‹ Technique microscopique appliquâee áa l'anatomie pathologique et áa la bactâeriologie. Manuel pratiqueChapitre 29 sur 96 · VII. Dégénérescence amyloïde · texte numérisé non relu

VII. Dégénérescence amyloïde

Les tissus en voie de dégénérescence amyloïde peuvent être examinés en coupes fraîches ayant une consistance ferme, ou durcies au préalable dans l'alcool ou le liquide de MuUer. Les réactions de la dégénérescence amyloïde sont :

a. Réaction iodée.

On porte les coupes dans une solution d'iode brun cognac, qu'on prépare en diluant dans l'eau distillée la solution ordinaire de Lugol. Après 3 minutes, on lave dans l'eau et on examine dans la glycérine. Les foyers malades deviennent rouge brun, tandis que les autres tissus sont blanc jaunâtre.

La coloration brun rouge devient plus éclatante par l'addition de :25 0/0 de glycérine à la solution iodée. Cette réaction est passagère : les coupes ne peuvent donc être conservées comme telles. Pour les conserver, il faut recourir à la méthode employée par Langhans pour le glycogène.

b. Réaction de l'acide sulfurique iodé.

Si on ajoute, la coupe étant traitée par l'iode de la façon sus-indiquée, de l'acide sulfurique à 1 0/0, la coloration brune des parties en dégénérescence amyloïde devient plus foncée ou passe au violet bleu et même au vert. Ces couleurs peuvent apparaître après le simple traitement iodé.

Remarquons que, d'après Yirchow, le cartilage adulte prend parfois une teinte bleuâtre avec ce réactif.

Les corps suivants réagissent par l'iode d'une façon identique à celle de la matière amyloïde :

a) Les corps amylacés^ qu'on rencontre surtout dans la prostate et dans le système nerveux central: la solution iodo-iodurée la colore en brun, tandis que les autres tissus deviennent jaunes ;

h) Les no ijaux d'amidon^ qui deviennent bleus sous l'action d'une dilution faible du Lugol (1 : 4-5) ;

c) La cellulose des ^\a.nieSj qui devient jaune dans la solution simple d'iode. Mais, en ajoutant à celle-ci, après lavage à l'eau, sur le bord du couvre-objet, de l'acide sulfurique pur, la cellulose au contact de ce dernier prend la couleur bleuet.

Ou a cependant constaté que, dans certains cas, la coloration de certains éléments est bleu verdàtre, alors que celle d'autres éléments est rouge sombre, ce qui pourrait faire admettre deux variétés de matière amyloïde, ou du moins deux stades de développement de cette matière. Ainsi, dans la rate, les artères et les capillaires des follicules les plus développés, les plus anciens, deviennent bleus, et ceux des follicules plus récents et moins volumineux deviennent rouges (Friedlaender-Eberth).

c. Réaction du violet de méthyle.

1" Colorer dans une solution à 1 0/0 de violet de métbyle, à 5 minutes ;

Laver dans l'eau distillée additionnée de 1/2 0/0 d'acide acétique ; 3*" Examiner dans la glycérine.

La substance amyloïde devient rouge pourpre, le tissu restant bleu. La coloration se maintenant dans la glycérine, les coupes pourront être conservées après bordure à la cire et à la laque. La réaction du violet de gentiane est presque identi({ue. De même celle de l'encre de Leonbardi, ({ui renferme du violet de méthyle.

Il ne convient pas de déshydrater les coupes dans l'alcool et de les monter dans le baume de Canada. Le mieux est de les monter dans l'acétate de potasse et de luter à la paraffine. L'inclusion dans la lévulose (VVeigert) ou dans le sirop de sucre est également recommandable.

d. l/ert de méthyle.

Le vert de méthyle, employé d'après la méthode du violet de méthyle que nous venons d'indiquer, donne à la matière amyloïde une coloration violette, et une coloration verte aux autres tissus, surtout aux noyaux.

n. l/ert d'iode.

l"" Colorer les coupes, fraîches ou durcies, pendant 24 heures dans la solution suivante :

Vert d'iode 0 gr. o.

Eau distillée 150 gramniBS.

2° Laver dans l'eau.

Les coupes amyloïdes deviennent violet rouge; les autres tissus, verts. Stilling préfère cette réaction à celle du violet de méthyle.

f. Méthode de Birch-Hirschfeld.

Colorer pendant 5 minutes dans une solution alcoolique de brun de Bismarck à 2 0/0 ; 2° Laver dans l'alcool absolu ; 3*^ Laver dans l'eau distillée, 10 minutes;

4° Colorer dans une solution de violet de gentiane à 2 0/^0, 5 à 10 minutes;

S*" Laver dans l'eau acidifiée : 10 gouttes d'acide acétique pour un verre de montre d'eau ; 6° Inclure à la lévulose.

Cette méthode permet de délimiter très nettement les foyers amyloïdes (colorés en rouge hortensia) entre les autres tissus dont les noyaux deviennent bruns.

g. Double coloration à l'hématoxyline et à l'éosine.

Il faut toujours y recourir lorsqu'on veut établir les rapports de la masse amyloïde vis-à-vis des autres tissus. Il est ainsi plus facile de s'orienter dans les coupes que si on avait fait usage d'une réaction caractéristique. La substance amyloïde se colore en rose; les noyaux des cellules atrophiées sont faciles à reconnaître dans le voisinage immédiat des masses amyloïdes, alors qu'ils sont souvent masqués par la réaction amyloïde simple.

h. Méthode de van Gieson.

Elle rend les plus grands services. La substance amyloïde prend une teinte allant du rose au rouge brunâtre.

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