‹ Tchao-sien-tche = Mémoire sur la CoréeChapitre 10 sur 18 · SI · texte numérisé non relu

SI

‘ f'ïi-

* ^ • c’est le aom tl’mie station de |x>ste.

en coréen Ilai'tchouny.

* ^ |Jj’ coréen Uyomj-san, c’est-à-dire «la montagne du dragon ».

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, pi taie; mais nous avons constaté que les montagnes au sud de Mien-yo-chan , qui font partie de la chaîne San-kio-chan h offrent une disposition qui s’accorde avec la direction des eaux en conformité avec les règles antiques. Aussi prions-nous le roi de placer sa . capitale sur la pointe sud de cette montagne, de l’orienter dans la direction du nord au sud. Cette ville devra s’étendre à l’est jusqu’à Ta-feung-chan^, au sud jusqu’à Cha-li^, à l’ouest jusqu’à Ki-feung^, au nord jusqaà Mien-yo, ces quatre points devant servir à limiter l’enceinte de la ville. »

Mien-yo est aussi appelée Pe-yo^.

Ma-yen-yng-tien^. Ce monument est situé en face Fol. i6r' du Tcheng-kun-kouan de Kaé-tcheng. Le roi de Kaoli, Kong-ming-ouang, fit construire pour la princesse Lou-kong-tchou ^ ce palais , qui était très grand et très beau et dont les ruines subsistent encore.

* ^ ib montagne aux trois cornes ou pointes». Ce passage nous démontre l’importance que les Coréens, à l’exemple des Chinois, ont toujours attribuée à la situation topographique de leurs monuments et habitations. Nous ne saurions trop recommander au lecteur l’intéressant travail du docteur Eitel sur la géoscopie chinoise: Feng-shiii or the rudiments oj natural science in China; London,

1873 , Trübner and c".

^ ^ |Jj, en corcen Tai-pong-san, c’est-à-dire «la montagne

du grand pic».

* ^ en coréen Sa-ri.

' |Ij^ c’est-à-dire «le pic fourchu».

^ coréen Pàik-ak-san, c’est-à-dire «le Mont-Blanc».

® ^ ^ ^ , c’est-à-dire « le palais construit à l’ombre de la

roche du cheval».

222 A0ÜT-SEPTEiMBHE-0CT013KE 1885.

Kioii-tchaé-liio'tang Les vieilles fondations de cel édifice existent au nord de Kaé-tcheng, sur la montagne Song-yo, à l’endroit où se trouve une caverne. Postérieurement au règne de Hien-tsong^, roi de Kao-li, lorsque la paix eut été rétablie, Ouen-sienkong^, dont le nom étaitTsoui'^ etlesurnom Tchong^, voyant l’état de décadence dans lequel était tombée l’instruction publique^ donna tous ses soins à l’éducation de la jeunesse et rassembla un grand nombre d’élèves qu’il* distribua entre neuf écoles, dont voici les noms : Lo-cheng^, Ta-tcbong’^, Tcbeng-ming Rin-y Tsao-tao G hou-sin Kin-te Taé-bo et Taé-ping^^. On appelait ces élèves les disciples de Tsoui-kong^^. Iis pouvaient ainsi se préparer aux examens pour la licence. Même après la mort de Tsoui-tcbong , les candidats aux grades littéraires continuèrent è fréquenter cet établissement, et ils reçu-

' ^ ^ ^ c’est-à-dire «le collège aux neiil divisions ».

^ m régna de iog5 à i io5.

«école de la joie surnaturelle».

’ ^ pp « école de la perfection ».

* ^ «école du zèle intelligent».

” ^ «école de l’application soutenue».

ÎB ^ «école de l’accès de la sagesse», n ^ )j>^ «école de la manifestation du caractère».

^ «école de la vertu acquise».

'3 «école de l’harmonie universelle».

"école de la préparation à l’accueil royal».

^ ^ en chinois Tc-lwiii-Jion(f-Um.

rent, depuis, le nom de ((disciples de Ouen-sienkong. » C’est ainsi que les lettrés et les gradués de notre contrée sont redevables des succès de leur carrière au fondateur du Kiou-tchaé-liio-tang.

Man-yaé-taé^ . Cette terrasse est située au pied de la montagne Song-yo ; elle précède la salle du trône du palais Yen-king-kong^ des rois deKao-li. On voit encore les vestiges de cette terrasse.

Yen-fou-ting^. C’était un kiosque dont les fondations existent en dehors de la grande porte de fEsl de Kaé-tcbeng, au pied d’une plate-forme creusée dans la montagne. Y-tsong^, roi de Kaoli, ayant entendu dire qu’à fest de la ville , au sud de la pagode Long-yuan-sse ^ de Cha-tchuen se dressait, au milieu de la rivière Long-tchuen dont elle arrêtait le cours, une roche appelée Hou-yen^, haute de plusieurs fois huit pieds et entourée d’une végétation luxuriante, donna l’ordre aux fonctionnaires du palais, Li-tang-tchou ^ et autres, défaire construire à cet endroit un kiosque appelé Yen-fou et de planter

«la ten-asse de la pleine lune».

^ ^ ^ palais de la réception solennelle».

^ jjjig « le kiosque de la réception propice ».

^ Wt régna de 1147 ^ 1170 ap. J.-C. "

«le temple de l'étang du dragon».

^ ^ Jl[’ coréen Sa-tchyen, cesl-à-dire «la rivière sablon-

neuse».

’ §1, jl|i 611 coréen IlYbmj-tcliyen , c’est-à-dire «la rivière du dragon » .

(^’cst-à-dire «la roclie en l'ornie de tigre».

à l’entour les plantes les plus belles et les fleurs les plus variées. L’eau n’étant pas assez profonde pour qu’on put y lancer des bateaux, le roi en fit élever les rives de façon à former, un lac où, du matin au soir, il passait son temps sur une barque, s’adonnant aux plaisirs de la table et de la boisson ; les orgies se prolongeaient quelquefois pendant des nuits entières ; les courtisans couronnés de fleurs s’enivraient au point de tomber inertes au fond des bateaux où ils oubliaient l’heure du retour. Par ces excès, le roi s’attira la haine de ses gardes du corps, qui finirent par se révolter.

Koaei-fa-sse b Les vestiges de cette pagode existent en dehors de la porte Tan-sien-men ^ de Raé-tchengfou. C’est là que Tsoui-tchong allait chaque année chercher, dans les habitations des bonzes , un refuge contre la chaleur et une retraite pour l’étude. Il laissait aux gradués, qui n’avaient «pas encore eu accès aux emplois publics, le soin de faire étudier à ses élèves les neuf livres canoniques et les trois livres historiques. C’est là aussi que se réunissaient d’anciens fonctionnaires pour improviser une pièce de vers dans un temps donné. Tsoui-tchong dressait une liste des compositions. classées par ordre de mérite et proclamait les noms des premiers , qu’il invitait à boire des vins d’honneur, pendant que, debout sur les côtés, les élèves les plus jeunes et les adolescents faisaient de la musique et servaient à table. Il

‘ « le temple des principes primordiaux ».

- ^ [1|U «la porte de la montagne de charbon».

y avait un cérémonial fixé pour la présentation de la coupe remplie de vin, et ce cérémonial variait : suivant l’âge du convive. Des défis amicaux prolon-

geaient ces réunions j usqu’au soir ; elles se terminaient par une composition, sur le thème Lo-cheng-yun \ imposée à chacun des assistants. Ces fêtes ne manquaient jamais d’exciter l’admiration des spectateurs.

Province de Tshnen-lo-tao.

Kong-clioa^. Cet arhre se trouve en dehors de là porte du sud de Kouang-tcheou^. Il offre l’apparence d’un immense toit circulaire élevé à une hauteur de plus de soixante-dix pieds. Dix hommes peuvent à peine en embrasser le tronc. Les gens du pays pouvaient prédire d’après l’avance ou le retard de l’apparition de ses feuilles , si l’année serait bonne ou mauvaise. Cet arhre a actuellement cessé de vivre.

Tsoiii-che-yaen^ . Ce jardin est situé à l’ouest de Ling-yen-kun L’on raconte qu’un sujet du roi de

^ ^ l^K’ c’est-à-dire «les rimes des étudiants de Lo-yang».

Cette ville, qui fut autrefois la capitale de l’est de l’empire chinois, était renommée pour la valeur des lettrés sortis de ses écoles. Loyang fait actuellement partie de la province de Ho-nan.

- ^ ce qui signifie «l’arbre de l’arc».

^ ^ îI*H’ coréen Koang-tjjou. Cette ville apparlenait autrefois à la principauté du Po-haé. «... ville murée à 726 lis de la capitale; 4o cantons; lat. 34° 4\ long. 124° 18'.» [Dict. des miss, étr.) * ^ Æ SI «le jardin de la famille Tsoui».

^ ^ Mi coréen Hyeng-am , c’est-à-dire « la sous-préfecture

de la roche des esprits». «... ville murée à 810 lis de la capitale; 9 cantons; lat. 34° 87', long. 1 a3° 58'. » [Dict. des miss, élr.)

Fol. iG

8in-lo , nommé Tsoiii, possédait autrefois un jardin où croissaient des pastèques, longues de plus d’un pied, qui exitaient l’admiration de sa famille. Un jour, sa fille, ayant mangé en cachette un de ces fruits , devint enceinte et , le temps venu , donna naissance à un garçon; mais ses parents courroucés de cette naissance, survenue en dehors de toute intervention humaine, exposèrent le nouveau-né au milieu d’une forêt de bambous. Au bout d’une quinzaine de jours, la jeune mère alla voir ce que son enfant était devenu et elle le trouva abrité sous les ailes de tourterelles et de condors ^ qui planaient au-dessus de lui. De retour à la maison , elle fit à ses parents le récit du spectacle dont elle avait été témoin ; ces derniers coururent s’assurer de la réalité de ce fait extraordinaire et ramenèrent l’enfant dont ils prirent soin. Quand il fut grand , on lui rasa les cheveux et on en fit un bonze sous le nom de Taosien^. Il alla au pays soumis aux Tang et .y apprit, du vénérable bonze Y-hing^, les lois de la géoscopie, si bien qu’à son retour, il fut en état d’observer les positions relatives des montagnes et des rivières, et

^ Je traduis par «condor» le caractère d’après W. Williams : « A large accipitrine bird , of a black plumage , described as baving yellow a bead and piercing sight; it is probably ibe condor or lammergeir, found in Mancbui ia. » Voir le Syllahic (Uct. of thc Chinese Lancjuciffe J p. looo.

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, de prononcer plusieurs prophéties miraciilenses. Dans la suite cet endroit fut appelé Riou-lin h

Mao-hiiig-hiié'^, Celte grotte est située à deux lis de distance au sud de Tsi-tcheou. Voici ce qu’on lit dans les vieilles chroniques de Kao-li :

« Au commencement du monde , alors que la terre n’était pas encore habitée par l’homme, trois génies sortirent du sein de la terre; ils avaient nom : le premier, Leang-y-na ^ ; le second , Kao-y-na^h le troisième , Fou-y-na®. Ces génies s’adonnèrent à la chasse, se vêtissant des peaux et se nourrissant de la viande des bêtes qu’ils rencontraient dans ces contrées désertes. Un jour, ils virent surnager près de la plage de la mer orientale, une armoire en bois recoin erte d’une vase violette ;'ils s’emparèrent de cette armoire et l’ouvrirent; à l’intérieur ils trouvèrent trois vierges revêtues d’habits violets, des chevaux et des bœufs tout jeunes et des semences. Ces trois génies choisirent chacun une des trois jeunes fdles, de façon à former une union proportionnée; ils semèrent les graines, élevèrent les animaux et eurent une nombreuse postérité. On voit encore aujourd’hui, au nord de la montagne qui domine la ville, une grotte qui est située précisément à l’endroit qu’ils habitaient. »

' ou « l’orêt des tourterelles ».

^ ^ 1^ ^ ou «la grotte aux fourrures».

Province de Tcliong-tsing-tao.

Fol. 17 r*. Pao-moa-taé^. Cette terrasse se trouve dans la préfecture de Tchong-tcheou^, sur la montagne Foungleou-chan^; elle est élevée de plusieurs centaines de pieds. On raconte qu’autrefdis une femme génie appelée Tsiang-ouei qui s’était donnée à elle-même le surnom de Pao-mou, prenait plaisir à se promener sur cette montagne et à se reposer dans une caverne quelle remplissait de senteurs embaumées. L’empereur Ming-houang de la dynastie desTang, en ayant entendu parler, envoya vers Pao-mou un Tao-sse®, qui la conduisit au palais impérial où elle reçut le nom de Tchen-ouan-fou-jen'^.

Tien-tchang-taé^. Cette terrasse est située à environ dix lis au nord de Fou-yu-hien. Sur la rive nord du fleuve , l’on voit une montagne escarpée , terminée par une plateforme surplombant l’eau. L’on

^ ou « la terrasse de la mère aux bulles ».

" & W- en coréen TcJiyoung-tjyou : «ville murée à 290 lis de Sye-oul; 38 cantons; ancienne capitale de la pro\ince avant 1692; lat. 36® 55', long. i25® 36'». Voir Dict. des missions étrangères.

» a a Lü. c' est-à-dire «la montagne de Tbomme agile».

^ ^ ^ d’une espèce de rose.

® Cet empereur régna de 716 à 766.

® Mot à mot : « docteur de la raison. » La doctrine de Tao a été fondée par Lao-tze. Lire la notice que F. Mayers a consacrée à ce fameux philosophe dans son Chinesc reader s Mannalj p. 110, 111, 112, 1 13.

7 ^ ^ ^ A’ ^ \éritablement accomplie.»

c’esl-à-dire «la terrasse du gouvernement céleste».

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, raconte que , sous les rois de Po-tsi , lorsqu’il s’agissait de nommer un ministre d’Etat, l’on écrivait la liste des fonctionnaires capables de remplir ce poste et on la plaçait, dans une boîte cachetée, au sommet de la montagne. Au bout de quelque temps la boîte était descendue , puis ouverte , et le nom sur lequel on trouvait l’empreinte d’un cachet était celui qui devait être choisi. Aussi a-t-on donné à cette terrasse le nom de Tcbang»cbe-yen.

Kiao-long-taé^. Au nord de Fou-yu, au pied du mont Fou-sou-chan^, se trouve, suspendue au-dessus du fleuve, une pierre extraordinaire sur laquelle on voit l’empreinte des griffes d’un dragon. L’on raconte que Sou-ting-fang , général au service de la dynastie des Tang, marchant à la conquête du royaume de Po-tsi, fut obligé de s’arrêter sur les bords du fleuve par un orage violent. Le général ayant jeté dans l’eau. un cheval blanc en guise d’appât, ramena un dragon au bout de l’hameçon. Après quelques instants, l’orage cessa, les nuages se dispersèrent et l’armée put passer le fleuve. Telle est f origine du nom de Pe-ma-kiang^ donné au fleuve, et de celui de Kiao-long-taé que porte la plate forme qui surmonte ce rocher.

Lo-]ioa-yen^K C’est une roche gigantesque, en forme

‘ bI Ï terrasse de la pêche du dragon».

c’est-à-dire «la montagne alliée (du général) Sou

ting-fang ».

" è .11 ûc. c’est-à-dire «le fleuve du cheval blanc».

c’est-à-dire « le précipice de la pluie des fleurs »..

XMrniMKRlE !<ATIO:(ALB.

de terrasse, située à l’ouest de Kiao-long-taé. L’on raconte que; lorsque le roi de Po-tsi , Y-tze-ouang, eut été mis en fuite par l’armée impériale des Tang, ses femmes se réfugièrent au sommet de ce rocher d’où elles se précipitèrent dans le fleuve : de là vient le nom de Lo-hoa-yen.

Soii-iing-fang-pei^. Cette stèle est située à deux lis à fouest de Fou-yu-hien. L’empereur Kao-tsong, de la dynastie des Tang, qui avait envoyé* le général Sou-ting-fang pour faciliter au généralissime de Sinlo, Kin-yu-sin, la conquête du royaume de Po-tsi fit ériger cette stèle en commémoration des services rendus par son général.

. Province de King-cliang-tao.

Fol. 17V". Che-lin^. Cette forêt est située au sud de Kingtcheou. To-baé-ouang^, roi de Sin-lo, ayant entendu parler d’un coq qui , perché sur les arhres du Clie-lin , faisait entendre son chant pendant la nuit, envoya quelqu’un s’assurer de la- réalité du fait; puis il alla en personne au pied de l’arhre; là il \it, suspendue aux branches, une caisse dorée sur laquelle était perché un coq blanc qui chantait. Le roi prit la caisse, l’ouvrit dès son retour au palais et trouva dans l’intérieur un petit enfant du sexe masculin; il s’écria, le cœur rempli de joie : u C’est le ciel qui m’envoie

«la slèle de Sou-ting-fang j?.

2 ÿ'p c’est-à-dire «la forêt du début».

^ ^ ï ou To-kié-oiinng , suivant la prononciation de Pékin.

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, un fils!»; il lui donna le surnom de Ngo-tche ^ et le nom de Kin‘^, en souvenir de la caisse dorée dont il était sorti. Depuis , cette forêt fut appelée Ki-lin^ et donna son nom à une principauté.

Kin-song-taé^. Cette terrasse est située au sommet de la montagne Kin-ngo-chan^, dans la préfecture de King-tcheou. Ouang-pao-kao sujet de Sin-lo, affectionnait cet endroit. Pao-kao se retira sur les monts Tche-y-chan et y étudia la harpe, pendant cinquante ans ; durant ce temps il composa trente-quatre morceaux. Lorsqu’il faisait entendre son instrument, des grues cendrées venaient planer aux environs ; aussi ces morceaux furent-ils appelés les morceaux delà haïqie aux grues cendrées , ou encore les morceaux de la harpe grise. L’on conte et fon raconte que Pao-kao fut métamorphosé en génie.

Pao-che-ting'^ . Ce kiosque est situé, à l’ouest de la montagne Kin-ngo-chan sur des rochers, qui affectent l’apparence du poisson Pao-in , d’où leur nom de Pao-che, et au milieu desquels f eau coule en serpentant. Le roi de Po-tsi postérieur, Tcheng-shuen ,

c’est-à-dire «le doré».

’ÜtIc, en coréen Tjeli-rim, c’est-à-dire «lu forêt du coq».

' ^ ÿ terrasse des sapins et de la harpe».

«la montagne du poisson d’or». Le poisson ngao est une espèce de Scorpœna (Pterois); on l’appelle aussi en chinois lonpleou-ju ^1, 5^ ^ on «poisson à tête de dragon ».

’ ^ ^ « le pavillon des pierres en forme de poisson pao » ;

ce poisson est iine des variétés de la perche.

après avoir incendié Kao-yu-fou \ entra directement dans la capitale de Sin-lo,dont le roi, Kin-ngaè-ouang-, suivi de ses femmes et de sa famille, était allé en excursion au Pao-che-ting. Au milieu des fêtes et des festins retentit un cri d’alarme : u Voici les ennemis ! » Ne sachant où s’enfuir, le roi et ses femmes se dirigent vers un palais, situé un peu plus au sud, où ils se cachent; mais les serviteurs, les musiciens, les servantes du palais sont pris par Tcheng-shuen, qui les emmène au palais du roi. Le vainqueur envoya des soldats à la recherche du roi fugitif avec Tordre de le forcer à s’étrangler. Il s’appropria les concubines royales, abandonna aux gens de sa suite les femmes du palais et ordonna à Kin-tchouan cousin du roi, de monter sur le trône autrefois occupé par son parent.

Tchan'sin-taé^. Cette terrasse est située à l’est de King-tcheou, au sommet d’une tour que Chan-teouang^, roi de Sin-lo, fit construire par la superposition d’assises de pierres. Celte tour, ronde à la base et carrée au sommet, renferme un escalier intérieur qui permet d’atteindre la plate-forme et|d’y observer les étoiles.

* C’était probablement la résidence d’un liaut fonc-

tionnaire nommé Kao-yu.

^ ^ ^ ï* régna de 92/1 à 926 ap. J.-C.

^ âm-

‘«s* «la terrasse de l’observation des étoiles».

^ ^ 3E* régna de 91 3 à 917 ap. J.-C.

Yaé-ming-hiang ^ est situé au sud de King-tcheou. Hien-kang-ouang^, roi de Sin-lo, se promenant à Hao-tcheng^, rencontra, à Kaé-yun-pou^, un individu doué dune physionomie extraordinaire et revêtu d’un costume étrange. Arrivé en présence du roi, ce personnage se mit à chanter ses louanges, et il le suivit jusqu’à la capitale. Il se donna à lui-même le nom de Tchou-jong Chaque fois qu’il faisait clair de lune , il sortait , allant chanter et danser par les rues de la ville. Lorsqu’il eut disparu, le peuple en fit un génie et, dans la suite. Ton désigna sous le nom de Yué-ming-hiang les rues qu’il avait égayées par ses chants et ses danses. On a recuelli les danses et les chants de Tchou-jong après la mort de leur auteur, et on les a rassemblés dans une pièce de théâtre.

Oaan-po-si-ki^. Sous le règne de Chen-ouen-ouang’^, roi de Sin-lo, une montagne surgit du sein des flots sur lesquels elle se mit à flotter. Le roi , étonné de ce fait prodigieux, s’embarqua et trouva, au centre de cette île , un bambou qui y croissait isolé. Il donna Tordre d’en couper la tige et d’en faire une flûte.

^ ^ mm « la rue du clair de lune ».

^ ^ «la ville aux grues».

^ ^ ^ en coréen Kài-oiin-hpo , c’est-à-dire «la rive aux nuages dissipés ».

® ^ ^ mot à mot : «la Hute qui fait tomber les dix

mille vagues. »

Fol. 1

Les sons tirés de cet instrument dispersaient 1^ troupes ennemies ^ faisaient tomber la pluie en temps de sécheresse, éclaircissaient le ciel lors des grandes pluies-, ils apaisaient les ouragans et calmaient les tempêtes : aussi cette flûte était-elle appelée la flûte qui calme la tempête. Toutes les dynasties se transmirent successivement comme un trésor inestimable cette flûte qui, sous le règne de Hiao-tchao-ouang b reçut le surnom honorifique de Ouan-ouan-po-po-siki“. Actuellement,- cette flûte n’existe plus.

Ya-ki^. Cette flûte est longue d’un pied et de neuf pouces; elle est remarquable par la pureté de ses sons. L’on raconte quelle provient du dragon , génie de la mer orientale. Les différents rois se sont transmis cet instrument, auquel ils attachaient le plus haut prix. Il existe encore de nos jours.

Yu-taé^. La première année du règne de Tchenping-oüang roi de Sin-lo , un génie descendit du ciel dans le palais du roi ^ auquel il adressa les paroles suivantes : u L’Etre suprême m’a donné Tordre de vous apporter cette ceinture de jade. » Le roi s’agenouilla et reçut ce bijou que, depuis, il porta lors

^ # BS 3E-

nom diffère du nom indiqué plus haut par le redoublement des deux cai*actères ouan-po ; il sert à affirmer et à exalter la vertu de cette flûte qui apaise dix mille fois les dix milles vagues amoncelées.

^ ï de* jade».

^ ï ^ ceinture ornée de jade».

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, des grands sacrifices ofTcïts soit aux pagodes, soit au temple des ancêtres.

Tsing-tien^. Ce champ est situé dans le district de King-tcheou. C’est sous les rois de Sin-lo que furent placées les bornes de ce champ, bornes qui existent encore maintenant.

Chang-choii-tcJiouang^. Ce village est situé au nord de Kin-ngo-chan. Tsoui-tche-yuan, sujet de Sin-lo, prévoyant que le fondateur du royaume de Kao-li^ augmenterait sa puissance, écrivit à son souverain une lettre, dans laquelle éta.ient ces mots : «dans le Ki-lin les feuilles jaunissent, tandis que sur le mont Ho-ling^ les pins sont toujours verts». Le roi, à la réception de cette lettre, fut irrité contre son auteur, qui se réfugia et se cacha avec sa famille sur le mont Kié-yé-chan dans le temple Haé-yng-sse qu’il ha-

ou «le champ divisé comme le caractère tsingn. Dans l’antiquité, les terrains étaient divisés en lots carrés et chaque lot en neuf champs de dimensions égales, le produit du champ central étant réservé- à l’empereur.

‘ ±’*€ «le hameau de l’envoi de la lettre».

C’est-à-dire Ouang-kien.

‘ î,l# «le mont aux grues cendrées». On saisira l’allusion de Tsoui-tche-yuan en se rappelant que la forêt Ki-lin était située dans le royaume de Sin-lo, tandis que le mont Ho-ling faisait partie du territoire de Kao-li.

® fJO lli’ coréen Ka-ya-san ; « . . . lat. 36° 48', long. 12/1° 21'». Voir Dict. des missions étrangères.

‘ EP c’est-à-dire «la pagode du sceau universel». Ce sceau universel est le souastika si souvent représenté sur les statues de llouddha. Il convient de constater ici la similitude du nom de la montagne, sur laquelle le monastère est construit, avec celui de «Ga-

habita jusqu’à sa mort. Gomme il jouissait d’une grande influence parmi le peuple de Sin-lo, l’endroit où était sa première résidence reçut le nom de Ghang-chou-tchouang.

Fol. i8v°. Houang-lomj-sse^. Ge temple est à l’est de Yuétcheng^ de King-tcheou. Tclien-ping-ouang, roi de Sin-lo , avait donné l’ordre à ses architectes de construire un palais nouveau à l’est du Yué-tcheng, lorsqu’un dragon jaune sortit d’une citerne. Détourné de son projet par cette apparition, le roi fit de ce palais une bonzerie* appelée Hoang-long-sse. Un des hôtes du couvent peignit sur le mur un vieux pin à l’écorce couturée et aux branches tortueuses ; les oiseaux, à la vue de cette peinture, volaient vers l’arbre qu’ils croyaient exister en réalité et venaient se heurter contre le mur, au pied duquel ils tombaient étourdis. Au bout de quelques années, le dessin s’effaça et les bonzes firent retoucher la peinture avec des couleurs; mais depuis cette restauration, les oiseaux ne se laissent plus prendre à ce trompe-l’œil.

Ti-clie-che^. Gette pierre est située à llia-tctiuen-

yalx, an ancient cily In Iiiclia, where Bucldhalivecl seven years : ithas a famous monastery, which is still visitée!». W. Williams, Dictionarj, p. 376.

^ ^ ^1, eu coréen lloancj-rjong , c’est-à-dire «la pagode du dragon jaune».

^ JIM. c’est-à dire « ville murée en forme de lune » : on appelle ainsi fenceinte semi-circulaire qui existe en dehors des portes de certaines villes.

^ SS pIf c’est-à-dire «la roche de la composition poétique».

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, kiin \ près de la caverne du temple de Haé-yng-sse , dont le nom vulgaire est Houng-lieou-tong^. A l’entrée de la grotte se trouve un pont appelé Ou-lioukiao^. Quand on a passé ce pont, à cinq ou six lis de distance, dans la direction de la pagode, on trouve une roche sur laquelle sont gravés des vers deTsouitche-yuan. Voici cette poésie ; « Dans toute la vallée on n’entend que le mugissement des cascades et le fracas des torrents; la voix de l’homme est étouffée, et les paroles prononcées, même à la plus petite distance, sont perdues; autant je crains que des paroles vaines et mensongères ne trouvent accès jusqu’à mon oreille, autant j’aime à voir l’eau courir en bondissant dans la monlagne.» C’est pour cette raison que l’pn a donné à cette roche gravée le nom de Tche-yuan-tang^.

Tou-chou-iang^. Ce monument se trouve sur le mont Kié-yé-chan, dans l’arrondissement de Hiatchuen-kun. La tradition nous apprend que Tsouitche-yuan, qui s’était retiré sur la montagne, sortit un matin pour ne plus reparaître : l’on retrouva son chapeau et ses chaussures sur une roche dans la forêt. Les bonzes de Haé-yng-sse, frappés de celte

en coréen llap-tclijen; «... ville à 910 lis de la capitale; 9 cantons; lat. 35“ 32', long. 12 5“ 36'». [Dict. des miss, étr.) ^ ^ «la grotte du torrent rouge».

^ pont de Ou-liou».

‘ ^ ^ c’est-à-dire «le temple dédié à Tche-yuan».

^ ^ ^ c’est-à-dire «le temple de la lecture».

238 AOÙT-SEPTEMBRE-OGTOBKE 1885.

disparition mystérieuse, récitèrent des prières, le jour anniversaire de cet événement, et firent peindre son portrait qu’ils placèrent dans le Tou-chou-tang, qui est à l’ouest de leur temple.

Koua-timj^. Ce kiosque est situé au sud de Tonglai-hien. Un des Fonctionnaires du royaume de Kao-li nommé Tchen-bu^, ayant été victime d’une fausse dénonciation, se relira dans sa campagne pour y cultiver des fruits et y planter des pastèques; il occupait ses loisirs en jouant de la harpe et en composant des poésies où il exprimait son dévouement pour son souverain. Ces chants ont été collectionnés et figurent dans les recueils de morceaux choisis.

Province de Hoang-liaé-tao.

Fol. i9r\ Ki-tclieng^ est située à vingt-cinq lis au sud de Iloang-tcheou Les troupes du roi de Kao-li, après avoir défait, au nord de celte ville , les brigands Hongkin les mirent tous à mort. Grâce aux combats in cessants dont cette localité fut le théâtre, le sol fut bientôt couvert d’ossements blanchis. Par un temps sombre, ou par un ciel pluvieux, alors que les es-

‘ ^ «le kiosque aux pastèques».

" ai5

^ «la ville aux jujubiers».

^ ^ coréen Hoan^-tjjou «... ville murée à 465 lis de

la capitale; i8 cantons; lat. 38" 3o', long, i 23® 3o'». Voir Dict. des missions étrangères.

‘ ifirti «les Foulards louges». Ce nom est du à la coiffure que ces rebelles avaient adoptée. Les rebelles chinois f(ui vinrent altac[uer Sbang-baï en i853 porlaicul le meme nom.

prits apparaissent sous des formes sépulcrales, des exhalaisons pestilentielles émanaient de ces champs et répandaient des maladies meurtrières. Le roi ayant envoyé, au printemps et à l’automne, des officiers pour brûler des parfums et adresser des prières aux ombres qui hantaient ce lieu, le terrible fléau ne tarda pas à disparaître.

Kong-to-kou^ . Cette caverne est située à trente lis à fest de Haé-tcheou elle a vingt pieds et plus de diamètre à l’orifice. Comme il y fait très sombre, on ne peut y pénétrer sans le secours d’une lumière; au bout de cinq lis, cette caverne devient tortueuse et s’avance plus profondément dans les flancs de la montagne , jusqu’au moment où l’eau dont elle est remplie empêche de continuer l’exploration. On raconte que le généralissime Kong-to s’aventura dans cette caverne et parvint jusqu’au sommet de la montagne Rieou-yué-chan, où se trouverait une issue, à dix lis de distance de fentrée. Si Ton allume du feu à l’orifice de cette caverne, l’on peut voir, au bout de dix jours, la fumée sortir du sommet de Kiou-yuéchan^.

^ ^ ^ c’est-à-dire «la caverne de Kong-to».

en coréen Voir dans Klaproth, p. 54, le pas-

sage relatif à celte ville; «... ville murée à 875 lis de la capitale; 33 cantons; lat. 37° 62', long. i23" 2b' d. [Dicl. des miss, élr.)

^ xn ui « la montagne aux neuf mamelons en forme de lune ». Nous verrons plus bas que cette montagne porte plusieurs autres noms. Voir le fol. 9 du 2® kiven.

AOüT-SEPTEMBRE-OCTOBRE 1885.

Province de Kiang-yuen-tao.

Clie-tsao ^

Che-tche^.

Che-tsing^. Ces trois monuments sonts situés à Kiang-ning-fou , aux environs du kiosque Han-songting^^ On dit que quatre génies s’arrêtèrent en voyage à cet endroit, pour y prendre le thé.

Fol. i9v“. Tsioa-tchaen-che^. Cette pierre est au bord de la route, au sud de Tsiou-tchuen-hien dans l’arrondissement de Yuen-tcheou’^; elle a la forme d’un fragment de cuve. La tradition nous apprend que cette pierre était autrefois placée sur les bords du Sitcbuen ^ et que l’eau quelle contenait avait non seulement le goût du vin , mais encore pouvait plonger les buveurs dans l’ivresse. Les autorités de Tsioutcbuen-hien, voulant épargner les allées et venues occasionnées par la qualité extraordinaire de cette eau, faisaient transporter la cuve dans un endroit

* «le fourneau de pierre».

- ^ ^ «le bassin de pierre».

3 5 # de puits creusé dans la pierre».

4 ^ ^ «le kiosque des pins au feuillage persistant».

«la roche de la source du vin».

ÎW ^ district de la source du vin ».

’ W, en coréen Ouen-ijyou; «... ville murée A i ko lis de la capitale; 20 cantons; capitale de la province de Kang-ouen ; lat. 37“ 1 3', long, 12 5° 37'». Voir Dict. des missions étrangères.

“ WJII. en coréen Sye-tchyen «la rivière occidentale».

MÉMOIRE SUR LA CORÉE, plus rapproché, lorsque la foudre tomba sur elle et la brisa en trois morceaux, dont fun tomba au fond de feau; le second disparut sans que l’on ait jamais pu en retrouver les traces; le troisième fragment est celui que l’on peut voir actuellement.

Province de Ping-ngan-tao.

Ki-lin-koii^ . Cette grotte se trouve au-dessous du pavillon Fo-pi-leou dans la préfecture de Ping-jang. Le roi Tong-ming-ouang y élevait un cheval appelé Ki-lin-ma^, dont le souvenir a été perpétué par une stèle érigée en son honneur. La tradition nous apprend que le roi Tong-ming-ouang pénétra dans cette grotte, à cheval sur le Ki-lin-ma, jusqu’à ce qu’il vit surgir une pierre appelée Tchao-tien-che à ce moment il fut transporté au ciel. Les empreintes du pied du cheval sont encore à fheure présente visibles sur la roche.

Tsing-tlen^. Ces champs sont situés dans les fau-

^ ^ coréen Keai-riu-likoul , c’est-à-dire «la grotte du

Kin-Iin ».

^ ^ pavillon du nuage vert».

^ cheval Ki-lin».

«la pierre de l’admission au ciel». La fin de Tongming-ouang ne pouvait manquer d’être aussi surnaturelle que sa naissance. (Note du traducteur.)

® C’est le nom générique des champs divisés, ainsi que nous l’avons décrit plus haut, suivant les règles établies par l’empereur Yu-ouang, au xxii® siècle avant notre ère. Voir le Chou-hing, kiv. i, f. n.

bourgs de Ping-jang. Ki-tze en avait placé les bornes qui ont été conservées jusqu’à présent.

Tsin(j-yan-kiao^ .

Pé-yiin-kiao^, Ces ponts se trouvent à Ping-jang, dans le palais Kiou-ti-kong ils ont été construits à l’époque du règne de Tong-ming-ouang.

(La suite à un prochain cahier.)

' ^ ^ «le pont du nuage azuré».

® 1^ ^ «le pont du nuage blanc».

^ ;1L ® palais aux neuf escaliers ».

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