閲休。 B 聖人達 綢、 IT 周 盡 一 體 矣, 而 不知 其然性 也。 複 命 搖作而 以天爲 師乂
Tôhoang-tzeù, chap. 2S Â, B. 429
grand succès. II l'obtint en raisonnant, d'après lès certitudes déjà acquises, sur les choses encore incertaines, qui devinrent peu à peu certaines à leur tour, la connaissance du Principe étant la certitude finale suprême.
Chap. 25. Vérité.
A. Tsai-ijang {P'eng-tsaiyang) étant allé à Tch'ou, le ministre I-tsie annonça sa venue au roi de ce pays, puis retourna à ses affaires. N'obtenant pas audience, Tsai-yang s'adressa à Wang-kouo, un sage du pays, et le pria de vouloir bien parler en sa. faveur. Demandez ce service à Koung-uehiou, dit Wa72g-kouo. —— Qui est-ce ? demanda Tsai-yang. ― C'est, dit Wang-kouo, un homme qui harponne des tortues dans le fleuve durant l'hiver, et qui se repose dans les bois durant l'été (sage taoïste). 1-tsie ne fera rien pour vous. Ambitieux, intrigant, égoïste, il ne travaille que pour lui-même. Koung-ue-hiou absolument désintéressé, en impose, par l'élévation de ses principes, au brutal roi de Tch'ou. ― Par le charme de sa conversation, le Sage fait oublier aux siens les affres de la misère et les rend résignés. Par son ascendant moral, il fait oublier aux grands l'élévation de leur rang et les rend humbles. Il fraternise avec les petits, et converse avec les grands, donnant à chacun ce qu'il peut comprendre, et gardant le reste pour lui. Sans parler, il remplit son entourage de paix. Sans prêcher, il l'amende. Il ne dédaigne pas de demeurer par intervalles dans sa famille, pour y remplir son rôle de père et faire du bien aux siens. Simple, ferme, tranquille, il est étranger à toutes les préoccupations, et s'impose à tous. Koung-ue-hiou est nn homme de cette sorte. Lui seul pourra vous faire recevoir par le roi de Tch'ou mal disposé envers vous.
B. Le Sage comprend que, reliés les uns aux autres, tous les êtres forment un corps (un loul), mais il no cherche pas à pénétrer la nature intime de ce lien, qui ost le mystère de la norme cosmique. Suivant dans tous ses mouvements la loi universelle, il est l'agent du ciel. Les hommes l'appellent Sage, parce qu'il coopère avec le ciel. 11 ne se préoccupe pas de savoir ce qui ne peut être su, mais agit avec la connaissance qu'il a, persévcramment,
f 魏瑩 怒, 將 使人 刺之。 犀首 聞而恥 W 曰、 君 爲萬 乘之君 ft 、而 以匹夫 從讎。 衍
仞矣則 iK 壤 W ,此 臂 廳之所 苦 也。 今 兵不 起七年 矣, 此 王之甚 也。 衍 亂 人, 不 可 ,
Tchoang-tzeu, chap. 25 B, C, D.
constamment. Il ne réfléchit pas sur les qualités qu'il peut avoir, mais laisse à autrui le soin de les constater, ne s'attribuant pas ce qui est don de la nature. 11 est Jîienveillant pour les hommes, pas par affection, mais par instinct, et ne prétend pas à leur reconnaissance. '
C. Quand, après une longue absence, un homme est revenu dans sa patrie, il éprouve un sentiment de satisfaction, que, ni la vue des tombes qui se sont multipliées, ni les ruines que la végétation envahit, ni la disparition des neuf dixièmes de ses connaissances, ne peuvent altérer. C'est qu'il revoit en esprit ce qui fut jadis, abstrayant de ce qui est. C'est qu'il s'élève haut au-dessus des circonstances actuelles. ― Ainsi fait le Sage, impassible parmi les vicissitudes du monde, contemplant en elles la nature inaltérable. 一 Ainsi fit le souverain légendaire Jan-siang. Il se tenait indifférent, au centre du cercle tournant des choses de ce monde, laissant aller l'évolution éternelle et indivise, lui seul restant non-transformé (à cause de son indifférence) dans la transformation universelle. Cette position est unique. —- H ne faut pas vouloir imiter le ciel ( à la manière de Confucius), par des actes positifs. Il faut imiter le ciel, en laissant aller toutes choses. Voilà la manière dont le Sage sert l'humanité. Il abstrait de tout, et suit son époque, sans défaut et sans excès. Voilà l'union avec le Principe, la passive^ la seule possible. Chercher l'union active, c'est tenter l, impossible ― Le ministre de l'empèreur T'ang, considéra sa charge plutôt comme honoraire. Il laissa aller toutes choses, et se garda soigneusement d'appliquer les lois. Cela fit le succès de son gouvernement. Maintenant, au contraire, Confucius voudrait qu'on examinât à fond chaque chose, et qu'on fît de nombreux règlements. I【 oublie la parole si vraie de Joung-tch'eng ( un ancien taoïste ) : additionner les jours en années, supposer une substance sous les accidents, ce sont là des erreurs provenant d'une conception fictive de la nature du temps, des êtres. La réalité, cest un présent éternel, une unité essentielle. La Glose ajoute, il n'y a même pas de moi et de toi.
D. Le roi de Wei avait conclu un traité avec celui de Ts,i. Ce' dernier l'ayant violé, le roi de Wei furieux résolut de le faire assassiner par un sicaire ( procédé usuel alors). — Koungsounn-yen, son ministre de la guerre, lui dit: Vous qui avez dix mille chariots de guerre, vous allez confier votre vengeance à un vil spadassin. Donnez-moi plutôt deux cent mille hommes. Je ravagerai le pays de Ts'i, j'assiégerai son roi dans sa capitale, je le tuerai dans sa défaite. Ce sera noble, et complet. ― Le ministre Ki-tzeu trouva l'avis mauvais et dit au roi : Ne provoquez pas Ts'i. Nous venons de bâtir un si beau rempart. S'il venait à être endommagé, cela ferait de la peine aux citoyens qui y ont travaillé. La paix est la base solide du pouvoir. Le ministre de la guerre est un brouillon, qui ne doit pas être écouté. — Le ministre Hoa-tzm ( taoïste ) trouva les deux avis également mauvais, et dit au roi : Celui qui, pour avoir l'occasion de montrer son talent militaire, vous a conseillé la guerre, est un brouillon. Celui qui, pour faire montre d'éloquence, vous a conseillé la paix, est aussi un brouillon. Leurs deux avis se valent. 一 Mais alors, que ferai-je? demanda le roi. ― Méditez sur le Principe, dit Hoatzeu, et tirez la conclusion ― Le roi n'aboutissant pas, Hoei-tzeu lui amena Tai-tsinnjenn, un sophiste de ses amis. Celui-ci entra en matière
J. Ici le texte est mutilé, probablement. 2. Ni guerre, ni paix, mais laisser aller.
â 而 後 反。 君 曰, 噫、 其 盧 曾 與" Dre 請 爲君實 之。 君 意在 四方上 下有窮
乎。 君 nr 無窮。 曰、 知遊心 於無窮 、而 反在通 達之國 若存若 亡乎。 君曰、 然
m 耕 而熟耰 之、 其 禾繫以 滋, 予 終年 厭瘦。 莊 子鬮 之 曰 xî- 人 之治其 形、 理 其 心
Tchoang-tzeu, chap. 25 D, E, P.
par l'allégorie suivante: Soit une limace. Cette limace a deux cornes. Sa corne de gauche, est la principauté du roi Bi'utal ; sa corne de droite, est l'apanage cl a roi Sauvage. Ces deux royaumes sont sans cesse en guerre. Les morts, sans nombre, jonchent le sol. Quinze jours après sa défaite, le vaincu cherche déjà sa revanche. . — Balivernes ! (it le roi de Wei. —— Pardon ! dit Tai-tsinnjenn. 0 roi, con sidérez— vous l'espace comme limité dans quelqu'une de ses six dimensions? ― Non, dit le roi ; l'espace est illimité, dans les six dimensions. ― Ainsi, dit Tai-tsinnjenn, l'immense espace n'a pas de limites; est-ce que les deux petites principautés de Wei et de Ts'i ont des frontières? —— Non, lit le roi, pas fort en dialectique, et 'jugeant qu'il ne pouvait pas concéder au plus petit, ce qu'il avait refusé au plus grand. ― Pas de frontières, donc pas de litige, dit Tai-tsinnjenn. Maintenant, ô roi, veuillez nie dire en quoi vous différez du roi Sauvage de la corne de droite? ― Je ne vois pas, dit le roi. ― Tai-lsinnjenn sortit, laissant le roi absolument ahuri. Quand Hoei-tzeu rentra, le roi lui dit : Ça c'est un liomme supérieur: un Sage ne saurait pas que lui répondre. ― Ali oui ! dit Hoei-tzeu. Quand on souffle dans une clarinette, il en sort uo son éclatant; quand on souffle dans la garde (creuse, en forme de conque ) d'une épée, il n'en sort qu'un murmure. Si Tai-tsinnjenn était estimé à sa valeur, les éloges qu'on donne à Yao et à Cliounn se réduiraient à un murmure, I, éloge de Tai-tsinnjenn retentissant comme une clarinette. ― Les affaires de Wei et de Ts'i en restèrent là.
K. Confucius se rendant à Tch'ou, prit gîte à I - k,iou, chez un fabricant de condiments. Aussitôt, dans la maison voisine, on monta sur le toit (plat, pour regarder dans la cour de la maison où Confucius était descendu). Pourquoi ces gens-là ont-ils l'air effaré? demanda le disciple Tzeu-lou qui accompagnait Confucius. C'est, dit celui-ci, la famille d'un Sage, qui se cache volontairement dans le peuple et vit dans r obscurité. L'élévation morale de cet homme est sublime. Il la dissimule d'ailleurs soigneusement, ne parlant que de choses banales, sans trahir le secret de son cœur. Ses vues différant de celles da commun de ce temps, il ne fraye guère avec les hommes. Il s'est enseveli vivant ici, à la manière de I-leao. — Puis-je aller l'inviter à venir nous voir? demanda Tzeu-lou. —一 Ce sera jieine perdue, dit Confucius. Il vient de monter sur le toit, j)ow s'assurer si c, est vraiment moi qui passe. Comme je m'adonne à la politique, ii doit avoii' fort peu envie de converser avec moi. Sachant que je vais visiter le roi de Tch'ou, il doit craindre que je ne révèle sa retraite, et que le roi ne le force à accepter un emploi. Je gage qu'il vient de se mettre en lieu sûr. ― Tzeu-lou étant allé voir, trouva la maison désertée.
F. L'intendant des cultures de TcWancj-oii, dit à Tzeu-lao, disciple de Confucius: Si jamais vous êtes chargé d'un office, ne soyez ni superficiel ni méticuleux. Jadis, pour la culture, j'ai donné dans ces deux travers ; labour insulTisant, sarclage excessif, d'où récoltes peu satisfaisantes. Maintenant je laboure profondément, puis je sarcle modérément ; d'où récoltes surabondantes. ― Tchoang-tzeu ayant su cela, dit: Actuellement, dans la culture de leur corps et de leur esprit, beaucoup de gens tombent dans les fautes indiquées par cet intendant. Ou ils labourent d'une manière insuffisante le sol de leur nature, et le laissent envahir par les passions. Ou ils le sarclent sans discernement, arrachant ce qui est à conserver, détriiisant leurs qualités
as
il 之 3 非也。 未知
伯 常騫, 稀韋、 Rr 夫
Tchoang-tzeu, chap. 25 F, G, H, I. 435
naturelles. 一 Si l'on n'y prend garde, les vices envahissent la nature saine, comme les ulcères envahissent un corps sain, par l'effet d'une chaleur interne excessive qui se fait jour à l'extérieur.
G. P ai-Mu qui étudiait sous Lao-tan, lui dit un jour: donnez-moi congé pour faire un tour d'empire. ― A quoi bon ? fît Lao-ian. Dans l'empire, c'est partout comme ici. ― Pai-kiu Insistant, Lao-tan lui demanda : par quelle principauté cômmenceras-tu ta tournée? ― Par celle de Ts'i, û\t Paikiu. Quand j'y serai arrivé, j'irai droit au cadavre do quelqu'un de ces suppliciés, que le roi de Ts,i laisse gisants sans sépulture ; je le redresserai, je le couvrirai de ma robe, je crierai justice au ciel en son nom, je lui dirai en pleurant: frèi'e! frère ! a-t-il fallu que tu fusses la victime de rinconséqiience de ceux qui tiennent en main l'empire? Les gouvernants défendent, sous peine de la vie, de voler, de tuer. Et ces mêmes hommes poussent au vol et au meurtre, en honorant la noblesse et la richesse, qui sont l'appât des crimes. Tant que les distinctions et la propriété seront conservées, verra-t-on jamais la fin des conflits entre les hommes? ― Jadis les princes savaient gré de l'ordre à leurs sujets, et s'imputaient tous les désordres. Quand un homme périssait, ils se reprochaient sa perte. Maintenant il en va tout autrement. Lois et ordonnances sont des traquenards dont f5ersonne ne se tire. Peine de mort pour ceux qui ne sont pas venus à bout de tâches infaisables. Ainsi réduit aux abois, le peuple perd son honnêteté naturelle, et commet des excès. A qui faut-il imputer ces excès? aux malheureux qui les expient? ou aux princes qui les ont provoqués?
H. En soixante années de vie, Kiu-pai-u changea soixante fois d'opinion. Cinquante-neuf fois il avait cru fermement posséder la vérité, cinquanteneuf fois il avait soudain reconnu qu'il était dans l'erreur. Et qui sait si sa soixantième opinion, avec laquelle il mourut, était mieux fondée que les cinquante-neuf précédentes? Ainsi en arrive-t-il à tout homme, qui s'attache aux êtres en détail, qui cherche autre chose que la science confuse du Principe. Les êtres deviennent, c'est un fait; mais la racine de ce devenir est invisible. De sa fausse science de détail, le vulgaire tire des conséquences erronées; tandis que, s'il partait de son ignorance, il pourrait arriver à la vraie science, celle du Principe, de l'absolu, origine de tout. C'est là la grande erreur. Hélas ! peu y échappent... Alors, quand les hommes disent oui, est-ce liien oui? quand ils disent non, est-ce bien non? Quelle est la valeur, la vérité, des assertions humaines?.. L'absolu seul est vml, parce que seul il est.
I. Confucius posa d'abord au grand historiographe Ta-fao, puis à Paitch,angk,ien, puis à Hi-iuei, cette même question : Le duc Ling de Wei fut un ivrogne et un débauché ; il gouverna mal et manqua de parole. Il aurait mérité une épitliéte posthume pire que celle de Ling. Pourquoi fut-il appelé Ling 9 ― Parce que le peuple, qui l'aimait assez, le voulut ainsi, répondit Ta-fao. ― Parce que les censeurs lui accordèrent des circonstances atténuantes, dit Pai-tch'angk'ien, à cause du fait suivant: Un jour qu'il se baignait avec trois de sés femmes dans une même piscine, le ministre Cheuts'iou ayant dû entrer pour affaire urgente, le duc se couvrit et fit .couvrir ses femmes. On conclut de là que ce lascif avait encore ua reste de pudeur, et on se contenta de l'appeler Ling, relevant sa note. "-" Erreur, dit lU-ivei.
吉。 掘 之 0 S ,得 5 槨 焉。 洗 而 視 之 ,有 銘 焉 HT 不 m 其 子、 靈 必 奪而裡 之。 夫 靈
I 大 澤, 百 材 皆 度。 觀 乎 大 山、 木 & 同 壇。 此 之 謅 丘 里 之 一 lllû。 少 知 曰, 然 、則 謅之 道、
號 而 讀 則 可 也, 已 有之矣 、乃 將得比 哉 ,則 若 以斯辯 譬猶狗 HT 其 7 及 遠
Tchoaag-taen^ cbap. 25 î„ J.
mi
Voici le fait : Après la mort du due, on consulta la tortue, sur le lieu où ii faudrait l'ensevelir. La réponse fut: pas dans le cimetière de sa famille, mais à Cha-k'iou. Quand on creusa sa fosse à l'endroit indiqué, au fond on trouva une sépulture antique. La dalle qui la fermait ayant été amenée au jour et lavée, ou y lut cette inscription : ni toi ni ta postérité ne reposera ici, car le duc Ling y prendra votre place. L'épilhète Ling lui était donc décernée par le destin, voilà pourquoi on la lui donna... Conclusion, la vérité historique elle aussi n, est solide, que quand elle dérive du Princi-pe.
J. Chao-tcheu demanda à T ai-koung-tiao : qu'est-ce que les maximes des hameaux ? ― Les hameaux, dit T'ai-koung-tiao, ce sont les plus petites agglomérations humaines, d'une dizaine de familles, d'une centaine d'individus seulement, formant un corps qui a ses traditions. Ces traditions n'ont pas été inventées tout d'un coup, à priori, Elles ont été formées, par les membres distingués de la communauté, par addition d'expériences particulières ; comme une montagne est faite de poignées de terre, un fleuve de nombreux filets d'eau. L'expression verbale de ces traditions, est ce qu'on appelle les maximes des hameaux. Elles font loi. Tout 、'a bien dans l'empire, à condition qu'on lear laisse leur libre cours. Tel le Principe, indifférent, impartial, laisse toutes les choses suivre leur cours, sans les influencer. Il ne prétend à aucun titre ( seigneur, gouverneur). II n'agit pas. Ne faisant rien, il n'est rien qu'il ne fasse ( non en intervenant activement, mais comme norme évolutive contenue dans tout). En apparence, à notre manière humaine de voir, les temps se succèdent, l'univers se transforme, l'adversité et la prospérité alternent. En réalité, ces variations, effets d'une norme unique, ne, modifient pas le tout immuable. Tous les contrastes trouvent place dans ce tout, sans se heurter; comme, dans un marais, toute sorte d'herbes voisinent; comme, sur une montagne, arbres et rochers sont mélangés. Mais revenons aux maximes des hameaux. Elles sont l'expression de l'expérience, laquelle résulte de l'observation des phénomènes naturels. — Alors, dit Chao-tcheu, pourquoi ne pas dire que ces maximes sont l'expression du Principe? 一 Parce que, dit T'ai-koung-tiao, comme elles ne s'étendent qu'au champ des affaires humaines, ces maximes n'ont qu'une étendue restreinte, tandis que le Principe est infini. Elles ne s'étendent même pas aux affaires des autres êtres terrestres, dont la somme est à l'humanité comme dix mille est à un. Au-dessus des êtres terrestres, sont lé ciel et la terre, l'immensité visible. Au-dessus du ciel et de la terre, sont le i/tnn et le yang, l'immensité invisible. Au-dessus de tout, est le Principe, commun à tout, contenant et 'pénétrant tout, dont l'infinité est l'attribut propre, le seul par lequel on puisse le désigner, car il n'a pas de nom propre. ― Alors, dit Chao-tcheu, expliquezmoi comment tout ce qui est, sortit de cet infini? ― T'ai-koung-tiao dit : Emanés du Principe, le yinn et le yang s'influencèrent, se détruisirent, se reproduisirent réciproquement. De là le monde physique, avec la succession des saisons, qui se produisent et se détruisent les unes les autres. De là le monde moral, avec ses attractions et ses répulsions, ses amours et ses haines. De là la distinction des sexes, et leur union pour la procréation. De là certains états corrélatifs et successifs, comme l'adversité et la prospérité, la sécurité et le danger. De les notions abstraites, d'influence n]utuelle„de causalité réciproque, d'une certaine évolution circulaire dans laquelle les commencements succèdent aux terminaisons. Voilà à peu prés ce qui, tiré de l'observation, exprimé en paroles, coustitùe la somme des connaissances hu-
Tchoang-tzeu, chap. 25 J.
Dfiaines. Ceux qui connaissent le Principe, ne scrutent pas davantage. Ils ne spéculent, ni sur la nature de l'émanation primordiale, ni sur la fin éventuelle de l'ordre de choses existant. ― Chao-tcheu reprit : des auteurs taoïstes ont pourtant discuté ces questions. Ainsi Ki-tchenn tient pour une émanation passive et inconsciente, Tsie-tzeu pour une production active et consciente. Qui a raison ? ― Dites-moi, fit T'ai-koung-tiao, pourquoi les coqs font-ils kikeriki, pourquoi les chiens font-iJs luou-woii 9 Le fait de cette différence est connu de tous les hommes, mais le plus savant des hommes n'en dira jamais le pourquoi. Il en est ainsi, de par la nature ; voilà tout ce que nous en savons. Atténuez un objet jusqu'à l'invisible, amplifiez-le jusqu'à l'incompréhensible, vous ne tirerez pas de lui la raison de son être. Et combien moins tirerez- vous jamais au clair la question de la genèse de l'univers, la plus abstruse de toutes. Il est l'œuvre d'un auteur, dit Tsie-tzeu. Il est devenu de rien, dit Ki-tchenn. Aucun des deux ne prouvera jamais son dire. Tous deux sont dans l'erreur. Il est impossible que l'univers ait eu un auteur préexistant. Il est impossible que l'être soit sorti du néant d'être. L'homme ne peut rien sur sa propre vie, parce que la loi qui régit la vie et la mort, ses transformations à lui, lui échappe; que peut-il alors savoir de la loi qui régit les grandes transformations cosmiques, l'évolution universelle? Dire de l'univers « quelqu'un l'a fait» ou «il est devenu de rien», ce sont là,- non des propositions démontrables, mais des suppositions gratuites. Pour moi, quand je regarde en arriére vers l'origine, jo la vois se perdre dans un, lointain infini ; quand je regarde en avant vers l'avenir, je n'entrevois aucun terme. Or les paroles humaines ne peuvent pas exprimer ce qui est infini, ce qui n'a pas de terme; Limitées comme les êtres qui s'en servent, elles ne peuvent exprimer que les affaires du monde limité de ces êtres, choses bornées et changeantes. Elles ne peuvent .pas s'appliquer au Principe, qui est infini, immuable et éternel. Maintenant, après l'émanation, le Principe duquel émanèrent les êtres, étant inhérent à ces êtres, ne peut pas proprement être appelé l'auteur des êtres ; ceci réfute Tsie-tzeu. Le Principe inhérent à tous les êtres, ayant existé avant les êtres, on ne peut pas dire proprement que ces êtres sont devenus de rien ; ceci réfute Ki-tchenn. Quand on dit maintenant le Principe, ce terme ne désigne plus l'être solitaire, tel qu'il fut au temps primordial ; il désigne l'être qui existe dans tous les êtres, norme universelle qui préside à l'évolution cosmique. La nature du Principe, la nature de l'Etre, sont incompréhensibles et ineffables. Seul le limité peut se comprendre et s'exprimer. Le Principe agissant comme le pôle, comme l'axe, de l'universalité des êtres, disons de lui seulement qu'il est le pôle, qu'il est l'axe de l'évolution universelle, sans tenter ni de comprendre ni d'expliquer.
1, 然作色 Rr 周昨來 ,有 中 道而呼 者。 周 顯 視、 車 轍中 有鮒魚 焉。 周 間 之 曰、 鮒 魚 來
I 南遊 吳越之 王, 激 西 江之水 fi 迎 子、 可 乎。 鮒魚 忿然 作 色 Rr 吾 失我常 與, 我 無
Tchoang-tzeu, chap. 26 A, «B, C
Chap. 26. Fatalité.
A. . Les accidents venant de l'extérieur, ne peuvent être prévus ni évités, pas plus par les bons que par les méchants. Ainsi Koan-loungp'eng et Pi-kan périrent de maie mort, Ki-tzeu ne sauva sa vie qu'en contrefaisant l'insensé, No-lai perdit la sienne, tout comme les tyrans Kie et Tcheou. La plus parfaite loyauté, n'empêcha pas la ruine de ministres tels que Ou-yuan et Tch'ang-houng. La piété'filiale la plus exemplaire, n'empêcha pas Hiao-ki et Tseng- chenn d'être maltraités. — La ruine sort, des circonstances en apparence les plus anodines, des situations en apparence les plus sûres, comme le feu naît de deux bois frottés, comme le métal se liquéfie au contact du feu, comme le tonnerre sort des ruptures d'équilibre du 't/inn et du yang, comme le feu de la foudre jaillit de l'eau d'une pluie d'orage. ― Le pire, c'est qu'il est des cas, où l'homme est pris entre deux fatalités, sans échappatoire possible ; OLi il se tord, sans savoir à quoi se résoudre ; où son esprit, comme suspendu entre le ciél et la terre, ne sait pas que décider ; la consolation et l'affliction alternant, le pour et le contre se heurtant, un feu intérieur le dévorant. Cet incendie consume sa paix, d'une ardeur qu'aucune eau ne peut éteindre. Tant &t.si bien, que sa vie périclite, et quii sa course s'achève prématurément.
B. Tchoang -tcheou connut ces grandes extrémités. Un jour la misère le réduisit à demander l'aumône d'an peu de graiu, à l'intendant du Fleuve Jaune. — Très bien, lui dit celui-ci ; dès que l'impôt sera perçu, je vous prêterai trois cents taëls ; cela vous va-t-il ? — Piqué, Tchoang-tcheou dit: Hier, quand je venais ici, j'entendis appeler au secours. C'était un goujon, gisant dans un reste d'eau de pluie au fond d'une ornière, et qui allait se trouver à sec. Que veux-tu ? lui demandai-je. ― J'ai besoin d'un pea d'eau, me dit-il, pour pouvoir continuer à vivre. — Très bien, lui dis-je. Je vais, de ce pas, à la cour des royaumes de Ou et de Ue. En revenant, je te ramènerai les eaux du Pleuve de l'Ouest. Cela te va-t-;il;? ― Hélas ! gémit le goujon, pour vivre, il ne me faudrait qu'un petit pea d'eau, mais il me la faudrait tout de suite. Si vous ne pouvez faire pour moi que ce que vous venez de dire, ramassez-moi plutôt et me donnez à uq marchand de poisson sec ; j'aurai moins longtemps à souffrir.
C. Quand la fatalité pèse sur lui, il ne faut pas que le Sage s'aharidonne. Qu'il iienne bon, et la fortune pourra tourner en sa faveur. Jennkoungtzeu s'étant muni d'un bon hameçon, d'une forte ligue, et de cinquante moules pour servir d'appât, s'accroupit sur 'la côte de Hoei-ki et se mit à pêcher dans la mer orientale. Il pécha ainsi chaque jour, durant une année entière, sans prendre quoi que ce fût. Enfin, soudain, un poisson énorme avala son hameçon. Dûment ferré, il chercha en vain à s'enfoncer dans les profondeurs, fut ramené à la surface, battit l'eau de ses nageoires à la faire écumer, fit un briiît de diàblQ qui s'entendit fort loin ; finalement il fut
f 子。 老萊子 曰、 是 丘 也、 召 fi 來。 仲 A 至 ,曰, 丘、 去 汝 é # 與汝容 知、 辦爲 君 子
君夜半 ffi 夢人 被髮 闥阿門 曰、 予 自 宰路之 淵、 予 爲 淸江慷 河怕之 所, 漁 者 余
Tchoang-tzeu,chap. 26 D, E, F.
dépecé, et tout le pays en mangea ; enfin cette histoire fut racontée, chantée, admirée dans les. âges suivants. Supposons maintenant que, fatigué de sa longue attente au bord de la mer, Jmn-koungtzm s'en soit allé pêcher au goujon dans les mares, jamais il n'aurait pris cette belle pièce, dî acquis sa célébrité. Ainsi ceux qui, désertant l'idéal, s'abaîssent à flatter de petits maîtres.
D. Certains sont victimes de la fatalité, même a/pvès leur mort. De jeunes lettrés étaient en train de violer une tombe antique, pour s'assurer si les anciens faisaient vraiment, pour les morts, tout ce qui est dit dans les Odes et les Rituels. Leur maître qui montait la garde au dehors, leur cria: Dépêchez! l'orient blanchit! où en êtes-vous? —— De l'intérieur, les jeunes gens répondirent: II nous reste à inspecter ses vêtements. Mais nous avons déjà constaté que le cadavre a bien, dans la bouche, la perle dont parlent les Odes, dans le texte « il est vert, le blé, sur les collines ; cet homme qui n'a fait aucun bien durant sa vie, pourquoi a-t-il, après sa mort, une perle dans la Ixmche?».. Ensuite, ayant écarté les lèvres du cadavre en tirant sur sa barbe et ses moustaches, ils lui desserrèrent les mâchoires avec le bec d'un marteau en fer ; avec précaution, non à cause de lui, mais pour ne. pas blesser la perle, dont ils s'emparèrent.
E. Critiquer, juger, attire le malheur. Le disciple de Lao-lai-tzeu étant sorti pour ramasser du menu combustible, rencontra Confucius. Quand il fut rentré, il dit à son maître : J'ai vu un lettré, au torse long, aux jambes courtes, voûté, les oreilles assises très en arriére, ayant i'air d'être en peine de tout l'univers ; je ne sais à quelle école il appartient. ― C'est KHou, dit Lao-lai-tzeu'; appelle-le. — Quand Confucius fat venu, Lao-lai-tzeu lui dit: K,iou, laisse là ton entêtement et tes idées particulières ; pense et agis comme les autres lettrés. ― Confucius salua, pour remercier de l'avis reçu, comme les rits l'exigent ; puis, quand le sourire rituel se fut effacé, son visage parut triste et il demanda : Vous pensez que mes projets de réforme n'aboutiront pas? ― Bien sûr qu'ils n'aboutiront pas, dit Lao-lai-tzeu. Incapable que vous êtes de supporter les critiques des contemporains, pourquoi provoquez-vous celles de toute la postérité? Tenez-vous délibérérnent à vous rendre malheureux, ou ne vous rendez-vous pas compte de ce que vous faites? Solliciter la faveur des grands, briguer l'affection des jeunes gens, comme vous faites, c'est agir d'une manière bien vulgaire. Vos jugements et vos critiques vous font de nombreux ennemis. Les vrais Sages sont bien plus réservés que vous n'êtes, et arrivent à quelque chose, grâce à celte réserve. Malheur à vous, qui vous êtes donné mission de provoquer tout le monde, et qui persévérez avec opiniâtreté dans cette voie dangereuse !
F. Il en est qui savent présager la fatalité qui menace les autres, et ne s'aperçoivent pas de celle qui les menace eux-mêmes. Une nuit le prince Yuan de Song vit en songe une figure humaine éplorée se présenter à Ja porte de sa chambre à coucher et lui dire : Je viens du gouffre de Tsailou. Le génie du Ts'ing-kiang m'a député vers celui du Fleuve Jaune. En chemin, j'ai été pris par le pêcheur U-ts'ie. ― A son réveil, le prince Yuan ordonna que les devins examinassent son songe. Us répondirent : l'être qui vous est apparu, est une tortue transcendante. — Le prince demanda: y a-t-il,
若 之 龜。 龜 至、 君 再欲殺 之, 再 欲 活 之。 心 疑、 卜 之, 曰、 殺 龜 s 卜" 吉。 PC- 刳 龜、 七 十 =
T. 之任 與。 覆 墜而不 反、 火 馳 fi 不 顯。 雖 相與 爲君. 臣時 .^1,易 世 而無以 * 賤。 故 曰,
至 人不留 行焉。 夫尊 古而卑 今, 學 * 之施 也。 且 以 稀韋氏 之流觀 At^ 之 世, 夫
Tchoang-tzeu, chap: 26 F, G, H.
parmi les pêcheurs d'ici, un nommé U-^s'ie? ― Oui, diront les assistants. ― Qu'il paraisse devant moi, dit le prince. ― Le lendemain, à l'audience officielle, le pêcheur se présenta. ― Qu 'as-tu pris? lai demanda le prince. ― J'ai trouvé dans mon filet, dit le pêcheur, une tortue blanche, dont la carapace mesure cinq pieds de circonférence. ― Présente-moi ta tortue, ordonna le prince. — Quand elle eut été apportée, le prince se demanda s'il la ferait tuer ou s'il la conserverait en vie. Il (U demander aux sorts la solution de son doute. La réponse fut: tuer la tortue sera avantageux pour la divination. La tortue fut donc tuée. Sa carapace fut perforée en soixante-douze endroits. Jamais aucune baguette d'achillée n'en tomba à faux, ― CoiifQciiis ayant appris ce fait, dit: Ainsi cette tortue tr.anscendaiite put apparaître après sa capture au prince Yua^t, mais ne put pas jj revoir et éviter sa capture! Après sa mort, sa carapace continua à faire aux autres des prédictions infaillibles, et elle n'avait pas su se prédire à elle-même qu'elle serait tuée! 11 est clair que la science a ses limites, que la transcendance même n'atteint pas à lout. ― Oui, !' homme le plus avisé, s'il s'est fait beaucoup d'enuerais, finit par devenir leur victime. Le poisson qui a éehappé aux cormorans, est pris dans un filet. A quoi bon se donner alors tant de préoccupations stériles, au lieu de se borner à considérer les choses de haut? A quoi bon s'ingénier et deviser, au lieu de s'en tenir à la prudence naturelle. L'enfant nouveau-né n'apprend pas à parler artificiellement par les leçons d'un maître ; il l'apprend naturellement par son commerce avec ses parents qui parlent. Ainsi la prudence naturelle s'acquiert par l'expérience commune, sans elForts. Quant aux accidents extraordinaires, à quoi bon vouloir les calculer, puisque rien n'en sauve. C'est la fatalité! .
Les fragments suivants, jusqu'à la fin du chapitre^ sont disloqués, dit la glose, avec raison,
G. Le sophiste Hoei-tzeu dit à Tchoang-tzeu : vous ne parlez que de choses inutiles. ― Le payant de sa monnaie, Tchoang-tzeu repartit: Si vous savez ce qui est inutile, vous devez savoir aussi, j'estime, ce qui est utile. La terre est utile à l'homme, puisqu'elle supporte ses pas, n'est-ce pas? — Oui, dit Hoei-tzeu. ― Supposé que devant ses pieds s'ouvre un abîme, lui serat-elle encore utile ? demanda Tchoang-Lzeu. — Non, dit IToei-lzeu. ― Alors, dit Tchoang-tzeu, il est démontré que inutile et utile sont synonymes, puisque vous venez d'appeler utile puis inutile la même terre. Donc je ne parle que de choses utiles. ■
H. Tchoang-tzeu dit: Los dispositions naturelles des hommes, sont diverses. On ne fera pas vivre en solitude, celui qui est fait pom' converser avec les hommes ; on ne fera pas converser avec les hommes, celui qui est fait pour la solitude. Mais, solitude absolue, conversation immodérée, c'est là excès, non nature. Le misanthrope s'ensevelit vivant, l'intrigant se jette dans le feu. I【 faut éviter les extrêmes. ― Il ne faut pas non plus poser d'actes extraordinaires, car, les circonstances dans lesquelles ils furent posés étant une fois oubliées, l'histoire les jugera peul-etre excentriques plutôt qu'héroïques. ― 11 no faut pas toujours exalter raiiliquité et déprécier le temps présent, comme l'ont les hommes (le livres ( Confucius). Depuis lii-wei, nous savons que personne ne peut remonter le courant. Suivons donc le fil. du
I 鑤 於是 乎 始 s 。草 木之到 植者過 半, hi 不知 其然。 J 靜默 可以輔 病, 眢滅 Is: 以
Tchoang-tzeu, chap. 26 I, J, K, L.
temps. ― Le sur-homme s'accommode des époques et des circonstances. Il n'est pas excen trique, ni misanthrope, ni intrigant. II se prête aux hommes, sans se donner. Il laisse penser et dire, ne contredit pas, et garde son opinion.
1. A condilion qu'il n'y ait pas d'obstacle, l'œil voit, l'oreille entend, le nez sent, la bouche goûte, le cœur perçoit, l'esprit produit les actes convenables. Dans toute voie, l'essentiel est qu'il n'y ait pas d'obstruction. Toute obstruction produit étranglement, arrêt des fonctions, lésion de la vie. ——. Pour leurs actes vitaux, les êtres dépendent du souffle. Si ce souffle n'est pas abondant dans un homme, la faute n'en est pas au ciel, qui jour et nuit l'en pénètre ; elle est en lui, quî obstrue ses voies, par des obstacles physiques ou moraux. ― Pour la conception, le creux de la matrice doit être bien perméable à l'influx du ciel, ce qui suppose la perméabilité de ses deux avenues (les deux trompes). Pour l'entretien de la vie, le creux du cœur doit être bien perméable à l'influx du ciel, ce qui suppose la perméabilité de ses six valves. Quand une maison est encombrée, la belle-mère et la bellefille, manquant d'espace, se disputent. Quand les o rinces du cœur sont obstrués, son fonctionnement devient irrégulier. — La vue de la beauté séduit l'esprit. La valeur dégénère en ambition, l'ambition en brutalité, la prudence en obstination, la science en disputes, la plétiitade en, pléthore. Le bien public a produit l'administration et le fonctionarisme. 一 Au printemps, sous l'action combinée de la pluie et du soleil, les herbes et les arbres poussent luxuriants. La faux et la serpe en retranchent une moifié; l'autre reste. Ni les retranchés, ni 】es restés, ne savent le pourquoi de leur sort. Fatalité !
J. Le repos refait la santé, la continence répare l'usure, la paix remédie à l'énervement. Ce sont là remèdes curatifs. Mieux vaudraient les préventifs.— -Les procédés sont différents. L'homme transcendaat a les siens. Le Sage ordinaire a les siens. Les habiles gens ont les leurs. Gouvernants et administrés ont leurs principes. —— K. Un même procédé ne produit pas toujours le même résultat. A la capitale de Song, le père du gardien de la porte Yen-menn étant mort, son fils maigrit tellement de douleur, qu'on jugea - devoir donner la charge de maître des officiers à ce parangon de la piété filiale. Ce que voyant, d'autres firent comme lui, n'obtinrent aucune charge et moururent de phtisie. ― Pour éviter le trône, Hu-you se contenta de fuir, Ou-koang crut devoir se suicider. Déçus dans leur ambition, Ki-l'ouo s'exila, Chenn-t'ou~ti se noya.
L. Quand le poisson est pris, ou oublie la nasse. Quand le lièvre est capturé, le piège n'a plus d'inléi'êt. Quand l'idée est transmise,, peu importent les mots qui ont servi à la convoyer. Combien ( moi Tchoang-tzeu) je voudrais n'avoir affaire qu'à des hommes, pour lesquels les idées seraient tout, les mots n'étant rien
•1. Ce paraaniphc est l'cxorde (lisloi[ué du cliiipilre suivant.
M 無人 道也。 人 hi 無 A 道、 是 之 謂 陳 人。 辰 香 日 出, 和 3 天 倪、 因 3 曼 伤、 所 K 窮
I 年。 不 曹 則 齊。 齊 與 曹 不 齊、 曹 與 齊 不 齊 也" 故 Rr 無 言。 曹 無 香。 終 身 一 K 未 甞 首。 終
I 身 不 首, 未 饕 不 香。 有 自 也 :^g 可、 有 自也 ri 不 可。 有 自也而 然, 有 自也而 不然。
n 久。 萬物 皆種也 HSKT 同, 形相 蠲始卒 若環、 莫得 其偷。 是謅天 。天. 均者, 天倪