OUVERTURE DES SINUS SUR L'ANIMAL DEBOUT
Dans un cas pressant, on devient quelquefois ingénieux et comme on le dit : « Nécessité est mère d'industrie ».
Au début de la guerre, nous nous sommes trouvés en présence d'un cas de sinusite purulente, et, comme nous n’avions pas sous la main de trépan ou de tréphine pour l’opérer
selon le procédé classique, nous avons fait fabriquer deux - petites gouges triangulaires, analogues à celles qu'utilisent les tonneliers et’ les charrons pour agrandir les trous dans le bois. Nous avons pu pratiquer l'opération avec satisfaction. Depuis, nous n’employons plus que ce procédé. Nous avons ainsi opéré 22 chevaux sans la moindre difficulté ce qui nous a encouragé à faire connaître cette méthode simple, rapide et économique.
L'opération se pratique sur l'animal en position debout.
Ce procédé présente les avantages suivants :
1° Les risques d'accidents au cours de l’abatage sont évités;
2° La durée de l'opération est très écourtée ;
3° Le pus collecté dans les sinus n’est pas déversé dans la trachée comme cela se produit quelquefois pendant le décu- -bitus ou lorsqu'on pratique une large irrigation pour déterger les sinus avant de relever l'animal; |
4° On ne redoute pas de voir la rondelle osseuse se détacher et:tomber dans le sinus;
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5° On n'est pas obligé de faire disparaître les arêtes tranchantes avec le couteau lenticulaire ; 6° Une anesthésie locale rend l'opération moins doulou-
reuse.
Assujettissement de l'animal. — Appliquer un tordnez à la lèvre supérieure ou mieux à l’inférieure. Faire tenir un membre levé du côté opposé à celui où l’on opère. Entourer les naseaux d’un morceau de toile à sac. La partie supérieure est fixée au licol et l’inférieure est enroulée autour du tord-nez et maintenue avec ce dernier. Cette précaution évite de recevoir du jetage quand le cheval ébroue.
Anesthésie locale. — On pratique des injections de cocaïne ou mieux de cocaïne adrénaline dans les régions où on doit effectuer les incisions.
Dans le cas de sinusite purulente, nous faisons une ouverture dans le sinus frontal et dans le sinus maxillaire inférieur puis nous faisons communiquer celui-ci avec le sinus maxillaire supérieur.
Instruments. — Instruments habituels : bistouri convexe, pinces, érigne pointue, etc. Puis une vrille de 5 millimètres de diamètre et deux petites gouges triangulaires à bords tranchants avec manches en forme de T. L'une d’elles est pointue et l’autre est sectionnée à environ {7 millimètres de la pointe. Celle-ci est utilisée pour agrandir les orifices sans risquer de léser la muqueuse qui tapisse le fond des sinus.
Opération. Technique. — La technique nouvelle ne diffère que par les points suivants. A l’aide de la vrille placée au centre de la surface osseuse découverte, on pratique un orifice, On retire la yrille et on introduit la pointe de la
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gouge dans ce dernier. On lui imprime un mouvement de rotation en exerçant sur elle une légère pression. La lame
osseuse se laisse entamer très facilement et la partie coupée se détache sous forme de copeaux que l’on recueille dans la concavité de la gouge. Il n'est plus à craindre de les voir
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tomber dans les sinus. On donne les dimensions voulues à l'orifice. En général nous ne dépassons pas un diamètre de 12 millimètres ce qui est suffisant pour introduire la canule d’un bockirrigateur. Nous donnons la préférence à ce mode d'irrigation parce qu’il est doux pour les muqueuses et nous utilisons une canule à l'extrémité de laquelle nous pratiquons plusieurs orifices dans tous les sens, de façon que le liquide projeté irrigue bien les parois des sinus, ce que l'on ne peut oblenir avec une seringue (fig. 2).
Pour établir une communication entre le sinus maxillaire supérieur et l’inférieur nous employons la gouge pointue et perforons la cloison intersinusienne.
Ainsi pratiquée, cette opération est réduite à la plus grande simplicité et ne nécessile pas d'instruments onéreux. Elle est effectuée avec la plus grande rapidité (10 minutes environ pour une sinusite double) sur l'animal debout ce qui présente un gros avantage. Comme les orifices ont des dimensions moins grandes que celles obtenues avec le trépan, les cicatrices sont moins importantes et tarent moins le cheval.
: Parmi les 22 chevaux que nous avons opérés par ce procédé, nous n’avons pas rencontré la moindre difficulté, même chez des sujets nerveux.