Méthode de Malbory pour la coloration des cylindraxes
l*" Coloration des coupes, de 10 minutes à 1 heure, dans la solution suivante, qu'il faut exposer à la lumière pendant une semaine et filtrer avant l'usage :
Acide phospho-moljbdi(|ue a 40 % 1 partie.
Hématoxyline t )>
Eau 100 parties.
Hydrate de chloral G-ii »
2° Lavage, répété 2 à 3 fois, dans l'alcool à 50° ; 3° Déshydratation, etc.
Les coupes colorées ne doivent pas séjourner trop longtemps dans l'alcool. Il est souvent utile d'augmenter la teneur en hématoxyline.
§ XII. — Nerfs périphériques et ganglions.
On leur applique le môme traitement qu'au système nerveux central. Les préparations par dissociation fournissent souvent de belles images.
Métjiode de M.\ys.
Elle permet de mettre en évidence les faisceaux nerveux des nerfs dépourvus de gaine de myéline et les origines des nerfs dans les muscles.
1° Séjour de la pièce dans l'acide arsénieuxà 50/0 jusqu'à imprégnation ; 2° Bain de 20 minutes dans le mélange suivant :
Solution de chlorure d'or et de potassium à 1 0/0.. 4 grammes.
Acide osmique à 2 0/0 1 gramme.
Acide arsénieux (As'-^O'') à O.î) 0/0 20 grammes.
3° Lavage à l'eau ;
4° Dépôt dans une solution d'acide arsénieux à 1 0/0 et exposition au jour pendant 3 heures au bain-marie à 45'' ; 5° Eclaircissement dans le mélange de :
Gh'cérine 40 grammes.
Eau 20 »
Acide chlorhydrique à 25 0/0 1 gramme.
On fait fréquemment usage de la méthode au bleu de méthyle, qui est une modification de celle qu'Erlicki avait préconisée.
Procédé d'injection au bleu de méthyle.
1° On injecte, aussi rapidement que possible après la mort, dans les vaisseaux sanguins des organes dont on veut colorer les éléments nerveux, une solution filtrée de bleu de méthyle à 4 0/0 (de préférence le « rectifîcirtes Methylenblau zur vitalen Injection » de Griibler de Leipzig). On expose l'organe à l'action de l'air, jusqu'à ce qu'il prenne une teinte bleue manifeste, qu'on peut reconnaître par la dissociation.
L'objet est ensuite porté, pour fixer la couleur, dans la solution aqueuse, saturée à froid et filtrée avant l'usage, de picrocarminate d'ammoniaque, ou bien, s'il est destiné à être coupé, dans la solution alcoolique saturée à froid de picrocarminate d'ammoniaque, de 20 minutes à 12 heures, selon son épaisseur. Le liquide fixateur suivant est également souvent recommandé :
Solution saturée aqueuse de picrorarminnte d'nm-
moniaque 100 centimètres cubes.
Acide osmique àlO/0 2 » »
3° Pour confectionner les coupes, on enveloppe la pièce de foie amyloïde ou de moelle de sureau, ou bien on recourt au microtome à congélation
Les coupes et les préparations dissociées sont portées dans un mélange d'eau et de glycérine à parties égales, additionné d'une goutte de picrocarminate d'ammoniaque.
Lorsque l'on colore par cette méthode d'autres éléments (cellules nerveuses, ciment intercellulaire, globules sanguins), ceux du système nerveux ressortent d'autant mieux et rendent toute confusion impossible.
On met en évidence les processus dégénératifs des nerfs périphériques par le liquide durcissant de Flemming ou par celui de Marchi, qui
colorent en noir les parties dégénérées de la gaine médullaire.
Procédé d'Obersteiner.
On applique aux altérations dégénératives du cylindraxe le traitement de la dinitrorésorcine au chlorure de fer, indiqué par Platner.
1" Durcir les troncs nerveux pendant un ou plusieurs jours dans la solution de :
2** Laver à l'eau jusqu'à cessation de la réaction du sulfocyanide de potassium ;
3^ Porter les pièces dans une solution d'un excès de dinitrorésorcine dans l'alcool à 75°, pendant plusieurs semaines, selon leur épaisseur;
4" Déshydrater. Inclure. Confectionner les coupes.
[Dans certains cas, il est nécessaire de pratiquer aussi des sections longitudinales du nerf, dont les coupes transversales pourraient ne pas mettre en évidence les parties dégénérées limitées à un segment restreint des libres.]
La combinaison de fer avec la dinitrorésorcine donne au cylindraxe une coloration vert émeraude, qui met en relief les altérations.
Cette méthode convient aux pièces durcies par le Millier ou par le Flemming [dont l'acide osmique sera de préférence à i ou 5 0/0, afin de rendre les nerfs moins friables].
Pour obtenir des coupes entières de l'œil, on se sert [pendant deux semaines] des liquides durcissants de Miiller ou de Flemming. La conservation dans le liquide de Miiller doit être prolongée autant que possible. On inclut dans la celloïdinc si l'on veut examiner avec soin certaines parties du bulbe et conserver leur situation. Dans quelques cas, il est utile de faire la coloration en masse par le brun de Bismarck ou le carmin de Beale, atin de réduire au minimum ces manipulations des coupes. On peut aussi utiliser l'inclusion à la paraffine [mais on ne doit pas oublier que la sclérotique et le cristallin y deviennent souvent trop durs].
On colore les noyaux par l'hématoxyline ou le carmin aluné. La rétine et le nerf optique sont traités d'après les mêmes méthodes que le système nerveux central. La double coloration rend souvent des services.
Perclilorure de fer Eau distillée
1 gramme.
4 grammes.
% XIII. — Examen de l'œil.
Ranvier traite la rétine de la façon suivante : il ouvre le bulbe et expose l'humeur vitrée et la rétine aux vapeurs d'acide osmique pendant un quart
d'heure ou une demi-heure; puis il incise l'œil dans l'alcool au tiers, suivant Féquateur, et l'y laisse de trois à quatre jours. Il colore par le picrocarmin pendant quelques heures la région poste'rieure de Tœil, la fait séjourner 12 heures dans une solution d'acide osmique à 10 0/0, où s'efTectue la fixation définitive des éléments. On lave à l'eau, on traite par l'alcool et on inclut dans la paraffine.
Pour examiner la cornée, on peut employer la méthode à l'or de Cohnheim. On porte la préparation aussi rapidement que possible dans le jus de citron frais et filtré, puis pendant 20 minutes dans la solution d'or à 1 0/0, puis dans l'eau légèrement acidifiée par l'acide acétique; on l'expose à la lumière pendant trois à quatre jours. On coupe dans l'alcool.
§ Xl\/. — Examen de l'oreille.
On durcit les tissus de l'oreille moyenne et de l'oreille interne dans le liquide de Millier. Pour l'oreille externe, on peut aussi utiliser l'alcool. Lorsqu'il y a lieu de décalcifier les tissus environnants, on commence toujours par durcir la pièce.
Limaçon. — Retzius ouvre le limaçon, le fixe pendant une demi-heure dans une solution à 1/2% d'acide osmique, puis le haigne pendant le même temps dans une solution de chlorure d'or à 1/2 %. L'organe de Gorti est extrait, puis traité par les méthodes ordinaires. Kanvier ouvre le limaçon avec un scalpel dans un mélange de 2 % d'acide osmique avec une solution de sel marin, l'y laisse séjourner pendant 12 heures et décalcifie à facide chromique à 2 % souvent renouvelé.
Labyrinthe. — La méthode suivante a donné, d'après Boehm et Oppel, de hons résultats. On enlève la pyramide avec le limaçon et le canal demi-circulaire supérieur, qui ont été ouverts, et l'on traite le tout, pendant deux jours, par le liquide de Millier, à la température ordinaire. On porte la pièce à fétuve à 33°, puis on la dépose, pour trois semaines, dans le liquide de Millier plusieurs fois renouvelé; on la lave alors pendant deux jours à l'eau courante, on la fait séjourner pendant deux semaines dans l'alcool à 80", et pendant une semaine dans l'alcool à 96'^. On décalcifie dans l'acide nitrique à o ^ et l'on inclut dans la ccUoïdine.
% X\/. — Système osseux.
On durcit les os et les articulations dans le liquide de Millier; l'alcool ne fournit pas d'aussi beaux résultats. Si la décalcification est nécessaire, on la fait toujours précéder d'un durcissement complet. [Pour les fragments peuvolumineux, le liquide de Flemmingou d'Hermann peut servira la fixation et à la décalcification.] Les pièces durcies au Muller sont d'abord lavées soigneusement, puis baignées dans l'alcool pendant quelques jours, et alors décalciliées. Les procédés de décalcification ont été indiqués au chap. IV.
EXAMIiN DES TISSUS ET DES ORGAx\ES
On colore à l'hématoxyliiie. La double coloration à l'héniatoxyline et au carmin neutre est souvent recommandable ; elle donne d'excellentes préparations, parce que le carmin neutre colore en rouge les tissus décalcifiés, ostéoïdes ou non calcifiés. Pour cela, il faut que les coupes colorées par l'héniatoxyline séjournent encore, après lavage, dans l'eau, pendant 12 à 24 heures, avant d'être traitées par la solution de carmin.
La substance fondamentale du cartilage calcifié, dont on a extrait les sels calcaires, prend une coloration bleu violet très intense par l'hématoxyline.
Les réactions du cartilage non calcifié sont instables vis-à-vis du carmin neutre et de l'héniatoxyline : on peut dire pourtant que le cartilage au repos se colore en général mieux par le carmin, tandis que le cartilage proliférant et hypertrophié prend l'héinatoxyline en plus grande quantité.
Les cellules de la moelle osseuse sont mises en relief d'une façon très nette par la double coloration à l'hématoxyline-éosine.