‹ Tartuffe annoté, ou, La muse de MolièreChapitre 155 sur 224 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ORGON, ELMIRE, MARIANE, CLÉAXTE, DORLXE.

ORGON

Ha! je me réjouis de vous voir assemblés :

(A Maria ne.) Je porte en ce contrat de quoi vous faire rire, Et vous savez déjà ce que cela veut dire.

mariane, à genoux.

Mon père, au nom du Ciel, qui connaît ma douleur, Et par tout ce qui peut émouvoir votre cœur, Relàchez-vous un peu des droits de la naissance, Et dispensez mes vœux de cette obéissance1, Ne me réduisez point par cette dure loi Jusqu'à me plaindre au Ciel de ce que je vous dois, Et cette vie, hélas! que vous m'avez donnée 2, Ne me la rendez pas, mon père, infortunée 3.

1. Il y a déjà comme un accent Racinien dans ces supplications de Mariane (voir Iphigénie) :

si pourtant ce respect, si cette obéissance Paraît digne à vos yeux d'une autre récompense... Déjà sûr de mon cœur à sa flamme promis, Il s'estimait heureux, vous me l'aviez permis. ... Et respectant le coup, par vous-même ordonné Vous rendre tout le sang que vous m'avez donné. Ma vie est votre bien, vous voulez la reprendre... C'est moi qui si longtemps, le plaisir de vos yeux, Vous ai fait de ce nom remercier les Dieux.

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