C. Microbes èjnphy tiques
L'étude des parasites de la peau réclame une technique spéciale, parce que les substances cornées ont, pour les couleurs basiques d'aniline, la même affinité que les microbes, qu'il est dès lors facile de les colorer avec excès et qu'elles se décolorent trop peu dans ce cas, tandis que les microbes subissent simultanément une trop forte décoloration.
Méthodes de dégraissage. — Elles sont nécessaires pour les motifs que nous venons d'indiquer.
1° On lave les pellicules dans l'alcool et l'éther, puis on les colore dans une solution alcoolique d'éosine et on les examine (même sans les avoir colorées) dans la lesssive de potasse à 33 0/0.
2° On peut aussi dégraisser les pellicules et la peau dans l'alcool et l'éther : on les colore dans la fuchsine à l'eau d'aniline, on lave dans l'alcool acide, on déshydrate dans l'alcool, et l'on examine dans le baume de Canada. On obtient une double coloration en traitant en outre par le violet de gentiane.
S'' Bizzozero frotte le couvre-objet sur la région qu'il veut examiner, le passe trois fois à la flamme et dégraisse ensuite dans l'alcool et l'éther, puis il colore dans l'aniline.
Examen des squames. — Après le dégraissage des pellicules, on les examine ainsi :
1° Au sortir de l'alcool, on les porte dans une goutte d'acide acétique à 50 0/0 ou dans la lessive de potasse à 10 0/0, où elles se gonflent, puis sur une lamelle, et l'on examine. Il est souvent préférable de les laisser se gonfler sur la lamelle dans l'acide acétique, d'évaporer celui-ci, de traiter la lamelle comme les préparations de microbes, puis de les colorer au bleu de Lœffler.
2** On peut également examiner les pellicules dans la glycérine colorée
Bleu de méthyle . .
Potasse caustique Eau distillée
\ gramme.
0 gr. 05.
100 grammes.
par le bleu de méthyle, où les microbes prennent une teinte bleue. MÉTUODE DE BoECK pour les champignons des plaques épidermiques : 1° Dégraissage des pellicules dans l'alcool et l'éther ; 2° Coloration pendant 1/2 à quelques minutes dans le bleu de méthyle
de Sahli :
Solution aqueuse de borax à 5 0/0 16 parties.
Solution aqueuse concentrée de bleu de méthyle.. . , 20 » Eau 24 »
3*^ Bain de 1/2 à 1 minute dans la solution aqueuse faible de résorcine (quelques grains de résorcine dans un verre de montre d'eau) ;
4° Lavage dans l'alcool de quelques minutes à 1 heure ;
5° Décoloration dans la solution faible de peroxyde d'hydrogène (cette décoloration est souvent utile) ;
6° Alcool. Xylol. Baume de Canada.
Voici comment Unna recherche les microbes : on écrase les pellicules humectées avec une goutte d'acide acétique entre deux lamelles, pour en faire une bouillie ; on sépare les lamelles, on sèche rapidement au-dessus de la flamme et l'on verse un mélange d'alcool et d'éther sur le porteobjet placé obliquement pour enlever la graisse. On colore par le bleu de méthyle boracique et on lave à l'eau. La décoloration est effectuée au moyen d'un des réactifs ordinaires, celui d'Unna par exemple.
Pour bien voir les parasites des teignes, il faut, d'après Sabouraud : \^ les examiner sans coloration; 2° avec une source éclairante très vive ; 3° en se servant d'un diaphragme très étroit. Il ne faut pas employer de colorant pour examiner les champignons. « Et les couleurs acides d'aniline (fuchsine ou
éosine au — ), les seules qui ne soient pas opaques et que Ton puisse employer, masquent le détail du parasite bien plus qu'elles ne le mettent en évidence. Les procédés de coloration, s'ils peuvent servir dans certaines conditions spéciales (photographie microscopique), sont absolument à proscrire dans les recherches ordinaires ».
Sabouraud procède comme suit. On sépare des poils ou des débris sur une lamelle, et, avec l'agitateur en verre, on dépose près d'eux une goutte de la solution de potasse à 40 0/0 d'eau. On recouvre le tout avec une lamelle, puis on chauffe la préparation avec précaution jusqu'à ce que la première bulle de TébuUition prenne naissance, et on la retire aussitôt. La préparation est prête pour l'examen.
§ VL — Muqueuses.
On durcit dans le liquide de Muller. Si l'on veut examiner l'épithélium, on porte la pièce dans le liquide durcissant aussitôt que possible, et on
rincliit dans la celloïdine. L'inclusion n'est pas nécessaire si l'on veut seulement examiner les dépôts recouvrant la muqueuse.
On colore dans les milieux ordinaires, oa fait la double coloration avec l'hématoxyline-éosine.
§ VIL — Estomac et intestin.
MÉTHODE d'HaYEM A l'aURAXTIA.
Elle permet de différencier d'une manière très nette les épithéliums glandulaires peptiques.
i° Coloration à l'hématoxyline ;
2° Décoloration suffisante par l'eau acétique légère;
3° Reprise par une solution de parties égales d'aurantia et d'éosine jusqu'à ton jaune rosé ; 4° Alcool ordinaire ; 5° Alcool absolu ; 6" Essence;
7° Xylol. Baume de Canada.
On durcira de préférence dans le liquide de Millier; le sublimé et, d'après Heidenbain, l'acide picrique sont également recommandables.
Lorsqu'on veut examiner les muqueuses stomacale et intestinale, il est nécessaire de mettre les pièces le plus tût possible dans le liquide conservateur. En ce qui concerne l'estomac, on répond à cette indication en le remplissant immédiatement après la mort de liquide de Millier, à l'aide d'un tube en caoutcbouc.
Les pièces destinées à être coupées seront incluses dans la celloïdine.
On les traitera par les colorants nucléaires ordinaires; on fera la double coloration à l'bématoxyline-éosine. Le liquide de Biondi-Ehrlich (cbap. viii), recommandé par Heidenbain, peut s'employer dans beaucoup de cas.
L'examen microscopique du contenu stomacal ou intestinal à l'état frais doit généralement être pratiqué après une dilution suffisante : il suffit d'en répartir, avec un fil de platine, une quantité très minime dans une goutte d'eau ou de la solution de sel marin. Pour séparer les diverses parties constituantes des matières fécales, on se sert de la centrifugation. Si le contenu stomacal ou intestinal est mélangé de sang, on retrouve souvent dans les masses noires des globules rouges qui assurent le diagnostic. Sinon, l'on recourt à la réaction de l'hémine.
On retrouve les éléments cellulaires, les débris alimentaires, etc., sans manipulations spéciales. Les grains d'amidon se caractérisent par la réaction de l'iode (chap. ix).
Pour examiner les microbes, on fait des préparations en frottis sur lamelles. Le colorant du contenu stomacal est la vésuvine qui pénètre les sarcines et les saccharomyces de la manière la plus manifeste ; pour le contenu intestinal, on emploie les solutions ordinaires d'aniline. Quand on recherche les microbes dans le contenu intestinal, il faut aussi le diluer fortement dans l'eau stérilisée.
Remarquons qu'il y a une série de microbes du contenu intestinal qui se colorent en bleu par la solution iodo-iodurée.
La recherche du bacille du choléra dans le contenu intestinal peut se faire en colorant directement les préparations en frottis sur lamelles. Mais il vaut mieux appliquer d'abord le procédé de Schottélius, et diluer le contenu intestinal dans son volume de bouillon alcalin, puis laisser reposer à l'air. Les bacilles du choléra se développent surtout à la surface, où il sera facile de les prélever en grand nombre.
§ VIU. — Foie et pancréas.
Le foie et le pancréas seront durcis de préférence dans le liquide de Millier. On recherche les processus dégénératifs des cellules hépatiques dans les préparations obtenues par grattage des pièces, et traitées par l'acide acétique ou l'acide osmique.
Mais, si l'on veut durcir les pièces et étudier les dégénérescences, on fera choix de la liqueur de Flemming ou du liquide de Marchi (voir plus loin, § IX).
Les préparations durcies au liquide de Mïiller seront colorées par le carmin aluné ou l'hématoxyline , ou encore par l'hématoxyline et l'éosine.
On inclut les tumeurs dans la celloïdine, car elles s'effritent facilement en coupes.