‹ Tartuffe; ou, L'imposteur; comédie en cinq actes. Ed. nouv. à l'usage des classesChapitre 59 sur 122 · ACTE m, SCENE II. G · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE II. G

Que voulez-vous?

DORINE

Vous dire...

TARTUFFE, tirant un raouclioir de sa poclie.

Ah ! mon Dieu ! je vous prie, Avant que de parier, prenez-moi ce mouclioir.

DORINE

Comment !

Couvrez ce sein que je ne saurais voir, Par de pareils oJjjets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées.

DORINE

Vous êtes donc bien tendre^ à la tentation, Et la chair sur vos sens fait grande impression ? Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte ; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte ; Et je vous verrais nu, du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas ^.

Mêliez dans vos discours un peu de modestie, Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.

DORINE

Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos. Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots. Madame va venir dans cette salie basse, Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.

Hélas! très volontiers.

dix-septième siècle ; mais, au siècle précédi'nl. il s'emploie avec la signification de ritalicn furfante (coquin), et ainsi il est probable que son origine est italienne. 1. Tendre à. Cf. Ec. des Maris, II, 9 :

2. Tenlprait pas. Marinctte dit à Gros-René à peu près dans le même lan-

... Ardez le beau museaii Pour nous donner entie encore de 53 peau.

Mais le ton est bien différent. C'est véritablement du dégoût que Dorine éprouve pour cet homme et pour ses pareils qui, sous prétexte que la teutation est partout, sont tentés partout et loujouis. C'est que cette perpétuelle défiance de la chair vient d'un perpétuel désir. Remarquez que cette verte réplique est comme arraché; à Dorine par sa répulsion ; elle avait écarté Damis de peur d'un éclat el ▼oici qu'elle-même ne peut se contenir.

DOniNE, à part.

('oui nie il se radoucit * Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.

Viendra-t-elle bientôt?

DOniNE.

Je l'entends, ce me semble.

Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble.

Page 1