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DES MOYENS DE PROTECTION

1° Protection de l’opérateur.

L'étude des effets produits sur les tissus vuvrait des

horizons nouveaux à la thérapeutique, mais faisait prévoir en même temps les inconvénients immédiats ou tardifs qui pourraient atteindre les opérateurs.

Déjà plusieurs d’entre eux avaient été victimes de radiodermites graves des mains exposées au rayonnement plus que les autres parties du corps ; la cécité presque complète signalé: chez un opérateur allemand n’était pas plus rassurante; aussi fallait-il songer à employer des moyens de protection suffisants pour être à l’abri de ces accidents. Les travaux d’Albers Schôünberg et de Bergonié sur les glandes génitales, signalèrent des organes particulièrement sensibles et qu’il était important de protéger contre la stérilité.

De là l'emploi courant des lunettes, des gants et des tabliers.

Les lunettes sont faites de cristal de flint, riches en plomb ; elles jouent l’effet d’un écran de cuivre ou de plomb, sans gèner l’observation des phénomènes.

[IL faut avoir soin de les prendre d’un diamètre suffisant pour ne pas restreindre le champ de la vision.

Les gants doivent protéger la matrice des ongles, très sensible, et le dessus de la main. On en a construit plusieurs modèles, très bons peut-être au point de vue de la protection, mais incommodes à cause

de leur poids et de leur rigidité.

Aujourd’hui on a complètement abandonné les gantelets de plomb.

Comme le fait M. Béclère, on peut employer des gants souples, constitués par un petit matelas de Bismuth et complètement opaques aux rayons.

Au dernier congrès de Rœntgen, les fabricants allemands ont présenté des gants dont le tissu opaque était formé de sels de plomb et de Bi fixés à l’aide d’une solution de caoutchouc.

Des modèles de ce genre ont été fabriqués bientôt par les maisons françaises.

Les tabliers destinés à protéger les testicules sont constitués par un tissu analogue à celui des gants : caoutchouc renfermant une forte proportion de baryte.

Il n’est pas indifférent de protéger aussi les organes lymphoïdes: rate, intestin, ete... et on peut porter sous ses vêtements des plastrons protecteurs. De cette facon on évite d’effrayer les malades. En Allemagne où ils sont peut-être moins susceptibles, certains opérateurs exposés à recevoir chaque jour une grande quantité de radiations porient un vêètement complet qui ne laisse voir que les yeux à travers les carreaux de verre de plomb.

LOCALISATEURS

D'’assez bonne heure les constructeurs avaient

= pensé à limiter la diffusion des rayons X en enfermant les ampoules dans des boîtes opaques présentant seulement l’ouverture nécessaire pour le passa ge d'un faisceau devant arriver sur la surface à traiter.

Un des premiers types est la boîte de Williams construite par Drault. Elle est constituée par une boîte en bois dont la surface externe est enduite d’une forte couche de peinture au plomb. Mais le maniement de ce dispositif était peu pratique.

Le dispositif de Dean remplit de meilleures conditions d'élégance et de pratique : il est constitué par une demi-sphère en cristal présentant sur ses bords deux encoches pour recevoir l’ampoule ; au fond de la calotte on trouve. l’ouverture par où diffusent les rayons X.

Le support de cette cupule est fait de telle sorte qu’on peut donner à l’ampoule des positions très variées.

De plus, l’armature métallique qu’elle possède permet d'adopter des tubes de cristal de diamètres différents pour rendre la direction des rayons bien rectiligne ainsi que l’exigent certaines cavités. (Traitement de tumeurs du palais, du pharynx, de l'utérus).

Un défaut de l'appareil est le moyen de fixation de l’ampoule qui rend son centrage difficile. ILoblige

de plus à localiser trop étroitement.

Le localisateur de Drault. — Peut servir en même temps pour la radiographie et la radioscopie et il permet d'employer n'importe quelle ampoule.

C’est un cylindre métallique au centre duquel l’'ampoule est supportée par un chariot spécial qui permet un centrage exact.

En face de l’anticathode se trouve un orifice de 10 centimètres de diamètre limité par un ruban qui lui est soudé par son bord externe tandis que son bord interne présente des échancrures pour la fixation d’une couronne métallique. Sur cette couronne s'adaptent des disques métalliques portant des tubes de diamètres variés, à extrémité de verre,

L'ampoule peut ètre centrée par rapport aux tubes localisants à l’aide d’une lunetie à doubles fils croisés.

Pour irradier une grande surface, on remplace la couronne par un diaphragme iris.

Le cylindre présente deux orifices: un pour la pastille de Holzknecht et un pour le radio chromomètre de Benoist.

Il est supporté par un étrier fixé à une tige transversale, laquelle glisse sur le support vertical. Toutes ces pièces peuvent se mouvoir en tous sens, les unes par rapport aux autres.

Le support est muni d’une tige porte-écran pour la radioscopie.

La surface à traiter reçoit le plus possible de

re radiations et un éclairage uniforme, les dimensions des tubes étant délerminées d’après les lois qui

régissent l’intensité des rayons X :

Loi du carré de la distance.

Loi du sinus.

Grâce aux localisateurs, l’ampoule est protégée contre le bois, l’opérateur n’est plus incommodé par le rayonnement.

Le patient est à l’abri des décharges, il n’a plus à supporter la feuille de plomb protectrice; il peut être trailé assis ou couché; le centrage facile et le choix du tube de largeur suffisante pour couvrir la lésion lui permettent de retirer le plus grand bénéfice possible de chaque séance d'exposition.

Cependant, bien souvent, tous les localisateurs obligent quand même à restreindre trop la surface irradiée, ce qui est un grand défaut quand il s’agit

de traiter des tumeurs à limites inconnues.

2 Protection du malade.

Bien avant de songer à eux-mèmes, les praticiens avaient fait tous leurs efforts pour éviter chez leurs malades les accidents graves dont quelques-uns avaient été victimes.

La protection déjà très efficace assurée par les

nn localisateurs est complétée avec des lames de plomb placées directement sur lui-mème.

On peut employer des lames de plomb, une de 2/10 de millimètre, d'épaisseur; la seule précaution à prendre est d’interposer entre la feuille de plomb et la peau du malade soit du papier buvard soit une compresse. On évite ainsi le picotement très désagréable des étincelles entre cette lame et le malade et on satisfait à l'hygiène, la lame de plomb servant à plusieurs personnes.

Il sera préférable d'employer des lames de plomb recouvertes de caoutchouc, ce qui assure le parfait isolement et permet le lavage avec un liquide antiseptique.

On les prépare de la façon suivante :

Sur une lame de plomb, on applique une feuille de gutta-percha, puis une feuille de caoutchouc, et on passe sur le tout un fer chaud qui fond la guttapercha et fait adhérer le caoutchouc au piomb.

Pour l’usage on peut découper dans deux lames de plomb des échancrures de forme variable et symétrique et qui, par leur rapprochement, permettent de limiter une surface variable, le tout est alors maintenu avec une pince à forcipressure.

Dans les régions où il est difficile de mettre des

lames de plomb on emploie une pommade au Bi.

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