Les moyens de mesure
L'utilisation de cette méthode implique la connaissance des moyens de mesure des volumes.
On ne mesure, en chimie, les volumes que pour les gaz et les liquides. On emploie pour mesurer les liquides différents instruments : ballons jaugés, burettes graduées, pipettes, cylindres gradués, etc., qu'il importe de bien connaître.
Parmi ces instruments, les uns ne permettent la mesure que pour un volume déterminé, sans qu'il soit possible de mesurer une fraction de ce volume; tels sont : les ballons jaugés et les pipettes graduées.
Les ballons jaugés sont des ballons dont la capacité est Hâtions jaugés. exactement déterminée pour une quantité donnée. Il en est de différentes capacités : de 100, de 500, de 500 et de 1000 c. c. Ils doivent être en verre bien recuit et également épais partout. Le col, muni d'un trait de jauge, est généralement long et effilé, ce qui, en diminuant la surface du ménisque, permet une plus grande exactitude de lecture.
Pour faire la lecture, il ne suffit pas de remplir le ballon, de le déposer sur une table et de voir si la convexité du ménisque correspond exactement avec le trait de jauge; les tables sont
rarement horizontales et ce procédé peut donner des erreurs assez considérables. On prend le ballon entre deux doigts et on le laisse pendre suivant la verticale; l'élevant alors doucement au niveau du rayon de visée, on fait une lecture bien exacte.
Pipettes. Les pipettes sont des tubes de verre portant vers la moitié de
leur longueur une dilatation de forme variable. Le bout supérieur est généralement rodé, tandis que l'extrémité inférieure se termine en pointe effilée. Les pipettes portent soit un Irait de jauge annulaire à la partie supérieure, soit deux traits, l'un supérieur, l'autre inférieur.
Pour se servir de la pipette, on plonge l'extrémité inférieure dans le liquide que l'on veut récolter, puis on aspire lentement par l'autre bout, jusqu'à ce que le liquide dépasse le trait de jauge. A ce moment, on place l'index humide sur l'orifice supérieur, puis on laisse pendre la pipette de façon que l'anneau de jauge n'apparaisse plus que comme un trait horizontal; en diminuant alors légèrement la pression du doigt sur l'extrémité supérieure, on permet l'écoulement de quelques gouttes de liquide. On continue ainsi jusqu'au moment où le sommet du ménisque affleure exactement le trait de jauge. On augmente alors la pression du doigt afin d'interrompre l'écoulement du liquide, puis on enlève soigneusement le liquide adhérent a la surface extérieure; cela fait, on soulève le doigt et le contenu de la pipette s'écoule. La quantité de liquide qui s'écoule ainsi peut varier, même en se servant toujours de la même pipette : aussi est-il recommandable de procéder toujours de la même façon: on applique la pointe de la pipette contre la paroi du vase et on laisse l'écoulement se faire librement. Quand il est terminé, on constate qu'il reste encore une goutte qui adhère
foriemenl au verre; il sutlit pour l'expulser de souffler légèrement but l'extrémité supérieure de la pipette.
Os recommandations ne s'appliquent, bien entendu, qu'à la pipette à un seul index. Si Ton emploie la pipette à deux index, on procède différemment. On maintient le doigt sur l'orifice supérieur de l'instrument et on laisse le liquide s'écouler jusqu'au moment où le ménisque affleure exactement au trait indicateur inférieur. On augmente alors de nouveau la pression du doigt et on retire l'instrument.
Les pipettes s'emploient principalement quand il s'agit de mesurer de petites quantités de liquides, telles qu'on les emploie pour procéder aux dosages volumétriques, ou bien pour faire des liqueurs de plus en plus diluées en partant d'un liquide titré plus concentré.
Burettes. — Tandis que les ballons jaugés et les pipettes ont Burettes, une graduation unique et ne peuvent servir que pour des quantités fixes, pour lesquelles ils ont été jaugés, les burettes possèdent une échelle de mesure et peuvent servir à mesurer n'importe quelle quantité de liquide.
Ce sont des tubes en verre, longs de o'O centimètres environ et divisés en trente ou bien en cinquante subdivisions. Le centimètre cube est indiqué par un trait plus long en regard duquel se trouve le chiffre correspondant.
Chacune de ces divisions est subdivisée et des traits plus lins et moins longs indiquent le */s ou 'e ino du centimètre cube. La lecture se fait de haut en bas. L'extrémité supérieure de la burette est munie d'un petit chapeau de verre qui protège le liquide contre la pénétration des poussières; l'extrémité inférieure appointie et fortement rétrécie porte un petit rentle-
ment. La burette se termine alors par un tube de verre mince, étiré en pointe très longue. Cette partie est réunie à l'extrémité inférieure de la burette par un bout de caoutchouc d'une longueur de 3 centimètres au maximum et solidement fixé par ses deux extrémités, sur la burette d'une part et sur la pointe d'autre part. La parlie libre de caoutchouc ne doit pas dépasser 15 à 20 millimètres et sert à placer la pince à pression ou pince de Mohr, qui ferme l'appareil.
Le remplissage de la burette est une opération très délicate. Frésénius recommande d'immerger la pointe dans le liquide, d'aspirer par l'extrémité supérieure jusqu'au moment où le liquide a pénétré dans la portion élargie de la burette, puis de fermer la pince et de verser le reste du liquide par l'extrémité supérieure de l'instrument. Ce procédé permet de remplir la burette sans interposition de bulles d'air dans la partie rétrécie. On peut aussi remplir la burette directement par le haut, puis ouvrir largement la pince et laisser le liquide s'écouler en un jet fort qui entraîne les bulles; s'il restait de petites bulles adhérentes, il suffirait de pincer à petits coups brusques le tube de caoutchouc pour les expulser.
Dès qu'elle est remplie, on place la burette dans un support et elle est alors prête pour l'usage. On a préconisé divers modèles de supports : tous présentent des avantages et des inconvénients; chacun choisira le modèle qui répond le mieux à son désir; l'unique condition dont il faut se préoccuper, c'est la verticalité rigoureuse de la burette.
La lecture du niveau du liquide dans une burette nécessite une certaine habitude. Les liquides forment dans la burette des ménisques à convexité inférieure. On peut lire le niveau en plaçant la burette dans un endroit bien éclairé et en prenant
comme point de repère l'affleurement du sommet du ménisque avec le trait ou ses subdivisions.
On a aussi préconisé l'emploi d'un flotteur bien équilibré, lequel, plongeant dans le liquide contenu dans la burette, porte un trait indicateur dont la coïncidence avec les divisions de la burette servira de point de repère. Le llotteur sera approprié à la largeur de la burette et llottera librement, sans adhérer nulle part à la paroi; il sera bien vertical, c'est-à-dire que son axe suivra bien exactement la direction de l'axe de la burette à laquelle il est destiné; s'il n'en est pas ainsi, il esl impossible d'amener les deux traits à coïncider rigoureusement (*).
Les cylindres gradués sont des tubes de verre plus larges que Cylindres
gradués.
les précédents ; ils sont munis d'une graduation en centimètres cubes.
Les uns sont ouverts et munis d'un bec, les autres bouchés à l'émeri. Ces instruments présentent tous le même inconvénient : la largeur du ménisque et la difficulté de faire bien exactement coïncider le sommet du ménisque avec le trait de graduation. Ils sont cependant d'un usage très fréquent et suffisent pour des mesures qui ne doivent pas avoir une grande rigueur.
1 II nous reste à examiner le calibrage de la burette : il est bon, en effet, 'le s'assurer par soi-même de la valeur de l'instrument que l'on a entre les mains. l'our le taire, on procède de la façon suivante : la burette étant bien remplie d'eau distillée a 17°08 ('.., on en recueille 10 c. c. que l'on pèse soigneusement. Ces 10 c. c. doivent peser 10 grammes. On peut, a l'aide de ces instruments, arriver à une précision considérable. L'erreur, dans certains cas, reste inférieure à 0*r.O 12,