VALÉRE, DAMIS. DORINE
CLÉANTE
Ah ! mon frère, arrêtez, Et ne descendez point à des indignités.
A son mauvais destin laissez un misérable, j Et ne vous joignez point au remords qui l'accable.
Souhaitez bien plutôt que son cœur, en ce jour, ]
Au sein de la vertu fasse un heureux retour ; ^
Qu'il corrige sa vie en détestant son vice, j
Et puisse du grand prince adoucir la justice, ■
Tandis qu'à sa bonté vous irez, à genoux, ]
Rendre ce que demande un traitement si doux *. j
ORGON
Oui, c'est bien dit. Allons à ses pieds avec joie
Nous louer des bontés que son cœur nous déploie; •
Puis, acquittés un peu de ce premier devoir, i
1. Du bien. Génin relève dans ces yers beaucoup d'obscurités et de néjfligeDce»
de style. Il est ainsi amené à penser que ce morceau n'est pas de Molière, et que .
le poète en aurait confié l'exécution à quelqu'un des versificateurs de sa troupe. j
Nous confessons que ce passage est d'un style peu soigné ; mais encore y peut-on {
reconnaître la manière de Molière; et d'ailleurs il serait Lieu étrange que le poète :' s'en fût remis à un autre qu'à lui du soin de finir sa pièce.
2. Si doux. « Oubli du mal, pardon, charité: voilà les derniers sentiments ex- 1 primés par ce personnage dans lequel Molière a fait passer sou âme généreuse et tendre. >> (Db la PouHEnAY£.) '
Aux justes soins d'un autre il nous faudra pourvoir, ï
Et par \tu doux hymen couronner en Valcre l
La flamme d'un amant généreux et sincère*. '
1. Sincrii: 1.0 (lénoùm lit du Tarlu/fe a été forl attaqué. On Vu déclaré pnstiche ; on s'cl pluinl qu'il fût amené par un ressort étraiincr à l;i pièce. M. Despijis '^ a répondu do façoN péroniploirc à ces critiques, ou mimlraiit qu'il n'v avait pus ^ d'autrn dénoùmciil possible : « l,a donation faite par Orgon à TRrtulfe étant régulière, ou ne voit pas comment Oi pon s'en tirerait devant les tiiliunaux ; et pour J sauver son liien, celui de sa famille, comme pour punir Taitulîe, il ne faut pas A moins que l'iiitorvention de celui là seul qui est au-dessus des lois, de Louis XIV. '! Léga'emcnt TiirtulTo resl.iil impuni, une lettre de cachet seule pouvait eu fair« J justice. •
i' 1 N ri' r A a T c F F E .