‹ Tel quelChapitre 66 sur 82 · AMOR SIMPLE ET COMPLEXE · texte numérisé non relu

AMOR SIMPLE ET COMPLEXE

Compare la bizarrerie et la complication des appareils génitaux avec la simplicité de la notion de l'amour ; la bizarrerie et la complication de la structure cérébrale avec l'idée simple de pensée, d'âme, d'esprit.

Il ne serait pas possible « d'aimer » ce que l'on connaîtrait complètement.

L'amour s'adresse à ce qui est caché dans son objet.

L'amoureux pressent le nouveau : il réfléchit de nouveau sur toute chose.

Les sensations propres de l'amour sont en dehors des lois de l'accoutumance. Elles ne peuvent jamais passer à l'inaperçu.

Ce qui est « aimé » est, par définition, en quelque manière inconnu. Je t'aime, donc je ne te sais pas. Donc je te bâtis, je te fais ; et tu te défais. Je te fais ma demeure, ma toile, mon nid, un tissu d'images pour y vivre, pour y cacher ce que je crois avoir trouvé, pour me cacher de moi.

Finalement, pour me cacher... en moi.

Toutes les délicatesses de l'amour perfectionné, spiritualisé, tendent à l'adaptation de plus en plus étroite de cette image cachée à l'idée difïuse du sujet lui-même. D'approximations en approximations, l'idéalisation dans ce domaine peut produire Tonanismc et l'homosexualité (quoiqu'elle ne soit pas leur seule origine). A la limite, l'étrange idée d'être au plus près de soi-même, d'être le Même et Y Autre..,

La quantité de tendresse à ressentir, à exprimer en un jour, est limitée.

SUITE

Il y a une sécheresse, une liberté ; et une joie de sécheresse et de hberté, qui, dans les phases les plus tendres, parfois paraissent, choquent — réjouissent le démon qui est dans l'amant.

La valeur vraie (c'est-à-dire utilisable) de l'amour est dans l'accroissement de vitalité générale qu'il peut donner à quelqu'un.

Tout amour qui ne dégage pas cette énergie est mauvais.

L'indication est d'utiliser ce ferment sexuel à d'autres fins. Ce qui croyait n'avoir à faire que des hommes tourné à faire des actes, des œuvres ^

Argument à l'appui : l'amour humain est un développement inexpliqué de l'ardeur périodique animale.

La faim et la soif n'ont point dégénéré en « sentiments » et en idolâtries. Pourquoi ? Mais le rut devint demi-dieu... Peut-être même — Dieu ?

L'homme a mis Y âme dans le jeu de la fonction.

Comme l'enfant est contenu dans l'homme ?

r. La « production » dérivée do la « reproduction bj

Comme l'enfant est contenu dans l'homme, et comme l'homme l'est dans l'enfant ?

Il y a plus d'enfant dans l'homme que d'homme dans l'enfant. Ce qui se voit par l'amour, où tant àt puérilité paraît, compense la brutalité essentielle.

On peut juger les hommes à la quantité de sérieux qu'ils montrent dans l'acte de manger.

Plus animaux ils sont, plus ils sont sérieux. Ils mastiquent.

Page 1