‹ Tarare, ou le despotisme Mélodrame en 5 actesChapitre 14 sur 41 · ELAMIR ET LES AUTRES ENFANS DES AUGURES · texte numérisé non relu

ELAMIR ET LES AUTRES ENFANS DES AUGURES

SARTHENEE, aux Prêtres.

ur un choix important le Ciel est consulté.

Vous, préparez l'Autel ; vous , nos saintes Armures j Vous , choisissez parmi les Enfans des Augures y Celui pour qui Brama s'est plus manifesté , En le douant d'un cœur plein de simplicité.

Un P R E T R E.

C'est le jeune Elamir. Il vient à vous.

ELAMIR accourant, ,

Mon père !

ARTHENEE s'assied.

Approchez-vous , mon fils ; un grand jour vous éclaire. * Croyez-vous que Brama vous parle par ma voix ? Et qu'il parle à moi seul?

/ ELAMIR.

Mon père , oui je le crois.

ARTHENEE sévèrement.

Le Ciel choisit par vous un vengeur à l'Empire : IV e dites rien , mon fils , que ce qu'il vous inspire.

( d'un ton carressant. ) Ah ! s'il vous inspirait de nommer Aitamort; L'Etat serait vainqueur, il vous devrait son sort! ELAMIR, les mains croisées sur sa poitrine.

Je l'en supplierai tant , mon père p Qu'il me 1 inspirera , j'espère»

ARTHENEE.

IVIoi je l'espère aussi : priez-le avec transport. ( Elamir se prosterne. Arthenèe continue. } Ainsi qu'une abeille, Qu'un beau jour éveille, De la fleur vermeille .Attire le miel ; Un Enfant lidèle , 1 Quand Brama l'appelle y S'il prie avec zèle ,

Obtient tout du Ciel. ( Il relève V enfant* Tout le peuple , mon fils , sous nos voûtes arrive.

Avant de .nommer sou vendeur, VOUS le ferez rougir de sa vaine terreur.

Il croit les Chrétiens sut la rive;

SCÇHE VIII.

Grande Marche.

ATAR, ALTA MORT , TARARE, URSON, ARTHENEE, ELAMIR, PRETRES, EN FANS, Y1SIUS,EMIRS, Suite, Peuple, Soldats, Esclaves. A t a r monte sur un trône élevé dans le Temple.

ART MENEE, majestueusement. rêtres du grand Brama! ftoi du Golphe Persique ! Grands de l'Empire ! Peuple inondant le portique ! La Nation, T Armée attend 4 un General.

C H OE U R universel. ' .

Pour nous préserver d'un grand mal, Que le choix de Brama s'explique !

ARTHENEE.

Vous promettez tous d'obéir Au Chef que Brama va choisir?

C H OE U R universel.

Nous le jurons sur cet autel antique.

ARTHENEE, d'un ton inspiré»

Dieu sublime dans le repos, Magnifique dans la tempête , Soit aue ton soufle élève aux cieux les flots , Soit que ton regard les arrête j Permets que le nom d'un héros , Sortant dune bouche innocente, Devienne cher à ses rivaux , Et porte à l'ennemi le trouble et l'épouvante! ( à Elamir. ) Et vous , Enfant , par le Ciel inspiré , Nommez , nommez sans crainte un héros préféré.

( On élève Eldmir sur des pavois. ) ELAMIR, avec enthousiasme.

Peuple que la terreur égare , Qui yous fait redouter ces sauvages Chrétiens ?

L'Etat manque-t-il de soutiens ?

Comptez, aux pieds du Roi , vos défenseurs , Tarare... C H OE U R subit du Peuple et des Soldats.

Tarare ! Tarare î Tarare !

Ah ! pour nous Brama se déclare :

L'Enfant vient de nommer Tarare.

Tarare î Tarare ! Tarare !

ALTAMORT, en colère.

Arrêtez ce fougueux transport.

ARTHENEE.

( à Elamir. )

Peuple , c'est une erreur ! Mon fils , que Dieu VOUS touche l

ELAMIR.

Le Ciel m inspirait Altamort ; Tarare est sorti de ma bouche.

( -ig )

Deux CORIPHEESde Soldats.

Par l'Enfant, Tarare indiqué, N'est point un hasard sans mystère.

Plus son choix est involontaire j Plus le vœu du Ciel est marqué.

Oui, pour nous Brama se déclare; - L'Enfant vient de nommer Tarare.

C H OE U R du Peuple et des Soldats.

Tarare ! Tarare ! Tarare !

Y On redescend Elamire. J A T A R se lève* Tarare est retenu par un premier serment :

Son çrand cœur s'est lié d'avance A suivre une juste vengeance.

TARARE, fièrement y la main sur sa poitrine.

Seigneur , je remplirai le double engagement

xt)e la, Vengeance et du commandement, (au Peuple.) Qui veut la gloire , A la victoire . , Vole arec moi!

T o us. C'est moi, c'est moi.

■ * TARARE

Sujets, Esclaves, .1 Que les plus braves ♦ 'Donnent leur foi !

C'est moi ^ c'est moi.

TARARE

T$\ paix , ni trêve , lu horreur du glaive Fera la loi.

r » C'est moi , c'est moi. 1 r

'Qui veut la gloire, A la victoire Vole avec moi î Tous.

1 C'est moi, c'est moi.

Jl T A R à part.

Je ne pms Soutenir la clameur importune ,

,4>'u&k. peuple entier sourd à ma voix.

( // veut descendre. ) 4 .' ALTAMORT l'arrête.

,Ce choix est une injure à tous tes Chefs commune; Il attaque nos premiers droits.

L'arrogant Soldat de fortune Doit-il aux Grands dicter des loix?

«TARARE, fièrement.

-Apprends, fils orgueilleux des Prêtres!

Qu'élevé parmi des Soldats, Tarare avait, au lieu d'Ancêtres, Déjà vaincu dans cent combats j ( avec un grand dédain. )

Qu'Altamort enfant , dans la plaine , Poursuivait les fleurs des chardons , Que les Zéphirs , de leur haleine, Font voler au sommet des monts.

ALTAMORT/* main au sabre.

Sans le respect d'Atar , vil objet de ma haine...

T A R A R E , bien dédaigneux.

Du destin de l'Etat tu prétends décider !

Fougueux adolescent qui veux nous commander, Pour titre ici n'as-tu que des injures?

Quels ennemis t'a-t-on vu terrasser ?

Quels torrcns osas-tu passer ?

*'\ Où sont tes exploits, tes blessures?

ALTAMORT, en fureur.

Toi , qui de ce haut rang brûles de Rapprocher; Apprends que sur mon corps il te faudra marcher.

( // tire son sabre. ) ARTHENEE troublé.

O désespoir ! ô frénésie !

Mon fds I...

ALTAMORT plus furieux.

A ce brigand j'arracherai la vie.

T A R A R E froidement.

Calme ta fureur, Altamort.

Ce sombre feu, quand il s'allume, Détruit les forces , nous consume :

Le Guerrier en colère , est mort.

( // tire son sabre. ) ARTHENEE s'écrie.

Le Temple de nos Dieux est-il dono 'une arène?

A T A R je lève.

Arrêtez.

T A RARE

J'obéis... (à Altamort, en lui prenant la main.) Toi , ce soir , à la plaine.

( à Calpigi 9 àvart 9 pendant qu Alàr àescënd de son trône.) Èt toi, tidèleami, sans fanal et sans bruit.

Au verger du Sérail attend s-mbi cette hûittl " Atar lui remet le bel ton de commande nfènt j au bruit

d'une fanfare.

Grande Marche pour sortir.

CHOEUR GENERAL sur le Chant de la Marche. ^ Brama ! si la vertu t'est chère ; Si la voix du peuple est ta voix; Par des succès soutiens le choîx- Que le Peuple entier vient de faire.

Que sur ses pas,

Tous nos Soldats Marchent d'une audace plus fière !

Que l'ennemi , triste, abattu , Par son aspect déjà vaincu , Sous nos coups morde la poussière !

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