I. En ajoutant des contrepoids ou en en [)rcnant de plus
IQ-l TECHNIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
est mesuré en millimètres et, à la rigueur en demimillimètres, à partir de i millimètre, et on écarte les deux aiguilles en faisant glisser avec un bouton une lame graduée dans la règle, munie d^un repère, du compas.
Technique. — Une région constante doit être choisie ]iour la détermination de cette finesse ^de perception, étant données les énormes variations régionales. 11 ne faut pas rpi’on puisse, au cours de l’exploration, rencontrer de poils. Aussi peut-on choisir féminence thénar, ou la face interne du poignet : une pointe devra toujours être ap[)liquée sur le même point, et l’autre s’éloigner de plus en plus dans une direction constante, car la finesse de perception varie avec le sens de l’éloignement. On pourra partir du milieu du pli principal qui se forme dans la flexion du poignet, et l’on s’éloignera en remontant l’avant-bras dans la ligne médiane ; la peau sera tendue par l’extension de la main fermée qui se trouvera en contre-bas.
La pression des aiguilles pourrait être réglée d’après la finesse de sensibilité à la pression dans cette région, préalablement déterminée, être prise, par exemple, lo fois supérieure à la pression minima perçue; cette pression serait réglée par le déplacement des contrepoids et mesurée à la balance pour chaque aiguille séparément.
lourds, on pourrait augmenter notablement la pression. On a employé quelquefois des compas avec pointes maintenues par un ressort, afin de connaître les pressions variables réalisées. Mais ce procédé dynamométrique rend très difficile la réalisation d’une égale pression à chaque fois j on sait de combien on s’est trompé, mais on n’évite pas l’erreur.
MESURE UES PERCEPTIONS
On demandera au sujet, qui sera comme toujours mis dans l’impossibilité de voir ces manipulations, de dire s’il sent un ou deux contacts'.
On place alors l’avant-bras du sujet sur un coussinet feutré, reposant sur sa face dorsale, la main en
extension, se trouvant en contre-bas. Le sujet doit être commodément assis ; après avoir fait sentir les deux aiguilles assez éloignées et très rapprochées pour faire connaître la nature des impressions exactes ressenties, on commence à exercer les pressions avec l’écart minimum en les faisant durer 2 secondes environ, et en les répétant, avec un écart progressivement croissant, toutes les 10 secondes, jusqu’à ce (jue, pour un écart donné, mesurant le seuil, le sujet distingue les deux
I. Le sujet peut, lorsfju’il est près de dilîrrencier les contacts, sentir, non un point mais une ligne. Il faut considérer cette sensation intermédiaire, comme corres[»ondant encore au contact indifférencié.
kjG technique de psychologie expérimentale
contacts. Le contrôle est réalisé en exerçant parfois une seule pression, appliquée sur le point fixe L
11 laut jH'endre quelques précautions avec ce compas : laire attention de l’approcher doucement de la peau et ne pas laire tomber les aiguilles, assurer avec des coussinets la parfaite horizontalité de la surface explorée pour (jue les deux pointes touchent bien simultanément et peiqiendiculairement la peau. Lors- (pie les aiguilles rejiosent sur la peau, on continue à laire descendre le compas de quehjues millimètres en ])renant garde de ne [las descendre trop, sans c|uol, une fols le chauq) de l’oscillation des aiguilles parcouru, on exercerait une pression nouvelle et on ris- (pierait de jiiquer le sujet; il ne laut pas non plus cjue le conq)as se déplace dans cette descente, sans (pioi les aiguilles glissant sur la peau exciteraient des surfaces, et la dillérenciation serait facilitée.
Enfin on doit reposer son bras en prenant garde de ne pas frôler le sujet en descendant le compas.
II. Contacts successifs. — Les contacts successifs sont mieux dillérenciés t(ue les contacts simultanés ; on peut donc explorer séparément la finesse de la distinction des lieux touchés par une pointe.
On garde une seule aiguille au compas haphi-esthésimétrique et l’on exerce, à très court intervalle, deux pi essions avec cette même aiguille, sur deux points illUérents.
Technique. — On choisit la même surface que pour
I . (Jn constate souvent alors que le sujet accuse 2 pointes, commettant des « Vexirfeliler ». On les évite en rappelant de temps à autre la sensation doul)le avec des écarts très supérieurs au seuil, comme l’a montré Foucault.
MESURE DES PERCEPTIONS
l’expérience précédente et on adopte le même point fixe et la meme surface de déplacement On procède exactement de môme, à cela près([u’on exerce le premier contact pendant 2 secondes, et le second anssitô)t a{)rès pendant le même temps. Le sujet doit dire si c’est le même point cpil est touché ou un [loint durèrent. Comme contnMe, on exerce assez souvent les deux juessions sur le même point fixe.
Pour ap[)récier les distances intervalles, on repasse <à l’encre grasseies divisions d’un papier milllmétréet l’on décahjue sur. la région à ex[)lorer. On peut ainsi a[)|)récler facilement le demi-millimètre. I.e seuil sera mesuré comme ])récédemment.
III. ConlacLs üumohilc cl niohlle. — Miciiotte, ])Our la dillérenciation des contacts, a employé une méthode (]ul lui adonné d’excellents résultats, et qui consiste à exercer une pression en un [)oint avec une aiguille, et à écarter l’autre aiguille progressivement, avec une vitesse aussi constante (pie possible, dans des directions rayonnantes pai' rapport à la pointe immohile prise comme centre, juscpi’à ce (pie, dans chacpie direction, on détermine un point où le contact mobile est dillérencié de l’autre.
L’a[)|)areil (pi’il utilise [lerniet une [uession à peu près éga le des deux jiolntes, même de celle (pii glisse sur la |)cau, en les laissant peser de leur poids, et en les maintenant seulement [lar des tubes servant de tuteurs, un peu inclinés poui' permettre le rapprochement des [)ointes ius(ju’au contact. C’est donc le principe général adopté dans nos aiguilles bapbi-estbésiniétri(pies.
l'iU demandant aux sujets de ne déclarer la distinc-
tion des pointes que lorsque cette distinction est nette*, Michotte a obtenu par cette méthode d’intéressants résultats, et il a établi l’existence de champs régionaux où l’écart est homogène, la distinction se faisant au contraire très vite lorsque l’écart se trouve chevaucher sur deux champs voisins (séparés anatomiquement et surtout physiologiquement, par des plis en particulier, distinguant des zones de solidarité fonctionnelle).
B. — Localisation des contacts.
On peut, avec une seule aiguille de compas, et dans la même région, elï'ectuer des contacts, en demaiulanl au sujet, prenant une aiguille de l’autre main, de montrer le point qui lui a paru être touché.
En millimétrant comme précédemment la surface explorée, on détermine l’erreur moyenne de localisation. Cette erreur moyenne dillère naturellement beaucoup suivant les régions ; c’est pourquoi, pour comparer les sujets, il faut toujours adopter une région constante.
En outre de cette localisation absolue, on peut étudier l’exactitude des localisations relatives ; on touche un point central, puis un point éloigné de l’autre d’une distance variable dans un cercle déter-
I. Il faut se rappeler eu etfet qu’il existe difTérents types chez les sujets, distingués par Binet, et eu particulier des simplistes et des iiiterprétateurs. Certains accusent deux pointes pour la moindre variation de sensation ; d’autres attendent d’en sentir nettement deux ; d’autres, plus scrupuleux, hésitent en analysant leurs sensations.
MESURE DES l‘ERCEPTIO>iS 1 99
miné. Le point central étant marqué, on demande au sujet de localiser l’autre point par rapport au premier, comme direction et comme distance, ou seulement comme direction, à distance fixe, puis seulement comme distance, à direction constante. Grâce au papier millimétré décalqué on repère sur le papier meme les points touchés et les points Indiqués pai le sujet, et, avec une règle graduée et un rapporteur, on évalue les différences angulaires et linéaires.
G. Sensations de déplaeemeni des contacts.
Les mouvements d’un corps à la surface de la peau sont perçus. On peut donc déterminer quelle est la plus petite vitesse du mouvement compatible avec cette perception, ou la plus petite dillérence de ^itesse perceptible, pour un déplacement d’étendue constante d'une part ; et, d’autre part, ou le plus petit déplacement compatible avec cette perception, ou la plus petitediffcrencc d’étendue du déplacement perceptible, à vitesse constante. ^
Pour obtenir, au cours du déplacement d’uncor|)s exerçant une pression sur la peau, une égalité sulli- ■ santé de cette pression, le mieux est de faire appel a des crins qui, se pliant plus ou moins, épousent les creux et les élévations de la peau sans cesser d oxeicei une pression sensiblement constante.
En employant un crin assez dur, sortant plus ou moins d’un tube où il est Immoliilisé, comme dans Pestliésiomètre de Erey, on peut exercer sur la peau une pression qui sera un multiple constant de la pies-
sioH miniina perçue dans la région explorée : on se contentera d’une pression 5 fois plus forte.
On pourra tonjours adopter la face interne du poignet, comme région d’exploration. Les vitesses et les étendues du déplacement seront obtenues par exemple en fixant, par l’intermédiaire d’iin support horizontal réglable à la hauteur voulue, la tige porte-crin à un chariot de cylindre automoteur, dont on peut faire varier la \itesse grâce à l’inclinaison variable des ailettes (à moins qu’on fasse mouvoir le chariot par courroie de transmission au moven du moteur du cylindre tlont on règle les vitesses'). En réglant avec un butoir la course du chariot, on peut régler l’étendue (lu dé[)lacemcnt.
'rcch/iufue. — Le sujet étant commodément installé, 011 règle à une vitesse donnée le déplacement du chariot, par exemple ho millimètres à la minute, et on le met en marche, disposé de telle façon que le crin parcoure la ligne longitudinale médiane de la face interne de l’avant-hras. On limite la course du chariot pour que, partant d’un point quelconque, le crin aboutisse à i millimètre en avant du pli de llexion du poignet, repère (pie nous avons plusieurs fois indiqué ; on délimite le début de la course en plaçant au-dessus de la peau un carton cpii soulève le crin jusqu’au pli en question.
1. Le r(3gulatCMir de Pickering permet de donner des vitesses (|uelconques avec une régulation à peu près parfaite. Ou peut avoir des vis à tour de spire plus ou moins serré pour faire mouvoir le cliariot à des vitesses très lentes ou assez rapides pour la môme vitcïsse de rotation du mécanisme du cylindre.
MESURE DES PERCEPTIONS
Le crin glissera sur la peau sur une longueur de i dixième de milllmèlre, pendant i dixième de seconde.
On augmente ensuite le déplacemeni, en éloignant le butoir du chariot, progressivement, chaque expérience étant faite après 3o secondes de repos, jusqu’à ce que le sujet perçoive un déplacement. De temps à autre on tient soulevé le crin au-dessus du pli de flexion et on le laisse reposer immobile pendant une seconde, puis on le soulève, à titre de contrôle. Quand on a déterminé le seuil pour l’étendue du déplacement, à vitesse constante, on assure un déplacement double de ce seuiD, en employant le meme procédé que plus haut, puis on provoque dans les mêmes conditions, des déplacements à vitesse progressivement croissante, en commençant par des vitesses très lentes, de b millimètres à la minute, soit un dixième de millimètre à la seconde, puis on augmente constamment la vitesse jusqu’à ce qu’on ait atteint le seuil. De temps à autre on j)rocède comme nous l’avons indiqué plus haut pour assurer le contrôle des réponses du sujet.
Enfin on pourra, en eiléctuant un déplacement double du seuil avec une vitesse double égalemenldu seuil, à moins de choisir un dé[)lacement lixe de ib millimètres par exemple, à la vitesse fixe de bo millimètres à la minute, rechercher quel est, soit le plus petit accroissement d’étendue du mouvement qui est perçu, soit le plus [letit accroissement de vitesse, le
I . On pourrait aussi adopter un d('[)laccmeut fixe, par exemple de i5 millimètres, car aussi bien on devrait alors eboisir dans rexpériencc précédente une vitesse en rapport avec le seuil préalablement déterminé.
contrôle s eflecluant en réalisant à nouveau de temps
à autre deux fois de suite l^étendue étalon ou la vitesse étalon.
Entie les deux déplacements du couple de comparaison, on évitera de prolonger l’intervalle de plus de i5 secondes, en hâtant les manipulations ; entre deux couples on donneiaun repos d’une minute h
Tl est inutile de préciser encore une fois la nécessité, au cours de ces expériences de n’atteindre aucun poil avec le contact mobile : S’il y en avait dans la région a parcourir, ils devraient être rasés.
Ê. — Délumlülion des surfaces de contact.
Nous avons des données sur la surface cutanée parcourue par un mobile ; nous en avons aussi, mais moins nettes, sur la surface comprimée par rin corps de forme donnée ; il existe dans une certaine mesure des perceptions stéréognostiques statiques, passives.
Les perceptions peuvent être évaluées au moyen de surfaces différentes appliquées contre la jDeau :
On emploiera par exemple des corps géométriques en cuivre, de forme définie, ayant une épaisseur unilorrne. Il est nécessaire que ces corps soient assez petits pour pouvoir reposer par tous les points sur une
I . On peut encore faire localiser au sujet les déplacements, soit d’une façon absolue pour les deux extrémités, soit d’une façon- relative a partir d une extremite fixe, en direction et en étendue; en ce qui concerne la direction, on peut aussi chercher quelle est la plus petite différence angulaire perceptible entre deux déplacements identiques de direction variable.
MESURE DES TEUCEPTIONS
surface cutanée du sujet. Mais, comme des corps remplissant ces conditions ne seraient pas sullisam-
Fig. 4,2. — Lames géométriques du stéréo-cslhésimètre de Tol’i.oise
et Vasciiiue.
ment lourds pour éveiller des sensations de forme, il laut que l’on puisse exercer sur eux une pression mesurable.
Pour toutes ces raisons, les corps cpii ont été choi-
Fig. 43. — Plateau supérieur du stéréo-cstliésimèlre.
sis dans le stéréo-estliésimètre rouuousE et Vascuide sont des lames de cuivre d’une éjtalsseur de o'”,ooi et représentant des rectangles (de o''’,oo5de largeur).
2o4 tfxhmque de rsYciioLOGiE expérimentale
des cercles, des carrés et des triangles équilatéraux ; les côtés ou les diamètres sont, pour tous ces objets, de o'",oi (fig. 42). On les cbautTe à la température de la peau du sujet et on les pose sur une surface cutanée immobile. La perception exacte de la forme ne serait pas encore possible dans ces conditions.
Fie;. Vi. — Plateau des triangles du stéréo-est liésimètre.
Pour la provoquer, on exerce une pression sulTisante sur le centre de la ligure géométrique au moyen d’un stéréognomètre (dynamomètre) à ressort gradué en grammes. J^’acuité stéréognostique est mesurée par la pression minima qu’il faut exercer pour faire reconnaître chaque forme géométrique.
l’our la recherche des minima différentiels, on a fait construire des séries de rectangles, de cercles, de carrés, de triangles, où les longueurs (côtés et diamètres) des formes, croissent, par rapport aux étalons, dans une progression régulière, soit de i pour 100.
MESURE DES rERCEPTlONS
Voici en résumé la nomenclalure des formes:
L’étalon a loo divièincs de niilli mètre de longueur, de diamètre ou de côté ; et les dimensions des lormes sérielles, au nombre de 24, vont de 101 dixièmes de millimètre à 200 dixièmes de millimètre, en augmentant [lar I dixième de millimètre, de 101 à iio, et par 10 dixièmes de millimètre, de iio à 200.
L’angle extérieur formé par les deux côtés sendilables de l’étalon a ; les formes sérielles, au nombre de 2‘S, vont de 45“ 1/2 à 90“, en semblables \ ’j augmentant, par 1/2 degré de 45“-
O'", 01). I [ il 5o“, par degré de 5o“ à Go“,
/ ' et par 10 degrés de Go“ à 90“.
N. H. — Les formes de cbaijue genre sont numéroté-es en ebiffres exprimant les dixièmes de millimètre des dimensions variables.
Rectangles.
pour la mesure des longueurs.]
Ceucles. . . ./
Carrés. . . pour la mesurel
Triangles éqii-4 des surfaces.'