‹ Tarare, ou le despotisme Mélodrame en 5 actesChapitre 16 sur 41 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

v A n t que ma fête commence , Urson conte-moi promptement , Le détail et l'événement De leur combat à toute outrance.

URSON.

Tarare , le premier , arrive au rendez-vous : Par quelques passes dans la plaine , Il met son cheval en haleine , Et vient converser avec nous.

Sa contenance est noble et fière.

Un long nuage de poussière S'avance du côté du Nord; On croit voir une armée entière j C'est l'impétueux Altamort.

D'Esclaves armés un grand nombre, Au galop à v peine le suit.

Son aspect est farouche et sombre Gomme les spectres de la nuit.

D'un œil ardent mesurant l'adversaire j Du vaincu décidons le sort.

Ma loi , dit Tarare , est la mort.

L'un sur l'autre à l'instant- <fond comme le tonnerre. Altamort pare le premier.

Un coup affreux de cimeterre Fait voler au loin son cimier* L'acier étincëUe , Le casque est brisé , Un noir sang ruisselle.

Dieux ! je suis blessé. Plus furieux que la tempête , A plomb sur la tête Le coup est rendu. ; '

Le bras tendu, Tarare Pare...

Et tient en l'air le trépas suspendu. ,

ATAR

Je vois qu' Altamort est perdu*

URSON. v Aveuglé par le sang , il s'agite y il chancelle. Tarare 7 courbé sur . la selle , Pique en avant. Son fier coursier, • Sentant l'aiguillon qui le perce , S'élance , et du poitrail renverse

( 23 ) Et le cheval et le guerrier.

Tarare à l'instant saute à terre , Court à l'ennemi terrassé.

Chacun frémit, le cœur glacé ^ Du terrible droit de la guerre...

Oh! d'un noble ennemi, saint et sublime effort!

A T A R en colère.

Achève donc.

URSO N.

Ne crains rien superbe Altamort :

Entre nous la guerre est finie.

Si le droit de donner la mort Est celui d'accorder la vie; Je te la laisse de grand cœur.

Pleure iong-tems ta perfidie.

Sa perfidie?

URSON.

H s'en éloigne avec douleur. r A T A R furieux.

Il est instruit.

U R S O N, Inutile et vaine faveur !

Celui dont les armes trop sûres.

JSe firent jamais deux blessures, A peine, hélas! se retirait j Que son adversaire expirait.

Par-tout il a donc l'avantage ! • Ah ! mon cœur en frémit de rage !

Quand , nar le combat , Altamort Voulut hier régler leur sort , Urson, je sentais bien d'avance, Qu'il allait de sa mort, Payer cette imprudence.

Sans les clameurs d'un père épouvanté 9 Le Temple était ensanglanté ; Mais son pouvoir força le notre D'arrêter un crime opportun ,

8ui m'offrait, dans la mort de l'un, n prétexte pour perdre l'autre.

rr + i o r * . C 11 voit entrer les Esclaves. J 1 out le fcerau ici porte ses pas.

Retire-toi; que cette affreuse image, Se dissipant comme un nuage , Fasse place aux plaisirs , et ne les trouble pas.

( Urson sort. )

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