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ANGOISSE

Quand, dans une phase d'angoisse, au milieu de la nature intérieure inquiète et surtendue, se dessine un espoir, une esquisse de renversement de la situation, quel état... quel mélange dans lequel l'angoisse s'applique à l'attente des triomphes,

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quelles harmonies étranges, contrastes, négations du bien ! On demande presque pardon au mal. On craint de l'offenser en accueillant le mieux et le bien. On craint ce qu'on espère...

Quand la sagesse se rend sensible par contraste...

Le désir et le dégoût sont les deux colonnes du temple du Vivre.

La sagesse, souvent au détour de la folie, au sortir de l'épilepsie brève et de l'orage, dans l'observation maintenant fort calme de ce qui avait surgi des profondeurs par le soulèvement et le cataclysme nerveux.

Ce qui troublait, naissait, éclatait est accompli. Le durable s'accuse. La sagesse est par là définie comme le durable, et le commencement de la sagesse comme l'apparition du durable.

L'homme, quand sa fureur ou son erreur s'exténuent, se divise, et situe hors de lui ce qui vient d'être lui. Les souffrances, les sottises, les actes échappés lui composent un monde de l'abominable et de l'absurde, — auquel il ne peut penser sans un recul étrange, — sans créer un autre lui-même tout indépendant des événements.

L'homme ne se reconnaît pas dans celui qu'il vient d'être, quand celui qu'il vient d'être se rcpré-

sente à Ipi avec uae grande précision : il ne se reconnaît que dans un être capable de modifications ; encore et toujours capable de faire ou de ne pas faire.

Le principe de s'attendre au pire est une maladie qyi faif le plj4S grar^d ravage quand le patient fte peijp f ien g çp pipil qu'ij redoute ti pense probable.

L,a vanité, grande ennemie de l'égoïsme, peut engendrer tous les effets de l'amour du prochain.

L'artiste ne doit jamais parler de son génie, car l'objet même de ses peines est de faire naître ce mot sur les lèvres des autres ; lui, paraissant tout absorbé dans le souci et dans l'extase de son oeuvre.

Il ne faut pas traiter les gens à' imbéciles — le mot incomplets serait généralement plus approprié.

Nous le voyons, quand nous sentons que nous n'avons pas tous nos moyens.

SVITE

FOUMU CONSERVES

Le progrès des hommes a demandé impérieusement la découverte de procédés de conservation. Sous forme de pain, de fromage, de viande salée, de produits de la cuisson et des saumures, on a pu constituer des réserves, c'est-à-dire du temps libre. Sous forme de capital ef d'échanges, ce temps a été encore accru, et le pouvoir de conservation réparti et consolidé. Ce loisir a créé les sciences et les arts.

Or, ces connaissances elles-mêmes, ces conservations d'instants favorables et de procédés, se sont augmentées par une nouvelle application de la volonté de conservation. Pour conserver ces richesses d'un autre prdre et les multiplier par l'échange, la forme (au sens intellectuel) est intervenue.

L'échange engendre la forme.

Ceci admis, on en déduirait que la forme doit être ce qui adapte l'idée ou les souvenirs au langage, et le langage à la mémoire. Il faut rechercher quels sont les ennemis de la durée d'une idée, ou d'une connaissance quelconque,

L'attaque incessante de l'esprit, l'objection, la transmission de bouche en bouche, l'altération phonétique, l'impossibilité de vérification, etc., sont les causes de destruction, de corruption, de ces réserves de l'esprit. A partir de cette table de dangers, les principaux moyens imaginables pour les combattre : rythmes, rime, rigueur et choix des mots, recherche de l'expression limite, etc., auxiliaires de la mémoire, garants de l'exactitude des échanges, et du retour de l'esprit à ses repères, — apparaissent.

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