之 境、 車軌結 乎千 里 之 外, 则 是上好 知之過 也。 上 誡好知 0 無 ST 則 天 T 大亂
I 矣」 D 何 HS 知其 然 邪。 夫 弓弩 ® 弋機 變之知 W 則 鳥 亂於上 矣。 :!、 餌網 罟罾翁
善 者。 是 3 大亂。 故 上俘 H 月之 明、 下 燥 山川之 賴、 中 堕 四時之 施、 îi M 之 蟲, 肖
之民. 而悅夫 殺殺之 IT 釋 夫 恬 倐無 爲而 夫 ® 摩 之 意、 ® « 已、 亂 天 下 矣
Tchoang-tzeu, chap. 10 C, D.
pus). Ils trouvaient bonne \em grossière nourriture, bons aussi leurs simples vêtements. Ils étaient heureux avec leurs mœurs primitives, et paisibles daiis leurs pauvres habitations. Le besoin d'avoir des relations avec autrui, ne les tourmentait pas. Ils mouraient de vieillesse, avant d'avoir fait visite à la principauté voisine, qu'ils avaient vue (le loin toute leur vie, dont ils avaient entendu chaque jour les coqs et les chiens i. En ces temps-là, à cause de ces moeurs-là, la paix et l'ordre étaient absolus. — Pourquoi en est-il tout autrement de nos jours ? Para) que les gouvernants se sont entichés des Sages et de leurs inventions. Le peuple tend le cou, et se dresse sur la pointe des pieds, pour regarder dans la direction d'où vient, à ce qu'on dit, quelque Sage. On abandonne ses parents, on quitte son maître, pour courir à cet homme. Les piétons se suivent à la queue-leu-leu, une file de chars creuse de profondes ornières, dans le chemin qui mène à sa porte. Tout cela, parce que, imitant les princes, le vulgaire lui aussi s'est entiché de science. Or rien n'est plus funeste, pour les états, que ce malheureux entichement.
D. C'est la science urUficielA.e, contre nature, qui a causé tous les maux de ce monde, et le malheur de tous ceux qui l'habitent. L'invention des arcs, des arbalètes, des Qèciies captives, des pièges à ressort, a fair, le malheur des oiseaux de l'air. L'invention des hameçons, des appâts, des filets, des nasses, a fait le malheur des poissons dans les eaux. L'invention des rèts, des lacs, des trappes, a fait le malheur des quadrupèdes dans leurs halliers. L'invention de 】a sophistique, traîtresse et venimeuse, avec ses théories sur la substance et les accidents, avec ses arguties sur l'identité et la difféi'e/ice, a troublé la simplicité du vulgaire. Oui, ramour de la science, des inventions et des innovations, est responsable de tous les maux de ce monde. Préoccupés d'apprendre ce qu'ils ne savent pas (la vaine science des sophistes), les hommes désapprennent ce qu'ils savent ( les vérités naturelles de bon sens). Préoccupés de critiquer les opinions des autres, ils ferment les yeux sur leurs propres erreurs. De là un désordre moral, qui se répercute au ciel sur le soleil et la lune, eti terre sur les monls et les fleuves, dans l'espace médian sur les quatre saisons, et jusque sur les insQctes qui grouillent et pullulent à conlretemps (sauterelles, etc.). Tous les êtres sont eu train de perdre la propriété de leur nature. C'est l'amour de la science, qui a causé ce désordre. Il dure depuis les trois dynasties. Depuis dix-huit siècles, on s'est habitué à faire fi de la sirapiicité naturelle, à faire cas de la fourberie rituelle; on s'est habitué à préférer une politique verbeuse et fallacieuse, au non-agii; franc et loyal. Ce sont les bavards (sages, politiciens, rhéteurs), qui ont mis le désordre dans le monde.
l • Lao-izeu chapitre 80 .
chap, il Â.
在宥 第十一 o AH 在宥 天卞、 不簡治 天下也 。在之 也者, 恐天下 之淫其 性也。
惡 者 HT 鈴。 故 天下之 大, 不 足 3 賞 镯。 自 三代 S 下 者匈匈 然、 終 y 賞 鬍 爲 事。 彼
下 乃始尊 ^rfê.w ® 矣、 天 下之惑 也 i 直過也 而去之 邪, 乃 齊戒以 曹 之、 維 坐
Tchoang-tzeu, chap. 11 A.
Chap. 11. Politique vraie et fausse.
A. Il faut laisser le monde aller son train, et ne pas prétendre le gouverner. Autrement les natures viciées n'agiront plus naturellement (mais artificiellement, légalement, rituellement, etc.). Quand toutes les natures, étant saines, se tiennent et agissent dans leur sphère propre, alors, le monde est gouverné, naturellement et de lui-même; pas n'est besoin d'intervenir. 一 Jadis, par son gouvernement, le bon Yao réjouit ses sujets. Or la joie, qui est une passion, rompt l'apathie naturelle, 'te gouvernement de Yao fut donc défectueux, puisqu'il passionna ses sujets. -— Le méchant Kie affligea ses sujets. Or l'affliction, qui est une passion, rompt la placidité naturelle. Le gouvernement de Kie fut donc défectueux, 'puisqu'il 'passionna ses sujets. ― Toute émotion, étant contre nature, est instable et ne peut durer. Le plaisir, la complaisance, sont des émotions du principe yang. Le déplaisir, le ressentiment, sont des émotions du principe y inn. Dans le macrocosme, la perturbation du yinn et du yang, fait que les quatre saisons ne viennent pas à leur heure, que la succession du froid et du chaud n'arrive pas à point nommé. Dans le microcosaie humain, le déséquilibrement du yinn et du yang par les passions, cause pareillement de grands désordres. Les corps souffrent, les esprits pâtissent. Les hommes ne tiennent plus en place, perdent le contrôle de leurs pensées et de leurs désirs, entreprennent et n'achèvent pas, (leurs passions mobiles se portant sans cesse vers d'autres objets). Alors, dans l'empire, naissent les ambitieuses prétentions, les luttes pour là domination. Alors les uns deviennent des Tchee ( brigands), les autres des Tseng-chenn et des Cheu-ts'iou (politiciens ). Alors on légifère, dans le but de récompenser les bons et de punir les méchants. Tâche surhumaine, tentative impossible, vu le nombre des uns et des autres. Hélas! c'est pourtant à cela, que les gouvernants des trois dynasties ont perdu leur temps et leur peine, au lieu de suivre tranquillement le cours de leur nature et de leur destinée. — Toute théorie, toute convention, est fausse et fausse. Les théories optiques ont faussé la notion naturelle des couleurs. Les théories acoustiques ont altéré la vraie notion des sons. Les théories sur la bonté, ont perverti la spontanéité des relations. Les théories sur l'équité, ont oblitéré le sens inné de la justice. Les théories sur les rits ont produit la subtilité, celles sur la musique ont développé la lascivité. Les théories sur la sagesse ont multiplié les politiciens, celles sur la science ont multiplié les ergoteurs. Passe encore que, s'en tenant pratiquement aux lois naturelles, on spéculât théoriquement sur les thèmes susdits; ce serait assez indifférent. Mais si, ayant mis en oubli les lois naturelles, on laisse ces spéculations influencer 】a pratique, ce sera le désordre et l'anarchie ; et si on en vient à les honorer, à leur donner force de loi, hélas! pauvre monde! ce sera la frénésie en plein, — Voyez où en est venu le gouvernement de nos jours. A n'être plus qu'une succession ininterrompue de rits. A peine cette cérémonie est-elle terminée, que déjà il faut garder l'abstinence pour préparer la suivante, puis repasser pàv toute la série des courbettes, des chants et des danses, et ainsi de suite, sans trêve et sans fin. Tout autrement ferait un vrai Sage, si, bien malgré lui, il avait dû se charger du soin de l'empire. Se tenant dans le non-
Tchoang-tzeu, chap. 11 Â, B.
0 進 之、 鼓 歌 3 鵪 之, 吾 若是何 哉。 故 君 子不得 已而臨 ffi 天 下莫 若 無 爲。 無 爲
悼 約. 柔 乎 剛 强, ft 劇 彫 绿。 其 熟 焦 火、 其 寒 凝 冰。 其 疾 儉 仲之間 而再撫 四海之
外。 其 居 也淵而 靜, 其 動 也縣而 天核 驕 Fi Î 不可係 者、 其 唯 人 心 乎。 昔者 黄 帝
三瞻, 流 共工 於 幽 都、 此 不勝天 }^ 也。 夫 fê 及 三 王、 而 天下大 駭矣。 下 有梁^ 、上
Tchoang-tzeu, chap. 11 Â, B.
agir, il emploierait les loisirs de sa non-intervention, à donner libre cours à ses propensions naturelles. L'empire se trouverait bien d'avoir été remis aux mains de cet homme ^. Sans mettre en jeu ses organes, sans user de ses sens corporels, assis immobile, il verrait tout de son œil transcendant; absorbé dans la contemplation, il ébranlerait tout comme fait lé tonnerre ; le ciel physique s'adapterait docilement aux mouvements de son esprit ; tous les êtres suivraient l'impulsion (négative) de sa non-intervention, comme la poussière suit le vent. Pourquoi ^let homme s'appliquerait-il à manipuler l'empire, alors que le laisser-aller suffît?
B. Ts'oei-kiu demanda à Lao-tan: Comment gouverne-t-on les hommes, sans action positive? ― Lao-tan dit: En ne faisant aucune violence à leur cœur. Le cœur de l'homme est ainsi fail, que toute oppression l'abat, que toute excitation le soulève. Déprimé, il devient inerte; excité, il s'emballe. Tantôt souple, il se plie à tout ; tantôt il est dur à tout casser. Parfois il est brûlant comme le feu, parfois il devient froid comme la glace. Son expansion est si rapide, que, dans le temps d'incliner et de relever la tête, il est allé Jusqu'au bout des quatre mers et en est revenu. Sa concentration est profonde comme un abîme. Ses mouvements sont libres et incoercibles, comme ceux des corps célestes. Fier de sa liberté, et ne se laissant lier par personne, tel est le cœur humain, de sa nature. ― Or, dans les temps anciens ( vers l'an 3000), c'est Hoang-ti qui le premier fit violence au cœur humain, par ses théories sur la bonté et l' équité. Puis Yao et Chounn usèrent le gras de leurs cuisses et les poils de leurs jambfes, â trottiner et à s'empresser pour le bien matériel de leurs sujets. Ils affligèrent tous leurs viscères dans l'exercice de la bonté et de l'équité, et épuisèrent leur sang et leur souffle à deviser des règles de ces vertus factices. Tout ceja sans succès! Ils durent en venir à reléguer Hoan-teou au Tch'oung-chan, les San-miao à San-ivei, et Koungkoung h You-tou ; expédient violent, qui prouve bien que, malgré leur bonté et leur équité, l'empire ne leur était pas dévotement soumis. Ce fut bien pis, sous les trois dynasties. Sous elles parurent les Kie (tyrans) et \es Tchee (brigands), les Tseng -chenn et les Cheu-ts'iou (politiciens), enfin les deux races des Jou (disciples. de Confucius) et des Mei ( disciples de Mei-ti). Quels temps ! Les théoriciens pour et contre, se regardèrent avec animosité; les sages et les sots, se donnèrent mutuellement tort ; les bons et les méctiaiits, se persécutèrent réciproquement; les menteurs et les véridiques, se moquèrent les uns des autres. L'empire en tomba en décadence. On ne put plus s'entendre sur les premiers principes, et ce qui restait de vérités naturelles disparut, comme consumé par l'incendie, comme emporté par les grandes eaux. Tout le monde voulut" devenir savant pour parvenir, et le peuple s'épuisa en vains efforts. 一 C'est alors que fut inventé le système de gouvernement mathématique 2, L'empire fut équarri avec la hache et la scie. Peine de movt pour tout ce qui déviait de la ligne droite. Le marteau et le ciseau furent appliqués aux mœurs. Le résultat fut un bouleversement, un écroulement général . C'est que le législateur avait eu le tort de violenter le cœur humai D. Le peuple s'en prit aux Sages et aux princes. Les Sages durent se cacher dans les cavernes des montagnes, et les princes ne furent plus en sûreté dans leurs temples de famille. Des réactions \iol8ntes suivirent^ quand