CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈME
(23 août 1591); la seconde fut lancée un vendredi également, le 17 du même mois (6 septembre).
Le lundi, 20 de ce mois (9 septembre), Mahmoud à la tête de toutes ces troupes sortit de la ville; il avait avec lui Djouder le pacha révoqué et tous les caïds, sauf le caïd El-Mostafa-Et-Torki qu'il délégua à la garde de Tombouctou avec l'amin Ilammou-Haqq '-Ed-Der'i. On campa hors des murs de la ville du côté de l'est et on resta là jusqu'à la fin du mois ; puis on se remit en route le samedi, 2 du mois sacré de dzou'l-hiddja, le dernier mois de l'année 999 (21 septembre 1591).
Mahmoud campa d'abord à Mosa-Banko ; de là il alla camper ensuite à Sihinka où il séjourna pour y faire la prière de la fête des sacrifices "^ Il fit alors demander au cadi Abou-Hafs-'Omar de lui envoyer quelqu'un pour présider à cette prière et le cadi lui envoya Timam Sa ïd, fils de l'imam Mohammed-Kidâdo. Celui-ci dirigea la prière de la fête et Mahmoud lui assigna ensuite le poste d'imam dans la mosquée de la casbah, poste que Sa'ïd conserva jusqu'à l'époque où il mourut.
Après la fête, Mahmoud reprit sa marche pour aller combattre Askia-Ishâq. Celui-ci, qui était alors au Bornou, ayant appris la venue de l'ennemi, se porta à sa rencontre. Les deux adversaires se rencontrèrent à Banba, le lundi, 25 du mois précité (14 octobre 1591), et la bataille s'engagea près de la colline de Zenzen. Défait de nouveau par le pacha Mahmoud, Askia-Ishâq s'enfuit en complète déroute. Parmi les personnes de son armée qui succombèrent ce jour-là se trouvait le Fàri-Mondzo Yenba-ould-Saï-Oulo, dont la mère était une princesse. Askia-Ishâq lui donna pour successeur San-ould-Askia-Daoud.