Brebeuf (Entretiens solitaires
Ces conversations pour qui chacun soupire
M'ont enfin rebuté, Souvent on n'y saurait rien entendre ou rien dire
Digne d'être écouté.
Le seul soin d'y paraitre en cent façons diverses
Tient les cœurs attaché^.
Sans qu'on rapporte rien de ces fades commerces
Que de nouveaux péchés.
Les histoires du bal, des cours, de la ruelle
En font les seuls appas Et tout autre discours que de la bagatelle
Ne s'y pardonne pas, Là joindre l'agrément avec l'art de médire
Est un art précieux Et quiconque entend bien le ton de la satire
Peut entrer en tous lieux.
Même si le bel air prête au libertinage
Sa grâce et ses appas Ce talent peut tout seul mériter le suffrage
Des esprits délicats.
Mais au monde poli c'est se rendre incommode
Et le mettre en courroux, C'est offenser l'usage et quereller la mode
Que d'y parler de vous de Dieu .
On vous voit rarement vivre dans la mémoire De ces esprits de choix, Et l'on en voit d'entre eux bien peu qui fassent gloire
De vivre sous vos lois.
Quiconque ose en ces lieux étaler vos merveilles
Ou vanter vos grandeurs, Devient en même temps et l'ennui des oreilles Et le chagrin des cœurs.