CHAPITRE XVIII 1er CAS : COXALGIE SANS DÉVIATION
Sommaire. — Indications thérapeutiques : Guérir la tuberculose par le repos de la hanche dans la position couchée. — On recherche ici la euérison intégrale de la hanche avec conservation des mouvements. — Repos et fixation des deux jambes, mais sans appareil plâtré qui, à la loneue amènerait de l'atrophie musculaire et compromettrait la mobilité pour 1 avenir. 1
Ici le diagnostic est tout, le traitement n'est relativement rien (fig. 145) si l'on a affaire à des parents raisonnables. Renvoyons donc à ce que nous avons dit sur le moyen de faire le diagnostic en ce cas (ch. I, p. 7).
Quant à notre traitement, il aura pour objectif de faire avorter la coxalgie, d'éteindre le foyer tuberculeux avant qu'il ait pu donner un abcès ou une attitude vicieuse.
Pour atteindre ce résultat parfait, nous recommandons le repos dans la position couchée avec le maintien exact des deux jambes, mais sans appareil plâtré.
Laisser marcher l'enfant avec un appareil quelconque, c'est ne pas faire assez; on court trop de risques de voir la maladie s'aggraver sous l'influence de la marche.
Mais à la prescription du repos dans la position couchée, ajouter un appareil plâtré, c'est trop, et puisque ce n'est pas nécessaire,
c'est mauvais, parce que l'appareil pourrait raidir un peu la hanche el atrophier le membre, à la longue.
Ne savons-nous pas assurer, sans appareil proprement dit, le repos et l'immobilisation du membre malade et môme des deux jambes (voir chapitre V et flg. 29, p. 44).
Quand l'enfant a été fixé, à l'aide de sangles et de boucles, sur
le cadre que nous avons recommandé, il suffira de le voir tous les huit ou quinze jours pour s'assurer que la jambe reste en bonne attitude et pour interroger la sensibilité de la tête fémorale à la pression. Cet examen hebdomadaire peut se faire sans que l'enfant soit enlevé de son cadre. C'est seulement toutes les six semaines ou tous les deux mois qu'on le fait enlever du cadre et placer sur une table droite, pour vérifier encore plus sûrement la bonne position du membre et porter tout doucement une seule fois la jambe malade en flexion et abduction, — ce qui permet de se rendre compte de la mobilité et ce qui suffit à empêcher les deux jambes de s'enraidir même avec une immobilisation très prolongée.
La mère profite de cet examen pour faire la toilette générale de l'enfant.
L'enfant vit au grand air, dans une petite voiture longue, à la plage (comme à Berck), ou à la campagne.
Et l'on attend ainsi très patiemment pendant des mois que toute sensibilité de la tète fémorale à la
pression soit disparue.
Lorsqu'enfin il ne souffre plus à la pression de la hanche et qu'on peut provoquer sans douleurs des mouvements normaux ou presque normaux, l'enfant est guéri cliniquement ; mais il ne l'est peut-être pas encore anatomiquement.
Attendez donc, à partir de ce moment, six mois, quatre mois au minimum, avant de lever l'enfant.
Au début il sera levé cinq minutes toutes les heures, pendant une dizaine de jours, se tiendra debout simplement, sans marcher,
Fig. 145.— f" cas. — Coxalgie gauche au début, sans attitude vicieuse.