seulement par sa tenue mais par son entourage de livres et de dossiers. Ces pontifes qui ne céderaient rien en dignité à leurs confrères européens, sont dei « adouls », c'est-à-dire des notaires. Ne cherchée pas à les photographier, car vous les désobligerieip, Tout ce que vous pouvez faire, c'est de prendre l'ensemble des études des adouls.
Petit Soko. — Rue du Siaghuin. — Continuez toujours votre chemin et vous arriverez à la place centrale dénommée « petit Soko », sokito, ou place des postes. Vous y viendrez souvent si vous restez quelque temps à Tanger, car c'est là que se trouvent les bureaux de poste français, anglais, allemand, espagnol, plusieurs cafés français, anglais, allemands, espagnols la succursale du Comptoir d'Escompte et le meilleur marchand de cigares et de cigarettes. Puis dans une rue toute voisine est établi un photographe qui développera très bien vos clichés si vous en prenez.
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Mais traversez le petit Soko en ligne droite et vous entrerez dans la rue du Siaghuin qui est à Tanguer ce que sont la Canebière à Marseille, el i^ueirta del Sol à Madrid. De chaque côté sont de nonx'breuses boutiques arabes et européennes. Au fliliie-u et à gauche se trouve la mission catholique «es franciscains espagnols, et un peu plus loin le bureau de téléphone. Au bout de la rue et toujours * fiT^Xiche, le marché dit « couvert » quoiqu'il ne le soit que très partiellement.
Si vous continuez en ligne droite, vous sortez de la \ri21e. A gauche vous aperc^evez le « grand Soko », ^t^ droite « le Marchan ».
Cî^ que je viens de déciire ne comprend pas la ^^î^lité de l'ancien Tanger, par conséquent avant ^^^in sortir, pour parler de ce qui est en dehors des ^^^iennes fortifications, je reviens au petit Soko,
~^xuE DES Agences. — Ici prenant à gauche an ^^^:ii de la poste allemande, si Ton oblique immé- ^^^.iement à droite Ton entre dans la rue dite « Eue "^^ Agences », dénomination bien appropriée, car ^ jlupart des maisons sont occupées par des bu- ^^^^ux soit d'agences de navigation, soit de repré- *^^^^tations de maisons commerciales d'Europe.
IRuE DU KiFF. — Si vous voulcz aller aux ^-Teaux de la légation de France, remontez tout(» 7^ rue du Siaghuin, et presque à son extrémité, en ^^ce d'un fondack et de l'office du téléphone, vous ï^'ï'eûdrez à droite une rue qui descend, puis re-
10 tan(;er
monte. A peu près au milieu de cette rue, dénoixi ^ mée rue du Kiff, vous entrerez dans une petite rii^ à droite. C'est au coin de ces deux voies que son -| les bureaux de la Légation de France et Tan cienne habitation du Ministre de France.
Kasbah. — Vous êtes très près de la Kasbnh mais pour vous y rendre vous aurez à passer par un dédale de petites rues.
La Kasbah est sur une hauteur d'où l'on pourrait; commander au Xord et à l'Est les routes du détroit de Gibraltar. Elle comprend : le palais du Gouver-^ neur, les bureaux du Gouvernement, la maison de* Justice, une mosquée et une prison.
Le palais du Gouverneur, le Méchouar (maison, de justice) et la prison bordent la place rectangulaire du Bit El Mal.
Le Méchouar est un grand portique avec colonnes de marbre et précédé d'une grille. Tous les jours de 8 heures à 11 heures le Cadi, assis sui* un tapis, y rend la justice. Les audiences de ce tribunal sont des plus intéressantes. La volubilité des plaideurs est grande, l'ardeur avec laquelle ils attestent leurs droits n'est pas moindre, la sérénité du Cadi est parfaite, et l'exécution de la sentence qui consiste souvent en coups de bâton, est très rapide.
Grand Soko. — Devant la porte principale de Tanger, porte à laquelle conduit la rue du Siaghuin, est le grand Soko oii un marché a lieu tous les jours. Le jeudi et le dimanche de nombreux Arabes du Sud y viennent de très loin pour la vente de bestiaux, chevaux, mules, mulets et ânes. Le
lûarché aux bœufs y était tenu jusque dans ces I «lerniers temps, mais à raison de son importance j qui grandissait beaucoup, il a été transporté dans i le faubourg San-Francisco.
j Nouveau Tanger
L'immigration européenne a fait déborder Tanger au delà de ses murs d'enceinte. Des quartiers assez différents l'un de l'autre ont été créés : à l'Ouest, le Marchan et le Chemin de la Montagne ; ^^ Sud-Ouest, San Francisco; au Sud, le Madhi et ïiu Sud-Est, la Plage.
Du grand Soko partent plusieurs voies qui, tant qu'elles sont bordées d'habitations, peuvent être qualifiées routes ou chemins, mais qui, après, no ^'^^nt plus que des pistes.
La première à droite en sortant de la ville est la route du Marchan, puis ce sont, on allant de l'Ouest à l'Est par le Sud :
La route de la Montagne aboutissant au Cap Spartel; Le Chemin de San Francisco; Le Chemin du Madhi ; Et la route de Fez.
Quartier du /l\archan
La nouvelle route par laquelle l'on a accès au plateau de ce nom est appelée Passéo Conarro : ollo est carrossable sur une longueur de 000 mètres environ, passe devant la légation d'Allemagne, le cimetière chrétien, la fabrique de cigarettes et cigares Sananès y Benassayag, et monte à gauche suivant
une pente douce, tandis que Tancienne route qu'il faut gravir pour aller au télégraphe anglais, se prolonge parallèlement à Tenceinte de la ville jusqu'à la porte de la Kasbali et aboutit à l'hôpital israélite. Celui-ci se trouve sur le plateau même, ainsi que Thôpital français et l'hôpital anglais. Nombreuses villas.
Quartier Hamona ef quartier de la Monfajne
La route de la Montagne se détache du grand Soko près de la légation d'Allemagne, traverse immédiatement un grand cimetière arabe au delà duquel on arrive dans le quartier dénommé Hamona. Nombreuses maisons d'habitation, très beiaux jardins, moulin d'un israélite, consulat d'Espagne, légation et consulat d'Autriche-Hongri(% puis légation et consulat de Belgique. Un peu après lai légation de Belgique, la route traverse la rivière dite « des Juifs » sur un grand poni établi en 1901. De l'autre côté du pont la route esi encore carrossable sur plusieurs centaines de mètres. Elle est bordée d'eucalyptus, et arrive bientôt il « la Montagne » où dans un site charmant ei ombragé se trouvent de nombreuses villas et notamment celles de : lady Drammond Hay, veuve d'un Ministre d'Angleterre à Tanger; M. Perdicaris, Américain ; M. Davane ; Mmes Oçkley ; les religieuses franciscîaines; M. White père, ancien Consul général d'Angleterre; Mme Mathews, veuve d'un Ministre des Etats-Unis à Tanger; M. Calo- (;ao; M. Taylor; M. Moule.
En suivant la route de la Montagne on arrive au
:haiiT Maisons européennes construites par feule g
3 & 4. Porteurs d'eau. — 3, Calte de tos Christianos. 5. Fabrique de cigares et cigarettes Sauaafea -^ ftttvasis.wia%.
ip Spartel, point extrême de l'Afrique où vienint se confondre les eaux de TAtluntique et celles i détroit de Gibraltar.
Quartiers San-francisco ef de Boubana
Le chemin de San-Framnsco passe entre le cime- ^re musulman et le temple protestant, laisse sur gauche une meunerie-boulangerie créée en 1900 r M. Saeasse d'après le système de Schweitzer, et cive aux établissements fondés par les Francisins, établissements qui consistent en des écoles ^fessionnelles et des cités ouvrières habitées par a Espagnols. Plus loin on remar(|ue l'hôpital es- ^nol et la grande propriété de Frascito Sevil- 110, puis les villas de Mas Wilson, de Mr. White 5, Consul général actuel de la Grande-Bretagne,
propriété de Mlle Bruzaud, enfin des terrains ^es et le nouveau marclié aux bœufs. Si l'on txtinue à suivre ce chemin, on descend dans la ^ine de Boubana où a été installé un beau champ
courses. Près de là, au lieu dit« les Ïrois-Saints », L Français, M. Furth, a bâti une ferme modèle jourd'hui aux mains d'un Anglais, M. Levison, -i habite la villa Victoria (îontiguë à cotte ferme.
Quartier du Madhi
Prenant pour point de repère la villa de France, L laisse à droite le temple protestant et le clieîn conduisant à la légation d'Angleterre, Ton passe ^vant la propriété Benchimol, la villa Bonnet, lôtel Villa de France, et l'on arrive à l'endroit i, aon loin des maisons du docteur Schmidt et de
M. Gentille, Ton construit dans le moment la nouvelle légation de France qui se trouvera séparée des légations américaine et russe par un sentier resseri'é entre des haies. Ce sentier va rejoindre la route de Fez près de la Pension Villa Valentina, et continue sous le nom de « chemin des vignes » jusqu'au Souani.
Quartier de la plaje
Si Ton sort de la ville par la « Porte des Tanneurs », et si, laissant à droite le cimetière israé — lite, puis la rue qui monte au grand Soko, Tor^ suit le bord de la mer, on passe devant une scierie '-' et un dépôt de bois, un terrain acheté par le Minis — tère d'Espagne, le théâtre Licéo Roméo, les maga — sins Pétri, des maisons d'habitation, le Cecil Hôtel , la propriété de M. Blanchet, la propriété Gautsclx, et l'on aperçoit au loin, de l'autre côté de l'Oued Tanja, la magnifique villa de M. Harris, correspondant du Times,
Quartier du Souani
En traversant les dunes entre les propriétés Blanchet et Gautsch, puis en obliquant un peu à gauche, on trouve la route de Tétouan. Celle-ci mène au lieu dit « Souani » qui a emprunté son nom à un village voisin. Là se trouvent plusieurs établissements (briqueterie, fabrique de carreaux, fours à chaux, fabrique de crin végétal), fondés par un Français, M. Gautsch^ quelques maisons d'habitaiiou et de nombreux jardins oti abondent les orangers, les figuiers, et même la vigne.
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Du Souani part vers VOuest un (»hemin qui va rt^joindre la piste do Fez.
Tanger est vraiment une ville très bizarre, tout à fait digne par conséquent d'attirer les touristes, ^t spécialement ceux qui, ayant beaucoup voyagé, «^ïxxient voir ce qui est sans analogie.
Cjrénéralement les personnes qui visitent VAiida- 'c^Xisie vont jusqu'à Tanger, mais elles n'y restent ff^^ère qu'une journée. Dans ce très court espace ^^ temps, elles peuvent évidemment parcourir ^ ^^ncienne ville et la nouvelle. Mais elles ne sont S'Txère plus instruites que si, en Europe, elles avaient ^^sisté à une séance de cinéma tographie en couleurs V>ç>ndant laquelle un phonographe* aurait repro- ^•'liit les cris de « baleck » « baleck » dont on est abasourdi dans divers quartiers. Il est vrai qu'elles ^>nt la satisfaction d'avoir foulé le sol de l'Afrique. Mais pourquoi donc ne pas resiiM* au moins quelques jours à Tanger ? Il ny a ni casino, ni autre lieu du même genre, mais pour peu que l'on ait le goût de l'observation, l'on ne s'y ennuiera pas.
Artistes, économistes, colonisateurs, industriels, entrepreneurs et négociants, tous trouveront à Tanger de nombreux sujets d'étude. Bien plus, quiconque sera descendu au milieu des falaises du Marchan, et de là aura contemplé tout à son aise le splendide panorama formé par l'Océan, le détroit, les côtes d'Espagne et le commencement de l'Afrique, éprouvera une très agréable émotion dont le souvenir est inefEaçable.