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I. — Sensations d’intensité

De très nombreuses méthodes ont été utilisées jiour la détermination du minimum perceptible auditif.

Un principe très courant consiste à augmenter progressivement la distance d’une source sonore d’intensité considérée comme constante, montre, diapason entretenu électriquement, etc., jusqu’au sujet, soit

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en déplaçant la source, soit en faisant déplacer le sujet ; on obtient ainsi avec les dilïerents sujets les distances auxquelles ils cessent d’entendre le son, distances comparables.

Pour éviter ces éloignements, Charles Henrv, dans son audiomètre, interpose entre la source sonore et l’oreille du sujet un discpie d’ébonite percé d’une ouverture connue, et un dlajibragme, à ouverture variable ; on peut alors comparer les ouvertures, et même les intensités objectives, en admettant que l’intensité dans chaque cas est jiroportionnelle aux carrés des ouvertures du disque et du diajibragme.

On a aussi utilisé comme transmetteur du son l’électricité, afin de faire varier l’intensité reçue en agissant sur l’agent transmetteur : de nombreux acoumètres ont été construits sur le principe du téléphone avec une lame vibrante entretenue comme source de son, et un rhéostat permettant, [lar accroissement de résistance du circuit, de diminuer l’intensité transmise à l’appareil récepteur au([uel s’applique l’oreille du sujet.

Enfin une série d’appareils est basée sur la variation de l’intensité du son jiroduil et non sur des variations de l’intensité transmise ; il s’agit alors de la chute, de hauteurs variables, sur une surface métallique constante, soit de marteaux, soit de boules de liège, soit de s[)bères métalliques, etc.

C’est à cette catégorie ijue se rattache l’acousiesthéslmètrede Toulouse et Vasciiidk, à la folsjiraticpie et précis : dans cet ajipareil, sont renqilacées jiar des gouttes d’eau distillée, les sphèies de liège, corps non défini, et les sphères métaHicpies qu’il est, en ])ratic[ue,

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düTicile de faire tomber

sons actuellement une

à des intervalles courts et réguliers.

Notre méthode consiste donc à faire entendre, par un sujet placé à une distance fixe, des bruits d’intensité progressive, déterminés par la chute de gouttes d’eau .distillée d’un poids constant et tombant de hauteurs croissantes sur un corps métallique défini.

De la sorte, les conditions du phénomène sont assez exactement déterminées ; et les mesures prises par desobservateurs ditférents seront comparables entre elles.

L’appareil se compose d’un llacon rempli d’eau distillée donnant, par un robinet convenablement réglé, des gouttes dont chacune pèse hau-

teur de l’eau au-dessus du robinet, c’est-à-dire la pression, restant constante pendant la durée de l’expérience, grâce à un tube de- M AuioTTE. Les gouttes tombent sur une plaque d’aluminium, et nous propoplaque donnant le /a'.

MESURE DES SE>SATIO?JS AUDITIVES

Le son n^esl pas absohmieiit pur, mais la prédominance est très nette, et comme la mesure de l’intensité est valable, meme pour les bruits, et (pie les sons parasites sont toujours les mêmes, cela est sans inconvénient réel.

Le /a'(2i7,5 vibrations) se trouve dans le registre de la voix humaine, dans le registre moyen de la voix masculine. Or on sait que la sensibilité auditive est rnaxima pour les sons du registre phonatoire.

L’aluminium a été choisi pour constituer la plaque vibrante, parce ({ue ce métal ne s’oxyde pas. Pour que les gouttes, en s’accumulant, ne diminuent jias le bruit de la vibration, le disipie est maintenu incliné a 00”.

Un robinet, découvrant une ouverture de grandeur variable, permet de taire tomber les gouttes avec une vitesse plus ou moins grande.

Le poids des gouttes reste constant, étant donné le tube (ju’elles traversent après la sortie du réci[)lent, ce poids, à la température de 10" environ, atteignant, comme nous l’avons dit, dix centigrammes.

Un index, qui suit dans son ascension le llacon le long de la tige graduée, maiïpie la hauteur de la hase du llacon au-dessus de la phupie, c’est-à-dire la hauteur de chute.

L’ascension, dans notre nouveau modèle d’acousiesthéslmètre, s’ellectne, [)Our être rapide, au moyen d’une glissière quh'iieut être fixée au moment voulu le long de la tige grâce à une vis de pression. Pour obtenir des petites vaiiations de hauteur exactes, une crémaillère permet de déplacer le llacon le long de la glissière mobile. Le jeu combiné de ces deux dispo- Toui.ouse, ‘1'^' édit. I. — ' 10

sltifs permet d’obtenir rapidement des variations de hauteur exactes.

On comparera dès lors les sujets selon la hauteur de chute provoquant la plus petite sensation auditive.

Pour être traduites en intensités, les hauteurs de chute devront être rapportées à l’amplitude des vibrations de la plaque, exprimant diiectement cette intensité.

\ oici, à cet égard, la formule que nous avons déterminée pour cette traduction, en appelant / l’intensité et h la hauteur de chute, K et a étant des constantes empiriques :

J = K. Ig h’^

Avec les valeurs, que nous avons établies, des constantes, K=;if), a = 2,75, on peut obtenir les intensités, en centièmes de millimètre dans l’amplitude des vibrations, à partir de 10 millimètres de hauteur de chute.

Voici quelques chiffres que l’on obtient ainsi, l’intensité étant ex])rimée en millièmes de millimètre.

h (inin)

ro .

lOo

3oo .

5oo .

Ooo .

. 3ooo

Technique. — Le sujet est assis, la tête fixée par un appui-tête, de telle sorte que le tragus de Toreille explorée soit au niveau et à une distance de 20 centimètres du point central de la [daque vibrante où tombent les gouttes : Pour assurer l’égalité de niveau, l’acousi-estliésimètre est placé sur un su[)port à bauteur variable et que l’on règle une lois le sujet assis.

L’oreille autre que celle que l’on veut explorer est bouchée par un tampon d’ouate.

Le sujet doit avoir les yeux bandés ou être mis., par un moyen quelconque, dans rim[)Ossibilité de voir la chute des gouttes et les manipulations de l’expérimentateur.

Les expériences doivent êtres faites dans un silence absolu, par exemple dans une cabine téléphoni([ue bien matelassée.

Pour la détermination du minimum perce[)lil)le, on abaisse le llacon jusqu’à un centimètre au-dessus de la pla([ue vibrante, a[)rès avoir fait entendre au sujet le son produit par la chute des gouttes d’une hauteur moyenne ; puis, en prévenant le sujet de faire attention et d’écouter, on ouvre doucement le robinet, et, lorsque la goutte se détache, on referme ; si le sujet ne signale rien, on essuie la plaque avec un tampon d’ouate ; on remonte de 2 millimètres le flacon, et l’on recommence au bout de 10 secondes, jusqu’à ce que le sujet, à plusieurs reprises, signale la chute de la goutte pour une hauteur donnée ; comme contrôle, de temps à autre, on prévient le sujet d’écouter, et l’on ne fait pas tomber la goutte ou bien on la recueille sur une éponge pour qu’elle ne tombe pas sur la plaque.

Pour la détermination du minimum dilTérentiel, on place le flacon à une hauteur qui correspond à un multiple de l’intensité obtenue dans la détermination du minimum perceplilile, par exemple le double, puis, si l’on veut, le triple, le quadruple et le quintuple.

La hauteur étant déterminée, après avoir fait lomber la goutte de celte hauteur, on descend ou on remonte d’un millimètre pendant qu’un aide essuie la plaipie, et, cinq secondes a{)rès, on fait tomber de la ' nouvelle hauteur une autre goutte ; on demande au sujet ({uelle est l’impression sonore qui lui a paru la jilus forte ; on procède de même au bout de 3o secondes, en refaisant tomber la première goutte de la hauteur primitive, puis d’une hauteur différant de 2 millimètres, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le sujet reconnaisse une dilférence d’intensité des deux sons ; la dilférence de hauteur est alors rapportée, non à la hauteur initiale, mais, en s’appuyant sur la courbe des intensités (amplitudes vibratoires de la plaque) en fonction des hauteurs, la différence d’intensité est rapportée à l’intensité initiale.

Gomme contrôle, de temps à autre on fait tomber, au bout du même intervalle de 5 secondes, la deuxième goutte de la même hauteur que la première.

Il ne faut pas oublier d’essuyer toujours la plaque entre deux chutes, pour enlever l’eau et arrêter les vibrations : la goutte doit tomber en efïét sur la plaque immobile, sans quoi, suivant qu’elle contrarie ou favorise la vibration de la plaque au moment où elle l’atteint, elle produit un son plus faible ou plus fort.

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