‹ Technique microscopique appliquâee áa l'anatomie pathologique et áa la bactâeriologie. Manuel pratiqueChapitre 26 sur 96 · IV. Dégénérescence graisseuse · texte numérisé non relu

IV. Dégénérescence graisseuse

On en fera l'examen de préférence dans les coupes fraîches ou dans les préparations obtenues par frottis prélevés à l'état frais. Voici les réactions microchimiques des corpuscules graisseux :

1" Ils ne disi)araissent pas par addition d'acide acétique;

2" Ils résistent à la lessive diluée de potasse et de soude; Ils sont colorés en noir [)ar l'acide osmique à 1 0/0 (1);

4" Ils sont dissous par le chloroforme et l'éther.

Pour employer cette dernière réaction, on déshydrate au préalable la préparation dans l'alcool absolu, })uis on la soumet pendant ([uelque temps à l'action du chloroforme ou de l'éther; on enlève l'alcool et on examine dans la solution de sel de cuisine.

Il ne faut pas durcir dans l'alcool, ([ui dissout la graisse peu à peu. Les corpuscules graisseux se maintiennent dans le liquide de Muller, mais s'agglomèrent en gouttes plus volumineuses. On obtient de meilleurs résultats par le durcissement dans le liquide de Muller additionné d'un quart de son volume d'acide osmique à 1 0/0 (méthode de Marchi). Au bout de deux semaines, ou cou})e en congélation, on lave avec soin, on laisse séjourner pendant quelques jours dans la glycérine et on inclut dans ce dernier produit. Il est nécessaire de conserver provisoirement la pièce dans la glycérine, qui est brunie au début par l'acide osmi([ue, inconvénient qu'on évitera pour les pièces conservées définitivement.

(1) L'acide osmique sert parfaitement pour les pièces durcies dans le Muller; lebain doit être suffisamment prolongé.

On évite aussi cet inconvénient en faisant l'inclusion dans la solution saturée d'acétate de potasse.

Le liquide durcissant le plus recommandaUe est celui de Flemming : fixation pendant quatre jours, lavage soigné pendant 24 heures, durcissement nouveau pendant un jour dans chacun des alcools à 30", à 60", à 90^^, et éventuellement inclusion dans la celloïdine. On se sert du microtome à congélation et on colore à la safranine. 11 est parfois utile d'établir une comparaison avec la simple coloration à l'éosine.

Après coloration, déshydratation rapide dans l'alcool absolu, éclaircissement dans l'huile. L'huile éclaircissante doit être enlevée avec soin. On inclut dans le baume de Canada qu'on a liquéfié à la lampe et qui se durcit rapidement; les corpuscules graisseux se dissolvent en partie dans le baume ordinaire, liquide, dissous dans le xylol.

Les fragments dont la graisse a -été fixée et colorée en noir par la solution forte d'acide osmique, seront, en sortant de ce liquide, lavés avec beaucoup de soin avant de passer dans l'alcool.

Du reste, la graisse osmiquée, soluble dans la térébenthine, le xylol, la créosote, l'éther, n'est pas soluble dans l'alcool, le chloroforme et l'essence de girofle.

Dans le cas contraire, l'alcool, ainsi que l'a démontré notamment Heidenhain, absorbe l'acide osmique qui se trouve en excès dans le tissu et probablement aussi les substances réductrices; il se produirait ainsi, sous l'influence de l'acide, une coloration plus ou moins noire. Ce qui se passe en dehors de la préparation pourrait aussi, d'après le même auteur, se passer à l'intérieur de celle-ci, à l'endroit où aurait pénétré l'alcool. Le métal noir colorerait ainsi en noir les tissus qui ne sont pas graisseux, si l'on n'avait pas soin d'enlever, à l'aide d'une grande quantité d'eau, l'excès d'acide osmique avant de passer à l'alcool.

Orcaneïïe acétique.

La recherche de la graisse est aussi assurée par ce liquide (Letulle) : Orcanette 50 grammes.

Laisser macérer 48 heures, évaporer en consistance d'extrait, reprendre par:

Alcool à 95°,

Acide acétique cristallisé.

25 cent. c.

Après dissolution, tirer, verser dans :

Alcool à 50°,

200 cent. c.

Laisser reposer 24 heures et filtrer.

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