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LES LYMPHATIQUES DES LEVRES

LA LÈVRE INFÉRIEURE. — Riche système de vaisseaux lymphatiques naissant de deux réseaux, l’un sous-cutané, l’autre sous-muqueux, en continuité l’un avec l’autre au niveau du bord libre.

Anatomiquement : on a voulu schématiser des ré-

gions et désigner des collecteurs allant à tel ou tel

ganglions.

En pratique : les lymphatiques de la lèvre inférieure aboutissent aux ganglions sous-maxillaires et aussi au groupe sous-mental.

Les lymphatiques de la moitié droite de la lèvre allant aux ganglions sous-maxillaires droits et inversement, une lésion médiane pouvant donc ensemencer les deux côtés.

En pratique : à côté de cas typiques : d’une part, l'anatomie décrivant des anastomoses entre les deux réseaux sous-Cutanés sur la ligne médiane ; les constatations cliniques, d’autre part, permettent de voir une lésion strictement unilatérale donner parfois un

retentissement ganglionnaire des deux côtés et, plus rarement, une adénopathie croisée.

À LA LÈVRE SUPÉRIEURE. — Même réseau sous-cutané et sous-muqueux. Différence toute théorique : les anatomistes ne signalent pas d’anastomoses sur la ligne médiane, Dorendorf signale la possibilité, ici, d’un tronc collecteur aboutissant aux ganglions parotidiens. Ce qui permettrait aux ganglions de la lèvre supérieure de ne pas être situés dans le terrain de l’exérèse chirurgicale que l’on pratique habituellement au niveau de la sous-maxillaire seulement.

Pratiquement, l’étude des cas observés n’a jamais permis de constater de ganglions en dehors de la région sôus-maxillaire (56 cas, Ducuing).

—« En résumé : les ganglions sous-maxillaires et « sous-mentaux représentent le premier relai gan- « glionnaire des lymphatiques des lèvres. Ce n’est « que dans les cas exceptionnels que l’on peut voir « un des vaisseaux brûler cette étape et gagner di- « rectement les vaisseaux cervicaux profonds » (Poirier).

On trouve dans certains travaux allemands un essai d'explication anatomique de certaines métastases ganglionnaires anormales.

Noetzel, dans un article de 1906, fait état de travaux reproduits dans l’Atlas anatomique de Toldt (volume 2, figure 1-112) et dit : «Nous voyons com- « ment un rameau important des vaisseaux lympha- « tiques afférents ne participe pas à la formation du « ganglion, mais passant près de lui, s'embranche di-

rectement sur un vaisseau efférent, si bien qu’il se produit une anastomose autour de la glande entre les Iymphatiques afférents et efférents.

« Druner en fait la preuve par des coupes en série après injection dans les lymphatiques de substances colorantes et fixatrices.

« Dans ces conditions, on a pu montrer que, au cou, par exemple, le passage peut se faire directement d’un territoire périphérique dans le canal thoracique grâce à ces anastomoses lymphatiques extra-ganglionnaires. Dans ces conditions, le fait qu’il y a des voies détournées dans le système Iymphatique ne permet pas toujours de trouver les adénopathies à l’endroit où il est habituel de les rechercher. Cela vaut noñ seulement pour les affections cancéreuses, mais pour toutes les infections. La diffusion par la voie lymphatique principale est bien la plus fréquente, mais n’est pas la seule, » Peut-être faut-il voir là l'explication de certaines

adénopathies de siège très anormal.

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