‹ Tartuffe annoté, ou, La muse de MolièreChapitre 26 sur 224 · Brebeuf (Entretiens solitaires · texte numérisé non relu

Brebeuf (Entretiens solitaires

Ces conversations pour qui chacun soupire

M'ont enfin rebuté, Souvent on n'y saurait rien entendre ou rien dire

Digne d'être écouté.

Le seul soin d'y paraitre en cent façons diverses

Tient les cœurs attaché^.

Sans qu'on rapporte rien de ces fades commerces

Que de nouveaux péchés.

Les histoires du bal, des cours, de la ruelle

En font les seuls appas Et tout autre discours que de la bagatelle

Ne s'y pardonne pas, Là joindre l'agrément avec l'art de médire

Est un art précieux Et quiconque entend bien le ton de la satire

Peut entrer en tous lieux.

Même si le bel air prête au libertinage

Sa grâce et ses appas Ce talent peut tout seul mériter le suffrage

Des esprits délicats.

Mais au monde poli c'est se rendre incommode

Et le mettre en courroux, C'est offenser l'usage et quereller la mode

Que d'y parler de vous de Dieu .

On vous voit rarement vivre dans la mémoire De ces esprits de choix, Et l'on en voit d'entre eux bien peu qui fassent gloire

De vivre sous vos lois.

Quiconque ose en ces lieux étaler vos merveilles

Ou vanter vos grandeurs, Devient en même temps et l'ennui des oreilles Et le chagrin des cœurs.

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