SECONDES BASSES
MM. Balas, Bouissavin, Narçon, Garet, Morin, Famechon, Noir, Bouquerel, Mat, Aubert, Gbéneval, Fourcadé, Besson', Borgnci, Marcadé, Gardon.
L'ancienne déesse germanique Holda personnifiait, dans leur charme et dans leur puissance, les iorccs productives de la terre. D'après une croyance populaire, elle restait pendant Thiver cachée dans le sein des montagnes; au printemps^ elle sortait de sa retraite. Alors la verdure, les fleurs renaissaient. On croyait entendre des voix mélodieuses, chacun en était enivré. On s'endormait dans un sommeil enchanté. Au réveil, le nouvel an avait recommencé. C'était le règne de Holda.
Le christianisme^ dans ses efforts pour déraciner le paganisme, s'attacha souvent h donner un caractère plus odieux aux divinités dont il voulait proscrire le culte. Déjà, dans Tantiquité, la déesse
Holda, cachée pendant l'hiver, avait été considérée comme emportant avec elle toutes les joies de la terre, et parfois on la nommait déesse de la mort. Les prêtres s'attachèrent à cette idée pour lui donner un caractère méchant. Sa sortie du sein de la terre, les harmonies, le charme qui se répandaient alors dans la nature, furent considérés comme une ioduction magique exercée par la déesse, afin d'attirer les mortels dans sa retraite et de les y retenir captifs.
Plus tard, on réussit encore mieux, en confondant son nom avec celui de Vénus, à qui s'attachait davantage Tidée d'une volupté impie.
En ThuringC; près d'Eisenach, se trouve une de ces montagnes que Ton croyait servir de refuge à la déesse ; on la désignait sous le nom de Hœrsel berÇy changé bientôt en celui de Venusberg.
Pendant que dans le bas peuple la croyance à rinfluence propice de Holda restait intacte, ainsi qu'on la voit exprimée dans la chanson du jeune pâtre, l'idée du Venusberg prédominait, au contraire, dans les classes élevées.
Les légendes nous parlent, au treizième siècle, d'un cnevalier-poète dont les chants, respirant la ^^olupté contrastaient avec les sentiments de cette époque. Séduit par Vénus, il aurait passé une
année dans son empire souterrain. — C'était Tannhauser^ dont l'auteur a mêlé l'histoire à celle d'un autre chevalier-poète, Heinrich d'Oplerdingcn, qui Qgurait au fameux comt^at des chanteurs, au Wartburg, et qui, dans son orgueil, avait provoqué tous les autres chanteurs de l'époque à un tournoi poétique dans lequel ils avaient engagé jusqu'à leur vie.