ACTE DEUXIÈME
ELISABETH
Mais quel pouvoir a brisé tout obstacle?
C'est un miracle, un prodige encbanteur
ELISABETH
Je rends grâce à ce miracle, Je le bénis du fond du cœur..
Pardon !... je sens que je m'égare... Je rêve encor ! tous mes sens sont émus... Au doux aspect d'un miracle si rare I
Je ne me connais plus.
Ahl \ignez éclaircir ce mystère confus !
Jadis de nos poètes, Daus les tournois, les nobles chants,
Les luttes et les fêtes Étaient pour moi des jeux charmants.
Mais quelle nouvelle existence I Vos chants versèrent dans mon cœur Tantôt une amère souffrance, Tantôt un enivrant bonheur !
En moi de nouvelles pensées S'éveillèrent à vos accents ; Ma joie et mes douleurs passées S'enfuirent, songes pâlissants ; Puis le chanteur quitta nos fêtes, Tout se tut avec votre voix, Et les chants des autres poètes Me semblèrent tristes et froids.
Mon rêve était une souffrance, Et je souffrais en m'éveillant.
Plus de joie et d'espérance !
Dites? d'où vient donc mon tourment?
TANNHAUSER, vivement ému.
Du dieu d'amour reconnais Ija puissance I C'est lui qui m'a dicté mes chants ; C'est lui, dont la douce influence Vers toi guida mes pas erranb.