‹ Technique microscopique appliquâee áa l'anatomie pathologique et áa la bactâeriologie. Manuel pratiqueChapitre 70 sur 96 · MÉTHODE DE BOEUM POUR LE TISSU FASCICULE DU FOIE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE BOEUM POUR LE TISSU FASCICULE DU FOIE

1° Durcir les morceaux de foie, mesurant 1 c. c, dans une solution d'acide chromique à 1/2 0/0 pendant 48 heures ;

2" Les porter, pendant 72 heures, dans une solution de nitrate d'argent à 0.75 0/0;

3° Quelques heures dans l'eau distillée ;

4° Durcir consécutivement dans l'alcool. Couper.

Les faisceaux deviennent noirs.

On peut aussi mettre en évidence le stroma fasciculé après le durcissement par l'alcool.

MÉTHODE d'OpPEL.

1° Porteries morceaux, au sortir de l'alcool, dans une solution aqueuse à 10 0/0 de chromate jaune de potasse, pendant 24 heures;

2° Porter dans la solution de nitrate d'argent à 0.7o 0/0, dont on emploie 20 à 30 volumes ;

3° Renouveler la solution de nitrate d'argent au bout d'une heure d'abord, et au bout de 2 à 3 heures pour la seconde fois;

4° Après 24 heures, laver dans l'eau distillée ;

5° Alcool. Coupes.

L'inclusion dans la paraffine n'est pas recommandable, parce qu'elle rend les fragments trop friables.

§ //. — Appareil urinaire.

On fait le durcissement comme pour le foie et le pancréas ; le sublimé donne souvent aussi de bons résultats. Pour fixer les liquides albuminoïdes des glomérules et des canalicules urinaires, on emploie le procédé de fébullition : on porte dans l'eau bouillante des morceaux d'un certain volume pendant 1 à 2 minutes, puis on les durcit dans l'alcool fort. On atteint le même résultat par le durcissement dans l'alcool absolu et fin clusion dans la celloïdine. On examine les processus dégénératifs avec les mêmes procédés que s'il s'agissait du foie et du pancréas; pour toutes les recherches plus fines, finclusion dans la celloïdine est indispensable, afin de bien maintenir en place la partie active du parenchyme qui se désagrège facilement à l'état pathologique. On recourt ensuite aux colorants nucléaires.

Examen inicroscojnque de Vitrine. — On laisse reposer l'urine (ou bien on emploie l'appareil centrifuge), on enlève le sédiment avec une pipette, et on l'examine à l'état frais, ou après en avoir fait une préparation sur lamelle à sec. Cette dernière méthode convient surtout pour la recherche des microbes.

Bacilles de la tuberculose. — Ils sont en général très rares dans la tuberculose de l'appareil urinaire. On fait reposer l'urine, pendant 24 heures, si c'est possible, et on fait un grand noud^re de préparations sur lamelles sèches, de 6 à 10 et plus, d'après les méthodes connues. L'appareil centrifuge rend aussi des services. La méthode de Gabbet (chap. xi) est recommandable : elle est simple et certaine dans ses résultats. Il peut être utile, dans les cas douteux et importants, de colorer pendant ^\ heures à la température de l'étuve dans la fuchsine à l'eau d'aniline.

Diagnostic bactériologique de la tuberculose rénale (AYurtz) (1). La recherche microscopique est ne'gative dans les trois quarts des cas : il est très rare que les bacilles se trouvent en très grand nombre dans l'urine, en général ils n'y existent qu'à l'état d'unités isolées. Pour rendre plus facile cette recherche, on a proposé la sédimentation : on laisse dans un endroit frais ou dans une glacière les urines se déposer, après les avoir placées dans un vase conique; Meyer ajoute à l'urine du thymol, pour prévenir la décomposition du liquide. Au bout d'un jour ou deux, on fait des préparations avec le sédiment et l'on colore comme à l'ordinaire. On prélève de préférence les petits grumeaux d'aspect purulent. On a proposé de fdtrer les urines et d'examiner le dépôt resté sur le filtre : ce n'est pas un bon procédé.

Le procédé de choix est la centrifugation. On centrifuge rapidement les urines clairées: les urines purulentes sont traitées par la méthode de Biedert (voir la préparation du bacille de Koch); les urines riches en urates sont additionnées d'une certaine quantité d'une solution d'acide borique et de borax (Wendriner : solution saturée de borax et d'acide borique 4 partie, urine 4 partie), et on les soumet à la centrifugation. Von Fritsch ajoute à l'urine 10 cent, cubes d'albumine d'œuf, additionnée de trois fois son volume d'eau distillée ; on agite et on chauffe jusqu'à coagulation de l'albumine ; on recherche le bacille dans le sédiment floconneux; la coloration du bacille est un peu plus difficile. Quand le précipité muqueux de sédimentation est très peu abondant, on ajoute de l'alcool à parties égales au sédiment, et on centrifuge (Hallé).

La méthode de l'inoculation intrapéritonéale au cobaye est plus expéditive, donne d'excellents résultats, mais elle peut échouer dans les cas d'infection mixte. Il est vrai que les urines contenant des bacilles de Koch présentent rarement, chez les malades non traités, d'autres bacilles ; aussi Wurtz n'a-t-il vu mourir de septicémie aucun des animaux inoculés. Mais, chez les malades sondés, il y a souvent d'autres microbes (B. coli). Il suffit du reste, pour être édifié, de faire cinq ou six préparations de l'urine avant de pratiquer l'inoculation.

« En général, on ne trouve dans la tuberculose rénale que des globules de pus avec ou sans bacilles. Mais il est impossible, sur un simple examen bactériologique, de localiser le processus tuberculeux à tel ou tel point des voies d'excrétion urinaire. »

Recherche des éléments cellulaires. — Il est fréquemment utile de diluer (1) Pv. Wurtz. Précis de bactériologie, Paris 1895, p. 272.

EXAMEN DES TISSUS ET DES ORGANES loi

le sédiment dans l'eau ou la solution de sel marin; l'addition d'acide acétique fait mieux ressortir les cellules; on les met encore en évidence en introduisant par un bord du couvre-objet une goutte de bleu de méthyle de Loeffler.

Pour conserver les préparations, on passe les lamelles dans la flamme et on colore avec le bleu de Loeffler ou le brun de Bismarck.

Cylindres urinaires. — L'examen en est rendu plus facile quand on dilue considérablement le sédiment dans la solution iodo-iodurée ayant une coloration jaune vineux.

Les cylindres peuvent être très peu apparents, soit à cause des granulations d'urates et de pliosphates dont ils sont tapissés, soit à cause de leur extrême pâleur. Il suffit alors de faire passer sous le couvre-objet un peu d'uue solution concentrée d'acide nitrique qui décompose les urates en précipitant des cristaux d'acide urique et colore les cylindres en jaune i^Legrain).

Pour les cylindres des urines renfermant une grande quantité do mucus (né phrite suppurée), on en fait l'examen dans une goutte de sel marin.

Les cylindres fibrineux réagissent sous l'action de la liqueur de Weigert.

Les cylindres brillants cireux se colorent en rouge vif par le carmin ; l'acide osmique leur donne une teinte brun foncé analogue à celle d'une solution concentrée de sépia, sans rien enlever à leur réfringence.

Conservation des cylindres. — 1" On lave le sédiment dans la solution physiologique de sel marin, puis on le traite par la liqueur de Millier qu'on renouvelle trois à quatre fois dans l'espace de deux semaines; on décante, on durcit dans l'alcool absolu qu'on renouvelle jusqu'à ce qu'il reste clair (Bohland).

2° Cornil et Ranvier ajoutent à 1 cent, cube de sédiment urinaire placé dans un tube à essai un volume égal d'une solution d'acide osmique au 100''. Après 24 heures, ils remplissent ce tube avec de l'eau distillée. Les cylindres sont fixés, coagulés et colorés en brun noirâtre. Les préparations pourraient être conservées.

Sang urinaire. — On reconnaît, en général, le sang à l'examen microscopique direct, parce qu'on retrouve au moins un certain nombre de globules rouges ayant conservé leurs caractères et assurant le diagnostic. Pour les cas douteux, on dispose de la réaction de l'hémine.

Cristaux. — On les recherche dans le sédiment à l'état frais.

Urate acide de soude : il est amorphe et forme, étant en grande quantité, le sédiment brique.

L'acide urique pur aftecte surtout la forme de tablettes rhomboédriques ou eflilées.

U urate cV ammoniaque se développe pendant la décomposition de l'urine et forme des cristaux en pomme épineuse.

Oxalate de chaux : formes sphériques ou en biscuits. Bilirubine : amorphe et tablettes rhomboédriques jaunâtres.

(7î/s^î/ie ; tablettes hexagonales régulières. Tyrosine : aiguilles en faisceaux. Leucine : sphères.

$ X. — Examen de l'appareil respiratoire et des crachats.

On durcit de préférence dans le liquide de Millier, ou, si l'on veut examiner la fibrine et les microbes, dans l'alcool. On opère un durcissement rapide dans la glycérine gommée (chap. m).

Pour fixer les liquides de l'œdème inflammatoire, on fait bouillir (chap. m) et l'on durcit dans l'alcool fort. Dans tous les cas où il s'agit d'un contenu anormal des alvéoles pulmonaires, finclusion à la celloïdine est indiquée.

On colore dans les milieux nucléaires ordinaires ; les méthodes spécifiques pour la recherche de microbes, et celle de Weigert pour la fibrine, sont également applicables.

Examen des crachats.

On examine les crachats avec ou sans dilution dans la solution de sel marin, mais il n'est généralement pas nécessaire de les diluer. On ne perdra pas de vue qu'ils sont mélangés de cellules provenant de la bouche et du pharynx, et fréquemment de débris alimentaires.

Outre les corpuscules salivaires^ \q?> èpithèliums parvimenteux de la boucheries cellules rondes et muqueuses^ on y rencontre aussi de grandes cellules^ semblables à celles de l'épithélium, mais d'une forme plus arrondie. Elles ont un grand noyau vésiculeux et ne doivent pas être prises dans tous les cas pour de l'épithérum alvéolaire desquammé ; elles contiennent aussi du pigment et se présentent souvent dans la bronchite simple.

Le pigment et les cellules à granulations jiigynentair es des crachats peuvent avoir une origine hémorragique et surtout provenir des stases de la petite circulation déterminées par une insuffisance mitrale ; à côté du pigment, il y a souvent aussi des globules rouges.

Mais, dans le plus grand nombre de cas, il s'agit d'espèces de pigments qui ont pénétré dans les poumons avec l'air atmosphérique. Ces variétés — nous en exceptons celle de la sidérose — ne donnent pas la réaction du fer avec le ferrocyanure de potassium et l'acide chlorhydrique; de plus, elles sont généralement noires, alors que le pigment sanguin est rouge brun. Mais cette simple différence de couleur ne suffît pas pour le diagnostic.

Les excréta fibrineux des bronches se reconnaissent le plus souvent à l'œil nu par leur forme caractéristique.

Les cristaux de Vasthme constituent des octaèdres longs et très pointus.

Les spircdes de Curchsmann sont des formations rubanées, enroulées en spirale, ayant une bande centrale plus claire.

Réaction colorante de la mucine.

[Schmidt différencie les crachats pneumoniques des crachats bronchitiques par la méthode suivante :

« Du crachat à examiner, on prend gros comme un pois que l'on met dans un tube à réactif ordinaire. Ce tube est rempli à demi d'une solution alcoolique sublimée à 2 1/2 0/0; on agite jusqu'à formation de grumeaux très fins (temps variable, moins long si l'on a affaire à des crachats pneumoniques ou à des exsudats franchement purulents, beaucoup plus long s'il s'agit d'exsudats bronchitiques ou trachéaux). Puis on laisse reposer de deux à trois minutes. On décante avec précaution, puis on traite les grumeaux avec l'eau distillée dont on remplit le tube aux deux tiers ; on colore au moyen de trois gouttes du réactif triacide d'Ehrlich Biondi (1 sur 30 eau distillée). On laisse reposer pendant environ six minutes, on décante, on décolore à nouveau par une légère quantité d'eau distillée, puis enfin on décante une dernière fois » (1).

Les crachats des pneumoniques sont toujours colorés en rouge (présence de l'albumine) ; les crachats muqueux, au contraire, prennent une teinte verte, bleue ou intermédiaire, niais jamais franchement rouge.]

On peut aussi diffëreucier la mucine de l'albumine des crachats par la méthode de Zenoni : on étale sur lamelle, on porte un quart d'heure dans l'alcool, puis on colore par la solution aqueuse de safranine légèrement concentrée. Lorsqu'il y a beaucoup de mucus, la pre'paration devient jaune ; elle est rouge dans ïe cas de pneumonie. La réaction reste nette alors que de nombreuses cellules la masquent macroscopiquement.

Les cristaux d'acides gras se rencontrent dans la bronchite putride, dans la gangrène pulmonaire dans l'abcès pulmonaire et dans les cas de cavernes.

Les crachats montrent également les microorganismes les plus divers.

On recherchera de préférence les bacilles de la tubercidose et les fibres élastiques dans les petits grumeaux (nous avons parlé de la sédimentation des crachats au chapitre xi). On fera des préparations des bacilles de la tuberculose sur lamelles séchées. Pour les fibres élastiques, on ajoute à la préparation des crachats frais i 0/0 de lessive de potasse, ou bien l'on fait bouillir les crachats avec 10 0/0 de cette lessive, on laisse reposer pendant 12 à 24 heures, et l'on examine le sédiment.

Lorsqu'on veut répartir les bacilles d'une manière uniforme, on étend les crachats dans une solution plus ou moins concentrée de borax, on agite et on examine le lendemain.

(l) TiuELEN. Les réactions colorantes des crachats [Journ. de méd. de Bruxelles^ n» 9, i894).

Numération des bacilles dans les crachais. — On dilue les crachats dans un ou deux volumes delà solution de borax et l'on agite le mélange. On en prélève, au moyen d'une pipette d'une Contenance de 1 à 10 cent, cubes et divisée en 100 ou 200 parties égales, une certaine quantité, et on en dépose 0,01 cent, cube sur un couvre-objet. Après coloration, on détermine le nombre de bacilles par champ (Eberth).

Voici le mode de notation préconisé par Ritter : j = i bacille par champ ; 1 1

— , — = respectivement 3 et 10 bacilles par champ.

Préparation des lamelles en grand nombre. — On l'effectue à l'aide de l'appareil de Hofmeistcr, qui permet de chauffer et de faire bouillir les bains colorants dans lesquels on peut déposer un grand nombre de lamelles ; on peut aussi se contenter d'y prolonger leur séjour.

§ XL — Examen du système nerveux central.

La conservation et le durcissement des pièces du système nerveux central sont presque exclusivement pratiqués dans le liquide de Millier. Le durcissement complet de la moelle demande trois à quatre mois, celui du cerveau, de quatre mois à un an, mais il peut être accéléré par le séjour à l'étuve. La conservation dans le liquide de Millier peut être prolongée pendant plusieurs années, surtout si, après durcissement, on dilue ce liquide dans son volume d'eau. Les morceaux doivent être portés dans le liquide conservateur aussi rapidement que possible.

On a souvent recommandé de commencer le durcissement dans le liquide de Mïiller, non de concentration ordinaire, mais dans une solution de 1 0/0 de chromate double de potasse.

Lq durcissement dans le ïiqiiide de Flemminr/ mérite la préférence lorsqu'on veut étudier les processus dégénératifs du tissu nerveux (voir au chap. m les détails de ce procédé).

La fixation dans le Flemming réclame de cinq à huit jours, on lave alors avec soin. La solution saturée à chaud de sublimé, 7,5 0/0, additionnée de la solution physiologique de sel marin, fournit aussi de bons résultats. Après un séjour de 24 à 36 heures, la pièce est lavée dans l'eau avec soin, puis plongée dans l'alcool et incluse.

Les méthodes de coloration du système nerveux les plus employées sont celles de Gerlach, de Golgi, de Weigert et de Pal.

Les processus dégénératifs les moins marqués sont surtout bien mis en évidence par la

MÉTHODE DE MaRCUI.

1" Conserver les fragments aussi petits que possible, pendant huit jours, OU plus longtemps, dans le liquide de Millier;

2" Les porter, pour six à huit jours, dans le mélange de :

Liquide de Muller 2 parties.

Acide osmique il l 0/0 l partie.

3° Laver soigneusement à l'eau;

4° Durcir dans les alcools de concentrations croissantes; 5" Inclure dans la celloïdine.

On évitera de déchirer les pièces en les enlevant du cadavre.

Les parties dégénérées sont noires, les autres gris clair.

On peut faire une coloration complémentaire avec le carmin, et de préférence avec le carmin lithiné (5 O/Oi. La coloration dure plusieurs heures. La méthode de Weigert réussit aussi, alors que les préparations ont séjourné assez longtemps dans le liquide de Millier.

Les iwèimrations "par dissociation de pièces fraîches de système nerveux central ne peuvent être obtenues que difficilement et d'une manière incomplète ; mais elles deviennent faciles après un séjour de 3 à 8 jours dans le liquide de Muller.

On coupe des petits morceaux de 1/2 centimètre et on emploie, surtout pour les cellules ganglionnaires, les liquides isolants : Alcool à 33°, 1 à 2 semaines; 2" Acide chromique de 0.5 à 1 0/0 d'eau, 3 à 5 jours; 3" Solution à 1 0/0 de bichromate de potasse, 2 semaines ; 4° Acide osmique à 1 0/0, 24 heures.

En imprimant des secousses à la préparation, on arrive aisément à isoler les cellules qu'on peut colorer et monter dans la glycérine.

Coloration des préparations fraîches. — On recouvre la préparation dissociée placée sur le porte-objet et séchée, d'une solution de bleu de méthyle à 0,5 0/0, on lave dans l'alcool absolu, puis dans le xylol, et on monte dans le baume de Canada.

Les préparations humides seront colorées par le carmin ammoniacal, l'hé matoxyline, le brun de Bismarck ou la solution faible d'iode (Eberth).

Méthodes de coloration du système nerveux central.

Il existe toute une série de colorants du système nerveux central : colorants nucléaires simples, colorants des cylindraxes et colorants des gaines de myéline.

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