ST 馬 知已此 矣。 夫 加之以 衡 观, 齊 之以 月題, 而 馬知介 俛、 闥 IT 鷥 曼, 詭 銜, 竊 轡
歧仁 義以慰 天下之 心、 Fi 民乃始 蹉歧好 知, 爭 鐳 於利、 不 可 止 也。 此 亦聖人 2
Tchôang-tzeu, châp. 9 B, G.
erreur, à mon sens. La condition des hommes fut tout autre, sous les bons souverains de l'antiquité. Leur peuple suivait sa nature, et rien que sa nature. Toas les hommes, uniformément, se procuraient leurs vêtements par le tissage et leurs aliments par le labourage. Ils formaient un tout sans divisions, végi par la seule loi naturelle. En ces temps de naturalisme parfait, les hommes marchaient comme il leur plaisait et laissaient errer leurs yeux en toute liberté, aucun rituel ne réglementant l'a démarche et les regards. Dans lés montagnes, il n'y avait ni sentiers ni tranchées ; sot les eaux, il n'y avait ni bateaux ni barrages. Tous les êtres naissaient et habitaient en commun. Volatiles et quadrupèdes vivaient de l'herbe qui croissait spontanément. L'homme ne leur faisant pas de mal, les animaux se laissaient conduire par lui sans défiance, les oiseaux ne s'inquiétaient pas qu'on regardât dans leur nid. Oui, en ces temps de naturalisme parfait, l'homme vivait en frère avec les animaux, sur le pied d'égalité avec tous les êtres. On ignorait alors heureusement la distinction rendue si fameuse par Confucius, entre le Sage et le vulgaire. Egalement dépourvus de science, les hommes agissaient tous selon leur nature. Egalement sans ambition, tous agissaient simplement. En tout la nature s'épanouissait librement. ― G. C'en fut fait, quand parut lé premier Sage. A le voir se guinder et' se tortiller rituellement, à l'entendre pérorer sur la bonté et l'équité, étonnés, les hommes se demandèrent s'ils ne s'étaient pas trompés jusque là. Puis vinrent l'enivrement de la musique, l'en ticliem eut des cérémonies. Hélas! J'artificiel l'emporta sur le naturel. Far suite, la paix et la charité disparurent du monde. L'homme fit la guerre aux animaux, sacrifiés à son luxe. Pour faire ses vases à offrandes, il mit le bois à la torture. Pour faire les sceptres rituels, il infligea la taille au jade. Sous prétexte de bonté et d'équité, il violenta la nature. Les rits et la musique ruinèrent le naturel des mouverafmts. Les régies de la peinture mirent le désordre dans les couleurs. La gamme officielle mit le désordre dans les tons. En résumé, les artistes sont coupables d'avoir tourmenté la matière pour exécuter leurs œuvres d'art, et les Sages sont exécrables pour avoir substitué au naturel la bonté et l'équité factices. — Jadis, dans l'état de nature, les chevaux broutaient de l'herbe et buvaient de l'eau. Quand ils étaient contents, ils frottaient leur coq l'un contre l'autre. Quand ilb étaient fâchés, ils faisaient demi-tour et se donnaient des ruades. N'e.Q sachant pas plus long, ils étaielît parfaitement simples et naturels. Mais quand Pai-lao les eut attelés et harnachés, ils devinrent fourbes et malins, par haine du mors et de la bride. Cet homme est coupable du crime d'avoir perverti les chevaux. ― Au temps du vieil empereur Ho -su, les hommes restaient dans leurs habitations à ne rien faire, ou se promenaient sans savoir où ils allaient. Quand leur bouche était bien pleine, ils se tapaient sur le ventre' en signe de contentement. N'en sachant pas plus long, ils étaient parfaitement simples et naturels. Mais quand le premier Sage leur eut appris à faire les courbettes rituelles au son de la musique, et des contorsions sentimentales au nom de la bonté et de l'équité, alors commencèrent les compétitions pour le savoir et pour la richesse, les prétentions démesurées et les ambitions insatiables. C'est le crime du Sage, d'avoir ainsi désorienté l'humanité.
Tchoang-izeu, chap. 10 A.
爲大 盜積者 乎。 所 講 至 聖 者, 有 Kr 爲大 盜守者 乎。 何 0 知其 然 邪。 昔 者, 龍 逢 斬
可 # ,知 也。;^;^ 仁 也。 五 者 Kr 爾而 能成大 盜 者, 天 下 未之有 也。 由 是 觀 之, 善 人
而大盜 起。 擊 聖 人, 縱 舍 盜 賊、 而一 天下始 治^。 夫 川竭 而 谷 fâi 夷 ^^ 淵 實。 聖
Tchoang-tzeu, chap. 10 k.
Chap. 10. Voleurs petits et grands.
A. Le vulgaire ferme, avec des liens solides et de fortes serrures, ses sacs el ses coffres, de peur que les petits voleurs n'y introduisent les mains. Cela {ait, il se croit et on le trouve sage. Survient un grand voleur, qùi emporte sacs et coffres avec leurs liens ot leurs serrures, très content qu'on lui ait si bien fait ses paquets. El il so trouve, que la sagesse de ces vulgaires, avait consisté à préparer au voleur son butin. — Il en va de même, en matière de gouvernement et d'administration. Ceux qu'on appelle communément les Sages, ne sonl.que les emballeurs des brigands à venir. Exemple: Dans la principauté de Ts'i, tout avait été réglé d'après les lois des Sages. La population était si dense, que chaque village pouvait entendre les coqs et les chiens des villages voisins. On exploitait les eaux par le filet et la nasse, les terres par la charrue et la houe. Partout, les temples des ancêtres, du génie du sol et du patron des moissons, les centres habités, les campagnes, les recoins même, étaient dans l'ordre le plus parfait. Un beau jour, T'ien-tch'eng-tzeu assassina le prince de Ts'i (en et s'empara de sa principauté, avec tout ce que les Sages y avaient mis. Puis ce brigand jouit du fruit de son crime, aussi tranquille que furent Yao et Chounn. Aucun prince, petit ou grande n'osa tenter de lui faire rendre gorge. A sa mort, il légua la principauté à ses successeurs (qui la conservèrent jusqu'en 22t ). Cela encore, grâce aux Sages, qui conseillent de se soumettre au fait accompli. ― Les plus renommés, d'entre les Sages historiques, ont ainsi travaillé pour de grands voleurs, jusqu'au sacrifice de leur vie. Loung-fang fut décapité, Pi-kan fut éventré, Tch'ang-houng fui écartelé, Tzeu-su périt dans les eaux. — Le comble, c'est que les brigands de profession, appliquèrent aussi, à leur manière, les principes des Sages. Voici ce que le fameux Tchee enseignait à ses élèves: deviner où se trouve un gros magot, voilà la sagesse ; entrer le premier, voilà le courage ; sortir le dernier, voilà la convenance; juger si le coup est faisable ou non, voilà la prudence; partager le butin également, voilà la bonté et l'équité ; ne sont clignes brigands, que ceux qui réunissent ces qualités. 一 Ainsi donc, si les principes des Sages ont pu profiter parfois aux honnêtes gens, ils ont protUé aussi, et plus souvent, aux gredios, pour le malheur des honnêtes gens. Je ne citerai, en preuve de mon dire, que les deux faits historiques, rappelés par les sentences : "quand les lèvres sont coupées, le.s dents ont froid,,... et " le mauvais vin de Low causa le siège de H an -tan ^ ,,, ― Oui, l'apparition des Sages cause l'apparition des brigands, et la disparition des Sages cause la disparition des brigands. Sages et brigands, ces deux termes sont corrélatifs, l'an appelle l'autre, comme torrent et inonda tion, remblai et fossé. ― Je le répète, si la race des Sages venait à s'étein-